Az - zakaat

Dans un hadîce le Prophète (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit : "L'Islâm est fondé sur 5 piliers :

  1.     L'affirmation de Laa ilaaha illallaahou Mouhammadour Raçouloullah,
  2.    L'accomplissement de la Salaah,
  3.    Le paiement du Zakaat,
  4.    L'observance du jeûne de Ramadhaan et
  5.    L'accomplissement du Hadj pour ceux qui en ont le moyen."

Le Zakaat est le troisième pilier de l'Islâm et, en plusieurs endroits dans le Qour'aan, il a été commandé aux musulmans ensemble avec la Salaah,

"Acquittez-vous de la Salaah, faites l'aumône (donnez le Zakaat...)."

Donc l'établissement de la Salaah et la pratique du Zakaat ou le sadaqah sont des signes distinctifs des musulmans, et les négliger ou les rejeter est le travail des athées ou des polythéistes comme confirmé par Allah Ta'aala lui même dans son livre sublime :

".. acquittez-vous de la Salaah, ne soyez pas au nombre des polythéistes." (30:31)

"Malheur aux polythéistes qui ne font pas l'aumône et qui ne croient pas à la vie future." (41:6-7)

ZAKAAT - 'IBAADAH‎

Le Zakaat, un ordre venant d'Allah Ta'aala, est un 'Ibaadah‎ qui est imposé sur les biens. A travers cet 'Ibaadah‎ un Mou'mine‎‎ montre sa dévotion et sa sincérité envers son Rabb. Le Zakaat n'est pas un fardeau ; au contraire c'est un 'Ibaadah‎ qui renferme beaucoup de récompenses et en sus de ça il nous garantit le salut dans l'Aakhirah où aucune devise ne sera valable sauf les bonnes actions que nous avons faites avec notre corps et nos biens.

Tous nos biens et nos richesses ont été donnés par Allah, Ar-Razzaaq, dont nous ne sommes que les créatures et les serviteurs. De ce fait, Il exerce un contrôle et une autorité absolus sur tous nos biens comme sur nos vies. Si jamais Il nous demande nos biens et même nos vies, notre devoir sera de tout lui remettre sans broncher et sans hésitation. Mais par Sa Grâce et Sa bonté Il ne nous demande pas de tout dépenser mais seulement 2½ % des biens que Lui même Il nous a donnés. Et ceci n'est pas fait tout le long de l'année mais seulement une fois l'an. Si malgré toutes ses facilités on ne s'acquitte pas du Zakaat alors on est vraiment injuste et ingrat. En fait qui bénéficie de cette action si ce n'est que nos frères et soeurs en religion qui sont pauvres et dans le besoin. En esquivant le Zakaat nous leur faisons un grand tort et lésons leurs droits.

Pendant tout le long de l'année, les gens font de petites et aussi de grosses dépenses. Si on consent à faire des dépenses énormes afin de satisfaire ses besoins, est-ce que le salut dans l'Aakhirah n'est-il pas aussi une nécessité. Si on croit fermement en Aakhirah alors on devrait savoir que si on néglige un Farz, dans l'Aakhirah on sera coupable et on aura à répondre à Allah Ta'aala pour cette négligence. Que ne fait-on pas pour fuir la prison ou éviter d'être traduit en justice ? On donnera son temps, son énergie et on ira même jusqu'à vider le coffre-fort si cela s'avère nécessaire ! Pourtant la prison comparée avec les punitions de l'Aakhirah ne représente rien. Alors combien doit-on être prêt pour se sacrifier afin de fuir l'Azaab-é-Aakhirah ? Tous les efforts déployés dans ce sens seront vraiment peu par rapport aux récompenses qu'Allah Ta'aala a réservées pour les obéissants et les soumis.

Par contre, ceux qui sont avares à dépenser dans le chemin d'Allah, le Jour du Qiyaamah, ils le regretteront amèrement. Ce sera un regret sans solution et sans réparation parce que Allah Ta'aala questionnera chaque serviteur à propos de chaque faveur qu'Il lui a accordée.

