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Qazaa et coma
"QAZAA" des Salaahs manquées en raison de coma ou d'inconscience
Récemment notre attention a été attirée par une objection formulée à l'encontre d'une réponse de 'Al Haadî', volume 1 Numéro 3. Avant d'en venir à l'objection elle-même, voyons la question et la réponse comme elles apparaissent :
Q. Y a-t-il qazaa sur une personne qui n'a pas pu accomplir la Salaah parce qu'elle était dans le coma ?
R. Une personne qui reste sans connaissance ou qui est malade à tel point qu'il ne peut faire la Salaah même avec des signes pendant une durée de 24 heures ou plus n'a pas à remplacer les Salaahs qu'il avait ainsi manquées pendant cette période-là. Le même principe s'applique pour une personne qui est dans le coma.
Commentant cette réponse, l'auteur d'un livret intitulé "les heures prescrites des Salaahs quotidiennes" dit :
"Nous ignorons si cet érudit a émis un tel verdict selon les enseignements du Qour'aan et le Sounnah ou c'est une opinion personnelle ou l'opinion d'un autre savant quelconque."
Nous aurions été surpris si l'auteur du livret connaissait la source d'un tel verdict car le peu de connaissance islamique qu'il possède est un fait qui ne nous est pas étranger. D'ailleurs c'est bien lui et sa bande qui concèdent leur 'ignorance' en utilisant les mots 'nous ignorons'. Si on 'ignore' quelque chose, surtout quand on ne possède pas assez de connaissance de Dîne, comme l'auteur en question, cela ne veut nullement dire que la chose n'existe pas dans le Charî'ah. Nous constatons que l'auteur tente de faire accroire au public que son ignorance équivaut à la non-existence de cette loi dans le Charî'ah. Quelle prétention ! Les dérapages de ce frère en matière de Dîne sont connus de tous ceux doués d'un peu de connaissance. Son ignorance n'est certainement pas un critère pour différencier la vérité de la fausseté. Il faut être vraiment naïf pour croire que son ignorance est une preuve du Charî'ah.
L'auteur, s'il avait un peu de sagesse, aurait contacté 'Al-Haadî' pour dissiper ses doutes ou alors son ignorance. Pourquoi ne l'a-t-il pas fait ? Tout simplement parce-que, tout ignorant qu'il est, il croit que le Charî'ah se limite à sa connaissance. D'après lui, tout ce qu'il ne connaît pas n'existe pas en Islâm. Ceci est prouvé par son attitude et le ton qu'il a adopté en commentant la réponse de 'Al Haadî'.
Dans le livret pour contester la réponse de 'Al Haadî', l'auteur a mentionné deux Ahaadîce qui, comme d'habitude chez lui sont incompatibles avec ce qu'il a essayé de prouver. Hélas il ne réalise pas combien il déroute ses quelques sympathisants qui le suivent aveuglement. L'auteur écrit dans son livret à la page 11 :
"Autant que nous le sachions, SEUL la femme qui a ses règles mensuelles n'aura pas à remplacer la Salaah manquée."
Pour soutenir cette bêtise, il cite le Hadîce suivant à la page 12 de son livret :
"Mou'adha a dit : Une femme demanda à Aa'ichah(Radiyallahou anhou) : Dois-je accomplir la Salaah que j'ai manquée en raison des menstruations? Aa'ichah(Radiyallahou anhou) lui répondit : Êtes vous des Haraura (une ville de l'Iraq) ? Elle (Aa'ichah) (Radiyallahou anhou) dit : Nous étions en compagnie du Prophète (Sallallaahou A'laihi Wasallam) et quand nous avions nos menstruations, il ne m'ordonnait jamais à remplacer les Salaahs manquées."
Après cette citation, l'auteur réitère un fait qui devient de plus en plus manifeste dans le public : son ignorance. Et il ose parler de "Manifestation de la Vérité." En effet dans ses 'commentaires' (erronés le plus souvent) il écrit :
"Nous répétons que nous ignorons de quelle source l'érudit a émis ce verdict.
