Le choix entre le taqlîde de haqq et le taqlîde de hawaa

Aboû Bakr reçoit une lettre, rédigée en anglais, provenant du ministère des Finances. Ne comprenant pas l'anglais, très sagement il contacte Mouhammad qui, lui, éduqué et connaissant l'anglais peut le mettre au courant du contenu de la lettre. Ainsi Aboû Bakr apprend qu'il a été convoqué par le ministère un certain vendredi à 9.30 a.m. Agissant donc selon l'interprétation de la lettre faite par Mouhammad, Aboû Bakr se rend au ministère.

A qui est-ce que Aboû Bakr a obéi, au ministère ou à Mouhammad ? Sans doute ceux doués d'un peu de bon raisonnement seront d'accord que Aboû Bakr a exécuté l'ordre du ministère et non pas l'ordre de Mouhammad, car ce dernier n'a fait qu'interpréter la lettre pour lui.

C'est la même logique qui s'applique quand on suit un des quatre Aimmah (R), à savoir Imaam Aboû Hanîfah (R), Imaam Maalik (R) Imaam Chaafi'î‎ (R) et Imaam Ahmad Bin Hambal (R). Faire le taqlîde d'un (c.à.d. suivre un) de ces célèbres savants de Dîne c'est en fait suivre les enseignements du Qour'aan-é-Karîm et de Raçouloullah d'après explication d'un de ces Aimmah (R). Il est illogique et irraisonnable de dire qu'en faisant le taqlîde d'un de ces Aimmah (R) on n'obéit qu'aux ordres de celui-ci, tout comme d'après la petite histoire susmentionnée, il est ridicule de dire qu'Aboû Bakr a obéi à Mouhammad et non pas au Ministère.

Le véritable Imaam des musulmans est Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam). Ce n'est que d'après l'interprétation de ces Aimmah (R) qui nous comprenons et pratiquons les enseignements de Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) correctement. Dans un Hadîce le Prophète d'Allah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) dit : Cramponnez-vous à mes principes et ceux de mes Khoulafaa‎‎-é-Raashidîne (Radiyallahou anhoum‎)."

A la lumière de ce Hadîce nous voyons que Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a ordonné à son Oummah‎ de suivre également les principes des Khoulafaa‎‎-é-Raashidîne (Radiyallahou anhoum‎). Donc la pratique de suivre les Khoulafaa‎‎-é-Raashidîne (Radiyallahou anhoum‎) n'est pas en contradiction avec le fait que notre Imaam est, en toute logique, Nabî-é-Karîm (Sallallaahou A'laihi Wasallam). De la même façon Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) demeure notre Imaam quand nous pratiquons l'Islaam selon l'interprétation d'un des 4 Aimmah (R).

Le véritable "HAAKIM" (souverain) est Allah Soubhaanahoû Wa Ta'aala. L'Inçaan (l'homme) est appelé à obéir à Ses ordres. Pourtant Allah Ta'aala Lui-même nous a ordonné de suivre Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) :

"…Obéissez à Allah et au Prophète...." (24:54)

De plus, Allah Ta'aala va même jusqu'à dire que l'obéissance à Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) équivaut à l'obéissance à Allah Ta'aala Lui-même :

"Quiconque obéit au messager Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) obéit à Allah..." (4:80)

Nous voyons donc que l'obéissance à Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) ne contredit pas le fait qu'Allah Ta'aala est notre "Haakim." De même suivre l'interprétation d'un des Aimmah (R) ne contredit pas le fait que Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) est notre Imaam. Si l'obéissance à Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) est un ordre d'Allah Ta'aala, sachez aussi que l'obéissance aux "Oûloul A'mr‎", qui selon les Moufassirîne se réfère aux Ou'lamaa-é-Moudjtahidîne‎, est aussi un ordre d'Allah Ta'aala. En effet Allah Ta'aala dit :

‎‎ vous qui croyez, obéissez à Allah, obéissez au Prophète et aux "Oûloul A'mr" (ceux qui détiennent l'autorité)" (4:59)

Dans le Sourah Louqmaan Allah Ta'aala dit :

"Suis le chemin de celui qui s'incline vers Moi..." (31:15)

Donc en faisant le taqlîde d'un des Aimmah (R) nous ne faisons que mettre en pratique ce verset car ces illustres savants sont parmi ceux qui se sont "inclinés vers Allah Ta'aala." Donc ils méritent d'être nos guides à la lumière de ce verset.

Très souvent des personnes déviées du Çiraat-oul-Moustaqîme s'appuient sur le verset 31 du Sourah Taubah pour condamner le taqlîde. Or, en fait, il n'y a rien dans ce verset qui interdit la pratique du Dîne d'après les explications et interprétations de ces Aimmah (R). Voyons le verset en question :

"Ils (les juifs et le chrétiens) ont pris leurs docteurs/ savants et leurs moines ainsi que le Messie, fils de Marie (Hazrat I'çaa (Alaihis Salaam)), comme seigneurs, au lieu d'Allah Ta'aala." (9:31)

Expliquant ce verset Nabî-é-Karîm (Sallallaahou A'laihi Wasallam) dit qu'en fait ces gens-là (les Ahl-é-Kitaab) n'ont pas adoré leurs savants pour qu'Allah dise qu'ils ont considéré leurs savants comme des dieux mais c'est parce qu’ils ont suivi (aveuglément) leurs savants dans tout ce qu'ils ont déclaré "halaal" ou "haraam."

