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Prenez-garde !
'Il n'y a aucune divinité (Îlaah) sous le ciel dont l'adoration est plus grave qu'un désir qui a été poursuivi."
C'est en ces termes on ne peut plus clair que Nabî-é-Karîm (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a mis en garde Son Oummat contre l'extrême gravité de céder à ses désirs et ses passions.
La poursuite des passions comporte en effet un grave danger car elle aveugle les sens de "hidaayah" et surtout le coeur qui en est le principal dépôt. Ainsi à ce stade la connaissance ne sert à rien. C'est un état de déséquilibre spirituel où l'intelligence est semblable à une voiture puissante avec un volant et un frein défectueux. Une telle voiture mène à une mort certaine. De la même manière une personne intelligente et pourvue de connaissance mais en état de déséquilibre spirituel, pour des raisons citées plus haut, s'égare et mène les autres à l'égarement. C'est ce qui explique pourquoi tout le monde s'accorde à dire que l'égarement d'une personne pourvue de connaissance est beaucoup plus dangereux que l'égarement d'une personne ignorante.
Il s'agit là d'une maladie qui a existé à toutes les époques sous différentes appellations et couvertures. Au temps de Nabî-é-Karîm (Sallallaahou A'laihi Wasallam) il y avait des "Mounaafiqîne" (hypocrites) qui avaient causé un immense tort à l'Islâm. Ces hypocrites endurcis avaient voulu, à travers une accusation des plus infâmes, nuire à l'honneur d'une personne ou ne peut plus chaste et irréprochable de surcroît - Oummoul Mouminîne Hazrat Aa'ichah (Radiyallahou anhou).
Pis encore, ils allaient ajouter un autre fleuron à leur palmarès couvert de souillures en accusant le plus grand justicier que le monde ait connu - le Prophète Mouhammad (Sallallaahou A'laihi Wasallam) - d'injustice l'ors d'une distribution de butins. Plus tard cette bande d'hypocrites allait être connue comme la secte de "Harooriyyah" ou les "Khawaaridj."
Dans un hadîce rapporté entre autres par Hazrat A'lî (Radiyallahou anhou), Hazrat Aboû Sa'îd Al Khoudrî (Radiyallahou anhou), Hazrat Abdoullah Bin Oumar (Radiyallahou anhou) et Hazrat Sahl Bin Hounnaïf (Radiyallahou anhou), Nabî-é-Karîm (Sallallaahou A'laihi Wasallam) avait prédit l'avènement d'un tel groupe qui, selon le sens même du hadîce, serait constitué de jeunes - des petits esprits - dont le Namaaz et le Rôza nous feront sous estimer les nôtres. Ils réciteront le Qour'aan-é-Karîm qui ne les pénétrera point ni dépassera leur gorge. Malgré toutes ces bonnes actions de façade ils sortiront en dehors de Dîne sans en avoir bénéficié tout comme une flèche sort d'un arc sans avoir prit quelque chose de cet arc. Ils seront dépourvus de toute connaissance islamique, mais malgré cela ils parleront des choses concernant les Dîne. Nabî-é-Karîm (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a qualifié ce groupe de "Shiraar-oul-Khalq" (les pires des créatures).
L'Histoire est témoin de l'extraordinaire déséquilibre de ce groupe de par ses raisonnements et ses comportements. D'une part, ces gens-là s'étaient comportés tellement en "Mouttaqui" que la vie d'un "khinzîr" (porc) appartenant à un "Zimmî" (peuple minoritaire dans un état islamique) était protégé au point que le simple fait de le (Khinzîr) toucher était une chose très grave. D'autre part, ils n'avaient pas hésité à ôter la vie à des "Mou'minîne", vie qui selon un hadîce de Nabî-é-Karîm (Sallallaahou A'laihi Wasallam), est plus sacrée que le Hadjar-é-Aswad. Leurs mains meurtrières allèrent même jusqu'à égorger l'éminent Taabi'î, Hazrat Abdoullah Bin Khabbaab (R), fils du célèbre Sahaabî, Hazrat Khabbaab (Radiyallahou anhou). N'est-ce pas le comble de déséquilibre que d'avoir plus de considération pour la vie d'un khinzîr que pour celle d'un Mou'mine.
C'est de ce même déséquilibre que Hazrat Abdoullah Bin Oumar (Radiyallahou anhou) a parlé dans un hadîce. En effet, lorsque quelqu'un de l'Iraq était venu se renseigner auprès de lui concernant le règlement de tuer un moustique en état de l'Ihraam, Hazrat Abdoullah Bin Oumar (Radiyallahou anhou) fit la remarque suivante :
"Ces gens-là ont versé le sang du petit fils de Nabî-é-Karîm (Sallallaahou A'laihi Wasallam) et ici ils s'inquiètent à propos du règlement de tuer un moustique."
Les Khawaaridj, à l'instar des autres sectes égarés, réussirent à gagner dans leur rang des gens innocents et "crédules" et cela grâce à des slogans simples et apparemment incontestables et qui sont facilement assimilables par de tels gens.
