Le souci de l'aakhirah met fin aux soucis du dounyaa

Allah Soubhaanahoû wa Ta'aala est Al-Qayyoûm - celui qui subsiste par lui-même. Il est Al-Moubdiy - L'Initiateur, Al-Khaaliq - le Créateur. Il est As-Samad - L'Eternel, Al-A'ziz, le Tout-puissant. C'est Lui Ar-Razzaaq - Le Dispensateur des biens et Al-Wahhaab - Le Donateur. Il est indépendant de toute chose et il est au-dessus de toute chose. Il n'a besoin de rien et ne dépend de rien, Lui, le Créateur Eternel, Absolu et Tout-Puissant.

Par contre, les créatures d'Allah dépendent de leur Créateur et de ce qu'il a crée pour leur existence et leur bien-être. C'est ainsi que l'homme a besoin d'eau pour apaiser sa soif et pour entretenir son corps, et de la pluie pour ses plantations. Il a besoin de nourriture chaque jour et il a besoin d'air à chaque instant de sa vie. L'homme a tant de besoins ! L'homme est donc une créature dépendante. De ce fait, quand il y a un manque de ces choses qui nous sont nécessaires cela nous cause des problèmes. Ce qui nous amène à une autre constatation : chacun de nous doit avoir un problème mineur ou majeur.

Parmi tous les soucis qui nous tourmentent, ceux qu'on peut dénoter très souvent sont :

  1. Le déficit dans le commerce,
  2. La récolte affectée par la sécheresse,
  3. Le fils devenu grand et diplômé mais chômeur,
  4. La fille ne recevant pas de demande en mariage,
  5. Les problèmes financiers,
  6. Les problèmes de santé, etc.

Mais on remarque que tous ces problèmes sont temporaires dans la mesure où ils, disparaissent aussitôt que des solutions sont trouvées et appliquées. En effet, problème résolu n'existe plus !

Pour celui qui croit fermement qu'il y a la vie après la mort, c.à.d. la vie dans l'au delà - l'Aakhirah, tous les problèmes, quels qu'ils soient, sont temporaires car ils sont liés à ce monde éphémère.

Considérons le cas d'une personne gravement malade et qui souffre beaucoup. La mort vient mettre fin à ses souffrances comme à ses jours sur terre. C'est une délivrance, un point final à tous ses problèmes de ce Dounyaa.

La nature temporaire et la finalité des problèmes de ce bas monde invitent à une réflexion : est-ce que le problème temporaire est réellement un… problème ?

N'est-il pas vrai que, dans un sens, le problème en lui-même n'existe pas car c'est l'esprit qui le conçoit ? Le problème n'existe que dans notre esprit. Ainsi, quand on cesse d'y penser 'il n'est plus' ! (Là est la cause principale de l'alcoolisme chez beaucoup, malheureusement : 'boire pour oublier...' Mais l'alcool fait beaucoup plus de mal que de bien. L'enivrement n'apporte qu'un soulagement artificiel et de courte durée mais a des conséquences désastreuses. Si l'esprit peut concevoir un problème, il doit aussi pouvoir concevoir sa solution. Donc, il ne peut y avoir aucune apologie de l'alcoolisme et de la drogue et des paradis artificiels.)

Prenons le cas d'un jeune homme qui s'envole pour l'étranger pour une période déterminée. Pendant l'accolade d'adieu les membres de sa famille fondent en larmes. Mais les proches et les amis les consolent avec ces mots d'usage : 'Pas ploré, le temps passe vite. Talère ène ti moment li pou rétourné.'

Cette séparation n'est pas permanente mais temporaire. L'attitude des proches nous montre la notion universelle que tout ce qui est temporaire est limité à une fin. Donc la souffrance de cette séparation, étant temporaire, n'est pas véritablement une souffrance. Ainsi tous les problèmes ici-bas sont temporaires.

C'est pourquoi Allah, Al-Hakîm (Le Sage) nous ordonne de lire, à chaque fois qu'une affliction nous frappe :

"Innaa lillaahi wa Innaa ilaihi raaji'oune" (2:156)

(Nous appartenons à Allah et nous retournerons vers Lui).