"Puis, ce Jour-là, vous serez sans doute interrogés concernant les plaisirs passés." (102:8)

Une personne, le jour du Jugement, ne pourra se déplacer d'où elle est sans qu'elle ne réponde aux questions posées par Allah. Dans un hadîce de Tirmîzî, Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) dit :

"Les deux pieds d'une personne ne pourront se déplacer depuis de son Rabb le Jour du Qiyaamah tant qu'elle ne répondra pas à cinq choses :

  1. à propos de sa vie, dans quoi elle l'a dépensée,
  2. à propos de sa jeunesse, comment elle l'a passé,
  3. à propos de ses biens, d'où est-ce qu'elle les a obtenus, et
  4. dans quoi elle les a dépensés, et
  5. à propos de sa connaissance, de quelle manière elle a agi selon cette connaissance.

L'IMPORTANCE DU ZAKAAT POUR LA PERFECTION DE L'IMAAM

Allah Ta'aala, dans le Sourah 51 du verset 56, nous dit :

"Je (Allah) n'ai créé les Djinns et les hommes que pour qu'ils m'adorent."

Donc, l'homme n'a été crée que pour faire l'Ibaadaat‎‎ d'Allah Ta'aala, et de ce fait il devient le 'Abd (serviteur) d'Allah. Étant un serviteur, l'homme doit exprimer sa dévotion et sa gratitude envers son maître qui est Allah Ta'aala. Sachons que tout ce que l'homme jouit et possède, comme ses membres, ses facultés, sa santé, sa vie, sa richesse et tout ce qui l'entoure, leur source directe c'est Allah Rabb-oul-Aa'lamîne‎‎. La meilleure façon pour montrer sa gratitude et ses remerciements envers son Rabb pour ses bienfaits c'est en disposant tout cela dans l'obéissance et dans le chemin d'Allah. En ce faisant on sera considéré comme un bon serviteur.

Ibaadaat‎ (dévotion) pour Allah Ta'aala peut être divisé en trois catégories :

  1. Ibaadaat‎‎-é-Badaniyyah - (dévotion) qui est fait par son corps physique, comme la Salaah et le jeûne.
  2. Ibaadaat‎‎-é-Maaliyyah - (dévotion) qui est fait en dépensant de ses biens comme le Zakaat, le Sadaqah.
  3. Ibaadah‎ qui concerne aussi bien le corps physique que les biens, comme le Hadj.

Aux yeux d'Allah Ta'aala, les véritables Mou'minîne‎‎ sont ceux qui, après l'Îmaan, luttent dans le chemin d'Allah avec leur corps et leurs biens.

"Seuls sont vraiment croyants ceux qui croient en Allah et en Son Prophète (Sallallaahou A'laihi Wasallam) - sans plus jamais en douter ensuite - tandis qu'ils luttent dans le chemin d'Allah avec leurs biens et leurs personnes. Voilà ceux qui sont véridiques." (49:15)

Dans les quelques premiers versets du Sourate Al Anfaal, énumérant les qualités d'un bon Mou'mine, Allah Ta'aala dit :

".. ceux qui s'acquittent de la prière, ceux qui donne en aumône une partie des biens que nous leur avons accordés.

Voilà ceux qui, en toute vérité, sont les croyants..." (8:3-4)

Donc, une personne mérite le titre de bon serviteur, et de bon Mou'mine seulement quand il observe les 'Ibaadaat‎‎ dans ses trois formes mentionnées plus haut. Cela implique que sans donner le Zakaat, ou sans observer une des trois catégories de 'Ibaadaat‎‎, un serviteur ne peut être un bon serviteur, ni un bon Mou'mine.

ZAKAAT ET LA PURIFICATION DES BIENS

Littéralement, le Zakaat signifie la purification, la croissance, la louange et le barakah. En effet ce 'Ibaadaat‎‎ purifie le bien, l'augmente, y apporte du barakah et est louable auprès d'Allah Ta'aala.