Avant tout voyons comment se comportaient les savants des "Ahl-é-Kitaab." Ces savants-là se laissaient guider par leurs désirs et passions. Leurs intérêts personnels influençaient les conclusions et les verdicts qu'ils émettaient. Par exemple ils avaient aboli la lapidation, sanction réservée à une personne mariée qui avait commis l'adultère. De même ils avaient changé le nombre et la période de Rôza (jeûne). Il est donc tout à fait normal qu'il soit interdit de suivre de tels savants. Même de nos jours il n'est pas permis d'obéir à des personnes qui cachent la vérité et qui se laissent influencer par leurs intérêts personnels. Sans aucun doute ce verset condamne le taqlîde de ce type des savants. Ces savants-là étaient des "Ahl-é-Hawaa." Faire le taqlîde de ces savants-là c'est faire "l'Ittibaa-é-Hawaa" c.à.d. obéir aux gens corrompus par le nafçaaniyat‎. L'Ittibaa-é-Hawaa est analogue à associer d'autres divinités à Allah Ta'aala. Par contre c'est vraiment une grande injustice de se servir de ce verset pour condamner le taqlîde d'un de ces 4 Aimmah (R). L'honnêteté, l'intégrité et le Taqwaa de ces Aimmah (R), contrairement aux savants des Ahl-é-Kitaab, étaient irréprochables proverbiales mêmes. C'est un fait établi et reconnu de tout temps par l'Oummah‎ de Mouhammad (Sallallaahou A'laihi Wasallam). En d'autres mots ces savants de l'Islâm étaient des Ahl-é-Haqq (promoteurs de la vérité). Conséquemment faire le taqlîde de ces savants c'est l'Ittibaa-é-Haqq.

Il est donc farfelu d'établir une comparaison entre le taqlîde des Ahl-é-Haqq et le taqlîde des Ahl-é-Hawaa. Et traiter les deux types de taqlîde sous la même loi (le verset 31 du Sourah Taubah) révèle une grande injustice et malhonnêteté car il n'y a pas de comparaison entre la vérité et la fausseté. Il faut comparer ce qui est comparable.

Après avoir mentionné le verset 31 du Sourah Taubah, Cheïkh Mouhaddîce Dehlavî (R) a fait ressortir que les verdicts des Moudjtahidîne concernant ce qui est halaal ou haraam reposent sur des preuves du Charî'ah et par conséquent ils (les Moudjtahidîne) sont exemptés de l'interdiction mentionnée dans ce verset.

Commentant le verset 170 du Sourah Baqarah où Allah Ta'aala a mentionné l'attitude erronée des kouffaar lorsqu'ils disent :

"Nous suivrons les principes que nous avons hérités de nos ancêtres..."

Allaamah‎‎ Qourtoubî (R) dit dans son Tafsîr‎ :

"Un groupe s'appuie sur ce verset pour critiquer le taqlîde du fait qu'Allah Ta'aala a blâmé les kouffaar à cause de leur "Ittibaa" à leurs ancêtres dans la fausseté et du fait qu'ils les ont suivis dans le Koufr et la désobéissance. Et cela (cette critique) est valable en ce qui concerne la fausseté. En ce qui concerne le taqlîde de la vérité alors c'est un des principes fondamentaux de Dîne et c'est un refuge pour l'ignorant qui est incapable de comprendre les arguments."

Plus devant il ajoute :

"Quant au taqlîde dans les Fourou (détails) c'est correct."

Il est vraiment étonnant de voir les promoteurs de "anti-taqlîde" qui, tout en condamnant le taqlîde des quatre Aimmah (R) qui, eux, possédaient une connaissance très profonde de Dîne et dont la piété était proverbiale, invitent la masse musulmane à les suivre c.à.d. à faire leur taqlîde malgré qu'ils n'ont pas une connaissance correcte et profonde de Dîne. C'est vraiment aberrant !

Les promoteurs de "anti-taqlîde" dont la connaissance s'est faite à travers la lecture de quelques livres de traduction que, là aussi, ils n'ont pas bien compris, ont quand même l'insolence d'empêcher les musulmans de faire le taqlîde des Aimmah (R) et pire encore ils osent déclarer que ce taqlîde est haraam et égal au Chirk mais comble de l'ironie, ils demandent au public de les suivre c.à.d. faire leur taqlîde. On veut nous faire accroire que le taqlîde des savants de Dîne est haraam et égal au Chirk tandis que le taqlîde des gens dépourvus de connaissance et de compétence comme eux est permis. Il faut être vraiment imbécile ou ignorant pour tomber dans les pièges de ces promoteurs de "fitnah."