L'analyse de ce verset nous prouve la notion universelle mentionnée plus haut. Ce verset nous apporte la consolation et nous fait comprendre que nous mêmes et tous nos tracas, étant temporaires, retournerons à Allah. Ainsi tout est résolu. C'est pourquoi on lit le même verset ci-dessus quand quelqu'un meurt afin de nous consoler et de nous rappeler que cette séparation est de courte durée et que tôt ou tard nous retournerons à Allah, notre destination et notre point de rencontre.

LE VÉRITABLE PROBLÈME

Comme nous venons de voir, tout problème qui a une fin n'est pas véritablement un problème. Le véritable problème c'est celui qui nous ronge continuellement et que même la mort n'amène pas à sa fin.

Ce problème, c'est mourir dans le Koufr et le Chirk.

Le Koufr et Chirk sont des péchés impardonnables malgré le fait qu'Allah est Ar-Rahmaan (Le Clément) et Ar-Rahîm (Le compatissant) et que son Amour pour ses serviteurs est plus ardent que celui d'une mère pour ses enfants.

Le Qour'aan dit à ce propos :

"Allah ne pardonne pas qu'on Lui associe quoi que ce soit. Il pardonne à qui Il veut des péchés moins graves que celui-ci ; mais celui qui Lui donne des associés s'égare profondément." (4:116)

"Oui, ceux qui disent : 'Allah est le Messie, fils de Marie' sont impies. Or le Messie a dit : Ô‎‎ fils d'Isrâ'îl ! Adorez Allah mon Seigneur et votre Seigneur' Allah interdit le Paradis à quiconque Lui attribue des associés. Sa demeure sera le Feu. Il n'existe pas de défenseurs pour les injustes." (5:72)

Mourir dans le Koufr et le Chirk - voilà le véritable problème.

Normalement un problème d'envergure - un 'grand tracas' - domine un petit souci et le rend relativement insignifiant, faisant de lui 'le cadet de nos soucis', pour reprendre une expression familière.

Une petite migraine passagère n'est rien du tout devant une douleur cardiaque. Un condamné à mort ne se plaint des problèmes de la vie : il les oublie tous et voudrait bien pouvoir vivre plus longtemps, malgré les mille et une difficultés de ce monde.

Tout comme le condamné à mort n'est plus affecté par les problèmes quotidiens, celui qui vit sa vie de façon à éviter le vrai problème, c'est-à-dire le Koufr et le Chirk, n'est pas concerné par les problèmes mineurs du Dounyaa. Considérons le Hadîce suivant :

Hazrat Anas bin Maalik (Radiyallahou anhou‎) rapporte que le Prophète d'Allah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit :

"Celui qui se soucie de l'Aakhirah, Allah mettra de la richesse dans son coeur (c.à.d. son coeur ne sera pas attaché aux biens de ce monde) et organisera son travail et le monde viendra à lui de plein gré. Mais celui que se soucie de ce monde (c.à.d. qu'il travaille ardemment pour amasser des biens terrestres), Allah portera la pauvreté entre ses yeux, Il désorganisera son travail et le monde ne l'approchera pas excepté la quantité qui lui est destinée." (Tirmîzî)

Ce Hadîce nous montre clairement que le monde (ad-Dounyaa) est l'ombre de l'Au delà (Al-Aakhirah). Celui qui veut avoir en sa possession l'ombre doit nécessairement se saisir de l'objet. L'Aakhirah c'est l'objet essentiel tandis que le Dounyaa n'est que l'ombre éphémère. C'est en attrapant l'objet qu'on a en même temps le contrôle de son ombre. Donc en ayant en notre possession Al-Aakhirah on s'adjuge automatiquement ad-Dounyaa. Par contre, tous ceux qui ont essayé d'attraper le monde ont échoué car le monde les a détruits. Dans un autre Hadîce le Prophète (Sallallaahou A'laihi Wasallam) rapporte qu’Allah a dit : "Ô‎‎ fils d'Adam ! Débarrasses-toi de tes préoccupations et adonnes-toi à Mon adoration, Je remplirai ton coeur de richesse et J'éliminerai ta pauvreté (c.à.d. Allah subviendra à tes besoins). Si tu ne le fais pas, alors tes mains seront prises dans des occupations et en sus de ça Je ne t'assisterai pas dans tes besoins."

