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Raf-oul-yadeïne
Que signifie Raf-oul-Yadeïne ? Raf-oul-Yadeïne signifie lever les deux mains. Pour les Fouqahaa et les Mouhaddiçîne ce terme signifie lever les deux mains à la hauteur des épaules ou des oreilles au moment du Takbîr-é-tahrîmah (le premier takbîr de la Salaah), avant et après le rouk'ou.
LA POSITION DE CETTE PRATIQUE
L'action de lever les mains avant et après le rouk'ou était une pratique de Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) et des Sahaabah-é-Kiraam (Radiyallahou anhoum). Plusieurs ahaadîce prouvent l'existence de cette pratique. Mais est-ce qu'elle est restée en vigueur jusqu'au wafaat (départ de ce monde) de Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam). C'est sur ce point qu'il y a divergence parmi les Ou'lamaa. Cette divergence est basée sur différents ahaadîce qui démontrent différents faits. Chaque Imaam (R) ou Aa'lim-é-Moudjtahid (R) a adopté la pratique qui, selon son Idjtihaad (recherche), est la meilleure.
LA DIVERGENCE ENTRE LES AIMMAH
Imaam Chaafi'î (R) et Imaam Ahmad Bin Hambal (R) considèrent l'action de lever les mains avant et après le rouk'ou comme Sounnah. Par contre, pour Imaam Aboû Hanîfah (R) et Imaam Maalik (R) il n'est pas Sounnah de lever les mains aux moments précités.
Imaam Chaafi'î (R) et Imaam Ahmad Bin Hambal (R) se sont basés sur un hadîce rapporté par Hazrat Abdoullah Bin Oumar (Radiyallahou anhou) dans Boukharî Sharif et dans d'autres livres de hadîce selon lequel ce dernier dit avoir vu Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) lever les deux mains jusqu'aux épaules au début de la Salaah (Takbîr Tahrîmah/Oûlaa), quand il allait dans le rouk'ou et quand il se levait du rouk'ou.
Quant à Imaam Aboû Hanîfah (R), ses recherches l'ont mené à conclure qu'au début on pratiquait le Raf-oul-Yadeïne plus qu'en ces trois occasions mentionnées dans le hadîce de Abdoullah Bin Oumar (Radiyallahou anhou), mais que par la suite ceci a été graduellement réduit pour n'en rester finalement qu'un seul - celui pratiqué au moment du Takbîr Tahrîmah - comme rapporté dans un hadîce par Ibn-é-Mas'oûde (Radiyallahou anhou).
Jusqu'à quel point cette conclusion d'Imaam Aboû Hanîfah (R) tient debout ? Une conclusion qui suppose qu'à l'exception du Raf-oul-Yadeïne pratiqué au moment du Tahrîmah, ceux pratiqués dans d'autres postures de la Salaah ont été abrogés. Et pourtant il n'y a pas un seul hadîce émanant directement de Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) qui démontre explicitement qu'il y a eu abrogation. Mais le fait est qu'une abrogation ne dépend pas nécessairement de l'existence d'un hadîce émanant directement de Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam). Des faits et facteurs extérieurs peuvent bien indiquer qu'il y a eu abrogation. D'ailleurs une analyse des ahaadîce relatifs au Raf-oul-Yadeïne est à cet égard et confirme qu'il y a bel et bien eu abrogation. Les faits sont là pour en témoigner.
Prenons l'exemple du nombre de takbîr dans la Salaat-oul-Djanaazah. Dans la pratique des Sahaabah-é-Kiraam (Radiyallahou anhoum) le nombre variait de 3 à 9. Une telle pratique continua jusqu'au Khalifat de Hazrat Oumar (Radiyallahou anhou). Ce dernier, alors qu'il était Khalîfah, a réuni les Sahaabah (Radiyallahou anhoum) et leur a demandé de chercher à savoir le nombre de takbîr pratiqué par Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) dans la dernière Salaat-oul-Djanaazah qu'il avait accomplie. Les Sahaabah (Radiyallahou anhoum) conclurent que Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) avait fait 4 takbîr. Ainsi, Hazrat Oumar (Radiyallahou anhou) les réunit tous sur la pratique de 4 takbîr.
