Les Sounan‎‎ et les Nawaafil

La perfection est devenue un maître mot aujourd'hui et est appréciée par tout le monde. Pour nous en rendre compte, il suffit de prendre en considération les menus détails qui alimentent notre vie quotidienne. Que d'efforts ne déployons nous pas pour embellir notre maison. De même, en ce qui concerne nos habitudes alimentaires, nous ne nous contentons pas d'un simple plat de subsistance. D'autre part, nous accordons une attention toute particulière à notre tenue vestimentaire en nous appropriant les vêtements les plus chics.

Si le souci de la perfection est omniprésent chez l'homme eu égard à sa vie matérielle, par contre sa vie spirituelle laisse beaucoup à désirer. Ici nous constaterons que l'attitude de l'homme vis-à-vis du Charî'ah, est l'une des plus étranges qui soit : les Sounan‎‎ (pluriel de Sounnah) et les Nawaafil ainsi que les moustahabs sont piteusement délaissés.

A l'époque de Nabî-é-Karîm (Sallallaahou A'laihi Wasallam) il suffisait aux Sahaabah‎-é-Kiraam (Radiyallahou anhoum‎) de savoir que Nabî-é-Karîm (Sallallaahou A'laihi Wasallam) ait fait telle ou telle chose pour qu'ils en fissent de même. Peu leur importait de savoir si c'était Farz ou Nafl car pour eux Nabî-é-Karîm (Sallallaahou A'laihi Wasallam) symbolisait la perfection. Une fois une personne est venue s'enquérir auprès de Hazrat Abdoullah Bin Oumar‎ (Radiyallahou anhou‎) pour savoir si le Witr‎ était Waadjib. Hazrat Abdoullah Bin Oumar‎ (Radiyallahou anhou‎) lui a répondu que c'était là la pratique de Nabî-é-Karîm (Sallallaahou A'laihi Wasallam) et des musulmans sans préciser toutefois si le Witr‎ était Waadjib ou pas. La réponse faite par Hazrat Abdoullah (Radiyallahou anhou‎) démontre parfaitement qu'il suffisait qu'une chose ait eu l'approbation de Nabî-é-Karîm (Sallallaahou A'laihi Wasallam) pour qu'elle fût mise en pratique.

Quoi qu'il ne soit pas nécessaire de savoir la force légale ou le degré d'importance des différentes pratiques, il est tout de même bon d'en prendre connaissance dans la mesure où cette connaissance nous permet de déterminer les priorités entre les différentes pratiques. Mais aujourd'hui cette connaissance n'est pas utilisée à bon escient. Alors que les Salf-é-Saalihîne s'en servaient justement pour connaître les priorités, cette connaissance nous sert de prétexte pour abandonner les pratiques non obligatoires telles que les Nawaafil etc.

Il ne faut pas imaginer qu'une pratique qui n'est pas Farz n'est pas importante. Il faut savoir que l'importance est une chose relative et non absolue. Par exemple les Nawaafil ne sont pas obligatoires parce qu'ils ne nous ont pas été imposés par Allah Ta'aala. Ce qui ne veut pas pour autant dire qu'ils ne sont pas importants. Leur importance deviendra apparente lorsqu’ils serviront à compenser nos manquements dans les Salaahs‎‎ Farz et nul ne peut se vanter d'accomplir ses Salaahs‎‎ à la perfection.

Armée d'une telle conception, il est impossible pour une personne de négliger ses Nawaafil. Si les Sahaabah‎-é-Kiraam (Radiyallahou anhoum‎), en dépit de leur piété et l'abondance de leurs bonnes actions, ont vu la nécessité d'accomplir les Nawaafil, alors combien est-il important pour nous de nous adonner à ces pratiques vu que notre Aa'maal-é-Saaliha‎ est déficitaire ? Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) le maghfour (le pardonné), ainsi que les A'shrah Moubash'shara (les dix Ashaab (Radiyallahou anhoum‎) qui ont eu la bonne nouvelle qu'ils sont les Djannatis) ne négligeaient point la pratique des Nawaafil. Compte tenu donc de nos défaillances dans nos Salaahs‎‎ Farz, il nous est indispensable d'accomplir les Nawaafil.