Allah Ta'aala s'est adressé à Nabî‎‎-é-Karîm (Sallallaahou A'laihi Wasallam) en ces mots :

"Prélèves une aumône sur leurs biens pour les purifier et les rendre sans tache..." (9:103)

Ceci montre que le Zakaat est un moyen efficace de purifier soi-même et ses biens des impuretés et c'est pour cela qu'il n'était pas obligatoire sur les Prophètes (Alaihis Salaam) parce que ce qu'ils possédaient était pur et le besoin de le purifier ne se faisait pas sentir. Selon un hadîce de Mouslim Charîf, Raçoul-é-Akraam (Sallallaahou A'laihi Wasallam) dit :

"Le sadaqah n'est pas permis pour la famille de Mouhammad (Sallallaahou A'laihi Wasallam) parce que ceci est l'impureté des gens."

Ce hadîce nous montre clairement que la somme donnée en Zakaat est une impureté qui est tirée pour purifier ses biens.

Dans un hadîce de Aboû Daawoûde, le Prophète (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit en réponse à une question posée par Hazrat 'Oumar (Radiyallahou anhou‎) :

"Allah Ta'aala n'a imposé le Zakaat seulement pour que, à travers ceci, le reste des biens soit purifié...."

Par ce hadîce, Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a voulu montrer que le Zakaat purifie le reste des biens.

Maintenant imaginons la position d'une richesse sur laquelle le Zakaat n'est pas acquitté !

EST-CE QU'ON A LE DROIT D'ACCUMULER LES RICHESSES ?

C'est une question qui a crée deux extrêmes - d'un côté nous avons ceux qui ignorent le monde et ses conforts et de l'autre côté, il y a ceux qui sont noyés dans le confort mondain et sont devenus esclaves de ce dernier.

Le "Çiraat-oul-Moustaqîme", comme prêché par l'Islâm, c'est que, pour satisfaire ses besoins et décharger sa responsabilité, la richesse et le bien sont louables et parfois même obligatoires, selon la nécessité, sans pour autant qu'on en devienne l'esclave.

Les Sahaabah (Radiyallahou anhoum‎) nous ont donné un exemple clair et parfait. Ils ont travaillé, ils ont fait du commerce, et en dépit de ça, ils étaient les favoris et les aimés d'Allah Ta'aala. Pourquoi ? Tout simplement parce que les richesses ne les ont jamais empêché d'obéir aux commandements d'Allah Ta'aala, aux pratiques du Prophète Mouhammad (Sallallaahou A'laihi Wasallam) et de lutter dans le chemin d'Allah. Au contraire ils dépensaient la majorité de leurs biens dans le chemin d'Allah et en Sadaqah. L'exemple de Hazrat Aboû Bakr (Radiyallahou anhou‎), de Hazrat 'Ous'maan Ghanî (Radiyallahou anhou‎) et de Hazrat Abdour Rahmaan Bin 'Auf (Radiyallahou anhou‎) sont si connus.

Soulignons que toute chose qui sert la cause d'Allah et qui est en conformité avec le Kitaaboullah et le Sounnah de Nabî-é-Karîm (Sallallaahou A'laihi Wasallam) c'est l'Aakhirah. Par contre, toute chose qui sert une cause autre que ce qui est précité, c'est le Dounyaa, même si elle a l'apparence d'un Ibaadah‎. L'essentiel c'est le niyyah - l'intention.

Travailler dans le marché et hurler pour vendre sa marchandise afin de pourvoir aux besoins de sa famille et de soi-même, sans rien faire de haraam, est un Ibaadah‎ et sert la cause de l'Aakhirah. Par contre, lire des Tasbîhaat dans le Masjid afin de se faire remarquer par les gens ou lire le Qour'aan avec une voix mélodieuse afin d'être reconnu comme ou appelé un grand Qaarî‎‎‎‎, c'est le Dounyaa parce qu'il n'y a pas eu la recherche du plaisir d'Allah Ta'aala. L'action, même qu'elle est un 'Ibaadah‎', mais faite par ostentation et pour avoir les honneurs des gens est non valable dans 1'Aakhirah.