Nous allons donner nos explications et nos 'élucidations', comme souhaité par l'auteur, après avoir mentionné le deuxième Hadîce cité par lui et qui se lit comme suit :
"Aboû Oumaïr Ibn Anas (Radiyallahou anhou) a rapporté sur l'autorité de ses oncles paternels qui étaient des compagnons du Prophète (Sallallaahou A'laihi Wasallam).Certaines personnes sont venues vers le Prophète (Sallallaahou A'laihi Wasallam) en monture et ont certifié avoir vu la nouvelle lune le jour précédent. Il (le Prophète) demanda aux gens de rompre le jeûne et de se rendre au Mousallah (c.à.d. de célébrer le 'Eid) le lendemain matin."
Après avoir cité ce Hadîce l'auteur ajoute :
"Nous demandons donc aux lecteurs de chercher les élucidations à l'égard du verdict, particulièrement de sa source."
Tout ceci nous mène à comprendre que l'auteur est non seulement peu 'lucide' en citant des Ahaadîce hors de contexte, mais il est également dénué de Zauq-é-Salîm (bon sens). Une personne vraiment responsable et douée de bon sens aurait d'abord cherché les 'élucidation' nécessaires auprès de nous, ensuite il aurait pu, si nécessaire, écrire ce qu'il désirait. Mais lui, il fait l'inverse. D'abord, il écrit des bêtises, ensuite il demande aux lecteurs ('quelque chose' l'empêche-t-il de se renseigner personnellement auprès de nous ?) de chercher des 'élucidations'. Quelle irresponsabilité !
L'auteur doit se mettre bien dans la tête que nous n'émettons pas des verdicts à tort et à travers et avec légèreté. Cette lourde responsabilité nous la prenons avec tout le sérieux nécessaire et possible. De plus, cela est notre domaine et tout le monde le sait et nous fait confiance Alhamdoulillaah. Cette confiance va en croissant de jour en jour et le sera davantage Inchaa Allah après que les lecteurs auront pris connaissance des 'élucidations' qui vont suivre.
D'abord nous allons expliquer les deux Hadîce cités par l'auteur. Toute personne ayant une certaine quantité de connaissance de Dîne ne pourra s'empêcher d'esquisser un sourire en lisant les Ahaadîce cités par l'auteur dans une tentative de prouver que la réponse de 'Al Haadî' est en contradiction avec ces Ahaadîce-là. Tentative vaine et avortée !
Tentative vaine et avortée parce que l'incompatibilité entre l'allégation et les preuves de l'auteur (les Ahaadîce cités) est manifeste du fait que le verdict donné par 'Al Haadî' concerne exclusivement les personnes en état de coma ou d'inconscience prolongée jusqu'au moins 24 heures alors que pour contester ce verdict l'auteur s'appuie sur des ahaadîce qui se réfèrent aux personnes qui sont en parfaite santé et qui jouissent de toutes leurs facultés.
D'après le deuxième Hadîce cité, une personne éclairée aurait su tout de suite que Nabî-é-Karîm (Sallallaahou A'laihi Wasallam) ordonna aux Sahaabah-é-Kiraam (Radiyallahou anhoum) d'accomplir la Salaat-oul-Eid le jour suivant, c.à.d. 24 heures après, simplement parce que la visibilité de la lune n'avait pas été établie. Il est donc clair que le cas de ces Sahaabah-é-Kiraam (Radiyallahou anhoum) qui avaient manqué la Salaah de Eid, faute de témoignage ou d'information concernant la visibilité de la lune, ne peut pas s'appliquer à une personne ayant manqué ses Salaahs pendant 24 heures à cause d'un état comateux ou d'inconscience.
Similairement le Hadîce de Hazrat Aa'ichah (Radiyallahou anhou) où il est dit qu'une femme n'a pas à remplacer les Salaahs manquées quand elle a ses règle n'est pas une preuve compatible pour contester le verdict de 'Al Haadî'. De toute évidence, ici, c'est faire preuve de pauvreté intellectuelle que de comparer une femme en période de "haïz" avec une personne inconsciente ou dans le coma.
L'auteur a commis une autre erreur quand, à la lumière de ce même Hadîce, il dit : "Autant que nous le sachions seul la femme qui a ses règles mensuelles, n'aura pas à remplacer la Salaah manquée."