Il n'y a guère d'exagération quand nous disons que les promoteurs d'anti-taqlîde c.à.d. promoteurs de "Hawaa" sont en train d'inviter les gens à faire leur propre taqlîde car tous ceux qui épousent leur école de pensée les suivent aveuglément. N'est-il pas vrai que la plupart de ceux qui les suivent ne connaissent pas la langue arabe et que beaucoup parmi eux ne peuvent même pas lire le Qour'aan-é-Karîm correctement ? Quand ils ne connaissent pas des choses aussi simples, n'est-ce pas les "recherches" de ces promoteurs de "Hawaa" qu'ils suivent ? Certainement la réponse est oui. Comment peut-on être aussi stupide pour délaisser le taqlîde des savants pour faire le taqlîde des ignorants corrompus par le nafçaaniyat‎ qui ne parvienne même pas à réaliser combien de tort ils font à leur propre personne et à l'Islâm ?

Est-ce que le Charî'ah peut imposer la compréhension du Qour'aan-é-Karîm et du Hadîce sur une personne qui ne connait pas la langue arabe, les principes du Tafsîr‎ et du Hadîce, les règlements concernant les déductions par analogie, etc. ?

Si on dit que le Charî'ah impose à tout un chacun de faire ses propres recherches, cela veut dire qu'il est "Farz" d'apprendre la langue arabe et les différents principes et règlements précités car sans ces connaissances il est impossible de faire ses propres recherches ou d'émettre un verdict valable, islamiquement parlant. Mais jusqu'ici personne n'a osé dire qu'il est obligatoire à chaque individu d'apprendre toutes ces choses-là.

Si le Charî'ah n'a donc pas rendu toutes ces choses-là obligatoires, est-ce qu'une personne dénuée des connaissances essentielle peut-être autorisée à pratiquer le Dîne selon sa compréhension et ses déductions qui seraient certainement défectueuses ? Dans une telle situation inévitablement chaque individu va développer une école de pensée propre à lui surtout à une époque où le nafçaaniyat‎ est en train de faire rage. Il est évident que le Charî'ah ne peut pas autoriser une telle chose c.à.d. encourager le libertinage car elle est en opposition totale avec l'esprit de Dîne - de préserver l'humanité contre le nafçaaniyat‎.

Vous, les promoteurs de anti-taqlîde, libérez-vous de vos idées préconçues et essayez de voir clair avant qu'il ne soit trop tard. Vous qui damez sur tous les toits que quatre écoles de pensée c'est trop, comment pouvez-vous militer pour créer, non pas des milliers, mais des millions d'écoles de pensée ? Vous empêchez les musulmans de pratiquer le Dîne d'après l'explication des savants de l'Islâm mais vous les invitez subtilement à faire votre propre taqlîde. Quel égarement ! Que cherche-t-on au juste ?

La pratique d'un Mou'mine doit être basée sur les enseignements du Qour'aan-é-Karîm et du Hadîce de Nabî-é-Karîm (Sallallaahou A'laihi Wasallam). Pour comprendre les enseignements du Qour'aan-é-Karîm il faut lire et comprendre le "Tafsîr‎" du Qour'aan-é-Karîm. Combien parmi nous peuvent comprendre le Tafsîr‎ du Qour'aan-é-Karîm ? La plupart parmi nous ne font que lire la traduction du Qour'aan-é-Karîm et essaient de le comprendre. Ce qui veut dire qu'en réalité nous faisons le taqlîde du traducteur du Qour'aan-é-Karîm. Si le taqlîde est haraam comment permettons-nous de pratiquer le Dîne d'après la traduction d'un traducteur ? Et s'il est permis de faire le taqlîde de ce dernier qu'a-t-on à reprocher aux quatre Aimmah (R) pour que l'interprétation qu'ils ont faite du Dîne n'inspire pas confiance ?

L'étude du Hadîce n'est pas une chose aussi simple comme on tente de le faire accroire. Avant de mettre en pratique un Hadîce, on doit savoir si ce Hadîce est "Sahîh" (authentique), "dha'îf' (faible) ou "maudoû" (fabriqué). Combien parmi les promoteurs de "anti-taqlîde" ont l'aptitude à analyser un Hadîce en fonction de son "matn" (contenu), "sanad" (chaîne de transmission) et à la lumière des éléments entourant le Hadîce en question ou encore en fonction d'un autre Hadîce qui contredit le premier ? Personne à Maurice selon nous ! Est-ce qu'ils savent qu'il y a des ahaadîce qui sont contradictoires en apparence seulement alors qu'en fait ces ahaadîce peuvent être réconciliés ?

