Demander à un Miadjî de venir à la maison les vendredis faire le Faatihah afin d'avoir le barakah et la bénédiction divine

Q. Est-il permis de demander à un Miadjî de venir à la maison les vendredis faire le Faatihah afin d'avoir le barakah et la bénédiction divine ?

R. La lecture du Qour'aan-é-Karîm à la maison est certainement un moyeu pour invoquer la bénédiction d'Allah Ta'aala. Un musulman doit régulièrement la faire à la maison. C'est une pratique très noble et qui renferme beaucoup de récompense et elle a beaucoup de valeur aux yeux d'Allah Ta'aala. Selon un hadîce, quand il y a le Tilaawat‎‎-oul-Qour'aan dans une maison, cela paraît comme des étoiles pour les habitants du ciel. Selon un autre hadîce, Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam), a dit qu'une maison où il n'y a pas la récitation du Qour'aan-é-Charîf est comme une maison en ruine. De plus Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) dit dans un autre hadîce :

"Adhères-toi à la lecture du Qour'aan-é-Karîm car c'est une lumière pour toi sur cette terre et une provision au ciel."

Hazrat Abdoullah Bin Abbaas ‎ (Radiyallahou anhou‎) dit qu'à chaque fois que Hazrat Oumar (Radiyallahou anhou‎) rentrait chez lui, il avait l'habitude d'ouvrir le Qour'aan-é-Karîm pour faire la lecture.

La lecture du Qour'aan-é-Karîm est sans doute, une très grande vertu. Donc, pour obtenir cette vertu-là, si une personne ne sait pas faire le Tilaawat‎‎-oul-Qour'aan, alors il peut faire appel à quelqu'un d'autre. De même, il est permis d'inviter quelqu'un chez soi pour faire le Faatihah, qui, en fait, est compris de la lecture de quelques versets du commencement et de la fin du Sourah Baqarah, Aayat-oul-Kourçî, Sourah Ikhlaas, Falaq, Naas et Sourah Faatihah. Chacun de ces Sourahs renferme en lui-même beaucoup de vertus et de çawaab. Le Sourah Ikhlaas vaut en lui-même la récompense d'un tiers du Qour'aan-é-Karîm. Quant aux sourates Falaq et Naas, Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) les récitait dans le but de chercher protection contre chaïtaan, le maudit. A la suite de la révélation de ces deux Sourahs ­là (Falaq et Naas), Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a fait ressortir que rien de semblable à ces versets n'ont été révélé. Selon un hadîce de Sounan‎‎-é-Daarimî, Hazrat Abdoullah Bin Mas'oûde (Radiyallahou anhou‎) dit :

‘Dans la nuit, celui qui récite dix versets du Sourah Baqarah - les quatre premiers, Aayat-oul-Kourçî‎ et les deux versets qui le suivent et finalement les trois derniers versets - chaïtaan ne pénétra pas dans sa demeure au cours de cette nuit-là jusqu'au matin’.

Cependant, quand on spécifie un jour ou une occasion spécifique, comme le vendredi ou le Chabb-é‎-Baraat par exemple, pour faire le Tilaawat-oul-Qour'aan, comme c'est la coutume à Maurice, alors cela ne vaut absolument pas la peine car la lecture du Qour'aan-é-Karîm doit être faite chaque jour tandis que réserver un jour spécifique pour le faire ne cadre pas avec les principes du Charî'ah, car tel n'a pas été la pratique du Saint Prophète (Sallallaahou A'laihi Wasallam) ou des Sahaabah‎‎-é-Kiraam (Radiyallahou anhoum‎) mais plutôt une coutume, une innovation c.à.d. un "Bid'ah" qui est condamnable en Islâm.

Il faut aussi que nous mettions bien dans la tête que nous ne nous acquittons pas de notre devoir qui est d'apprendre ou de faire la lecture du Qour'aan-é-Karîm simplement en invitant un ‘Miadjî’ ou une autre personne pour faire le Tilaawat‎‎ chez nous. A noter aussi que cette coutume d'inviter quelqu'un pour faire la "Faatihah" sur une nourriture quelconque (shirnî etc.) ne cadre pas avec les principes du Dîne-Islâm. Mais il est permis d'inviter quelqu'un seulement avec l'intention d'attirer le barakah sans pour autant fixer le jour ou la date.

Il est vraiment regrettable que beaucoup de personnes ont l'impression qu’il suffit d'appeler quelqu'un pour faire la lecture du Qour'aan-é-Karîm chez eux pour acquitter de leur devoir envers Allah Ta'aala et son Prophète (Sallallaahou A'laihi Wasallam) alors que dans la vie de tous les jours, au moment du bonheur comme du malheur, ils font fi des enseignements de ce même Qour'aan-é-Karîm. N'est-il pas vrai que souvent on accorde plus d'importance au "Faatihah" qu'aux Salaahs‎‎ obligatoires ? Ou encore, celui qui, à certaines occasions ne pratique pas le "Faatihah", ne s'expose-t-il pas à des critiques plus que celui qui néglige les Salaahs‎‎ quotidiennes ?

