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La fraternité en Islâm
Dans sa profonde intuition humaine, le Prophète Mouhammad (Sallallaahou A'laihi Wasallam) dès son arrivée à Madînah (Hidjrah) décida d'établir des liens fraternels entre les habitants de la Mecque (Mouhaadjirîne) et ceux de Médine (Ançaar). Il résolut, d'instaurer une atmosphère de fraternité, d'intégrité et de coopération entre ces Mouhaadjirîne qui avaient tout laissé - patrie, famille, richesses, pour le suivre à Madînah et de leur côté, les Ançaar qui leur avaient offert un asile sûr et une hospitalité généreuse.
Dans le but de parer à ce que chaque parti (Ançaar et Mouhaadjirîne) ne réclame pour lui-seul la première place dans l'affection du Prophète et dans les fastes de l'Islâm. Muhamed (Sallallaahou A'laihi Wasallam) profita de cette union pour consolider entre eux la fraternité Islamique. "Fraternisez en Allah, leur dit-il, vous êtes des frères ! Et les compagnons ne tardèrent pas de faire prévaloir cette fraternité sur toute autre chose. On ne saurait dire à quel degré de dévouement atteignit cette fraternité de la religion, plus forte que celle du sang, car elle était d'ordre surnaturel."
Chaque musulman de Médine eut dès lors pour frère un Musulman de Makkah. Tous ces coeurs, réunis par l'amour d'Allah, n'étaient plus qu'un seul et même coeur palpitant dans des poitrines différentes. Chaque Ançaarî avait ramené chez lui, avec joie et fierté un Mouhaadjir désigné par le sort.
Selon Aboû Moûçaa, le Prophète (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit que "Le croyant soit pour le croyant comme les pierres d'une bâtisse, qui se renforcent les unes les autres, et de s'entrecroiser les doigts." (Boukharî)
Chaque frère aimait son frère plus que lui-même, et lorsque l'un d'eux mourait, l'autre héritait de ses biens, à l'exclusion des héritiers naturels. (Cette loi établie tout de suite après l'hégire fut abrogée ensuite).
"Oui ceux qui ont cru et émigré et lutté des biens et des corps dans le sentier d'Allah, ainsi que ceux qui ont donné refuge et secours, ceux-là sont amis personnels les uns les autres." (8:72)
Certains des Ançaar ont jusqu'à tel point opté pour le divorce afin que leurs frères (Mouhaadjirîne) puissent prendre comme épouse une de leurs plus jolies femmes divorcées.
Cette fraternité, basée sur une foi (Îmaan) parfaite apporta l'établissement d'une société saine et harmonieuse et une nouvelle ère s'ouvrit pour le progrès et l'épanouissement de l'Islâm.
La base de cette fraternité ne se réside pas dans la couleur de la peau, le langage parlé, les liens sanguins etc. mais bien au contraire, elle émane d'une véritable croyance, - pure et sincère.
"Rien d'autres, les croyants sont des frères. Faites donc la paix entre vos frères et craignez Allah. Peut-être vous ferait-on Miséricorde." (49:10)
Allah a ordonné aux croyants d'être humains et pieux et de toujours chercher le salut de son frère. C'est à dire, aimer les adorateurs d'Allah ceux qui lui obéissent ainsi que son Messager. Cette amitié ne s'étale pas à ceux qui ont une idéologie opposée, qui refuse de croire en Allah, qui lui désobéissent même s'ils sont ses plus proches parents. Le Qour'aan nous le montre d'ailleurs dans des phrases pures et simples.
"Tu n'en trouveras pas parmi les gens qui croient en Allah et au Jour Dernier, qui prennent pour amis ceux qui s'opposent à Allah et à son Messager, fussent-ils leurs père ou leurs fils ou leurs frères ou leur tribus." (Sourah les Plaideuses)
Ces phrases ne sont pas restées seulement graver sur papier mais bien au contraire, elles ont été traduites en action. Suivant cet exemple, Huzaifa (Radiyallahou anhou), un des premiers adhérents de l'Islâm ne manifesta aucun signe de remords à la mort de son père (infidèle). En effet, Huzaifa (Radiyallahou anhou), qui accompagnait Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) juste après la bataille de Badr, se trouva subitement en présence du cadavre de son père, aussitôt les traits de son visage se convulsèrent, la mort de son père aurait-elle ébranlée ton âme, lui dit l'envoyé d'Allah (Sallallaahou A'laihi Wasallam).