Soulignons qu'aucun hadîce émanant directement de Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) n'a été rapporté démontrant que le nombre de takbîr a subi d'abrogation. Malgré ce fait, les Sahaabah (Radiyallahou anhoum) se sont référés à la dernière pratique du Prophète (Sallallaahou A'laihi Wasallam) et l'ont adoptée comme un critère pour désigner l'abrogation. Tout ceci nous mène à conclure que l'adoption de la dernière pratique du Prophète (Sallallaahou A'laihi Wasallam) pour désigner une abrogation est un principe accepté par le consensus des Sahaabah (Radiyallahou anhoum) pendant le règne de Hazrat Oumar (Radiyallahou anhou). C'est ce même principe qui a été adopté par Imaam Aboû Hanîfah (R) pour conclure que le nombre de Raf-oul-Yadeïne a subi une abrogation graduelle pour finalement s'arrêter à un - au moment du takbîr-é tahrîmah. Le célèbre Mouhaddîce, Imaam Boukharî (R), a aussi adopté ce même principe pour déterminer si les Mouqtadîs doivent s'asseoir ou peuvent se mettre debout quand l'Imaam qui les dirige dans la Salaah s'assoit au lieu de se tenir debout (dans la posture de Qiyaam). Pour soutenir son point de vue sur ce sujet, Imaam Boukharî (R) a rapporté la déclaration de son Shaikh, Al Houmaïdî (R), qui dit :
"La déclaration de Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) qui dit – ‘quand il (l'Imaam) accomplit la Salaah en s'asseyant alors vous devrez vous aussi la faire en vous asseyant’, fut faite pendant qu’il était malade dans le passé (au début) mais après le Prophète (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a fait la Salaah en s'asseyant tandis que les Sahaabah(Radiyallahou anhoum) l'ont suivi en se tenant debout. Il ne les a pas empêchés en les ordonnant de s'asseoir. Donc ce n'est que la dernière pratique de Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) et ainsi de suite, qui doit être adoptée."
Ici aussi nous voyons que le Shaikh de Imaam Boukharî (R), Al Houmaïdî (R) a pris la dernière pratique du Prophète (Sallallaahou A'laihi Wasallam) pour désigner une abrogation, principe qui a été approuvé par Imaam Boukharî (R).
Bref, l'abrogation ne dépend pas nécessairement sur l'existence d'un hadîce venant directement de Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam). Ceci peut être confirmé par une autre source comme nous venons de voir.
LES AHAADÎCE RELATIFS AU RAF-OUL-YADEÏNE
Dans Naçaaî Charîf il y a un hadîce où Hazrat Maalik Bin Houwairith (Radiyallahou anhou) dit qu'il a vu Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) lever ses deux mains jusqu'à ce qu'elles soient parallèles aux lobes de ses oreilles, dans la Salaah (au début), quand il allait dans le rouk'ou, quand il levait sa tête du rouk'ou, quand il allait dans le sajdah et quand il se levait du sajdah. C'est un hadîce authentique selon lequel Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) levait ses deux mains en cinq occasions :
- Takbîr-é-Tahrîmah (au début de la Salaah)
- Quand il allait dans le rouk'ou
- Quand il se levait du rouk'ou
- Quand il allait dans le sajdah et
- Quand il se levait du sajdah.
Dans Aboû Daawoûde Charîf, Hazrat Waa'il Bin Houdjr (Radiyallahou anhou) rapporte un hadîce où il dit que Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) levait ses deux mains (c.à.d. faisait le Raf-oul-Yadeïne) quand il se levait du sajdah. Dans un autre hadîce de Aboû Daawoûde Charîf, hadîce qui se trouve dans Naçaaî Charîf également, 'Abdoullah Bin Twaa'ous (Radiyallahou anhou) dit qu'il y avait Raf-oul-Yadeïne quand on se levait du premier sajdah.
Selon Mousannaf 'Abdour Razzaaq, Hazrat Ibn-é-Djouraidj a dit à Hazrat 'Atta (Radiyallahou anhou) : "Je vous ai vu lever les mains quand vous commencez (la Salaah), quand vous allez dans le rouk'ou et quand vous vous levez du premier et deuxième sajdah et quand vous vous levez du deuxième Rak'aat." Hazrat 'Ataa (Radiyallahou anhou) a confirmé cela. Si nous analysons ce hadîce ensemble avec celui de Hazrat Maalik Bin Houwairith (Radiyallahou anhou) nous remarquons que le nombre de Raf-oul-Yadeïne est passé de cinq à six dans un Rak'aat car ce dernier récit indique le Raf-oul-Yadeïne en une occasion supplémentaire, en l'occurrence en se levant du deuxième sajdah.