NAWAAFIL - MOYEN D'APPROCHE

En sus de l'accomplissement des Faraaïz, ce sont les Nawaafil qui contribuent énormément à nous rapprocher davantage vers notre Créateur. L'accomplissement des Nawaafil et des Faraaïz illustre parfaitement le souci du pratiquant d'être aimé par son Rabb. Selon un Hadîce, si un serviteur fait un pas vers son Créateur, Allah Ta'aala fait dix pas en sa direction. Alors il est tout à fait normal que celui qui a la volonté de se rapprocher de son Rabb, s'attire dix fois plus la grâce divine. Selon un Hadîce Qoudsî, Allah Ta'aala a dit :

"Quiconque fait preuve d'hostilité vis-à-vis d'un mien ami, Je lui déclare la guerre. Jamais Mon serviteur ne se rapproche de Moi par une action plus agréable à Mes yeux que l'accomplissement des obligations que Je lui ai prescrites. Et Mon serviteur ne cessera pas, pour autant, de se rapprocher de plus en plus de Moi par des oeuvres surérogatoires (les Nawaafil), si bien que Je finis par l'aimer. Et une fois que Je l'ai aimé, Je deviens l'oreille par laquelle il entend, le regard par lequel il voit, la main avec laquelle il frappe, le pied au moyen duquel il se déplace. S'il M'adresse une requête, certes Je la lui accorderai ; s'il cherche un refuge auprès de Moi, il aura sûrement Ma protection."

En d'autres mots l'accomplissement des Nawaafil permet la création d'une fusion entre le Créateur et Son serviteur. Ainsi le serviteur n'accomplit que ce que le Créateur désire : il est pour ainsi dire à la merci de la volonté divine.

SOUNNAH-E­-MOU'AKKADAH ET GHAIR MOU'AKKADAH

Selon les savants le terme Nafl ou Nawaafil implique tout ce qui est en excès des Faraaïz. Littéralement le mot Nafl ou Naafilah signifie tout excès sur les obligations. C'est dans cette même optique qu'on appelle Nafl le butin issu du Djihaad car il représente en fait un excès ou un surplus sur le but réel du Djihaad.

En fonction du degré d'importance que les Nawaafil bénéficient par la pratique de Nabî-é-Karîm (Sallallaahou A'laihi Wasallam), les Nawaafil se divisent en deux catégories :

       i.            Sounnat-é-Mou'akkadah et

      ii.            Sounnat-é-Ghair-Mou'akkadah.

Le Sounnat-é-Mou'akkadah a été pratiqué régulièrement (sans être abandonné délibérément) par Nabî-é-Karîm (Sallallaahou A'laihi Wasallam) et les Khoulafaa‎-é-Raashidîne (Radiyallahou anhoum‎). Par contre le Sounnat-é-Ghair-Mou'akkadah constitue une pratique régulière de Nabî-é-Karîm (Sallallaahou A'laihi Wasallam) qui était quelque fois négligée sans raison apparente. Il est à noter que l'abandon régulier et délibéré d'une pratique classée Sounnat-é-Mou'akkadah constitue un péché et rend l'auteur de cet acte indigne de confiance (unreliable).

Selon des ahaadîce, outre les cinq prières quotidiennes, Nabî-é-Karîm (Sallallaahou A'laihi Wasallam) accomplissait 12 Rak'aats de Salaah qui étaient considérés comme Sounnat-é-Mou'akkadah.

Les Sounnat-é-Mou'akkadah attachés aux cinq Salaahs‎‎ quotidiennes sont : 2 Rak'aats avant le Farz de Fadjr, 4 Rak'aats avant et 2 Rak'aats après le Farz de Zouhr, 2 Rak'aats après le Farz de Maghrib et enfin 2 Rak'aats après le Farz de I'chaa. Dans un Hadîce de Tirmîzî rapporté par Hazrat Oummé Habîbah (Radiyallahou anhou‎), Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit qu'Allah Ta'aala construira une maison au paradis pour celui qui accomplit 12 Rak'aats de Salaah pendant le jour et la nuit. Ce même Hadîce est mentionné dans Mouslim Charîf.

