L’état de santé de l’oummat

Chacun a des occupations qui lui sont propres. Cependant toutes nos affaires peuvent être divisées en deux catégories : matérielles et spirituelles.

Il est tout à fait normal de donner priorité ou d'accorder plus de temps à certaines choses qu'à d'autres dans la mesure où on les juge plus importantes.

Pour un étudiant, par exemple, c'est souvent la promenade ou la télé versus les devoirs, tandis que pour un alcoolique invétéré - un grand soûlard - l'alcool prime sur tout, même sur les besoins de sa famille.

Privez un alcoolique de sa drogue et le voilà comme un poisson hors de l'eau, mal à l'aise, voire irrité ! Continuez à l’en priver et le voilà dans le désespoir cessant même de travailler car il souffre, ayant perdu ce qui est selon lui sa raison d'être.

Il en est de même en ce qu'il s'agit des occupations mondaines et spirituelles.

Alors que l'étudiant insouciant préfère bâcler ses devoirs pour regarder la télé ou l'alcoolique préfère s'absenter du travail pour s'adonner à la boisson, le bon musulman, lui, essaie de se débarrasser au plus vite de ses travaux mondains pour se consacrer à ses devoirs spirituels.

Ainsi le Mou'mine donne priorité à l'Aakhirah et s'y prépare à travers ses occupations spirituelles - ses Ibaadaat‎‎, tels que Salaah, Zikroullaah, Tilaawat‎‎-é-Qour'aan, Étude ou enseignement de Dîne et Da'wah. S'il en est privé, il souffre. Comme souffre le drogué en état de manque.

Malheureusement, le musulman d'aujourd'hui n'est pas aussi fidèle à ses devoirs spirituels que l'alcoolique à sa boisson.

Il bâcle la Salaah pour vaquer à ses occupations mondaines : TV, vidéo ou club entre autres. Une longue Salaah l'irrite tout comme une causerie après la Salaah. Il souffre un peu car il est en manque de ses plaisirs mondains.

Toute personne a tendance à se débarrasser de ses occupations secondaires pour se consacrer totalement à ses plaisirs. Et, comme c'est souvent le cas, ses plaisirs deviennent même des occupations primordiales.

Chez nous, ça se voit les jeudis et les samedis, quand on se débarrasse des travaux domestiques ou autres pour regarder la télé - "film indien" oblige ! Et alors on oublie même la Salaah...

Mais pour le bon musulman c'est tout le contraire.

Retournons en arrière à l'époque des Sahaabah (Radiyallahou anhoum‎). Essayons de leur rendre visite. Si quelqu'un rendait visite à un Sahaabî (Radiyallahou anhou‎) alors que celui-ci était allé à la mosquée, on disait au visiteur qu'on ne savait pas quand le Sahaabî (Radiyallahou anhou‎) allait retourner, tandis que si ce dernier était allé au marché, on demandait au visiteur de l'attendre car il allait retourner d'un instant à l'autre.

Les coeurs de Sahaabah (Radiyallahou anhoum‎) étaient ainsi attachés à la mosquée et à l'Aakhirah et non pas au Dounyaa. Par contre, le 'musulman' contemporain est tout à fait l'opposé des Sahaabah (Radiyallahou anhoum‎). S'il est allé à la mosquée, si toutefois il y va même, on dira à quelqu'un qui est venu le voir de l'attendre ; car d'habitude il ne tarde pas à la mosquée. En effet, il va à la mosquée à la dernière minute. Souvent il manque le premier takbîr et parfois même le Djamaa'ah. Et il retourne le plus vite possible. Mais s'il est allé au marché, au magasin, etc., on conseillera au visiteur de passer plus tard ou de revenir un autre jour, car on ne sait pas quand exactement il va revenir. Et pourtant quel est le musulman digne de ce nom qui ne sait pas que le Prophète Mouhammad (Sallallaahou A'laihi Wasallam) celui qu'il est censé de suivre, a dit que le lieu qu'Allah Ta'aala aime le plus est la mosquée et celui qu'Il déteste le plus est le marché ?

Quel est le musulman qui ne sait pas que le Prophète (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit que celui qui reste assis dans la mosquée attendant la Salaah sera récompensé exactement comme s'il était en train de faire la Salaah ? Quel est le musulman qui ignore l'importance du premier Takbîr ?

Quel est le musulman qui ne sait pas que les Sahaabah (Radiyallahou anhoum‎) ont sacrifié leurs temps, leurs familles et même leurs vies pour propager l'Islâm, pour la cause des lois d'Allah Ta'aala et des enseignements de Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam)? Quel est le musulman qui ne sait pas que le 'Mouslim Personal Law' est la loi d'Allah Ta'aala et les enseignements de Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) ? Et pourtant combien de musulmans ont répondu présent au grand rassemblement du 25 décembre dernier à Port-Louis ? Ils ont trouvé mille excuses pour ne pas y aller. Peut-il voir d'excuse valable pour rester chez soi alors que ses frères sont allés faire un djihâd ? Quelle différence entre les Sahaabah (Radiyallahou anhoum‎) et les musulmans d'aujourd'hui !

The difference is clear.

Le musulman contemporain semble être plus attaché au 'Dounyaa' qu'au 'Dîne'. Considérons-nous comme secondaires ‘le Dîne’ et les Ibaadaat‎‎ qui nous rapprochent du Créateur ? Sinon pourquoi cette priorité que nous accordons à la télé, la vidéo et les autres occupations mondaines ?

Si tel est l'état de santé spirituelle des Namaazîs, alors on peut se faire une idée de l'état de santé des non-Namaazîs et de l'Oummat en général... N'allons pas chercher plus loin la vraie cause de notre misère actuelle. On nous humilie, mais ne sommes-nous pas les premiers coupables de notre propre humiliation ?

Mais il n'est pas trop tard pour changer cet état de choses. Tournons nous résolument vers l'Être Suprême et accrochons-nous à Son Qour'aan et au Sounnah de Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam).

[EXTRAIT DE AL HAADÎ Vol.1 No.4]