Non, par Allah ! Mais je savais mon père doué d’intelligence, j'espérais qu'il viendrait à la voie du salut. Sa mort m'a enlevé cet espoir et de là ma douleur. Un deuxième exemple se trouve dans la personne de Aboû Oubaïdah (Radiyallahou anhou) qui n'hésite point à tuer son père, Abdoullah bin Jarraah dans la bataille de Badr ou Ouhoud du fait qu'ils sont séparés par une idéologie opposée, c'est-à-dire l'un était Mou'mine et l'autre Kaafir (infidèle).
Pourtant l'amitié qu'attachait un frère musulman à son autre frère était d'une limite inégale et sans borne. En voici un exemple. Dans la bataille de Yarmuk, un soldat de l'Islâm blessé demandait un peu d'eau quand quelqu'un passait près de lui avec de l'eau. Ce dernier était sur le point de lui offrir, lorsqu'on entendit une autre voix demandant de l'eau. Le blessé demanda alors à son compagnon d'aller servir à son frère car il se pourrait qu'il souffrait le plus. Ce dernier s'en alla vers le second soldat et alors qu'il s'apprêtait à lui servir, une autre voix demandait de l’eau. Celui-ci manda à son pourvoyeur d'en servir au troisième car il se pourrait qu'il souffrait plus que lui. Quand il arriva auprès du troisième homme, celui-ci était déjà mort. Il retourna auprès du second qui était aussi déjà mort ainsi que le premier.
Combien ce gout de l'amitié pour son frère s'est ancré au fond des coeurs de ces (Sahaabah) compagnons qu'ils avaient accepté même de laisser leur vie à cause de cette fraternité.
Nou'maan ibn Bashir (Radiyallahou anhou) a dit que Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit :-
"Les musulmans sont comme un seul corps. Quand l'oeil est malade, le corps entier souffre et quand la tête souffre tout le corps souffre." (Mouslim)
Le Prophète Muhammad (Sallallaahou A'laihi Wasallam) considérait la fraternité Islamique comme un des signes évidents d'une Îmaan (foi) parfaite. Elle caractérise même l’indispensabilité d'une Îmaan parfaite. C'est-à-dire, sans cet amour pour son prochain, l'Îmaan en elle-même n'est pas complète.
"Vous n'entrerez pas au Paradis jusqu'à ce que vous croyez et vous ne croyez pas aussi longtemps que vous n'aimez-pas les uns les autres." (Boukharî et Mouslim)
Dans une autre tradition citée par Abdoullah bin A'mr (Radiyallahou anhou), Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit :
"Un 'vrai' musulman est celui qui ne fait aucun mal aux musulmans ni par sa langue ou par ses mains."
Combien malheureux est-il de nos jours de constater que cette amitié ne se manifeste pas chez certains de nos frères musulmans, mais au contraire, ils essayent de détruire leurs frères par n'importe quel moyen.
Il est grand temps que chacun de nous sonde son coeur sur le degré de l'amour qu'on a pour son frère.
"Il n'est pas un musulman (parfait) celui qui mange à sa faim alors que son voisin a faim." (Baihaqui)
Allah dans sa Miséricorde sans limites aime ses créatures plus qu'une mère aime ses enfants. Par son infime pourcentage (1%) d'affection qui se manifeste sur la terre même la plus féroce bête arrive à aimer ses petits. Mais bien qu'Il soit rempli de Bonté, de Clémence, de Miséricorde et de Grâce, il ne pardonne pas à une personne qui nourrit la rancune et la haine dans son coeur. Aimer son frère pour la cause d'Allah est un caractère très noble et une qualité tant appréciée par Allah, ses faveurs et sa protection sont assurées dans ce bas monde et dans l'au-delà.
"Il y a sept sortes de personnes qu'Allah protégera de son ombre le Jour de Qiyaamah (Résurrection) où il n'y aura plus d'autre ombre que la sienne. Et l'une d'elles est : Deux êtres qui s'aiment en Dieu d'une affection réciproque, s'unissent à cause de Lui et se séparent pour lui." (Boukharî)
En absence d'une telle amitié, c'est la haine et la rancune qui se manifestent et elles sont considérées comme deux éléments destructifs de (Îmaan) la foi et des bonnes actions.