Il faut être honnête et sincère envers soi-même, envers Allah Ta'aala et envers Nabî‎‎-é-Karîm (Sallallaahou A'laihi Wasallam). Et considérer la pratique de certaines coutumes, qui n'ont même pas été recommandée par le Charî'ah, plus importantes que la pratique des Faraaïz tels que la Salaah, Rôza, Zakaat et "Pardah" n'est certainement pas une preuve d'honnêteté ou de sincérité. Aussi, la pratique du Faatihah n'exempte pas du devoir d'accomplir ces Faraaïz-là. Chaque musulman a le devoir d'accomplir ces Faraaïz-là et aussi chacun est appelé à apprendre et à faire la lecture du Qour'aan-é-Karîm chaque jour.

Il faut faire ressortir qu'on n'a pas le droit de payer quiconque pour la lecture du Qour'aan-é-Karîm et ni pour faire le "Faatihah." Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a averti son Oummat contre cette pratique. En effet dans un hadîce de Tirmîzî le Saint Prophète (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit :

"Celui qui récite le Qour'aan doit demander Allah Ta'aala pour son Tilaawat‎‎ (c.à.d. pour les récompenses), car très bientôt il y aura des gens qui feront le Tilaawat‎‎ pour (ensuite) demander (de l'argent, etc.) aux gens."

Allaamah‎‎ Shaamî (R) a dit dans son oeuvre Raddoul Mouhtaar :

" Il n'est pas permis de faire le Qiraat (lecture du Qour'aan) pour des gains mondains. Les deux sont coupables - celui qui donne et celui qui prend."

Dans une autre place Allaamah‎‎ Shaamî (R) dit :

"Taj-ous-Charî'ah a précisé dans le commentaire de Hidaayah que la lecture du Qour'aan contre une rémunération (salaire/argent) quelconque ne mérite aucune récompense (çawaab) ni pour le mayyite (défunt) et ni pour celui qui fait la lecture. Et Allaamah‎‎ Al-Aïnî (R) dit en commentant le Hidaayah que celui qui lit pour des causes mondaines doit être interdit. Celui qui donne et celui qui prend sont tous deux coupables. Bref, la pratique de la récitation du Qour'aan, chacun lisant un paarah ou une partie, contre un paiement, comme c'est en vigueur à notre époque, n'est pas permise parce qu'en somme on lit le Qour'aan dans le but d'offrir les çawaabs à celui qui organise le Tilaawat‎‎. Évidemment le Tilaawat‎‎ est fait contre de l'argent. Donc quand les Qaaris eux-mêmes ne méritent pas les çawaabs, faute de bonnes intentions, alors on se demande comment les çawaabs peuvent-ils atteindre celui qui organise le Faatihah. Certainement s'il n’y avait aucun "fees" (rémunération) en jeu, personne n'aurait lu pour son prochain à notre époque. Ce sont ces personnes-là qui ont fait le Qour'aan-é-Karîm devenir leur gagne pain et un moyen pour accumuler le Dounyaa."

Toujours d'après Raddoul Mouhtaar, Allaamah‎‎ Halwaanî a déclaré que Cheïkh-oul-Islâm Taqîiyouddîne (R) a dit :

"Il n'est pas permis d'employer qui que ce soit pour la lecture du Qour'aan-é-Karîm dans le but d'offrir cela au mayyite car l'autorisation d'une telle pratique n'a jamais été rapportée par les Aimmah (R). En effet les Ou'lamaa ont été unanimes à dire qu'il n'y a aucune récompense (çawaab) quand on lit le Qour'aan contre un paiement quelconque, alors quel çawaab est-il supposé faire parvenir un mayyite ? Car c'est seulement les bonnes actions qui atteignent le mayyite. Personne parmi les Aimmah (R) n'a autorisé l'emploi d'une personne uniquement pour la récitation du Qour'aan-é-Karîm. Ce n'est que sur la question d'employer quelqu'un pour l'enseignement qu'ils ont des vues divergentes."

Bref, il est permis d'inviter quelqu'un pour faire la lecture du Qour'aan-é-Karîm chez soi mais cela sans choisir un jour ou une occasion spécifique et aussi sans rémunérer le Qaarî‎‎‎‎.

Il serait plus sage de notre part d'essayer de pratiquer l'Islâm tel qu'il a été pratiqué par Raçouloullah et les Sahaabah‎‎-é-Kiraam (Radiyallahou anhoum‎) au lieu d'introduire certaines coutumes qui sont loin d'être des Sounnahs du Saint Prophète (Sallallaahou A'laihi Wasallam), mais au contraire des "Bid'ahs" qui provoquent la colère d'Allah Ta'aala, Celui qui a choisi et parfait l'Islâm pour l'humanité.

Qu'Allah nous donne la bonne compréhension du Dîne-Islâm. (Aamîne)

[EXTRAIT DE AL HAADÎ Vol.2 No.6]