Islamiquement, il est permis d'amasser de l'argent pour satisfaire ses besoins et ceux de sa famille sans pour autant négliger ses devoirs envers Allah Ta'aala, envers ses subordonnés et surtout envers les pauvres et les nécessiteux.

Le bien possède une double face tout comme l'eau de la mer. Pour qu'un navire puisse naviguer, il faut qu'il soit sur l'eau. Dans cette condition, il atteindra sa destination. Si jamais l'eau pénètre dans le navire cela causera la mort de ceux qui s'y trouve. Similairement, les biens de ce monde sont nécessaires, sans quoi nous aurons des difficultés pour mener une vie. Mais si ces biens, pénètrent dans le coeur, la conséquence sera très grave car elle amènera la mort de tout ce qu'il y a dans le coeur - L'Îmaan, le Taqwaa, le Dîne, etc.

Ici nous voyons la nécessité de considérer un verset où apparemment Allah Ta'aala a déclaré "haraam" l'accumulation des richesses :

"..Annonce un châtiment douloureux à ceux qui thésaurisent (amassent) l'or et l'argent sans rien dépenser dans le chemin d'Allah, le jour où ces métaux seront portés à incandescence dans le feu de l'enfer et qu'ils serviront à marquer leurs front, leurs flancs et leurs dos : voici ce que vous thésaurisiez; goûtez ce que vous thésaurisiez!" (9:34-35)

Ces versets montrent qu'on n'a pas le droit d'accumuler les richesses. Mais si nous allons plus loin au verset 103 du même Sourah, Allah Ta'aala dit :

"Prélèves une aumône sur leurs biens pour les purifier et les rendre sans tache."

Ici, il nous montre qu'un chef d'état Islamique a le droit de chercher une part du bien comme Sadaqah (Zakaat) et deuxièmement, le Sadaqah est Waadjib sur un bien accumulé.

Si les trois versets (9:34-35 et 9:103) sont examinés ensemble on pourra déduire :

  1. que les versets 34-35 du Sourah 9 ont été abrogés par le verset 103 du même Sourah, ou
  2. que les versets 34-35 se réfèrent à ceux qui accumulent les richesses sans pour autant s'acquitter des droits de leurs biens c.à.d. le paiement du Zakaat, dépenser en Sadaqah, assister les pauvres et les nécessiteux.

Dans un hadîce de Aboû Daawoûde, le Prophète (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit qu'Allah n'a fait le Zakaat obligatoire que pour purifier nos biens. Et Allah n'a imposé l'héritage que sur les biens qui restent après nous.

L'héritage s'applique sur les biens accumulés laissés par le défunt. Donc, ceci montre, d'une façon, que les versets 34-35, où l'accumulation des richesses a été interdite, ne peuvent être généralisés. Dans un hadîce de Aboû Daawoûde, il est indiqué qu'un bien même accumulé, qui a été acquitté de son Zakaat ne demeure plus un Kanz (bien accumulé) ; donc il ne tombe pas sous l'interdiction des versets 34-35.

Hazrat Oummé Salmah (Radiyallahou anhou‎) raconta :

"Nous portions des chaînes en or. Alors j'ai demandé au Prophète (Sallallaahou A'laihi Wasallam) si cela était le 'Kanz' - fortune amassée."

Sur ce, le Prophète (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a répondu qu'un bien qui a atteint un taux où le Zakaat devient Farz (le niçaab), et qu'on s'est acquitté de son Zakaat, alors ce bien n'est pas un 'Kanz'."