Dans le Qour'aan-é-Karîm il n'y a aucun verset qui dit que tel ou tel Hadîce est Sahîh ou pas. Donc comment savoir si un Hadîce est authentique ou fabriqué ? Nous n'avons pas d'autre alternative que de chercher l'avis des savants de Hadîce. Ces savants aussi n'analysent pas un Hadîce en se basant sur la révélation mais plutôt sur des critères et principes qu'ils ont établis. Donc l'authenticité ou l'inauthenticité d'un Hadîce n'est pas basé sur le "Wahî" (révélation), qui de par sa nature-même est catégorique, mais sur les opinions des savants de Dîne qui, inévitablement, sont différentes dans bien des cas. C'est pour cette raison qu'on voit, d'après l'opinion d'un Mouhaddîce, qu'un Hadîce est authentique tandis qu'un autre Mouhaddîce considère qu'il est faible. D'ailleurs, d'après les critiques de Hadîce, même dans Boukharî Charîf et Mouslim Charîf il y a des ahaadîce qui ne sont pas authentiques parce que les narrateurs sont considérés comme faibles. Selon Hakim Aboû Abdoullah Al Hafiz-al-Niçabouri, le nombre de narrateurs qu'Imaam Boukharî (R) a accepté alors qu'Imaam Mouslim (R) les a rejetés s'élève à 434. Et le nombre de narrateurs qui ont été rejeté par Imaam Boukharî (R) mais accepté par Imaam Mouslim (R) s'élève à 625. Ceci démontre que l'authenticité ou l'inauthenticité d'un Hadîce est basé sur l'opinion d'un Mouhaddîce. Il n'est donc pas étonnant qu'un Hadîce soit considéré comme "Sahîh" par un Mouhaddîce tandis que pour un autre Mouhaddîce il est "dha'îf." Bien sûr les Mouhaddiçîne‎ étant des Moudjtahids ne sont pas à blâmer en raison de ces divergences.

De nos jours peut-on analyser un Hadîce sans se référer aux opinions des Mouhaddiçîne‎ ? Bien sûr que non ! Si on se permet de se référer aux Mouhaddiçîne‎ cela veut dire qu'on fait le taqlîde de ces savants car, comme nous avons vu, l'authenticité ou l'inauthenticité d'un Hadîce est basé sur leurs opinions. Nous constatons donc qu'on n'a pas d'autre choix que de se fier aux opinions de ces savants de Dîne pour savoir si telle ou telle déclaration est la parole de Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) ou pas.

Alors n'est-il pas vrai que le Dîne lui-même repose sur le taqlîde car, comme nous avons vu, pour comprendre le Qour'aan-é-Karîm on doit se référer aux traducteurs du livre d'Allah et pour comprendre le Hadîce on doit se fier aux opinions des Mouhaddiçîne‎ ? Quel mal y a-t-il donc à faire le taqlîde des Aimmah (R) pour comprendre le Qour'aan-é-Karîm et le Hadîce ?

C'est un fait qu'il y a très peu de personnes qui connaissent la langue arabe suffisamment pour pouvoir comprendre les ouvrages des savants de Hadîce au sujet des discussions qui ont eu lieu, sur le "matn (contenu) et le "sanad" (chaîne de transmission) par exemple. Si on ne peut comprendre ces choses-là comment donc pratiquer le Dîne sans faire le taqlîde des savants ? Dans ce cas on doit choisir entre deux possibilités :

       i.            On ne fait aucun Aa'maal.

      ii.            On pratique le Dîne selon son aptitude à comprendre le Qour'aan-é-Karîm et le Hadîce.

Le premier choix ne fait que promouvoir l'anarchie et le deuxième ouvre la voie à la naissance non pas des milliers mais des millions des Mazhabs car le degré de compréhension varie d'une personne à une autre. Ainsi donc chaque personne développera sa propre école de pensée. Voilà comment l'anti-taqlîde nous même droit à l'égarement et donne naissance à des millions des Mazhabs fondés sur le "Hawaa" et le "nafçaaniyat‎" tandis que les quatre Mazhabs sont basés sur le "Haqq" (LA VERITE). Malgré qu'on arrive difficilement à s'en rendre compte l'anti-taqlîde est en fait la promotion de : l'abandon total de la mise en pratique du Dîne, l'anarchie, l'apostasie et "l’Ittibaa-é-Hawaa" (la mise en pratique du Dîne selon ses désirs) comme avoué par un célèbre promoteur de anti-taqlîde en l'occurrence Hazrat Maulaanaa Mouhammad Houssain Azaad (R). En effet après avoir délaissé le taqlîde pendant 25 ans ce savant fait la constatation suivante :

"Après 25 ans d'expérience nous arrivâmes à conclure que ceux qui prétendent être des Moudjtahids et qui conséquemment abandonnent le taqlîde complètement en dépit de leur ignorance finissent par délaisser l'Islâm. II y a plusieurs choses et plusieurs raisons qui poussent au Koufr et à l'apostasie mais, une des raisons principales qui poussent les "Dînedaar" (pieux) à devenir "Be-dîne" c'est l'abandon du taqlîde. Les gens du "Ahl-é-Hadîce" qui ne possèdent aucune connaissance de Dîne ou qui ne l'ont pas suffisamment et en dépit de cela ont abandonné le taqlîde doivent prendre peur de cette conséquence tragique. En principe, les profanes de ce groupe sont pénalisés car ils sont les victimes de libertinage et de l'anarchie." (Ishaat-ous-Sounnah No. 4 Vol. 1/1888AD)

Cependant il est à noter que faire le taqlîde d'un Moudjtahid s'applique seulement à une personne qui n'est pas un Moudjtahid. Un non-Moudjtahid est une personne qui ne possède pas les qualifications requises pour faire l'Idjtihaad.

Les pseudo-moudjtahids ou les promoteurs d'anti-taqlîde se classent évidemment parmi ceux qui doivent absolument faire le taqlîde d'un Moudjtahid vu qu'ils sont très loin d'être des Moudjtahidîne. Un non-Moudjtahid comparé à un Moudjtahid est un ignorant. Donc il est tout à fait normal qu'un ignorant doit suivre un savant.