DEUX RAK'AATS SOUNNAH AVANT FADJR

Parmi les Rak'aats Sounnat-é-Mou'akkadah, l'accent est mis surtout sur les deux Rak'aats Sounnahs de Fadjr. Hazrat Aa'ichah (Radiyallahou anhou‎) rapporte que Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a accordé plus d'importance à ces deux Rak'aats plus qu'à n'importe quel autre Nawaafil. Ces deux Rak'aats sont tellement importants que selon un Hadîce d'Aboû Daawoûde Charîf rapporté par Hazrat Aboû Houraïrah (Radiyallahou anhou‎), Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) nous a recommandé d'observer ces deux Rak'aats et cela, même au risque de se faire piétiner par un cheval ennemi. Par ailleurs il est rapporté que Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) ne ratait jamais les 4 Rak'aats avant le Zouhr et ceux avant le Fadjr.

L'importance de ces deux Rak'aats nous apparaît encore plus évidente du fait que Nabî-é-Karîm (Sallallaahou A'laihi Wasallam) ne s'étant pas réveillé à temps en sortant d'une expédition, les avait même remplacés après le lever du soleil. Selon un Hadîce rapporté par Hazrat Aboû Houraïrah (Radiyallahou anhou‎), Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) nous a recommandé de remplacer ces deux Rak'aats Sounnah après le lever du soleil au cas où nous les avions manqués.

Ces deux Rak'aats Sounnah renferment beaucoup de récompenses. Selon un Hadîce ils valent plus que le monde entier et son contenu. Commentant ce Hadîce Shah Walîyoullah Dehlavî (R) nous dit que la supériorité de ces deux Rak'aats s'explique par le fait que le monde étant éphémère et périssable tandis que les récompenses de ces deux Rak'aats Sounnahs sont éternelles.

Tant de bénéfices pour une Salaah aussi courte que celle là ne peuvent que démontrer la grâce et la faveur d'Allah Ta'aala. Cette Salaah est tellement courte que des fois Hazrat Aa'ichah (Radiyallahou anhou‎) se demandait si Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) avait même lu le Sourah Faatihah ou pas. En accomplissant ces deux Rak'aats Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) lisait, pour la plupart du temps, les Sourahs Al-Kaafiroûne et Al-Ikhlaas (Qoulhouwallahou Ahad). D'autre part Hazrat Abdoullah Bin Mas'oûde (Radiyallahou anhou‎) nous fait part du nombre incalculable de fois qu'il a entendu Nabî-é-Karîm (Sallallaahou A'laihi Wasallam) réciter les Sourahs Al-Kaafiroûne et Al-Ikhlaas en accomplissant les deux Rak'aats Sounnah de Maghrib et ceux de Fadjr.

LES SOUNNAH-É­-MOU'AKKADAH DE ZOUHR

La Salaah de Zouhr comporte 6 Rak'aats de Sounnat-é-Mou'akkadah : 4 Rak'aats avant le Farz et 2 après. Cependant certains ahaadîce font mention de 2 Rak'aats avant le Farz de Zouhr dont celui rapporté par Hazrat Abdoullah Bin Oumar‎ (Radiyallahou anhou‎) :

"J'ai accompli 2 Rak'aats avant la Salaah Zouhr en compagnie de Nabî-é-Karîm (Sallallaahou A'laihi Wasallam)."

Selon les savants il y avait des occasions où Nabî-é-Karîm (Sallallaahou A'laihi Wasallam) faisait seulement 2 Rak'aats mais la plupart du temps il accomplissait 4 Rak'aats. Hazrat Aa'ichah (Radiyallahou anhou‎) dit que Nabî-é-Karîm (Sallallaahou A'laihi Wasallam) ne manquait jamais les 4 Rak'aats avant la Salaah de Zouhr et les 2 Rak'aats avant la Salaah de Fadjr. Par ailleurs il y a de nombreux ahaadîce qui attestent le nombre de 4 Rak'aats avant le Farz de Zouhr. Selon un Hadîce de Tirmîzî rapporté par Hazrat A'lî‎ (Radiyallahou anhou‎), Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) faisait 4 Rak'aats avant le Farz de Zouhr et 2 après. Selon un autre Hadîce de Tirmîzî rapporté par Oummé Habîbah (Radiyallahou anhou‎), le feu de l'enfer serait haraam sur celui qui pratique régulièrement les 4 Rak'aat avant la Salaah de Zouhr et les 2 Rak'aats après. Les 4 Rak'aats jouissent d'une importance accrue du fait que Nabî-é-Karîm (Sallallaahou A'laihi Wasallam) nous a recommandé de les remplacer après la Salaah Farz au cas où nous les avions manquées.

