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Aadaab Isteezan
De nos jours, les préceptes du Dîne Islamique sont tellement méconnus que les musulmans perdent leurs identités et s'éloignent du droit chemin. Par conséquent, l'une des tâches dont 'Al Haadî' s'est assigné est de vous présenter les recommandations et de vous enseigner le mode de vie à l'Islâm. En cette édition, nous vous proposons l'Adaab Isteezan que nous espérons vous en tirerez profit.
Isteezan, mot signifiant chercher la permission, s'explique comme la règle de comportement d'un individu avant d'entrer dans une maison. La demeure de chacun est un lieu de repos, dont il peut en disposer sans aucune contrainte, en toute liberté. Parmi les faveurs qu'Allah Ta’aala accorde à ses créatures, la vie sous une toiture est l'une des plus bien faisantes.
"Et Allah Ta’aala vous a assigné une demeure dans vos maisons." (16:80)
Ce verset montre combien Allah Ta’aala, de par sa clémence envers ses créatures et avec l'idée de préserver l'harmonie et la liberté dans la vie des individus, a fait des demeures des hommes un lieu de repos où chaque membres d'une maison peut exercer son travail, et se reposer en toute liberté. Un toit est la propriété exclusive d’un résident qui en profite à sa façon. En Islâm tout tort causé à l'égard de quelqu'un est haraam : et l'ingérence dans la liberté d'une personne est un tort à son égard. Ainsi l'ingérence dans la demeure d'une personne sans en avoir obtenu la permission est une ingérence dans sa liberté. Afin de préserver cette liberté d'autrui, Allah nous enseigne de chercher la permission avant de pénétrer dans la demeure de quelqu'un.
"Ô les croyants ! N’entrez jamais dans d'autres maisons que vos maisons avant de vous être rendus familiers et d'en avoir salué les habitants." (24:27)
Lorsqu'il y ait un malade chez quelqu'un ou qu'une personne soit tellement préoccupée de ses besognes, il s'avère très souvent pénible de recevoir un visiteur. Allah Ta’aala enseigne le visiteur qui n'a pas obtenu la permission de pénétrer dans la maison, de retourner sans sentir une vexation au coeur.
"Et si on vous dit : 'Retournez !' eh bien, retournez ; C'est plus pur pour vous." (24:128)
Souvent dans le train de leurs besognes quotidiennes, les femmes sont en tenue légère à la maison. Afin d'éviter que le regard d'un étranger ne frappe sur les femmes se trouvant à la maison, l'Isteezan protège et les habitantes de la maison et le visiteur ainsi obviant Chaïtaan de créer une maladie dans le coeur du visiteur mettant ainsi à l'abri tout le monde des symptômes du Zinnah. Lors que quelqu'un décide d'entrer dans une maison où habitent les "MAHRAM" (celle avec qui le mariage est Haraam), il est "MOUSTAHAB" (acte méritoire) de chercher l'Isteezan.
Dans le Mou'atta de l'Imaam Maalik (R.A), i1 est mentionné dans un récit qu'une personne est venue demander à Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) qui a répondu par une affirmation. Et la personne insiste à faire comprendre à Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) qu'il habite dans la même maison que sa mère. Encore une fois, Raçouloullah a répondu par l'affirmative en lui disant "Cherchez l'Isteezan" ; sur quoi la personne fait ressortir à Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) qui a maintenu pour l'Isteezan avant de rentrer chez sa mère, en lui disant : "serais-tu joyeux à la vue de ta mère nue."
Allaamah Qaazî Sanaaoullah (R.A) a fait ressortir dans son Tafsîr ‘Mazharî’ que celui qui entre dans sa propre demeure où y cohabitent des femmes "Mahram", il est Makroûh Tanzihi (indésirable) pour lui de faire son apparition sans l'Isteezan. Poursuivant ses explications, Allaamah Qaazî Sanaaoullah (R.A) fait ressortir que l'idée de l'Isteezan c'est pour éviter de voir les "Mastoorat" sans pardah.
Et étant donné qu'il n’y a même pas lieu de demander l'Isteezan chez les Mahram pour ce but là, mais le fait qu'il y a une infime probabilité de voir quelqu'un nue dans sa propre maison rend l'apparition sans l'Isteezan Makroûh Tanzihi.