Hazrat 'Oumar (Radiyallahou anhou‎) dit que les versets 34-35 du Sourate 9 étaient révélés avant que la loi concernant le Zakaat fût révélée. Mais quand la loi du Zakaat fût révélée, Allah Ta'aala l'en a fait un moyen de purification pour les biens. Selon une autre tradition Hazrat 'Oumar (Radiyallahou anhou‎) dit :

"N'importe quel bien que vous avez et sur lequel le Zakaat a été acquitté alors ceci n'est pas un 'Kanz' même s'il est sous terre. Mais, n'importe quel bien sur lequel vous n'avez pas prélevé le Zakaat c'est du 'Kanz' et son possesseur se verra marqué par les plaques faites de ses biens qui seront chauffées au feu de l'enfer même si les biens sont sur terre."

Dans un hadîce de Moustadrak rapporté par Al-Haakim, le Prophète (Sallallaahou A'laihi Wasallam) dit :

"Quand tu t'est acquitté du Zakaat de ton bien, alors, sans doute, tu as éloigné de toi ses méfaits."

Bref, selon les principes islamiques, l'accumulation des richesses est permise mais à condition que :

  1. tous les droits sont acquittés - Zakaat, Sadaqah, venir en aide aux pauvres...
  2. on ne soit pas aveuglé par la richesse, et
  3. on n'en devienne pas l'esclave.

Mais on constate souvent qu'un changement, pour le pire, s'opère chez la personne qui devient riche. Il devient arrogant, snob, et même avare. C'est cela qui est défendu.

C'est, en effet, à cause de tout cela qu'un hadîce a recommandé de conserver que les effets qui suffiront pour mener sa vie et rien au delà de ses nécessités car l'abondance de la richesse mène souvent vers le péché et, par la suite, l'égarement. Mais la richesse en elle même est permise. Tout dépend de la personne et non de la richesse.

QUI SONT CEUX QUI DOIVENT DONNER LE ZAKAAT ?

Comme nous avons vu le Zakaat est un Ibaadah‎ qu'on accomplit par le moyen de la richesse. Il n'est pas obligatoire sur toute personne indistinctement mais seulement sur celui qui possède de la richesse. Pour le besoin du Zakaat nous avons deux catégories de gens - le riche et le pauvre.

Évidemment le Zakaat n'est pas Farz sur une personne pauvre qui ne possède rien car Allah Ta'aala, Lui-même, dans Sa Sagesse infinie, n'impose pas une chose au delà de la capacité de Son serviteur. Donc celui qui est concerné lorsqu'il s'agit de donner le Zakaat, c'est le riche. Un hadîce du Prophète (Sallallaahou A'laihi Wasallam) vient confirmer que le Zakaat n'est Farz que sur les riches.

.".. informes les qu'Allah Ta'aala a promulgué le Sadaqah/Zakaat obligatoirement (Farz) sur eux et qu'il sera collecté parmi les riches de la communauté et sera ensuite distribué aux gens pauvres parmi eux." (Boukharî)

Après avoir établi que le Zakaat est Farz sur les riches, il nous reste maintenant à savoir ce qu'une personne doit posséder pour qu'elle soit considérée comme riche. Dans un hadîce de Boukharî Charîf, Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit :

.".. il n'y a pas de sadaqah quand on a moins de 5 ouqiyah."

Ceci nous montre que celui qui possède la somme de 5 'ouqiyah' ou 200 dirhams (1 ouqiyah = 40 dirhams) ou plus est islamiquement riche et sur une telle personne le Zakaat est Farz (obligatoire).

Selon un hadîce de Hazrat 'A'lî‎ (Radiyallahou anhou‎) rapporté par Ibn Jarîr (R), le Prophète (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit,

.".. le Zakaat n'est pas perçu sur ce qui est moins de 200 dirhams, chaque (montant de) 20 mithqaal (1 mithqaal = 10 dirhams, donc 20 mithqaal = 200 dirhams) il y a ½ mithqaal (comme Zakaat). Il n'y a rien à tirer dans ce qui est moins que ça."