Analysant le hadîce de Hazrat Maalik Bin Houwairith (Radiyallahou anhou) plus profondément nous remarquons qu'en fait le nombre de Raf-oul-Yadeïne est même plus de six fois. Expliquons-nous. Dans le hadîce il est dit que Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) faisait le Raf-oul-Yadeïne en allant dans le sajdah et en se levant du sajdah. Comme il est clair qu'il y a deux sajdah par Rak'aat donc au moment du sajdah le Raf-oul-Yadeïne est double. Après cette analyse le nombre de Raf-oul-Yadeïne s'établit comme suit : ‑
- au moment du Takbîr-é-Tahrîmah
- avant le rouk'ou
- après le rouk'ou
- avant le premier sajdah
- après le premier sajdah
- avant le deuxième sajdah
- après le deuxième sajdah et
- au moment de se lever pour le troisième Rak'aat après le Tashahhoûde.
Nous pouvons ainsi dire qu'il y avait un Raf-oul-Yadeïne pour chaque takbîr (Allahou Akbar) et à chaque fois qu'on se levait ou se baissait. D'ailleurs d'après un hadîce de Mousnad Ahmad, Hazrat Djâbir Bin Abdoullah (Radiyallahou anhou) rapporte que Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) levait ses deux mains au moment de chaque takbîr de la Salaah. D'après Ibn-é-Maadjah, Hazrat Abdoullah Bin Abbaas (Radiyallahou anhou) rapporte que Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) levait ses deux mains au moment de chaque takbîr. Toujours d'après Ibn-é-Maadjah, Hazrat Oumaïr Bin Habîb (Radiyallahou anhou) rapporte que le Prophète (Sallallaahou A'laihi Wasallam) levait les mains au moment de chaque takbîr de la Salaah Farz.
Ibn-oul-Qattaan a déclaré comme authentique le hadîce mentionnant Raf-oul-Yadeïne à chaque fois qu'on se lève ou se baisse. Allaamah Ibn Hazm a qualifié les ahaadîce concernant Raf-oul-Yadeïne à chaque action de se lever et se baisser comme Moutawaatir ce qui donnent une certitude nette et catégorique. Cette pratique a aussi été rapportée de Hazrat Abdoullah Bin Oumar (Radiyallahou anhou), Hazrat Abdoullah Bin Abbaas (Radiyallahou anhou) et d'un groupe de Taabi'îne (R).
RAF-OUL-YADEÏNE ENTRE DEUX SAJDAH
Dans un hadîce de Ibn-é-Maadjah, Hazrat Aboû Houraïrah (Radiyallahou anhou) dit avoir vu Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) lever les deux mains à la hauteur des épaules au commencement de la Salaah, au moment du rouk'ou et au moment du sajdah. Nous pouvons dire que le terme "au moment du sajdah" s'applique au premier et au deuxième sajdah également.
Ce point a déjà été mentionné dans le Sahîh hadîce de Hazrat Maalik Bin Houwairith dans Naçaaî Charîf. D'ailleurs le hadîce indiquant le Raf-oul-Yadeïne au moment de chaque takbîr prouve qu'il y avait aussi Raf-oul-Yadeïne entre les deux sajdah, car à ce moment aussi il y a un takbîr.
Allaamah Nimawî (R) a déclaré comme Sahîh un hadîce de Darqoutnî dans lequel Hazrat Waa'il Bin Houdjr (Radiyallahou anhou) rapporte que Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) faisait le Raf-oul-Yadeïne an commencement de la Salaah, au moment du rouk'ou et au moment du sajdah. Donc ce hadîce aussi, entre autres, de part son sens général, prouve l'existence de Raf-oul-Yadeïne entre les deux sajdah dans la pratique de Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam).