Il est grave de nourrir de la haine et la rancune dans son coeur car Allah ne verse point sa grâce sur une telle personne :
Aboû Houraïrah (Radiyallahou anhou) rapporte que le Messager d'Allah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit :
"Chaque lundi et jeudi, les actions de tous les hommes sont exposées devant Allah et Il pardonne à tous sauf les moushrikîne et la personne qui a une (inimité) haine entre lui et son frère jusqu'à ce qu'ils réconcilient." (Mouslim)
Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) nous exhorte de chercher la réconciliation aussitôt que possible afin de ne point donner l'avantage à chaïtaan de nouer davantage le noeud de la rancune et de la haine. Il a dit à ce propos :
"Il n'est pas permis à un croyant de délaisser son frère plus de trois jours. Celui qui le fait entrera en Enfer (Djahannam)." (Aboû Daawoûde)
Le moyen le plus efficace pour le développement de la fraternité est le Taqwaa (crainte d'Allah). II est tout à fait indispensable de comprendre la valeur d'Îmaan afin de mieux comprendre la valeur de celui qui la possède. Plus on craint Allah plus l'amitié en augmente une fois cette crainte s'y trouve, l'amitié y est attachée. Elles sont complémentaires, on a qu'à obéir à Allah pour qu'Il verse ses faveurs sur nous tout comme cette tradition nous le prouve.
Le Prophète (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit qu'Allah a dit :
"Ô Djibrîl (Alaihis Salaam), J'aime tel ou tel serviteur, aime le toi aussi. Ensuite il l'ordonne d'aller inspirer dans les coeurs des hommes de l'amour pour cette personne."
Une des façons pour acquérir le Taqwaa, c'est de propager le salaam, ce qui amènera la fraternité.
Aboû Houraïrah (Radiyallahou anhou) rapporte que Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit :
"Vous n'entrerez pas au paradis jusqu'à ce que vous croyez et vous ne croyez pas aussi longtemps que vous n'aimez pas les uns les autres, Ne vous guiderai-je pas vers une chose : Si vous le faites vous aimerez l'un et l'autre. Propagez la paix (Assalaamou-Alaïkoum) entre vous." (Boukharî)
Donc, la salutation selon les principes islamiques ouvre la porte de la réconciliation et resserre les liens fraternels.
Dans une tradition, il est dit :
"Qu'ils égalisent leurs Saffs, sinon Allah sème la discorde entre leurs coeurs."
Nous voyons qu'une 'petite' formule de salutation a une grande valeur pour l'établissement de la fraternité et une 'petite' négligence dans la Salaah peuvent nous coûter très cher à tel point que la fraternité est bafouée. Donc, il est plus qu'indispensable de pratiquer l'Islâm dans son intégralité sans toutefois négliger un Sounnah ou un Moustahab bien qu'ils paraissent insignifiante - car il est dit que «l'abandon d'un Sounnah occasionne l'introduction d'une (Bid'ah) innovation et conséquemment l'innovation mène en enfer.
HADÎCE
"La meilleure partie de la sagesse après la religion, c'est l'amour des humains, et faire le bien à tout un chacun, vertueux ou pécheur !" (Mishkaat Vol. 1)
AboûHouraïrah (Radiyallahou anhou) a rapporté : "J'étais avec le Messager d'Allah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) qui disait : 'Assurément dans le paradis, il y a des piliers d'émeraudes avec des engravures de soie fines. Il y a des portes ouvertes brillant comme les étoiles brillantes. J'enquéris, Ô Messager d'Allah, les y seront admis ! Ceux qui se sont aimés mutuellement pour la cause d'Allah', dit-il". (Baihaqui)
AboûHouraïrah (Radiyallahou anhou) a rapporté que l'envoyé d'Allah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit : "Celui qui soulage un musulman d'une peine de ce monde, Allah le soulagera d'une peine du Jour du Jugement Dernier, celui qui cache le péché d'un musulman, Allah cachera ses péchés dans ce monde ainsi que dans l'au-delà. Celui qui accorde la facilité à une personne en difficulté, Allah lui accordera la facilité dans ce monde et dans l'au-delà. Allah vient en aide au serviteur à condition qu'il vient en aide à son frère". (Boukharî)
[EXTRAIT DE AL HAADÎ Vol.1 No.1]