L’épouse de Hazrat Abdoullah bin, Mas'oûde (Radiyallahou anhou), rapporte qu'au moment son époux rentrait à la maison, il s'identifiait avant d'y pénétrer afin de nous éviter d'être dans une situation qui n'attirerait pas son plaisir.
Lorsqu'Ibn Juraij (Radiyallahou anhou) demanda à Hazrat Ata (Radiyallahou anhou) s'il faut obtenir la permission avant d'entrer chez sa propre épouse, Hazrat Ata (Radiyallahou anhou) a répondu "Non."
Commentant le verdict de Hazrat Ata (Radiyallahou anhou), Ibn Kaçîr déclare que cette pratique est Moustahab ayant étudié le cas de Ibn Mas'oûde (Radiyallahou anhou).
L’Isteezan est WAADJIB dans les circonstances suivantes :
a) Quand quelqu'un rentre chez lui, à un compartiment de la maison réservé exclusivement aux sexes opposés où la probabilité de voir les membres du sexe féminin en tenue légère est si grande.
b) Il est fortement recommandé d'éviter de pénétrer chez quelqu'un sans l'Isteezan aux heures suivantes :- Avant le Salaah de Fadjr, pendant la sieste de Zouhr et après le Salaah I'chaa. "Qu'ils vous demandent permission avant d'entrer, les esclaves que vos mains possèdent : Et aussi ceux de votre qui n'ont pas encore atteint la puberté à trois moments :- Avant l'office de l'aube, à midi quand vous déposez vos vêtements ainsi après l'office de la nuit, trois occasions pour vous de nudité." (24:58)
Cette pratique s'applique aussi aux enfants et aux membres proches de la famille. Un visiteur arrivant chez quelqu'un ne doit jamais frapper à la porte si forte de façon à donner un choc émotionnel aux résidents. Il doit frapper d’une façon juste. Dans la pratique, lorsque les Sahaabah (Radiyallahou anhoum) rendirent visite chez Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam), ils frappèrent avec les ongles en signe de respect pour le Prophète d'Allah (Sallallaahou A'laihi Wasallam).
Dans une grande maison où la voix du visiteur atteint difficilement ses habitants, il est permis d'utiliser la sonnette. Une fois arrivée chez quelqu'un, une personne doit frapper à la porte afin d'obtenir la permission d'y pénétrer et s'il ne reçoit pas de réponse, il est Sounnate de répéter l'Isteezan une deuxième fois et même une troisième fois si c'est possible ; mais il doit y avoir un cours de temps raisonnable entre la première et la troisième Isteezan. Si aucune réponse n'est obtenue, il vaut mieux s'en aller.
D'après un récit de Boukharî rapporté par Aboû Moûçaa Ash'arî (Radiyallahou anhou) Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit : "Si quelqu'un fait l'Isteezan à trois reprises lorsqu'il se rend chez une personne et n'obtient pas de réponses, c'est préférable qu'il s'en aille." Mais il est à noter que quand une personne arrive chez quelqu'un, avant de frapper à la porte, elle doit se placer discrètement à côté de la porte et ne doit jamais regarder quelqu'un ou quelqu'une à la dérobée ou d'un oeil furtif ou encore glisser un oeil par la porte entrouverte pour regarder dans la maison.
Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam), dans un hadîce très sévère, a montré son indignation pour ce genre de pratique. Selon Anas bin Maalik (Radiyallahou anhou), un homme avait regardé à travers un trou de sa demeure ; Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) se leva et pointa en sa direction un ou plusieurs fers de lance qu'il avait en main "il me semble encore le voir brandir ce fer vers lui comme pour le transpercer." (Boukharî)
Lorsqu'on arrive chez quelqu'un au seuil de sa demeure, le visiteur frappe d'abord, salue les occupants puis S'IDENTIFIE pour ensuite demander la permission d'y pénétrer. Hazrat Umar (Radiyallahou anhou) nous illustre cette pratique lorsqu'il rendait visite à Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam).