Imaam Boukharî rapporte, dans son '(Djouz) Raf-oul-Yadeïne', un récit de Yahyaa Bin Aboû I'shaaq qui dit : "J'ai vu Hazrat Anas Bin Maalik (Radiyallahou anhou) lever ses deux mains entre les deux sajdah." Ce récit a été déclaré authentique par Allaamah An-Nimawî.
L'existence de Raf-oul-Yadeïne entre les deux sajdahs dans la pratique de Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) est confirmée par la pratique des Sahaabah (Radiyallahou anhoum) tels que Hazrat Anas (Radiyallahou anhou) et Hazrat Abdoullah Bin Oumar (Radiyallahou anhou) et aussi par les Taabi'îne tel que Hazrat Nâfi, Twaa'ous, Hassan Basrî et Mouhammad Bin Sîrîne.
Aboû Bakr Ibn Aboû Chaïbah rapporte de Wakî, de Hammad Bin Salmah, de Yahyaa Bin Aboû I'shaaq que Hazrat Anas (Radiyallahou anhou) faisait le Raf-oul-Yadeïne entre les deux sajdah. (Mousannaf-Ibn Aboû Chaïbah)
Aboû Bakr rapporte de Aboû Ouçaamah, d'Oubaidoullah, de Nâfi que Hazrat Abdoullah Bin Oumar (Radiyallahou anhou) levait les deux mains en levant sa tête du premier sajdah. (Mousannaf Ibn Aboû Chaïbah)
Aboû Bakr rapporte de Oulayyah, de Ayyoûb qui dit : "J'ai vu Nâfi et Twaa'ous lever les mains entres les deux sajdah." (Mousannaf Ibn Aboû Chaïbah) Aboû Bakr rapporte de Yazîd Bin Haaroûne, de Ash'ath qui dit que Hassan et Ibn Sîrîne levaient les mains entre les deux sajdahs. (Mousannaf Ibn Aboû Chaïbah)
Ce sont là des récits rapportés par des chaines de narration authentiques qui prouvent l'existence de Raf-oul-Yadeïne dans la pratique des Sahaabah (Radiyallahou anhoum) et des Taabi'îne (R).
D'après un hadîce de Mousnad Imaam Ahmad, déjà cité plus haut, Hazrat Djâbir Bin Abdoullah (Radiyallahou anhou) rapporte que Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) levait ses deux mains au moment de chaque takbîr de la Salaah.
D'après un hadîce dans "Moushkiloul-Aathaar" de Imaam Aboû Dja'far Tahaawî (R), il est dit que Hazrat Abdoullah Bin Oumar (Radiyallahou anhou) levait ses mains chaque fois qu'il se levait, se baissait, au moment du rouk'ou, du sajdah, du Qiyaam, Qaïdah (position assise) et entre les deux sajdahs ; et il rapporte que Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) en faisant autant.
Ces ahaadîce et récits authentiques, cités ici démontrent clairement l'existence de Raf-oul-Yadeïne au moment de chaque takbîr y compris entre les deux sajdah.
REDUCTION DU NOMBRE DE RAF-OUL-YADEÏNE
En analysant d'autres ahaadîce nous remarquons que le nombre de Raf-oul-Yadeïne a été réduit à trois, hormis le Takbîr-é-Tahrîmah
- avant le rouk'ou
- après le rouk'ou
- En se levant pour le 3ème Rak'aat, après le Tashahhoûde.
II est rapporté dans le Boukharî Charîf que quand Hazrat Abdoullah Bin Oumar (Radiyallahou anhou) commençait la Salaah, il faisait le Takbîr et levait ses deux mains ; quand il faisait le rouk'ou il levait ses deux mains, quand il disait Sami'allaahouliman Hamidah, il levait ses deux mains, et il levait ses deux mains quand il se levait pour le 3ème Rak'aat. Hazrat Abdoullah Bin Oumar (Radiyallahou anhou) attribuait cette pratique à Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam).
Ici Nous voyons que le nombre de Raf-oul-Yadeïne est passé de huit à quatre (le takbîr tahrîmah inclus). Dans un autre hadîce de Boukharî Charîf, Hazrat Abdoullah Bin Oumar (Radiyallahou anhou) a précisé en disant ceci "Et il (Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam)) ne le faisait pas (le Raf-oul-Yadeïne) au moment du sajdah ni en se levant du sajdah."
