Faire visiter le Masjid aux touristes

Q. Dans certains masâdjid (mosquées) de Port Louis, c'est devenu une habitude maintenant d'y laisser entrer les touristes, qui comprennent aussi des femmes, souvent habillées d'une façon indécente. Des fois, à l'heure de la Salaah de Zouhr, les responsables leur font visiter le Masjid, alors que les fidèles (Mousallîs‎‎) sont en train de faire les Sounnahs ou le wouzou. Que faut-il faire, garder le silence ou s'élever contre cette pratique ? Conseillez-nous.

R. En principe il est permis d'accorder l'accès à l'intérieur d'une mosquée à un kaafir ou un moushrik. Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) avait ligoté à un poteau se trouvant à l'intérieur du Masjid-é-Nabawî‎, un Sahaabah du nom de Çoumaamah Bin Ouçaal (Radiyallahou anhou‎) qui, à l'époque, n'avait pas encore embrassé Islâm. Par ailleurs, dans cette même mosquée Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) avait reçu une délégation de la tribu de çaqeef.

Le fait que la tribu de çaqeef fut reçue par Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) après la révélation du verset 28 du Sourah 9 démontre que le verset précité n'a rien à voir avec l'entrée des moushrikîne ou des kaafirs en tant que tels dans une mosquée. Le verset en question se lit comme suit :

‎‎ croyants, les polythéistes sont impurs. L'accès de la Mosquée sacrée leur sera interdit à l'expiration de cette année." (9:28)

La condition requise aux kaafirs et aux moushrikîne afin qu'ils puissent accéder à l'intérieur d'une mosquée est la même que celle applicable aux musulmans. Tout comme il n'est pas permis aux musulmans, de la même manière il n'est pas permis aux kaafirs et moushrikîne d'entrer dans la mosquée lorsqu'ils sont sous l'influence de l'alcool (c.à.d. lors qu’ils ont bu) ou lorsqu'il sont en état de Janaabat (d'impureté) ou encore lors qu’ils sont dans une tenue anti-islamique. Car ce faisant, ils bafoueront le caractère sacro-saint de la mosquée. L'autorisation aux kaafirs et moushrikîne est valide aussi longtemps qu'il n'y a pas ces obstacles (influence de l'alcool, impureté et indécence).

Il faut préciser ici que cela n'implique pas qu'un musulman peut consommer l'alcool ou s'habiller indécemment.

En vertu du fait qu'il est plus que probable que tous les obstacles mentionnés plus haut existent chez les kaafirs et les moushrikîne, nous devons leur refuser l'accès à la mosquée afin que soit sauvegardé le respect de la mosquée et celui des Mousallîs‎‎. La situation est d'une gravité énorme lorsqu'on pense qu'à certaines occasions il y a même des femmes vêtues indécemment qui entrent dans la mosquée et ce, à l'heure même où l'on accomplit la Salaah ou fait le wouzou. La direction en est responsable.

Étant responsable de la bonne marche d'une mosquée, la direction doit prendre les mesures qui s'imposent pour sauvegarder le respect de la maison d'Allah Ta'aala. D'autre part, la direction doit assurer l'entretien de la mosquée et la préserver de toute souillure. Et dans le contexte actuel l'autorisation aux kaafirs et moushrikîne d'entrer dans la mosquée est à l'encontre d'un bon entretien et de la sauvegarde du respect de la mosquée. Quant aux musulmans qui sont hors de la direction d'une mosquée, quel est leur part de responsabilité devant cet état des choses ? Que doivent-ils faire pour enrayer ce mal ? Ils ont à leur disposition des moyens d'agir. Ils peuvent dans un premier temps approcher les membres de la direction afin de les persuader de prendre les mesures appropriées. Si la première méthode s'avère inefficace, ils doivent réprouver ce mal dans leur coeur. Qu'Allah nous accorde la compréhension et le Taufîq‎‎ pour que nous puissions assumer nos responsabilités. Aamîne !

[EXTRAIT DE AL HAADÎ Vol.1 No.5 et Vol.2 No.2]