Nous contestons le mot "seul" car il faut remarquer que le Hadîce montre clairement qu'une femme n'a pas à remplacer les Salaahs manquées en période de "haïz" mais, par contre, il ne dit pas si une Salaah manquée pour une autre raison doit être remplacée ou pas.
Il faut souligner que si on dit que seulement les Salaahs manquées pendant les règles (haïz) ne doivent pas être remplacées, cela impliquera que toute Salaah manquée en état de "nifaas" (saignement post natal) ou de "jounôune" (folie) doit être remplacée. Or, les savants sont unanimes à dire qu'il n'y a pas de Qazaa pour les Salaahs manquées en état de "jounôune." Voilà la conséquence d'écrire des livres sans avoir une connaissance correcte de Dîne. L'auteur aurait dû épargner la communauté musulmane de ses "littératures" qui ne sont que les résultats de son ignorance et de son incapacité de comprendre les lois islamiques et les principes qui les régissent.
De par ses commentaires, l'auteur a essayé de discréter 'Al Haadî'. Mais c'est une démarche vaine car avant d'atteindre 'Al Haadî' il y a beaucoup de "forteresses" qu'il doit pénétrer; à savoir les Aimmah Moudjtahidîne et les Ou'lamaa tels que Imaam Maalik (R), Imaam Aboû Hanîfah (R), Imaam Chaafi'î (R), Imaam Mouhammad (R), Hazrat Zouhrî (R), Hazrat Twaa'ous (R), Hazrat Wakî Bin Jarraah (R), Hazrat Mouhammad Bin Sîrîne (R), Hazrat Hassan Basrî (R) etc. Tous ces savants sont d'accords sur le fait qu'on n'a pas à remplacer les Salaahs manquées en état de 'Ighma' (inconscience). Cependant il est vrai qu'il y a des divergences en ce qui concerne la durée de l'Ighma qui autorise une personne à ne pas remplacer les Salaahs manquées.
Imaam Maalik (R) et Imaam Chaafi'î (R) disent qu'il n'y a pas de Qazaa pour les Salaahs manquées à cause de 1'Ighma. D'après Mou'atta Imaam Maalik, Hazrat Nâfi (RA) dit que Hazrat Abdoullah Bin Oumar (Radiyallahou anhou) avait perdu connaissance. Et il n'a pas fait de Qazaa pour cette Salaah-là. Commentant cette pratique, Imaam Maalik (RA) dit :
"Et cela, d'après nous, l'heure (de la Salaah) avait déjà expiré. Quand à celui qui reprend connaissance à temps (avant l'expiration de l'heure de la Salaah) alors il doit accomplir la Salaah."
D'après Imaam Aboû Hanîfah (R), quand l'heure des cinq Salaahs quotidiennes a déjà expiré alors qu'on est dans un état d'inconscience prolongée jusqu'à l'heure de la sixième Salaah alors ces cinq Salaahs ne doivent pas être remplacées. Imaam Aboû Hanîfah (R) a donné ce verdict à la lumière de la pratique de deux Sahaabah (Radiyallahou anhoum), en l'occurrence Hazrat Abdoullah Bin Oumar (Radiyallahou anhou) et Hazrat Ammaar Bin Yaaçir (Radiyallahou anhou). En effet dans Mousannaf Abdour Razzaaq et Mousannaf Ibn Aboû Chaïbah il est rapporté que Hazrat Abdoullah Bin Oumar (Radiyallahou anhou) perdit connaissance pendant un mois. Alors il ne remplaça pas les Salaahs manquées. Il commença à accomplir les Salaahs le jour qu'il a repris connaissance.
Dans une autre "riwaayat" (version) de Mousannaf Ibn Aboû Chaïbah il est dit que Hazrat Abdoullah Bin Oumar (Radiyallahou anhou) perdit connaissance pendant des jours, alors il remplaça seulement les Salaahs manquées le jour qu'il reprit connaissance. Et il ne remplaça rien de ce qu'il avait manqué les jours précédents. Dans une autre version de ce même livre il est dit que Hazrat Abdoullah Bin Oumar (Radiyallahou anhou) perdit connaissance pendant deux jours, mais qu'il ne fit pas de Qazaa des Salaahs manquées alors qu'il était inconscient.