Quant à celui qui a les qualités requises pour faire l'Idjtihaad c.à.d. un Moudjtahid, il doit suivre ses propres recherches. De toute évidence les déclarations des Aimmah (R) qui n'autorisent pas qu'on les suit sans être au courant des preuves ne s'appliquent qu'aux Moudjtahidîne, et non pas à tout le monde comme mal-interprété par les promoteurs de anti-taqlîde, car il est pratiquement impossible pour que l'homme de la rue arrive à comprendre les preuves surtout de nos jours où on épuise vingt ans ou même plus de notre jeunesse à se soumettre à "l'esclavagisme" européen dans les institutions scolaires pour obtenir un bout de papier qu'on appelle "CERTIFICAT." Pour obtenir ses vivres c'est ce même certificat qu'on présente afin d'avoir un emploi. Mais quand il s'agit de Dîne on refuse d'accepter la valeur d'un certificat.

C'est n'est qu'après toutes ces années de jeunesse épuisées, qu'on essaie de consacrer un peu de son temps libre à faire du "part-time study" en matière de Dîne. Après avoir parcouru quelques livres, très vite on se croit savant. On commence à critiquer ouvertement les vrais savants de Dîne, on n'éprouve aucun respect pour eux, on ne parvient pas à différencier entre la piété et le libertinage, entre la vérité et la fausseté. On ne fait que débiter des âneries, des insultes à l'encontre des savants de Dîne qui, eux, ont sacrifié tout leur temps si ce n'est pas leur vie pour l'Islâm, pour Allah Ta'aala.

Il n'y a que DEUX façon pour pratiquer le Dîne :

       i.            En faisant l'Idjtihaad si on est Moudjtahid.

      ii.            En faisant le taqlîde d'un Moudjtahid si on n'est pas Moudjtahid.

Nous jugeons ici nécessaire d'attirer l'attention des musulmans sur une déclaration très grave qui a été faite à l'encontre des 4 Mazhabs par un promoteur d'anti-taqlîde. En effet ce frère a dit :

"Ce savant oublie que les écoles de pensée quelque soit leur nombre ne sont rien d'autre qu'une tentative des sionistes, impérialistes et ennemis de l'Islâm pour diviser la communauté en 4 sectes ou même plus car chaque secte est subdivisée...."

Dans une autre occasion il ajoute :

"Les écoles de pensée ne sont-elles pas un moyen par lequel les sionistes et impérialistes ont essayé de diviser la communauté musulmane en quatre sectes quand Allah Ta'aala dit 'et ne vous divisez pas'."

D'abord nous tenons à faire remarquer qu'à cause de certaines divergences les quatre Aimmah (R) ont développé quatre Mazhabs. Et vu que ce frère n'est lui aussi pas d'accord avec les quatre Mazhab, donc il forme un cinquième Mazhab. Il s'est lui-même laissé piéger par les sionistes ! Il est d'autant plus évident que c'est plutôt ce cinquième Mazhab qui est un produit du sionisme car ce frère, promoteur d'anti-taqlîde, doute de son Îmaan. En effet une fois il a lui-même avoué :

"Beaucoup dimoune croire qui zotte musulman, mo même mo pas sûre si mo ene musulman."

Il est possible qu'il puisse y avoir certaines différences dans le mots qu'il avait prononcés mais nous sommes certains d'avoir mentionné le sens de ses propos.

Cette déclaration à l'encontre des Aimmah (R) n'est digne que d'une personne qui a des doutes concernant son Imaam. Quel crédit peut-on accorder aux opinions d'une telle personne en matière de Dîne. Sans doute toute personne qui possède un peu d'intelligence a déjà compris sans aucune difficulté qu'une telle déclaration ne peut émaner que d'une personne qui manque de maturité, et qui est la conséquence d'une connaissance superficielle. Et puis on se dit "Ahl-é-Hadîce." Quand on doute de son Îmaan comment peut-on avoir la certitude que ce qu'on fait est en accord avec le Sounnah !

Dans le verset 103 du Sourah Aali I'mrân Allah Ta'aala dit :

"Attachez-vous tous, fortement, à la corde d'Allah ; ne vous divisez pas...." (3:103)

Nous sommes tous d'accord que ce verset s'adresse aux musulmans de tous les temps. Mais c'est un fait indéniable que les premiers concernés par ce verset et aussi par tous les autres versets sont les Sahaabah‎-é-Kiraam (Radiyallahou anhoum‎). Et là aussi nous nous accordons à dire que les Sahaabah‎-é-Kiraam (Radiyallahou anhoum‎) ont tous observé les commandements d'Allah Ta'aala énoncés dans le Qour'aan-é-Karîm y compris celui mentionné dans le verset précité. Pouvons-nous pour autant dire qu'il n'y avait aucune divergence entre les Sahaabah‎-é-Kiraam (Radiyallahou anhoum‎) ?

