Quelle ironie - Accorder un traitement spécial à un acteur

Récemment un acteur très connu du cinéma indien a bénéficié d'un traitement spécial dans une mosquée, oui entendez bien dans une mosquée très connue de la capitale. Pis encore ce n'est pas une première car il y eut un précédent environ deux ans de cela dans une autre mosquée.

Du point de vue islamique un traitement spécial de la part d'une personne à son invité exprime la satisfaction et l'admiration de l'hôte à son invité. La profession d'acteur est haraam et être satisfait de quelque chose qui est islamiquement illicite est catégoriquement interdit. Plus grave et plus indignant est quand un tel traitement est accordé dans une mosquée, lieu sacré et béni.

C'est un fait que l'accueil réservé à l'acteur était spécial à bien des égards parmi lesquels nous relevons le nettoyage de la mosquée le mercredi, jour de la visite de l'acteur, au lieu du jeudi ou vendredi comme c'est le cas normalement ; et aussi la présence du Moue'zzine et un des membres du comité de direction de la mosquée à l'heure de la visite de la "vedette."

Le Masjid, la maison d'Allah Ta'aala, a une mission très noble et importante qui consiste à promouvoir le Dîne et le mode de vie tracé et établi par le Créateur Suprême. C'est un endroit où on fait campagne contre les pratiques anti-islamiques y compris le cinéma, l'idolâtrie, la télévision et la vidéo.

Alors que bon nombre de musulmans, à travers le monde et aussi à Maurice, se donnent corps et âme pour promouvoir et propager 1'Islâm, quelques-uns, eux, choisissent de faire fi des efforts et sacrifices des autres pour on ne sait quels "bénéfices." C'est comme-ci on accueillait "l'azarisme" (Aazar, père de Ibraahîm (Alaihis Salaam), était un sculpteur d'idoles) dans l'enceinte de "l'Ibraahimisme." Est-il concevable que Ibraahîm (Alaihis Salaam), celui même qui a extirpé et démolit les idoles, accueille Aazar, promoteur et vendeur d'idoles, aussi chaleureusement ? Quelle ironie !

Sans doute cet accueil a crée une confusion parmi la masse musulmane. Il n'est pas étonnant que ceux qui regardaient les films avec dégoût commencent à les regarder avec appétit à cause des actes irresponsables de certains qui sont supposés de donner de bons exemples car n'oublions pas, on dit toujours l'exemple doit venir d'en haut. C'est un fait qu’il faut toujours tenir compte que les gens, en général, ont tendance à chercher des milliers de preuves avant d'accepter et pratiquer une bonne action. Par contre, quand il s'agit d'une mauvaise action on arrive même à utiliser une seule hypothèse pour la "justifier."

L'entretien d'une mosquée ne se limite pas à sa construction, sa réparation et son embellissement, il y aussi et surtout le maintien du respect de ce lieu sacré. Et il faut qu'elle (la mosquée) soit dotée des moyens nécessaires pour qu'elle puisse jouer son rôle pleinement et sans aucun obstacle. Toutes ces raisons confèrent une importance capitale aux dirigeants des mosquées. C'est pour cela que les dirigeants, en sus d'être des fidèles pratiquants des Faraaïz tels que la Salaah, le Zakaat etc., doivent être assez courageux pour n'éprouver aucune frayeur sauf envers Allah Ta'aala.

Un vrai représentant de 1'Islâm ne peut accepter que la loi islamique soit bafouée même au prix d'importantes pertes matérielles.

En faisant ressortir les qualités que doivent posséder un dirigeant d'une mosquée, Allah Ta'aala dit dans le Qour'aan-é-Karîm :

"Seul entretiendra les mosquées celui qui à la foi (Îmaan) en Allah et au jour Dernier, qui accomplit la Salaah ; qui s'acquitte du Zakaat et qui ne craint personne sauf Allah." (9:18)

Ces qualités sont très importantes surtout la dernière : "qui ne craint personne sauf Allah" pour pouvoir maintenir et sauvegarder le respect de la mosquée et l'aider dans sa mission afin qu'elle soit capable de jouer son rôle librement et pleinement. C'est souvent l'absence de cette dernière qualité parmi les dirigeants qui occasionne certaines déviations. Celle-ci, évidemment, disqualifie une personne pour occuper les postes-clés dans les institutions islamiques surtout la mosquée car en l'absence de cette qualité il n'y a aucune garantie pour se protéger contre l'infiltration des tendances opposées et étrangères à l'Islâm.

La direction de la mosquée en question est responsable de ce scandale principalement parce qu'elle n'a pas contacté les Ou'lamaa, ni même l'Imaam de la mosquée, au préalable. Mis au courant par un tierce personne, le Jamiat-oul-Ou'lamaa a essayé de convaincre le parti concerné d'annuler cette honteuse visite mais en vain. On a refusé en invoquant la contrainte (la main en bas roche) comme prétexte.

La visite a bien eu lieu. Si elle a plu à certaines personnes, définitivement elle a provoqué la colère d'Allah Ta'aala. Dans ce monde nous nous retrouvons souvent face à deux options - Faire plaisir à certaines personnes en violant la loi divine ou faire primer le plaisir d'Allah Ta'aala sur toutes choses. Sans doute le deuxième choix est digne d'un vrai Mou'mine.

Quelle ironie accueillir de façon si chaleureuse une personne qui, de par sa profession même se révèle être un propagateur des pratiques anti-islamiques dans un lieu où on est supposé de propager le message d'Allah et les enseignements de Nabî-é-Karîm (Sallallaahou A'laihi Wasallam).

[EXTRAIT DE AL HAADÎ Vol.2 No.2]