D'après un hadîce de Mouslim Charîf Hazrat Abdoullah Bin Oumar (Radiyallahou anhou) rapporte ceci : 'J'ai vu Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) lever ses deux mains jusqu'aux épaules quand il commençait la Salaah, avant le rouk'ou et quand il se levait du rouk'ou ; et il ne levait pas ses mains entre les deux sajdahs."
Nous voyons dans ce hadîce que Hazrat Abdoullah Bin Oumar (Radiyallahou anhou) nie la pratique de Raf-oul-Yadeïne entre les deux sajdah, une pratique pourtant prouvée auparavant par des ahaadîce et récits authentiques.
Quelle attitude adopter à ce stade ? Allons nous rejeter ou accepter les ahaadîce et récits qui prouvent l'existence de Raf-oul-Yadeïne au moment de chaque takbîr, c'est à dire chaque fois qu'on se lève et se baisse y compris entre les deux sajdah? Si nous les rejetons, nous devons avancer des raisons vraiment solides car il ne faut pas oublier qu'il est question ici des ahaadîce authentiques. Allons-nous le faire parce qu’ils sont en opposition aux ahaadîce de Boukharî et de Mouslim Charîf ? Tel ne peut être le cas. Les Fouqahaa et les savants ont démontré de par leur façon de faire que si un hadîce est opposé à un ou des ahaadîce de Boukharî et Mouslim, cela n'est pas un critère pour le rejeter.
Nous n'avons d'autres choix que d'accepter ces ahaadîce et récits authentiques car il n'y a pas de raison valable pour les rejeter. Nous devons donc accepter l'existence de Raf-oul-Yadeïne à l'occasion de chaque takbîr y compris entre les deux sajdah comme ayant été une pratique de Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam).
Maintenant puisque nous sommes en présence de deux catégories d'ahaadîce l'une prouvant le Raf-oul-Yadeïne en plus de 4 occasions allant même jusqu'a 8 et l'autre prouvant le Raf-oul-Yadeïne qu'en 4 occasions, on peut conclure que le nombre de Raf-oul-Yadeïne a été réduit de 8 à 4. En d'autres mots 4 des huit occasions ont été Mansoûkh (abrogées).
Il est évident donc, après les explications ci-dessus, qu'il y a effectivement eu abrogation en ce qui concerne le nombre de fois qu'on pratiquait le Raf-oul-Yadeïne et ce malgré le fait qu'il n'y a pas un seul hadîce émanant directement de Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) qui le démontre. C'est comparable à l'I'djmah (consensus des savants Moudjtahidîne sur un sujet quelconque), qui ne peut absolument rien abroger dans le Dîne. Mais l'existence même de l'I'djmah sur un sujet qui est contraire au Kitaaboullah (Qour'aan) et au Sounnah (hadîce) est une indication qu'il y a eu abrogation. A ce stade, il est clair qu'il est nullement nécessaire d'avoir un hadîce stipulant explicitement l'abrogation sur un sujet quelconque pour qu'on accepte qu'il y a eu abrogation. D'autres éléments et facteurs, comme on vient de le démontrer, peuvent indiquer ceci.
LE NOMBRE DE RAF-OUL-YADEÏNE REDUIT - DE 4 à 3
Allaamah Ibn Hadjar (R) écrit dans Fath-oul-Bari, son commentaire du Boukharî Charîf, que Yahyaa Al Qattaan rapporte de Maalik, de Nâfi, de Hazrat Abdoullah Bin Oumar (Radiyallahou anhou) qui dit que Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam), faisait le Raf-oul-Yadeïne dans ces trois postures :
- au moment du Takbîr-é-Tahrîmah
- avant le rouk'ou
- après le rouk'ou
Hazrat Abdoullah Bin Oumar (Radiyallahou anhou) a ensuite ajouté qu'a part cela (les trois postures précitées) Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) ne faisait pas le Raf-oul-Yadeïne. Ce hadîce a aussi été rapporté par Darqoutnî avec une chaine de narration "Hassan" (bon) dans son livre Al-Gharaa'ib.