LES FAVEURS D'ALLAH

"Quand à celui qui craint Allah, Allah donnera une issue favorable à ses affaires : Il lui accordera ses dons par des moyens sur lesquels il ne comptait pas. Allah suffit à quiconque se confie en Lui. Allah atteint toujours ce qu'Il s'est proposé. Allah a fixé un décret pour chaque chose." (65:2-3)

Pour bénéficier pleinement des faveurs d'Allah, il est logique qu'on doit Lui obéir et se soumettre à Lui car Il est le Détenteur Unique de toutes choses. Allah nous garantit que celui qui le craint Il le guidera dans ses affaires et l'approvisionnera avec facilité. Commentant le verset ci-dessus, Aboû Zarr (Radiyallahou anhou‎) a dit :

"Je connais un verset qui, si vous l'attrapez, vous suffira."

Contemplons la munificence d'Allah et Sa bonté. Si nous vivons d'après Son désir, non seulement Il nous facilite la voie de l'Aakhirah mais aussi Il nous épargne de la misère et des problèmes du Dounyaa !

Le Chirk est définitivement le plus grand péché (gounaah) et mourir comme un moushrik est un grave problème. Il est donc nécessaire de savoir quelles précautions prendre pour éviter d'être souillé de ce mal.

Quand un parent sage veut protéger son enfant contre des accidents il veillera à ce que l'enfant ne joue pas dans la cour. Ce parent a une grande vision. Jouer dans la cour peut être un moyen d'accès sur la route. Cette crainte pousse le parent à interdire à l'enfant de jouer dans la cour car il connaît les conséquences et la gravité d'un accident.

De la même manière, les péchés, qu'ils soient petits ou grands, sont les moyens du Koufr et du Chirk. Ils noircissent et contaminent le coeur à tel point que l'aversion que l'on a pour le Koufr et le Chirk est enlevée. De ce fait on accepte volontairement de prendre les chemins qui mènent directement ou indirectement au Koufr et au Chirk - mais de cela on n'en est pas conscient.

C'est pour cette raison qu'aujourd'hui nous voyons des musulmans qui, par manque d'éducation et de pratiques islamiques, s'affilient à une nouvelle religion qui est censément une synthèse de toutes les religions. Mais cette 'synthèse' ne repose que sur la pensée et la logique humaines. Et l'être humain étant faible, sa pensée est automatiquement défectueuse. L'acceptation d'une telle synthèse religieuse faite par l'homme est donc une étape qui montre que le coeur est pollué par les méfaits des actions anti-islamiques et la négligence dans la pratique. Alors s'éteint la lumière de l'Îmaan.

Tout comme il est important de s'éloigner du Chirk, étant convaincu de la gravité de ce mal, il faut aussi éviter à tout prix de s'approcher de toutes les choses qui mènent à lui. Mais il faut avant tout réaliser que le Koufr et le Chirk sont des dangers pour qu'on puisse se protéger.

Malheureusement, en voyant la situation qui prévaut on constate que les musulmans sont malades - mais nous refusons de le reconnaître, préférant pratiquer la politique de l'autruche : 'danger qu'on ne voit pas n'existe pas.' Nous n'acceptons pas que nous sommes malades et alors nous ne voyons pas la nécessité de nous soigner…       

Que chacun de nous médite sur le verset du Qour'aan qui dit que 'tout âme goûtera à la mort'. La mort n'est pas la fin en elle-même. Au contraire, c'est le premier pas vers l'éternité, le commencement d'une autre vie dans l'au-delà. Et puis nous serons jugés par Allah, le Maître de l'Univers. Les principes qui seront valables et acceptables auprès d'Allah ce jour-là seront ceux qui ont été établis par le Qour'aan et les enseignements de notre bien-aimé Prophète, Mouhammad (Sallallaahou A'laihi Wasallam).

Le Qour'aan nous met en garde en ces termes :

"Celui qui recherche un Dîne (mode de vie) autre que l'Islâm ne sera pas accepté et sera parmi les perdants dans l'Aakhirah." (3:85)

[EXTRAIT DE AL HAADÎ Vol.1 No.5]