Unicité d’Allah - Son Importance

L'Islâm est une religion ou mieux encore un mode de vie parfait établi par Allah Ta'aala, l'unique Créateur de tout l'Univers. C'est un code de vie très balancé, équilibré, dénué de toute exagération. Il a de surcroît la faculté de guider et de servir l'humanité à n'importe quelle époque. C'est en lui que l'humanité a découvert la vraie conception du Créateur.

Les enseignements de l'Islâm reposent totalement sur la conception de l'Unicité d'Allah, c'est à dire le 'Tauhîde‎‎'. La moindre déviation, la moindre faiblesse et défaillance dans le Tauhîde‎‎ démolit la structure de l'Islâm. La constance dans les pratiques, la fermeté dans l'attitude et la conviction dépendent dans une large mesure sur la dimension et le degré de Tauhîde‎‎ ou Îmaan. Ainsi une analyse de l'histoire de la prophétie nous mène indubitablement à la conclusion que le Tauhîde‎‎ était la base même de l'enseignement de tous les Prophètes (Alaihis Salaam) sans aucune exception. Il est dit dans le Qour'aan-é-Majîd :

"Nous n'avons envoyé aucun Prophète avant toi sans lui révéler : Il n'y a de Dieu que moi ; adorez moi !" (21:25)

La mission de Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) n'a duré que 23 ans et durant 13 ans ses enseignements étaient centrés sur le Tauhîde‎‎. C'est ainsi que, suite aux efforts soutenus de Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) l'Îmaan des Sahaabah (Radiyallahou anhoum‎) était devenu si solide qu’ils ont pu résister aux répressions, aux supplices, aux persécutions et autres sévices des ennemis de l'Islâm. Ils étaient toujours prêts à sacrifier jusqu'à leur propre vie pour la cause d'Allah Ta'aala.

Ce n'est qu'après que cette étape fut franchie que les versets ayant trait aux règlements de la Salaah, du Rôza, Zakaat, etc. ont été révélés.

Hazrat Aa'ichah Siddîqah (Radiyallahou anhou‎) dit :

"Le premier Sourah révélé a été un Sourah de Moufassal (c.à.d. Sourah Al-Alaq ou Al-Mouddassir) qui fait mention de Djannah et de Djahannam jusqu'à ce que les gens se sont tournés vers l'Islâm. Ce n'est qu'après que les règlements relatifs aux choses Halaal (permises) et Haraam (interdites) furent révélés." (Boukharî)

LE TAUHÎDE‎‎ EN ISLÂM

  1. Il n'y a point de divinité autre qu'Allah qui mérite toute notre adoration.
  2. Allah Ta'aala est l'Unique Créateur de tout l'Univers. C'est Lui seul qui pourvoit aux besoins de toutes les créatures indépendamment des circonstances et c'est Lui qui détient tout pouvoir. Il est le Maître qu'on ne peut influencer, ni corrompre. Même une feuille ne peut bouger sans Son ordre.
  3. La mort, la vie, la santé, la maladie, la prospérité, la pauvreté, le malheur, le bonheur, l'honneur, le déshonneur, la richesse, etc. se trouvent uniquement dans le pouvoir d'Allah Ta'aala.
  4. Allah Ta'aala est indépendant, et n'a point besoin de subsistance alors que toutes Ses créatures, sans exception aucune, dépendent de Lui du premier au dernier jour de leur existence.

QU'EST-CE QUE LE CHIRK ?

Le mot 'Chirk' est dérivé de 'sharaka' qui signifie 'associer'. 'Chirk' donc est l'acte d'associer quelqu'un ou quelque chose à Allah Ta'aala, en ce qui concerne son 'Zaat' (Être) et Ses "Sifaat" (attributs et qualités). Par exemple, quand quelqu'un croit qu'il existe un être semblable à Allah Ta'aala ou quand il croit qu'il y a quelqu'un d'autre qui possède les attributs ou qualités d'Allah Ta'aala, (tels que l'omniprésence, l'omniscience, etc.) il commet purement le Chirk.

GRAVITÉ DU CHIRK

Le Chirk est un poison qui détruit toutes les bonnes intentions et actions. Les bonnes actions accompagnées de Chirk n'ont aucune valeur auprès d'Allah Ta'aala, quelque soit les dimensions, même si la personne en question devait sacrifier sa vie pour démontrer sa dévotion. Ce serait comme la poussière éparpillée dans l'atmosphère, qu'on ne peut distinguer qu'à travers les rayons de soleil.