Tous ceux qui ont pris la peine d'étudier l'histoire islamique, la vie des Sahaabah‎-é-Kiraam (Radiyallahou anhoum‎) et particulièrement le Tirmîzî Charîf savent qu'il y avait des divergences de vue entre les Sahaabah‎-é-Kiraam (Radiyallahou anhoum‎) dans bien des cas. Quel musulman, digne de ce nom peut dire que les Sahaabah‎-é-Kiraam (Radiyallahou anhoum‎) "Naoûzoubillah" ont échoué dans la mise en pratique du verset 103 du Sourah Aali I'mrân ? Autant que nous sachions aucune autorité islamique n'a interprété les divergences entre les Sahaabah‎-é-Kiraam (Radiyallahou anhoum‎) comme une division interdite par le verset précité. Pourquoi ? Simplement parce que ces divergences étaient motivées par la quête du HAQQ (la vérité) et étaient basées sur des preuves du Charî'ah. Les divergences de même nature entre les Moudjtahidîne (R) sont autorisées, louables, et même récompensées en cas d'erreur car elles ne sont pas motivées par le "Hawaa" ou le "nafçaaniyat‎."

A l'inverse c'est bien les divisions semées à travers les divergences crées par les pseudo-moudjtahids qui sont condamnées par le verset précité car, en l'absence de "I'lm-é-Sahîh", elles sont basées sur le Hawaa et le nafçaaniyat‎. Certainement ce sont ces divisions-là qui apportent le désaccord voire l'anarchie. Par contre il est à souligner que les divergences entre les Moudjtahidîne (R) au temps des Sahaabah‎-é-Kiraam (Radiyallahou anhoum‎) et même après n'ont crée aucun conflit ou encore aucune rancune au sein de l'Oummah‎. Ceci est vrai pour toute divergence basée sur la quête du Haqq.

Les conclusions et les verdicts d'une personne qui n'a pas les qualifications requises pour faire l'Idjtihaad ne sont pas valables et ses divergences avec les vrais moudjtahids sont indésirables et indignes de considération. Faire l'Idjtihaad bien qu'on n'est pas qualifié pour faire ce travail n'est rien d'autre que la manifestation de l'Ittibaa-é-Hawaa (obéissance à ses passions). A aucun moment cela ne peut être considéré comme une "manifestation de la vérité."

Dans son livre sur les principes du Fiqh intitulé "AL-MOUWAAFAQAAT" Allaamah‎‎ Shaatbî (R) (d. 790 H) dit :

"L'Idjtihaad valable d'après le Charî'ah est celui qui émane des personnes compétentes qui sont bien versées dans la connaissance des techniques qu'exige l'Idjtihaad. Deuxièmement l'Ijtihaad qui n'est pas valable est celui qui émane d'une personne qui n'est pas qualifiée et qui ne possède pas la connaissance et les qualifications requises pour faire l’Idjtihaad. Ce deuxième type d'Idjtihaad est non-acceptable du fait que l'opinion est émise par passion et intérêt personnel du fait qu'on est aveuglé par l'ignorance. Et ceci n'est autre que Ittibaa-é-Hawaa."

Donc toutes les opinions qui sont formées de cette façon sont à rejeter et vont à l'encontre du Haqq qu'Allah Ta'aala a révélé. En effet Allah dit :

"Et juge entre eux d'après ce qu'Allah a révélé et ne te conforme pas à leurs désirs...." (5:49)

Et plus loin Allah dit :

‎‎Daawoûde ! Nous avons fait de toi un lieutenant (Khalîfah‎‎) sur la terre, juge les hommes selon la justice ; ne suis pas la passion, elle t'égarerait loin du chemin d'Allah." (38:26) (Al-Mouwaafaqaat)

Après cette brève explication sur le verset 103 du Sourah Aali I'mrân revenons à la déclaration de ce frère à l'effet que les "quatre Mazhabs n'est rien d'autre qu'une tentative des sionistes pour diviser les musulmans... ." Certes c'est une accusation très grave car on tente de faire accroire que les musulmans n'ont pas su pratiquer le Dîne convenablement et cela dès le troisième ou quatrième siècle du Hidjrî‎.

Dans Houjjatoullah-Al-Baalighah, Cheïkh Shah Walîyoullah Dehlavî (R) dit :

"Il y a eu "l'Ijma" au sein de l'Oummah sur la permissibilité de faire le taqlîde de quatre Mazhabs et les avantages qu'on y trouve ne sont pas cachés, surtout de nos jours que le courage a diminué considérablement, le nafs "baigne" dans le "Hawaa" et chacun est fasciné par son propre opinion. Alors l'opinion de Allaamah‎‎ Ibn Hazm à l'effet que le taqlîde est haraam est applicable à celui qui est qualifié pour faire l'Idjtihaad."

S'il y a eu "l'Ijma" sur la permissibilité du taqlîde alors que selon la déclaration de ce frère les quatre Mazhabs ont été implantés par les sionistes" cela veut dire que l'Oummah‎ est resté pendant tout ce temps dans l'égarement. Or, Nabî-é-Karîm (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit :

"Allah Ta'aala ne laissera pas mon Oummah s'unir sur l'égarement."

