Aller à la mer un des mercredis du mois du Safar

Q. Il est coutume chez certains musulmans d'aller à la mer un des mercredis du mois du Safar et ceci est considéré comme Ibaadah. Est-ce vrai ?

R. Avant tout il est important de savoir qu'Allah Ta'aala a dit dans le Qour'aan-é-Karîm que l'Islâm a été complété. Notre Créateur nous a aussi indiqué que Nabî‎‎-é-Karîm (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a été envoyé pour expliquer et enseigner à l'Oummat le message qui lui a été révélé en forme du Qour'aan-é-Karîm. D'autre part, Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a qualifié les Sahaabah-é-Kiraam (Radiyallahou anhoum‎) comme des lumières susceptibles de guider l'humanité. Quant aux Taabi'îne (R), ils ont reçu le message de l'Islâm par l'intermédiaire des Sahaabah-é-Kiraam (Radiyallahou anhoum‎).

L'Oummat a donc reçu premièrement le message d'Allah Ta'aala en forme du Qour'aan-é-Karîm ; deuxièmement les enseignements de Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) en forme de Hadîce ; et, finalement, la source de hidaayah à travers les pratiques des Sahaabah-é-Kiraam (Radiyallahou anhoum‎) et les Taabi'îne (R).

Est-ce un Ibaadah‎ d'aller faire le 'Safar' comme on dit ? Non ! Pourquoi ? La réponse est simple. Il n'y a aucune trace d'une telle pratique en Islâm. Si c'était un Ibaadah‎, le Qour'aan-é-Karîm nous l'aurait ordonné ou Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) nous l'aurait enseigné. Et sans doute les Sahaabah‎-é-Kiraam (Radiyallahou anhoum‎) et les Taabi'îne (R) l'auraient mis en pratique. Il n'y a donc aucun doute que cette pratique a été inventée et est connue dans la terminologie islamique comme "Bid'ah." Le "Bid'ah" ou innovation est une chose tellement grave que les savants de l'Islâm ont dit que la commission d'un acte reconnu par tous comme un péché est moins grave que le Bid'ah et ceci pour la bonne et simple raison que tôt ou tard on peut abandonner l'acte en question et faire le Taubah, tandis qu'en ce qui concerne le Bid'ah il est rare qu'une personne l'abandonne et s'en repent car il ne le considère pas comme un péché mais comme un 'Ibaadah‎'. Et pourtant le Bid'ah est loin d'être le Dîne et n'a rien à faire avec l'Islâm.

Ceux qui vont faire le "Safar" justifient cette pratique par le fait que, selon eux, Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) s'est senti soulagé de sa maladie un mercredi du mois de Safar et conséquemment ils expriment leur joie en allant "pique-niquer" à la mer. Mais la vérité est tout autre. En effet l'histoire nous montre qu'en réalité Nabî‎‎-é-Karîm (Sallallaahou A'laihi Wasallam) tomba malade un mercredi du mois du Safar. Et, c'était un lundi qu'il s'était senti soulagé quand il tira le rideau pour regarder les Sahaabah‎‎-é-Kiraam (Radiyallahou anhoum‎) accomplir la Salaah.

Admettons pour un moment que Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) s'était vraiment senti soulagé un mercredi du mois de Safar (ce qui est bien sûr faux comme nous avons vu plus haut). Mais qu'est-ce que les Sahaabah (Radiyallahou anhoum‎) ont fait à la suite de cette "guérison" ? Malgré l'amitié inégalable qu'ils avaient pour le bien-aimé Mouhammad (Sallallaahou A'laihi Wasallam) eux qui ne laissaient même pas sa salive ou l'eau qu'il utilisait pour faire le wouzou tomber par terre, ne se sont jamais réjouit en allant à la mer un des mercredis du mois de Safar.

Il n'y a point de doute que cette pratique n'a pas sa place en Islâm. Pire encore la maladie du Saint Prophète (Sallallaahou A'laihi Wasallam) s'est malheureusement aggravée un mercredi du mois de Safar. Et quel musulman digne de ce nom peut exprimer de la joie sur un triste événement pareil ?

De plus, les pratiques illicites qui entourent cette pratique comme le pêle-mêle des deux sexes, tenue indécente, "bé-pardah", etc. ne font qu'aggraver la situation et la rendent doublement haraam. Qu'Allah nous dirige dans le droit chemin. Aamîne.

[EXTRAIT DE AL HAADÎ Vol.1 No.10]