Dans son Kitaab-oul-Oum, Imaam Chaafi'î (R) dit que nulle part il y a Raf-oul-Yadeïne dans une Salaah comprenant le rouk'ou et le sajdah à part ces trois places (c.à.d. Takbîr-é-Tahrîmah, avant et après le rouk'ou).
Selon les livres de Fiqh de Imaam Maalik (R) et Imaam Ahmad Bin Hambal (R), il n'y a pas de Raf-oul-Yadeïne en se levant pour le 3ème Rak'aat après le Tashahhoûde.
De même, d'après la plupart des livres de Imaam Chaafi'î (R) il n'y a pas de Raf-oul-Yadeïne quand on se lève du Tashahhoûde pour le 3ème Rak'aat. Cela démontre que pour ces trois Aimmah (R) le Raf-oul-Yadeïne dans cette posture a été mansoûkh (abrogé) car il est inconcevable que ces trois Aimmah (R) ne connaissaient pas l'existence des ahaadîce mentionnant le Raf-oul-Yadeïne dans cette posture.
Nous voyons donc que malgré l'authenticité des ahaadîce prouvant le Raf-oul-Yadeïne dans cette posture, ces 3 Aimmah (R) ne l'ont pas pratiqué, ce qui démontre clairement qu'ils ont établi l'abrogation de cette pratique, comme le témoigne le hadîce de Abdoullah Bin Oumar (Radiyallahou anhou) dans Al-Gharaa'ib de Darqoutnî.
LE NOMBRE DE RAF-OUL-YADEÏNE REDUIT DE 3 à 2
Imaam Maalik (R) rapporte dans son Mou'atta, de Zouhrî, de Salîm, de Abdoullah Bin Oumar (Radiyallahou anhou) qui dit que Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) levait ses deux mains parallèles aux épaules au commencement de la Salaah et quand il se levait du rouk'ou où il disait 'Sami Allaahou liman hamidah - Rabbanaa wa lakal hamd' et qu'il ne le faisait pas (c.à.d. Raf-oul-Yadeïne) dans le sajdah. Dans ce hadîce mention est faite de deux Raf-oul-Yadeïne seulement ; le Raf-oul-Yadeïne avant le rouk'ou n'y est pas mentionné. Pourtant Imaam Maalik (R) lui même a déjà rapporté l'existence de Raf-oul-Yadeïne avant le rouk'ou et cela d'après Boukharî Charîf.
Il est à noter qu'Imaam Maalik (R) n'est pas la seule personne à avoir rapporté la Salaah de Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) de cette façon-là. D'autres narrateurs ont fait de même, comme nous allons le voir.
a) Imaam Soufyaan rapporte de Zouhrî, de Salîm, de son père (Abdoullah Bin Oumar (Radiyallahou anhou)) qui dit : "J’ai vu Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) lever ses deux mains au moment du Takbîr (Takbîr-é-Tahrîmah) et quand il levait sa tête du rouk'ou ; et il ne levait pas ses mains entre les deux sajdah." (Djouz Raf-oul-Yadeïne de Imaam Boukharî)
b) Yoûnous rapporte de Ibn Shihaab (Zouhrî), de Salîm Bin Abdoullah, de Hazrat Abdoullah Bin Oumar (Radiyallahou anhou) qui dit : J'ai vu Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) lever ses deux mains parallèles à ses deux épaules quand il se tenait debout pour la Salaah, ensuite il faisait le takbîr. Il faisait cela (lever les mains) quand il levait sa tête du rouk'ou et il disait "Sami Allaahou liman hamidah" et il ne levait pas (les mains) quand il levait sa tête du sajdah. (Djouz Raf-oul-Yadeïne de Imaam Boukharî)
Nous voyons donc qu'en sus de Imaam Maalik (RA), d'autres Raawîs (narrateurs), en l'occurrence Soufyaan et Yoûnous ont rapporté que Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) faisait la Salaah sans faire le Raf-oul-Yadeïne avant le rouk'ou.