Selon un Hadîce d'Ibn-é-Maadjah rapporté par Hazrat Aa'ichah (Radiyallahou anhou‎) Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) avait l'habitude de remplacer les 4 Rak'aats Sounnahs de Zouhr après avoir accompli les 2 Rak'aats Sounnahs de Zouhr.

SOUNNAH-É-­MOU'AKKADAH APRÈS MAGHRIB

Après la Salaah Farz de Maghrib il existe 2 Rak'aats Sounnat-é-Mou'akkadah. Selon un long Hadîce rapporté par Hazrat Aa'ichah (Radiyallahou anhou‎), il est dit que Nabî-é-Karîm (Sallallaahou A'laihi Wasallam) avait l'habitude d'accomplir ces deux Rak'aats à la maison. D'autre part, dans un Hadîce de Tirmîzî rapporté par Hazrat Abdoullah Bin Mas'oûde (Radiyallahou anhou‎) nous apprenons que Nabî-é-Karîm (Sallallaahou A'laihi Wasallam) récitait les Sourahs Al-Kaafiroûne et Al-Ikhlaas en accomplissant ces deux Rak'aats.

SOUNNAH-É-­MOU'AKKADAH APRÈS I'CHAA

Selon Hazrat Aa'ichah (Radiyallahou anhou‎), Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) accomplissait les 2 Rak'aats Sounnah après le Farz de I'chaa chez lui.

LES SOUNNAH-É-GHAIR­-MOU'AKKADAH

Il existe 10 Rak'aats de Sounnat-é-Ghair-Mou'akkadah liés aux Salaahs‎‎ Farz. Les dix Rak'aats sont : 4 Rak'aats avant le Farz de I'chaa et 2 Rak'aats qui viennent juste après les 2 Rak'aats Sounnah Mou'akkadah de I'chaa et enfin 4 Rak'aats avant le Farz de A'ssr.

NAWAAFIL - LES MOMENTS INTERDITS

Le lever du soleil, le zénith et le coucher du soleil constituent les moments pendant lesquelles il est interdit d'accomplir la Salaah. Une exception toutefois : il est permis d'accomplir la Salaah de A'ssr (au cas où celle ci n'a pas été accomplie à l'heure prescrite) au moment du coucher du soleil. Cependant, il est à noter que reporter la Salaah de A'ssr délibérément jusqu'à ce que le soleil devienne jaune est un acte méprisable, répréhensible et interdit.

Concernant l'interdiction de faire les Salaahs‎‎ aux moments précités, Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a fait ressortir, dans un Hadîce de Mouslim, que c'est précisément pendant le lever et le coucher du soleil que les kouffaar/Moushrikîne se prosternent devant le soleil entre les deux cornes de chaïtaan. Quant à l'interdiction à l'heure du zénith (Zawaal), il est rapporté que c'est l'heure à laquelle le feu de l'Enfer est chauffé. Outre ces Ahaadîce, il y a d'autres qui font mention de l'interdiction d'accomplir les Salaahs‎‎ pendant les moments décrits plus haut.

En sus de ces trois moments d'interdiction, il existe deux autres moments pendant lesquels il n'est pas permis d'accomplir les Sounnahs et les Nawaafil. Premièrement, entre le Soubh-é-Saadiq (l'aube) et le lever du soleil où tous les Sounnahs et les Nawaafil, à l'exception de 2 Rak'aats Sounnahs de Fadjr, sont interdits. Deuxièmement, après la Salaah de A'ssr, il n'est pas permis d'accomplir aucun Sounnah ou Nafl.