Selon Darqoutnî (un livre de Hadîce) Hazrat Abdoullah Bin Oumar (Radiyallahou anhou) est resté sans connaissance pendant plus de deux jours et il n'a pas fait de Qazaa des Salaahs ainsi manquées. Dans une autre riwaayat de ce même livre il est dit que Hazrat Abdoullah Bin Oumar (Radiyallahou anhou) avait perdu connaissance pendant trois jours et trois nuits et qu'il n'a pas fait de Qazaa des Salaahs ainsi manquées.
Selon Naçb-al-Raayah (un livre de Hadîce) il est dit que Hazrat Abdoullah Bin Oumar (Radiyallahou anhou) est resté sans connaissance pendant un jour et une nuit et puis il a repris connaissance et il n'a pas remplacé les Salaahs qu'il a ainsi manquées. Il a repris à faire ses Salaahs à partir du jour qu'il a eu connaissance. D'autre part selon Mou'atta Imaam Mouhammad, Kitaab-oul-Aa'thaar, Darqoutnî et Mousannaf Ibn Aboû Chaïbah, il est dit que Hazrat Ammaar Bin Yaaçir (Radiyallahou anhou) a perdu connaissance pendant l'heure de Zouhr, A'ssr, Maghrib et I'chaa. Et la nuit il a repris connaissance. Alors il a remplacé ces Salaahs manquées.
Imaam Aboû Hanîfah (R) et Imaam Mouhammad (R) ont donc conclu qu'il n'y a pas de Qazaa à faire si on est resté sans connaissance pendant l'heure des cinq Salaahs (jusqu'à l'expiration de l'heure de la 5ème Salaah) conformément à la pratique de Hazrat Abdoullah Bin Oumar (Radiyallahou anhou). Par contre au cas où on a repris connaissance avant l'expiration de l'heure de la cinquième Salaah alors il faut remplacer les Salaahs manquées conformément à la pratique de Hazrat Ammaar Yaaçir (Radiyallahou anhou). "Al Haadî" a mentionné "une durée de 24 heures" dans sa réponse du fait qu'il y a cinq Salaahs obligatoires en 24 heures ceci dans le but d'aider les gens à mieux comprendre ce masla.
Les gens doués ne serait-ce qu'un peu de bon sens ont certainement remarqué que la réponse mentionnée dans 'Al Haadî' vol. 1 No. 3 était basée sur les pratiques des Sahaabah-é-Kiraam (Radiyallahou anhoum) et les verdicts des éminents Taabi'îne (R) et des Aimmah Moudjtahidîne (R). Donc celui qui réfute la réponse de 'Al Haadî', en fait contredit le Sounnah. Qui oserait faire une chose pareille ? En vérité ceux qui sont aveuglés par le "nafçaaniyat" et noyés dans l'obscurité ne peuvent même pas voir jaillir la lumière !
Il est de notre devoir ici de mettre le public musulman en garde encore une fois contre certaines têtes brulées qui sont à l'oeuvre au sein de la communauté. Ces personnes-là s'évertuent à critiquer ouvertement les grands érudits et illustres Aimmah Moudjtahidîne (R) tel que Imaam Aboû Hanîfah (R), Imaam Chaafi'î (R), Imaam Maalik (R), Imaam Ahmad Bin Hambal (R) etc. Ils tentent de faire accroire que c'est un péché de suivre un de ces 4 Aimmah Moudjtahidîne (R). Nous savons très bien que quand les Ou'lamaa donnent un verdict, ils ne le font pas en accord avec leur passion ou leur nafs, comme c'est le cas avec beaucoup de ceux qui osent se proclamer "Ahlé Hadîce", mais plutôt en conformité avec les enseignements du Qour'aan et du Sounnah.
Nous tenons à attirer l'attention des musulmans que ces personnes-là ne sont que des ignorants, des tonneaux vides et qu'elles sont déviées du Çiraat-oul-Moustaqîme. Pour notre salut il vaut mieux rester loin d'eux !
[EXTRAIT DE AL HAADÎ Vol.2 No.3]