Le hadîce précité a été rapporté par Salim Bin Abdoullah, de Hazrat Abdoullah Bin Oumar (Radiyallahou anhou). Si on évoque la possibilité que Salîm ait pu faire de confusion, on peut facilement rejeter cette possibilité en citant un autre hadîce avec un contenu semblable de Djouz Raf-oul-Yadeïne de Imaam Boukharî rapporté cette fois ci par Nâfi de Hazrat Abdoullah Bin Oumar (Radiyallahou anhou) et dont la chaine de transmission est comme suit: Mouçaa Bin Ismaaîl rapporte de Hammaad Bin Salmah, de Ayyoûb, de Nâfi, de Hazrat Abdoullah Bin Oumar (Radiyallahou anhou) qui dit que Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) levait ses deux mains au moment du takbîr (tahrîmah) et quand il levait sa tête du rouk'ou.
Il y a aussi un autre Raawî, en l'occurrence Aboû Zoubeïr, qui supporte le hadîce rapporté par Salîm et Nâfi de Hazrat Abdoullah Bin Oumar (Radiyallahou anhou). Imaam Boukharî rapporte, dans son Djouz Raf-oul-Yadeïne, de Ibraahîm Bin Mounzir, de Ma'mar, de Ibraahîm Bin Touhmaan de Aboû Zoubeïr qui déclare, 'J'ai vu Hazrat Abdoullah Bin Oumar (Radiyallahou anhou) lever ses deux mains quand il se mettait debout pour la Salaah et quand il levait sa tête du rouk'ou'.
Il faut faire ressortir qu'Abdoullah Bin Oumar (Radiyallahou anhou) n'est pas le seul Sahaabî à rapporter un hadîce avec un contenu similaire. Il y a aussi Hazrat Abdoullah Bin Abbaas , Hazrat Maalik Houwairith et Hazrat Waa'il Bin Houdjr (Radiyallahou anhou) qui ont rapporté des ahaadîce qui font mention de Raf-oul-Yadeïne qu'en deux occasions.
Abdoullah Bin Mouhammad rapporte de Aboû Amir, de Ibraahîm Bin Touhmaan, de Aboû Zoubeïr de Twaaous qui dit que Hazrat Abdoullah Bin Abbaas (Radiyallahou anhou) levait ses deux mains parallèles à ses oreilles quand il se mettait debout pour la Salaah et aussi quand il levait sa tête (du rouk'ou) et se dressait pour se mettre debout. (Djouz Raf-oul-Yadeïne)
Mouçaa Bin Ismaaîl rapporte de Hammaad Bin Salmah, de Qataadah de Naçr Bin Aasim, de Hazrat Maalik Bin Houwairith qui dit que Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) levait ses deux mains jusqu'aux lobes des oreilles quand il commençait la Salaah et il faisait de même quand il se levait du rouk'ou. (Djouz Raf-oul-Yadeïne)
Abdoullah Bin Mouhammad rapporte de Aboû Idrîs, de Aasim Bin Koulaib, de son père (Koulaib) qu'il a entendu Hazrat Waa'il Bin Houdjr dire : J'étais venu à Madînah pour observer la Salaah de Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam).
Quand il a commencé il a levé ses deux mains et quand il a levé sa tête (aussi) il a levé ses deux mains." (Djouz Raf-oul-Yadeïne)
Tous ces ahaadîce nous montrent qu'Imaam Maalik (R) n'est pas le seul à avoir rapporté seulement deux Raf-oul-Yadeïne dans la Salaah. Le hadîce de Imaam Maalik (R) est appuyé par Soufyaan et Yoûnous ; celui de Salim est appuyé par Nâfi et Aboû Zoubeïr et celui de Abdoullah Bin Oumar (Radiyallahou anhou) est appuyé par Hazrat Abdoullah Bin Abbaas , Maalik Bin Houwairith et Waa'il Bin Houdjr (Radiyallahou anhou). Tout cela démontre clairement que la similitude entre ces textes n'est pas le fait de coïncidence. Dans ces récits personne n'a mentionné le Raf-oul-Yadeïne avant le rouk'ou et pourtant dans d'autres ahaadîce que ces mêmes narrateurs ont rapporté, mention est faite du Raf-oul-Yadeïne avant le rouk'ou.
