Tailler la moustache, et laisser pousser la barbe

Q. J'aime me raser la barbe mais pas la moustache. Cependant mon père me force de me raser la moustache et si je ne l'obéis pas il me mettra à la porte. Dois-je l'obéir ? Conseillez-moi car j'aime porter une moustache mais pas une barbe.

R. Il est Sounnah de laisser pousser la barbe. Et elle ne doit pas être ni plus longue ni plus courte que la longueur de son poing. Si elle est plus longue, il est Sounnah de couper ce qui dépasse. Quant à la moustache il est Sounnah de la couper de façon à ce que les lèvres restent découvertes.

Dans un Hadîce de Boukharî Charîf rapporté par Hazrat Abdoullah Bin Oumar‎ (Radiyallahou anhoum‎), Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a qualifié le port de la barbe et la coupe de la moustache comme un "shi'aar", c.à.d. un signe qui différencie les musulmans des moushrikîne. En effet Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) dit :

"Faites le contraire de ce que font les moushrikîne - laissez pousser la barbe et taillez la moustache."

Dans un Hadîce de Mouslim Charîf, Hazrat Aa'ichah (Radiyallahou anhou‎) rapporte que Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit :

"Dix choses font partie de "fitrah" : tailler la moustache, le port de la barbe, le Miswaak..."

Commentant ce Hadîce, Allaamah‎‎ Badrouddîne Al-Aïnî (R) dit que le mot "fitrah" signifie la pratique adoptée par tous les Prophètes (Alaihis Salaam) et acceptée à l'unanimité par tous les Charî'ahs comme une pratique naturelle.

Il faut faire ressortir encore une fois que le port de la barbe n'est pas une pratique exclusive de Nabî-é-Karîm (Sallallaahou A'laihi Wasallam) mais une pratique qu'aucun Prophète (Alaihis Salaam) n'a négligée.

Dans un autre Hadîce, il est rapporté qu'en voyant un délégué de la Perse qui ne portait pas de barbe et qui avait une grosse moustache, Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a fait ressortir que c'est Allah Ta'aala qui lui a ordonné de laisser pousser sa barbe et de couper sa moustache.

Il est donc clair qu'il est très important de laisser pousser sa barbe et de se tailler la moustache. C'était une pratique que Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam), les Sahaabah (Radiyallahou anhoum‎) et les Taabi'îne (R) n'ont jamais abandonnée.

Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a aussi ordonné à son Oummat de se laisser pousser la barbe et tailler la moustache pour se différencier des autres communautés.

En principe quand quelque chose pouvait être faite de plusieurs façons sans qu'elle soit contraire à l'esprit du Charî'ah, Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) avait l'habitude d'approuver les différentes façons soit en les mettant en pratique lui-même, ou par sa parole ou encore par son approbation. Par exemple, Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) nous a enseigné plusieurs façons à adopter concernant les cheveux. On peut notamment se raser complètement les cheveux, les laisser pousser jusqu'à la hauteur des oreilles (wafra), les laisser dépasser les oreilles (loummah) ou les laisser pousser jusqu'aux épaules (joummah). Les quatre façons ont été pratiquées par Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) pour démontrer qu'elles étaient toutes permises. Hazrat A'lî‎ (Radiyallahou anhou‎) avait l'habitude de se raser tous les cheveux et Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) l'avait approuvé.

Mais, par contre, en ce qui concerne la barbe il n'y a eu en tout et pour tout qu'une seule pratique c.à.d. la laisser pousser. Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) ne s'est jamais rasé la barbe et il n'a jamais porté une barbe moins que la taille de sa poignée. Au contraire il n'aimait pas regarder les gens qui ne portaient pas de barbe. Ceux qui aiment Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) ou qui disent l'aimer sont donc avisés !

Il n'est donc pas question de dire qu'on n'aime pas la barbe comme vous l'avez fait dans votre lettre. C'est une déclaration très grave. Ne pas pratiquer un Farz ou un Sounnah n'est pas aussi grave que d'avoir du dégoût ou du mépris pour une simple pratique du Charî'ah. Par exemple, une personne qui accepte que la Salaah est obligatoire, mais qui par négligence ou par faiblesse ne la fait pas, commet un très grave péché ; mais se moquer ou éprouver du mépris ou du dégoût pour une simple pratique tel que le Miswaak est considéré comme étant plus grave. Or il faut savoir que négliger la Salaah sans mépris mais par faiblesse est un péché certes grave mais 'l’Istikhfaaf' (mépris ou sous estime) pour un simple Sounnah c'est commettre le Koufr. Il faut donc faire très attention. Il ne faut pas dire des choses qui pourraient donner l'impression de mépris ou de dégoût à l'égard d'une pratique du Charî'ah.

Après toutes ces explications vous vous êtes sans doute rendu compte que vous devez tailler la moustache, et laisser pousser la barbe.

[EXTRAIT DE AL HAADÎ Vol.2 No.1]