Dans un Hadîce de Mouslim Charîf, Hazrat Hafçah‎ (Radiyallahou anhou‎) rapporte qu'à l'apparition de Soubh-é-Saadiq, Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) ne faisait rien sauf 2 Rak'aats. Dans un autre Hadîce de Tirmîzî rapporté par Hazrat Abdoullah Bin Oumar‎ (Radiyallahou anhou‎), Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit qu'après l'apparition de Fadjr il n'y a aucune Salaah (Nafl) sauf 2 Rak'aats (Sounnah). Commentant ce Hadîce, Imaam Tirmîzî (R) dit que c'est un fait sur lequel les savants sont unanimes. Ils considèrent, dit Imaam Tirmîzî (R), que c'est Makroûh‎‎ d'accomplir une Salaah autre que les 2 Rak'aats Sounnah de Fadjr.

Selon un Hadîce de Boukharî Charîf, Hazrat Abdoullah Bin Abbaas ‎ (Radiyallahou anhou‎) dit que Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) nous a empêché d'accomplir de Salaah après Fadjr jusqu'au lever du soleil et après la Salaah de A'ssr jusqu'au coucher du soleil.

Il est à noter que seul l'accomplissement des Nawaafil et Sounnahs qui est interdit après le Farz de Fadjr et d'A'ssr. Cette interdiction ne s'applique pas pour les Salaahs‎‎ Qazaa qui, elles doivent être accomplies avant que le soleil ne devienne jaune.

MEILLEUR ENDROIT POUR ACCOMPLIR LA SALAAH SOUNNAH ET NAFL

Durant toute sa vie Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a accompli les Salaahs‎‎ Farz à la mosquée et ce, en congrégation. Quant aux Sounnahs et Nawaafil, il les accomplissait à la maison. Selon un Hadîce de Mouslim Charîf rapporté par Hazrat Aa'ichah (Radiyallahou anhou‎) il est dit :

"Raçouloullah accomplissait 4 Rak'aats avant le Farz de Zouhr à la maison ; après quoi il partait pour la mosquée pour faire l'Imaamat. Ensuite il revenait à la maison pour accomplir 2 Rak'aats. Pour la Salaah de Maghrib, il dirigeait la congrégation. Ensuite il rentrait à la maison pour compléter 2 Rak'aats..."

Ce Hadîce nous montre que Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) accomplissait les Sounnahs et les Nawaafil chez lui. Cette pratique ne s'applique pas cependant à Raçouloullah seulement. Elle est valable aussi pour l'Oummah‎ toute entière.

Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) considérait les Sounnahs et les Nawaafil accomplis à la maison comme les meilleurs Salaahs‎‎ en disant :

"Hormis les Salaahs‎‎Farz, les meilleurs Salaahs‎‎ d'une personne sont celles accomplies à la maison."

Selon un Hadîce de Tabraanî, Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit :

"La supériorité des Nawaafil accomplis à la maison équivaut à la supériorité des Faraaïz sur les Nawaafil."

Dans un Hadîce d'Aboû Daawoûde, Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit :

"La Salaah qu'une personne fait chez elle est meilleure que celle accomplie dans mon Masjid (Masjid-é-Nabawî) - la Salaah Farz exceptée."

Le Charî'ah nous a recommandé à accomplir les Nawaafil à la maison pour empêcher que notre maison ne devienne comme un Qabr‎‎.

Bien que l'accomplissement des Nawaafil à la maison soit meilleur, cela ne veut nullement dire qu'il est interdit de les faire à la mosquée. En effet, comme pour montrer que l'accomplissement des Nawaafil à la mosquée est autorisé, Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) les accomplissait quelque fois à la mosquée. Par ailleurs, si nous craignons de ne pouvoir les accomplir à la maison, alors il est préférable de s'en acquitter à la mosquée. C'est semblable à la Salaah de Witr‎ qui doit de préférence être accomplie dans la dernière partie de la nuit, mais qui cependant peut être accomplie préférablement avant d'aller se coucher si l'on craint de ne pouvoir se réveiller à temps pour l'accomplir.

Enfin, il est à noter que les Nawaafil tels que Salaat-oul-Istisqaa, Salaat-oul-Kousoûf, Salaat-oul-Eideïne, Salaat-oul-Taraawîh sont exemptés de la règle générale en ce qui concerne la supériorité d'accomplir les Salaahs‎‎ Sounnahs et Nawaafil à la maison.

[EXTRAIT DE AL HAADÎ Vol.2 No.3]