Dans un hadîce de Aboû Daawoûde rapporté par Hazrat 'A'lî‎ (Radiyallahou anhou‎), le Prophète (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit,

"Quand tu possèdes 200 et un dirham alors tu as traversé la limite (où le Zakaat devient Farz c.à.d. le niçaab a été atteint), alors il y a 5 dirhams là dans (comme Zakaat), et, en ce qui concerne l'or, il n'y a aucune obligation sur toi tant que tu ne possèdes pas 20 dînaars. A partir du moment où tu as 20 dînaars alors tu as atteint la limite et il y a ½ dînaar dedans (comme Zakaat)."

Hazrat Ibn-oul-Mounzir déclare,

"Les Ahl-é-'I'lm sont unanimes sur le fait que quand l'or atteint (la valeur de) 20 mithqaal (c.à.d. 20 Dînaars) qui est l'équivalent de 200 dirhams, alors le Zakaat est Waadjib sur ce bien à l'exception de ce qui a été rapporté de Al-Hassan qui dit que le Zakaat n'est pas Farz tant qu'il (l'or) n'arrive pas à (la valeur de) 40 mithqaal. La majorité des savants soutiennent que le niçaab de l'or est de 20 mithqaal mais sans pour autant qu'on compare son prix avec le dirham ou l'argent (métal/silver)." (Al-Moughnî)

Les Fouqahaa et les Aimmah Moudjtahidîne (R) comme Imaam Aboû Hanîfah (R), Imaam Maalik (R), Imaam Chaafi'î (R) et Imaam Ahmad bin Hambal (R) étaient unanimes sur l'obligation de donner en Zakaat dînaar sur 20 dînaars (c.à.d. 2½ % ou 1/40).

Hazrat Aboû Oubaïde (Radiyallahou anhou‎) rapporta de Hazrat Anas (Radiyallahou anhou‎) qui a dit :

"Hazrat 'Oumar (Radiyallahou anhou) m'a chargé de collecter les Zakaats. Il m'a ordonné de prendre la moitié d'un dînaar pour chaque 20 dînaars et un dirham sur chaque surplus de 4 dînaars. Il m'a dit de prendre pour chaque 200 dirhams, 5 dirhams et un dirham pour chaque surplus de 40 dirhams."

Selon un hadîce de Tirmîzî, le Prophète (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit :

"Apportez le sadaqah d'argent (métal). Un dirham pour chaque 40 dirhams. Et il n'y a rien (c.à.d. le Zakaat n'est pas Farz) sur 190 dirhams. Quand il arrive à 200 dirhams, alors il y a 5 dirhams (comme Zakaat) dedans."

Notons que le fait de posséder la valeur mentionnée ci-dessus en forme de (1) bijou qu'il soit en or ou en argent, (2) monnaie liquide, (3) marchandises commerciales, rend la personne concernée riche seulement quand ces choses sont en excès de ses besoins comme les objets qu'elle utilise - la maison, les vêtements, les outils, le moyen de transport. Il faut aussi déduire la dette quand on calcule le Zakaat. Ces objets (maisons, vêtements, etc.) ne seront pas pris en considération en calculant le Zakaat. Ce n'est que les objets en or et en argent, la monnaie liquide et les marchandises commerciales qui seront pris en considération.

Tout ceci nous amène à conclure que le Zakaat est obligatoire à partir de la somme de 200 dirhams. Celui qui ne possède pas cette valeur alors le Zakaat n'est pas Farz sur lui.

Qu'Allah Rabb-oul-Aalamîne‎‎ ne nous fasse pas devenir esclave de nos richesses. Qu'Il nous préserve de l'avarice et de l'amour de la richesse. Qu'Il nous donne le Taufîq de nous acquitter du Zakaat. (Aamîne) (Voir l'article sur la richesse).

[EXTRAIT DE AL HAADÎ Vol.2 No.6]