Les Prophètes (Alaihis Salaam) sont, sans l'ombre d'un doute, les plus rapprochés d'Allah Ta'aala. Ils sont plus pieux, plus nobles et les mieux guidés, et de ce fait, il leur est impossible de commettre le Chirk. Si (Naoûzoubillah) par hasard, ils arrivaient à commettre cette bêtise monumentale, le verset 88 du Sourah 6 démontre la sévérité d'Allah Ta'aala à leur égard :

"..S'ils avaient commis le Chirk, leurs bonnes actions auraient été annulées." (6:88)

Allah Ta'aala aime ses serviteurs beaucoup plus qu'une mère aime son nourrisson. Allah Ta'aala a réparti parmi toutes ses créatures qu'un pour cent (1%) de sa Miséricorde. Et c'est à partir de ce micron de pitié qu'Il a donné, que même un animal féroce éprouve de la pitié pour son petit. Réfléchissons un peu sur ce phénomène : un pour cent de pitié réparti parmi des milliards et des milliards de créatures, de la première à la dernière, et malgré cela nous éprouvons de la compassion pour nos enfants, nos parents, nos voisins, nos amis, pour l'homme en général, sans parler de l'espèce animal et végétal. Malgré la surabondance de pitié et de miséricorde qu'Allah Ta'aala éprouve pour ses serviteurs et les 99% qu'Il a réservé pour l'Aakhirah, une personne décédée en état de Chirk ne sera point pardonnée. Ceci montre la gravité qu'est le Chirk aux yeux d'Allah Ta'aala. Voyons ce qu'Il dit dans le Qour'aan :

"Certes, Allah ne pardonne pas qu'on lui associe quoi que ce soit. Il pardonne à qui Il veut des péchés moins graves que celui-ci. Mais celui qui lui donne des associés s'égare profondément." (4:116)

LA CAUSE DES CAUSES

Allah Ta'aala est la cause de toutes les causes. A part Lui, il n'y a aucune force, aucun pouvoir. Si l'eau étanche la soif, le feu brûle, la nourriture passe la faim, les médicaments guérissent et soulagent les maux, tous ces effets existent que par l'ordre d'Allah Ta'aala. Ces choses mentionnées plus haut, à titre d'exemple, n'ont aucune capacité en elles mêmes. Elles agissent aussi longtemps qu'Allah Ta'aala le veuille. Et quand Allah Ta'aala en décide autrement, le feu peut devenir frais et une source de paix.

En effet le feu dont la propriété est de brûler avait reçu l'ordre d'Allah Ta'aala, lorsque les infidèles y (le feu) avaient projeté Ibraahîm (Alaihis Salaam), de ne pas brûler celui-ci, mais de devenir au contraire une source de fraîcheur et de paix. Le Qour'aan-é-Majîd dit à ce propos :

Nous dîmes : "Ô‎‎ feu ! Sois pour Ibraahîm, fraîcheur et paix !" (21:69)

De même, la mer qui submergea Pharaon et ses troupes reçut l'ordre d'Allah Ta'aala de ne pas noyer Moûçaa (Alaihis Salaam) et ses troupes et de frayer, au contraire, un chemin, dans la mer même, pour permettre à ces derniers d'y traverser.

C'est justement sur la base de ce même critère que Ibraahîm (Alaihis Salaam) s'est attaqué à l'idolâtrie, car les idoles, avance-t-il, ne peuvent ni nuire ni profiter à l'homme et de ce fait ne méritent point d'adoration.

SUPERSTITION A L'EPOQUE DE DJAAHILIYYAH

A l'époque de Djaahiliyyah (l'ignorance), les arabes étaient très superstitieux. Avant d'entreprendre un voyage quelconque, ils faisaient courir un cerf ou faisaient voler un oiseau pour voir la direction que prenait l'animal. Si ce dernier partait à droite ils considéraient cela comme étant un bon signe pour entreprendre leur voyage ou entamer tout autre projet. Au cas où l'animal ou l'oiseau filait à gauche, ils reportaient leur voyage car ils considéraient cela comme de mauvais augures. En référant à cette pratique, le Hadîce utilise le mot 'Tirayah'. Il est tout à fait normal qu'un oiseau ou un animal parte à droite ou à gauche, ceci n'ayant aucun rapport avec le bonheur ou le malheur. Le bien ou le mal ne provient que d'Allah Ta'aala. Cette conception est donc erronée et est contradictoire à la conviction islamique notamment qu'Allah Ta'aala est la cause de toutes les causes. L'Islâm a aboli cette idéologie et l'a même maudit comme une forme de Chirk. De la même façon toutes les pensées similaires ont été interdites en Islâm car ce ne sont que des superstitions.

Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit :

"Ni Adwa (contagion), ni le Tirayah, ni le Haamah, ni le Safar, n'existe (en elle même). Sauvez-vous des lépreux tout comme vous vous sauvez du lion." (Boukharî)

Haamah est une superstition des arabes selon laquelle l'âme d'une personne assassinée se promène sous forme d'un oiseau jusqu'à que celle-ci soit vengée.

Une étude de l'histoire du polythéisme nous montre qu'à la base de toute adoration, sauf d'Allah Ta'aala - des étoiles, du soleil, de la lune, du feu, des djinnaat (génies), des personnages pieux, etc. - est la conviction que ces créatures ont la capacité de nuire en cas d'indifférence ou d'être bénéfique en cas de dévotion. Mais le verset et le Hadîce ci-dessous nous montrent que seul Allah Ta'aala détient le pouvoir de faire le bien ou le mal.

"Ils ont adopté, en dehors de lui, des divinités qui ne créent rien et qui sont elles mêmes créées, qui ne peuvent nuire, ni faire du bien, qui ne règlent ni la vie, ni la mort, ni la résurrection." (25:3)

"Si l'humanité entière se réunissait pour te donner un avantage quelconque, elle ne pourrait être d'aucun secours sauf ce qu'Allah Ta'aala a décrété pour toi : Et si elle se réunissait pour te faire un tort quelconque, elle ne pourrait jamais te nuire sauf ce qu'Allah Ta'aala a décrété pour toi." (Tirmîzî)

Allah Ta'aala a mis dans chaque créature une certaine inclination au bien et au mal. En conséquence, pour pouvoir tirer un profit quelconque de ce bien ou pour être protégé de ce mal, il faut invoquer Allah Ta'aala seulement et non les créatures qui ne possèdent en elles-mêmes aucun pouvoir.

En ce qui concerne les choses dans lesquelles Allah Ta'aala a mis l'effet de mal tel que le poison, le feu etc. nous devons les éviter par mesure de précaution et de prévention, pour nous protéger. L'ordre de Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) de rester loin des lépreux ou des épidémies relève de ce même ordre d'esprit. La sagesse derrière cet ordre est la protection de ceux dont l'Îmaan est faible afin qu'ils ne pensent pas qu’ils ont contracté la maladie en entrant en contact avec les malades, sans l'attribuer à Allah Ta'aala. Bref ce Hadîce nous démontre que la cause de toutes les causes est Allah Ta'aala.

Le Hadîce suivant illustre encore mieux cette conception.

Hazrat Aboû Houraïrah (Radiyallahou anhou‎) rapporte qu'un bédouin a questionné Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) au sujet de la contamination.

"Comment, demande-t-il, qu'un chameau qui reste dans le sable et qui est absolument poli comme un cerf attrape la grattelle quand il entre en contact avec un chameau qui a de la grattelle." Là-dessus Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a répondu :

"Eh bien, qui a donné au premier chameau cette grattelle ?" (Boukharî)

Donc toutes les conceptions qui sont basées sur la superstition sont strictement interdites en Islâm. La superstition est directement ou indirectement responsable du polythéisme. Citons quelques exemples.

  1. Quand un chat noir traverse notre chemin, quand on sent l'oeil gauche vibrer ou quand la main gauche gratte, on considère cela comme un mauvais signe.
  2. On constate que pendant l'année il est difficile d'avoir une salle de réception pour célébrer un mariage. Par contre, pendant le mois de Mouharram ou de Ramadhaan les salles sont libres ; la raison étant la conception erronée selon laquelle les mariages célébrés durant ces mois ne sont pas réussis.
  3. Quand deux soeurs se marient le même jour et à la même heure, on a tendance à croire que le mariage de l'une d'elle ne durera pas.

Nous faisons ressortir que toutes ces conceptions ne sont que des superstitions. Elles sont en contradiction directe avec le concept de Tauhîde‎‎.

Que chaque musulman donc fasse très attention et se garde de la moindre déviation et la moindre défaillance en ce qui concerne le Tauhîde‎‎. Qu'Allah nous protège ! (Aamîne)

[EXTRAIT DE AL HAADÎ Vol.1 No.5]