Pour mettre un terme à la bataille qui opposait Hazrat A'lî (Radiyallahou anhou) à Hazrat Mou'aawiyah (Radiyallahou anhou), les deux s'étaient mis d'accord pour instituer un conseil d'arbitres. Sur ce, les Khawaaridj avait qualifié Hazrat A'lî (Radiyallahou anhou) de kaafir ! Naoûzoubillah ! Selon eux, il était devenu tel puisqu'il était allé à l'encontre de l'ordre d'Allah Ta'aala notamment "l'arbitrage c'est pour Allah Ta'aala" (12:40) - en acceptant le principe d'instituer un tel conseil.
En fait leur déclaration à l'effet que l'arbitrage est pour Allah Ta'aala est un fait incontestable. C'est pourquoi beaucoup de gens s'étaient ralliés à eux considérant que la démarche de Hazrat A'lî (Radiyallahou anhou) était à l'encontre du verset susmentionné. Toujours est-il que les Khawaaridj, animés d'une mauvaise intention, s'étaient embarqués dans un processus de baatil (fausseté) en s'abritant sous une déclaration de Haqq (vérité) pour atteindre leur sale visée. Leur objectif était de nier le "khilaafat."
C'est ce qu'avait voulu faire ressortir Hazrat A'lî (Radiyallahou anhou) lorsqu'il avait déclaré qu'il s'agissait là d'une vérité dont on se servait avec l'intention de baatil. Il s'agit là d'une stratégie commune de tous les sectes égarés : ils s'appuient sur des déclarations solides et raisonnables en apparence pour appuyer leurs thèses de baatil et cela dans le but d'attirer les gens (la masse) vers eux.
A l'époque de Nabî-é-Karîm (Sallallaahou A'laihi Wasallam) les "moushrikîne" (polythéistes) se servaient des raisonnements apparemment solides pour prouver leurs arguments de baatil et pour induire les innocents en erreur. Par exemple, ils avançaient le fait qu'un animal ayant eu une mort naturelle était halaal. Ils soutenaient leur thèse en se basant sur le fait que si un animal tué au cours du "zabah" était halaal, alors pourquoi celui tué par Allah Ta'aala (par un mort naturelle) ne le serait pas !
C'est là, certes, un raisonnement qu'apprécie le grand public mais ceux qui sont doués de "Basweerah" et de "Hikmah" (sagesse) savent que le Charî'ah passe avant et prime sur la logique humaine. Cela ne signifie guère que le Charî'ah serait contre la logique, mais c'est que l'esprit humain est trop limité pour assimiler toute la logique du Charî'ah.
Le Khawaaridj ou le Harooriyyah ont déjà fait leur apparition et ont déjà été exterminés. C'est l'opinion émise par un groupe de savants. Mais cela n'empêche que le césarisme puisse exister après César ou le communisme après Lénine. D'après un hadîce de Mousannaf Bin Aboû Chaïbah, le groupe en question continuera d'exister jusqu'au moment où ses derniers adeptes sortiront ensemble avec le "Dadjjaal."
Aujourd'hui, l'esprit, la façon de penser et le raisonnement de Khawaaridj existent toujours dans le public sans que ce dernier s'en rende compte. D'où l'émergence du slogan : "Notre Imaam c'est Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam)."
"Slogan ayant pour but de combattre le taqlîde - principe qui est de suivre les interprétations de Kitaaboullah et le Sounnah de Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) données par un Moudjtahid. Y a-t-il un musulman ayant, ne serait-ce qu'une quantité infime d'Îmaan qui puisse affirmer le contraire ?
Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) est sans aucun doute notre guide spirituel et notre Imaam par excellence. Mais tout comme les Khawaaridj s'étaient servis du slogan incontestable : "il n'y a aucun arbitrage sauf celui d'Allah Ta'aala" avec pour but de préparer le terrain afin que la masse puisse accepter l'idée de l'abolition du "khilaafat", de même la déclaration : "Notre Imaam c'est Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam)" est une tentative d'abolir le taqlîde. C'est une déclaration de Haqq utilisée pour soutenir une fausseté.
L'abolition du taqlîde débouchera inévitablement sur le libertinage et l'anarchie dans le Dîne. C'est aussi donner libre cours au badinage avec le Dîne. Ainsi, chacun prendra la liberté d'interpréter le Dîne à sa guise en renonçant aux interprétations des savants comme les quatre Aimmah (R).
A ce stade il est bon de souligner que les interprétations des Aimmah (R), voire les quatre célèbres Imaams (R), ne vont pas à l'encontre de l'acceptation de Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) comme notre Imaam. Puisque ses enseignements exigent une interprétation correcte, il est plus sage qu'ils soient suivis à la lumière des interprétations des savants "moudjtahids" comme les quatre Imaams (R). Et priorité doit être accordée aux interprétations des Aimmah (R) par rapport aux nôtres. Cette méthode est d'ailleurs compatible avec l'esprit du Qour'aan et du hadîce.
Par contre adopter une attitude hostile à l'encontre des interprétations des 4 Imaams est très dangereux. C'est une telle attitude qui a poussée certains à dire que les animaux égorgés par les moushrikîne sont halaal. C'est également animés par cette même attitude que certains frères délaissent la mosquée, la maison d'Allah, pour faire la Salaah de Djoum'ah dans une maison. Dans une telle atmosphère et avec une telle attitude, il n'est pas étonnant que la théorie de 29/30 ait pris naissance - théorie qui était jusque-là inconnue dans toute l'histoire islamique !
[EXTRAIT DE AL HAADÎ Vol.2 No.5]
