Faire le Roukhsati quelque temps après avoir fait le nikaah

Q. Une personne a dit que c'est une pratique inventée par le Tablîgh-e-Djamaa'ah que de faire le Roukhsati (la cérémonie d'envoyer l'épouse chez son époux) quelque temps après avoir fait le nikaah et que cette pratique n'est pas islamique. De plus elle avance que son fils ira chez sa fiancée lors de certaines occasions spécifiques et se mariera deux ans plus tard. Qu'en pensez-vous ?

R. Certainement cette personne ne connait pas l'Islâm. Qu'elle sache avant tout que la pratique de faire le Nikaah suivi du Roukhsati après quelque temps est approuvée par la pratique de Nabî‎‎-é-Karîm (Sallallaahou A'laihi Wasallam) lui-même ! En effet Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) avait fait le Nikaah avec Hazrat Aa'ichah (Radiyallahou anhou‎) quand cette dernière avait sept ans mais ce n'est qu'à l'âge de neuf ans qu'elle est venue habiter chez Nabî‎‎-é-Karîm (Sallallaahou A'laihi Wasallam). Ce qui signifie qu'ils sont restés séparés pendant une période d'au moins deux ans après le Nikaah.

Dans le Charî'ah il n'y a rien qui dit que cette pratique est une pratique spéciale pour Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam). De plus dans le Charî'ah il n'y a aucune preuve qui interdit cette pratique. Donc l'absence de preuve suffit pour rendre cette pratique permissible jusqu'à preuve du contraire. Après tout il n'y a rien dans le Charî'ah qui fixe le laps de temps après lequel les partenaires doivent commencer à vivre ensemble après le Nikaah. Les partenaires sont libres de décider quand ils vont vivre ensemble.

Cette pratique est donc bel et bien islamique et c'est une pratique de Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam). Associer cette pratique au Tablîgh‎-e-Djamaa'ah est certainement une gloire et un grand honneur pour ceux qui s'adhèrent à ce Djamaa'ah à qui Allah a donné le Taufîq pour rester dans les limites du Charî'ah et pour pratiquer les Sounnahs de notre bien-aimé Nabî‎‎-é-Karîm (Sallallaahou A'laihi Wasallam).

Le Tablîgh‎-e-Djamaa'ah n'a jamais dit qu'on doit nécessairement rester séparé après le Nikaah. Ce n'est que pour sauver la situation actuelle que les Ou'lamaa ont indiqué un moyen pour éviter le zinaa. Normalement à Maurice on a l'habitude de faire le Nikaah un ou deux ans après les 'fiançailles'. Ce qui se passe entretemps entre les 'fiancés' pendant cette période de "fréquenter" n'est que péché et pire ceci est commis avec la complicité des deux familles et l'appréciation et l'approbation du public. Pour protéger les musulmans de ces choses haraam, les Ou'lamaa très sagement, recommandent de faire le Nikaah toute de suite et le Roukhsati quelque temps après pour que la période de préparation ne se passe pas dans le haraam comme c'est le cas pour la période de 'fréquenter'. Car une fois le nikaah conclu, tout contact intime entre les partenaires est halaal.

Ici il est bon d'attirer l'attention concernant la déclaration selon laquelle il est permis de "fréquenter" en famille. Évidemment c'est une déclaration erronée et elle exprime l'impuissance de faire face à la réalité et c'est en fait céder à l'opinion publique. Le pêle-mêle entre les deux sexes opposés est purement et simplement haraam entre les ghair-­mahram. Aussi longtemps qu'on n'a pas fait le Nikaah, il est strictement défendu aux partenaires de se voir. La même loi s'applique à la pratique d'aller fréquenter lors de certaines occasions spécifiques. Il est donc clair que la personne qui s'est opposée à cette pratique, de faire le Nikaah précéder le Roukhsati, n'a non seulement opposé le Tablîgh‎-e­-Djamaa'ah mais aussi le Sounnah et il s'est comporté comme un pratiquant des coutumes des moushrik et des kaafirs et en un adhérant de Dadjjaal-i-Djamaa'ah. Il doit à tout prix faire le Taubah.

Certaines personnes disent que quand on fait le Roukhsati quelque temps après le nikaah il est désavantageux car quelque fois le garçon brise l'avenir de la fille avant le Roukhsati et il abandonne la fille. Mais au contraire ceci se passe souvent parmi ceux qui pratiquent le "fréquenter." Après tout si les partenaires ont eu des rapports sexuels après le nikaah mais avant le Roukhsati il n'y a aucun péché aux yeux d'Allah Ta'aala. S'il arrive que le Nikaah est rompu (ce qui est très rare il faut le dire) avant le Roukhsati il est plus facile pour la fille de se remarier car elle n'a pas commis aucune bêtise. Par contre s'il arrive que les "fiançailles" se rompent, dans ce cas il serait plus difficile pour la fille d'avoir une autre demande en mariage car tout le monde sait ce qui se passe de nos jours après les fiançailles. Après tout, certainement la réussite dans ce monde et dans l'Aakhirah se trouve dans l'obéissance à Allah Ta'aala et dans le tarîqah (principes) de Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam).

Bref, la pratique adoptée par le Tablîgh‎-e-Djamaa'ah est dans le cadre des principes islamiques et de plus c'est une mérite dans le temps moderne où les soi-disant "savants de Dîne" préfèrent adopter et approuver les pratiques sataniques et l'immoralité au dépens des pratiques pures, simples et surtout ISLAMIQUES.

[EXTRAIT DE AL HAADÎ Vol.2 No.9,10]