Et dans un autre Hadîce Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a donné l'assurance que son Oummah‎ ne va jamais s'unir sur l'égarement. Il est donc évident qu'avec cette déclaration ce frère tente de faire le public accepter quelque chose qui est contraire à l'assurance que Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a donné à l'Oummah ‎! Peut-on être Ahl-é-Hadîce et contredire Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) ? Pour justifier sa mauvaise prise de position ce frère trouve toujours que les ahaadîce cités pour le désapprouver faibles.

Il faut se rappeler que parmi ceux qui se sont adhérés à un des 4 Mazhabs c.à.d. qui ont accepté le taqlîde il y a de grands Moufassirîne (interprètes du Qour'aan), Mouhaddiçîne‎ (savants de Hadîce) et Fouqahaa (juristes) tels que Allaamah‎‎ Aboû Bakr Al Jassaas (R) (370 H), Imaam Aboû Dja'far Tahaawî (R) (321 H), Allaamah‎‎ Al Khassaaf (R) (261 H), Allaamah‎‎ Aboul-Hassan-Al-Karkhi (R) (340 H), Allaamah‎‎ Al-Halwaanî‎ (R) (456 H), Allaamah‎‎ Al-Sarakhçî (R) (500 H), Allaamah‎‎ Al-Bazdawî (R) (482 H), Allaamah‎‎ Fakhrouddîne Qaazî Khaan (R) (593 H), Allaamah‎‎ Mouhammad Bin Ahmad Al-Qourtoubî (R) (671 H), Allaamah‎‎ Yahyaa Bin Sharf An-Nawawî (R) (676 H), Allaamah‎‎ Ibn Hadjar Al-Asqalanî (R) (852 H), Allaamah‎‎ Badrouddîne Al-Aïnî‎‎ (R) (855 H), Allaamah‎‎ Jalaalouddîne As-Souyoûtî (R) (911 H).

Avec cette déclaration erronée, ce frère veut insinuer que ces érudits sont tombés dans le piège des sionistes, et ont ainsi propagé le sionisme à travers leur littérature parce que chacun a apporté des preuves pour soutenir son Mazhab. N'est-ce pas une insulte à l'égard de ces savants de Dîne ? Si, malgré leur connaissance très profonde, leur clairvoyance, leur honnêteté, et leur piété, on prétend qu'ils n'ont pas pu rester à l'écart du piège du sionisme, le moment n'est-il pas venu pour que ce frère réalise combien il a été, lui, plus grandement influencé par le sionisme car il cherche par tous les moyens de diviser et subdiviser l'Oummah‎. Les sujets controversables sont ses "plats" préférés. Que les musulmans s'acquittent de leur "Faraaïz" ou pas, cela ne l'intéresse que très peu sinon pas du tout. Ce qui l'intéresse c'est qu'il faut qu'on pratique telle ou telle chose d'après ses opinions personnelles corrompues par le nafçaaniyat‎.

Ce que ce frère ignore c'est que l'Ikhtilaaf (divergence) en matière de Dîne a toujours existé. Même au temps de Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) il y avait des divergences dans la compréhension du Hadîce mais celui-ci n'a condamné personne car l'origine des divergences était la quête du "Haqq." De plus il doit savoir que l'Ikhtilaaf a même existé entre les Prophètes (Alaihis Salaam) en l'occurrence Hazrat Daawoûde (Alaihis Salaam) et Hazrat Souleïmaan (Alaihis Salaam) comme mentionné dans le Qour'aan-é-Karîm. Mais Allah Ta'aala n'a condamné ni l'un ni l'autre.

Cette accusation de sionisme vise aussi d'autres grandes personnalités tels que Hazrat Oumar‎ Bin Abdoul Azîze (R) et Imaam Maalik (R) car ils étaient des partisans du taqlîde. Voyons un peu l'histoire.

Quand les califes Haaroûne-Ar-Rashid (R) et Mançoûr (R) ont tour à tour exprimé leur intention d'imposer le Mou'atta de Imaam Maalik (R) sur tous les musulmans, Imaam Maalik (R) lui-même était contre ce projet. En effet il a dit :

"Ne faites pas cela car il y a beaucoup d'opinions que les musulmans ont déjà reçues et auxquelles ils ont obéi et ils ont rapporté beaucoup de "riwaayaat." Et chaque groupe s'est adhéré à ce qu'il a reçu en premier et il s'est soumis. Donc laissez les habitants de chaque endroit avec ce qu'ils ont déjà adopté."

De plus d'après un récit de Sounan‎‎-é-Daarimî, un livre de Hadîce qui selon beaucoup de Mouhaddiçîne‎ aurait dû être classé parmi les "Siha Sitta" au dépens de Ibn-é-Maadjah, Hazrat Houmaid dit que quelqu'un avait conseillé Hazrat Oumar‎ Bin Abdoul Azîze (R) d'unir les musulmans (de tous les endroits) sur un seul Mazhab. A ce propos, Hazrat Oumar‎ Bin Abdoul Azîze (R) a répondu :

"Je n'aurais pas aimé s'ils n'y avait aucune divergence entre eux (les Sahaabah-é-Kiraam (R)."

Ensuite Hazrat Oumar‎ Bin Abdoul Azîze (RA) a envoyé le message suivant partout :

"Chaque peuple doit rendre les verdicts sur lesquels ses Fouqahaa respectifs se mettent d'accord."