À la porte de Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam), Hazrat Umar (Radiyallahou anhou) a toujours souhaité la paix sur le messager d'Allah (Sallallaahou A'laihi Wasallam)en disant "Assalamualaa Raçoulillah (Paix sur le messager d'Allah), Assalaamualaikum. Est-ce que Umar a la permission d'entrer ?"
Autre exemple est celui d'Aboû Moûçaa Ash'arî (Radiyallahou anhou) rendant visite à Hazrat Umar (Radiyallahou anhou). Arrivant à la porte d'Umar (Radiyallahou anhou), il disait :‑
"Assalaamualaikum, c'est AboûMoûçaa."
"Assalaamualaikum, c'est Ash'arî."
D'après ce hadîce de Mouslim Charîf il est clair qu'Aboû Moûçaa (Radiyallahou anhou) s'était identifié pleinement et clairement à la porte de Hazrat Umar (Radiyallahou anhou). De nos jours, souvent en frappant à la porte d'une maison, le visiteur aurait à attendre un bon bout de temps avant d'être reçu. En tout logique, le maître de la maison s'attarde quelque dans le dessein de savoir l'identité du visiteur avant d'ouvrir ses portes. Mais combien de fois ne rencontre-t-on pas la formule "Moi ça" de la bouche du visiteur lorsqu'on l'interroge sur son identité.
Une fois Hazrat A'lî bin Aaswim (Radiyallahou anhou) alla chez Hazrat Moogheera bin Shawba (Radiyallahou anhou). Arrivant chez Hazrat Moogheera bin Shawba (Radiyallahou anhou), celui-ci frappa à la porte. Hazrat Moogheera (Radiyallahou anhou) demanda "Qui c'est ?" Sur quoi Hazrat A'lî bin Aaswim (Radiyallahou anhou) répondit "Moi." Sur ce Hazrat Moogheera bin Shawba (Radiyallahou anhou) disait qu'il n'y a avait pas un seul de ses amis avec "Moi" pour nom. Il sortit de sa demeure et raconta un hadîce de Jabir Bin Abdoullah (Radiyallahou anhou). Celui-ci arrivant chez Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) frappa à la porte et Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) demanda "Qui c'est ?", Jabir (Radiyallahou anhou) répondit "moi ça !" Et le Prophète d'Allah s'était demandé "pourquoi dit-on 'Moi ça ! Moi ça !' En disant "moi ça" on n'arrive pas à identifier quelqu'un."
Un autre manquement dans l'Isteezan, c'est quand le maitre du logis demande l'identité du visiteur, celui-ci ne répond même pas ! Souvent en allant chez le savant de Dîne-E-Islam, il est préférable de ne pas opportuner celui-ci brusquement afin de l'interrompre clans le fil de ses pensées. Hazrat Abdoullah Ibn Abbaas (Radiyallahou anhou) rapporte "qu'il y avait des moments où j'allais chez un Ançaarî fort tard dans l'après-midi afin d'obtenir quelconque hadîce. Si j'avais fait l’Isteezan, personne m'aurait refusé le droit d'entrée, mais en cette circonstance, je considérai l'Isteezan comme un masque de respect et combien j'hésitai à ne pas opportuner un frère. Je préférai attendre jusqu'à ce qu'il sorte."
Étendant la pratique de l'Isteezan aux circonstances actuelles, on peut déduire que les mêmes règles s'appliquent quand on se sert du téléphone. C'est-à-dire ne pas opportuner quelqu’un pour des choses futiles à une heure tardive. Cependant, il y a des gens qui entendent le téléphone sonner sans cesse et ne prennent même pas la peine de soulever le récepteur. Ce n'est pas une pratique Islamique.
Dans un lieu public, tel que la poste, à l’hôtel, au Mousaafir Khanna etc., l'Isteezan n'est pas obligatoire. Si quelqu'un, dans l'office de ses fonctions, envoie un subalterne appeler un autre officier, quand celui-ci arrive en compagnie du subalterne, il n'est pas nécessaire pour lui d'appliquer l’Isteezan.
Nous prions Allah Ta’aala d’aider nos frères en Islâm en leur prodiguant le courage et le goût pour étudier les règles de comportement du musulman afin de préserver le peu de moral que ce monde possède.
[EXTRAIT DE AL HAADÎ Vol.1 No.2]