A la lumière des décisions de ces éminents savants nous pouvons conclure que l'Ikhtilaaf émanant des Moudjtahidîne n'est pas condamné en Islâm. Car au cas contraire ces deux savants ne l'auraient pas autorisé et toléré, surtout Hazrat Oumar‎ Bin Abdoul Azîze (R) qui était Amir-oul-Mou'minîne. Certainement il n'aurait jamais laissé les musulmans de chaque endroit pratiquer le Dîne selon les ahaadîce‎‎ qu'ils ont reçus en premier et selon les verdicts unanimes de leur Fouqahaa respectifs si l'Ikhtilaaf était condamné en Islâm.

Que peut-on trouver dans l'histoire qui prouve que des divergences entre les Moudjtahidîne ont été la source de conflits ou autres problèmes entre les musulmans ? Est-ce qu'on veut aussi taxer ces deux savants d'agents du sionisme vu qu'ils ont autorisé et toléré différentes pratiques dans différents endroits.

Comme d'habitude ce frère ne connait pas les implications de ses déclarations. Il n'arrive pas à différencier entre l'Ikhtilaaf parmi les Moudjtahidîne et l'Ikhtilaaf émanant des pseudos moudjtahids qui ne sont que des ignorants qui ne font que le jeu des sionistes et impérialistes. En fait c'est ce deuxième type d'Ikhtilaaf, répugnant et indésirable, qui est condamné et qui nuit aux intérêts de l'Islâm. Il est malheureux qui ce frère se classe parmi ceux qui propage ce deuxième type d'Ikhtilaaf. Nous le conseillons vivement de bien peser ses mots avant de dire ou écrire quoique ce soit comme c'est le devoir d'un vrai musulman. Il ne faut pas manquer de respect et insulter les Salaf-é-Saalihîne car les conséquences sont très graves. Sans respecter les Ahl-é-'I'lm on ne parviendra jamais à acquérir la vraie et bonne connaissance. Maintenant averti, c'est son devoir de se rétracter, de faire "Taubah" et de s'abstenir de faire de telles bêtises.

Nous comprenons donc que selon les savants de Dîne tels que Imaam Maalik (R) et Hazrat Oumar‎ Bin Abdoul Azîze (R), il n'est pas sage d'introduire une pratique différente dans un endroit où déjà on pratique le Dîne selon les recherches, conclusions et verdicts des Fouqahaa. Celui qui ose comploter contre les savants et leurs opinions ne fait que créer des confusions et divisions au sein de l'Oummah‎ de Mouhammad (Sallallaahou A'laihi Wasallam).

C'est avec beaucoup de regrets que nous constatons que tout comme S. Rushdie a pris pour tâche de dénigrer et discréditer Nabî‎‎-é-Karîm (Sallallaahou A'laihi Wasallam) et les Sahaabah-é-Kiraam (Radiyallahou anhoum‎), parallèlement ce frère, lui, s'emploie à dénigrer et discréditer les savants de Dîne en particulier les quatre Aimmah (R). Donc il est à noter qu'il n'y aucun mal à pratiquer le Dîne d'après un des quatre Mazhabs car ceci n'apporte aucun conflit, rancune ou autres problèmes au sein de l'Oummah‎. Bien au contraire ce sont ceux-là même qui, par manque de connaissance, condamnent le taqlîde qui sont à l'oeuvre pour provoquer des conflits et proférer des critiques gratuites et insulter les ancêtres pieux de l'Islâm. Qu'Allah nous protège des pièges sataniques. (Aamîne)

Avant de conclure nous tenons à attirer l'attention des musulmans qu'en fait ces promoteurs de anti-taqlîde suivent ou en d'autres mots, font le taqlîde des savants tels que Ibn Hazm (R), Ibn Qayyîm (R), Shawkaanî (R), Albaani (R) etc. mais ils éprouvent de la honte ou peut être de l'orgueil pour admettre qu'ils sont les mouqallîds (suiveurs) de ces savants.

Il est évident que le taqlîde est inévitable. Sans le taqlîde on ne peut pas pratiquer le Dîne. Même les savants de Dîne contemporains se classent parmi ceux qui doivent faire le taqlîde car leur connaissance est incomparable à celle des quatre Aimmah (R). Imaginons maintenant la position d'un homme de la rue comme par exemple ce frère ! Si on ne fait pas le taqlîde d'un des quatre Aimmah (R) inévitablement on va faire le taqlîde de son nafs tout comme les promoteurs de anti-taqlîde. Chaque musulman a donc le choix entre le taqlîde d'un des quatre Aimmah c.à.d. le taqlîde de Haqq et le taqlîde de son nafs. Allah Ta'aala nous a donné la liberté de faire notre choix mais il nous a aussi promis un jour où nous aurons des comptes à rendre !

Qu'Allah Soubhaanahoû Wa Ta'aala nous guide dans notre choix. Qu'Il nous protège de chaïtaan et qu'Il nous dirige dans le Droit Chemin. (Aamîne)

[EXTRAIT DE AL HAADÎ Vol.2 No.4]