De plus, le hadîce rapporté par Imaam Maalik (R) dans Boukharî Charîf fait mention de 3 Raf-oul-Yadeïne dans un Rak'aat tandis que dans un hadîce rapporté dans le Mou'atta de ce même Imaam Maalik (R) mention n'est faite que de deux Raf-oul-Yadeïne dans un Rak'aat. Doit-on rejeter les ahaadîce de Mou'atta Imaam Maalik et de Djouz Raf-oul-Yadeïne parce qu'ils sont en opposition au hadîce de Boukharî Charîf ? Certainement pas, car ce n'est pas un critère pour rejeter un hadîce. Les ahaadîce de Mou'atta Imaam Maalik et de Djouz Raf-oul-Yadeïne, tout comme celui de Boukharî Charîf, ont tous des chaines de narrations authentiques. Comment donc expliquer cette différence dans le nombre de Raf-oul-Yadeïne ?
Une analyse approfondie de tous ces ahaadîce nous mène inévitablement qu'à une conclusion : que ces différents ahaadîce font référence à différentes périodes. Les ahaadîce qui comprennent le Raf-oul-Yadeïne au moment d'aller dans le rouk'ou font référence à une période antérieure tandis que ceux qui mentionnent le Raf-oul-Yadeïne qu'au moment du Takbîr-é-Tahrîmah et en se levant du rouk'ou font référence à une période ultérieure. Voilà la seule explication valable et plausible qui vient réconcilier ces ahaadîce authentiques, mais qui en apparence sont contradictoires, et qui nous mène à comprendre que le Raf-oul-Yadeïne au moment d'aller dans le rouk'ou a aussi été abrogé comme cela a été le cas pour les autres occasions ou il était pratiqué.
COMBIEN DE RAF-OUL-YADEÏNE RESTE FINALEMENT ?
Suite aux explications on ne peut plus clair qui ont précédées, il n'y a pas l'ombre d'un doute que le nombre de Raf-oul-Yadeïne a été réduit graduellement. Cependant les Aimmah-é-Moudjtahidîne (R) sont partagés quant au nombre (de Raf-oul-Yadeïne) qui reste finalement.
D'après les livres de fiqh de Imaam Chaafi'î (R) et Imaam Ahmad Ibn Hambal (R), en sus du Takbîr-é-Tahrîmah il y a Raf-oul-Yadeïne en deux occasions supplémentaires - avant le rouk'ou et après le rouk'ou. Pour Imaam Aboû Hanîfah (R) il y a Raf-oul-Yadeïne seulement au moment du Takbîr-é-Tahrîmah. Quant à Imaam Maalik (R) il dit dans, Al-Moudawwanah-al-Koubraa, "Je ne reconnais pas de Raf-oul-Yadeïne dans aucune posture de la Salaah, ni en se levant, ni en se baissant sauf au commencement de la Salaah." Ibn-oul-Qaasim déclare : "Le Raf-oul-Yadeïne (dans les autres postures) était faible auprès de Imaam Maalik (R) sauf au moment du Takbîr-é-Tahrîmah" et cela en dépit du fait que Imaam Malik (R) a rapporté le Raf-oul-Yadeïne (dans d'autres postures) dans son Mou'atta. Ceci est dû au fait que Imaam Maalik (R) n'a pas nécessairement donné de fatwas d'après ce qu'il a rapporté dans son Mou'atta. Allaamah Ibn Hadjr, dans la préface de son livre, Ta'jîoul-Man-Fa'ah, déclare qu'en ce qui concerne les Ahkaam et les Fatwas (Masla Maçaail), les Mâlikites se basent sur ce que Ibn-oul-Qaasim a rapporté de Imaam Maalik (R) indépendamment du fait qu'ils correspondent au Mou'atta ou pas. Donc selon Imaam Aboû Hanîfah et selon l'opinion (l'Idjtihaad) la plus correcte d'Imaam Maalik c'est qu'il n'y a pas le Raf-oul-Yadeïne dans la Salaah sauf au moment du Takbîr-é-Tahrîmah.
Voyons maintenant si ceux qui ne font pas le Raf-oul-Yadeïne dans la Salaah sauf au moment du Takbîr-é-Tahrîmah ont des preuves solides pour justifier leur pratique.
D'après Alqamah, Hazrat Abdoullah Bin Mas'oûde (Radiyallahou anhou) a dit
"Ne voulez vous pas que je fasse une Salaah comme la Salaah de Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam)? Il [Abdoullah Bin Mas'oûde (Radiyallahou anhou)] a ensuite fait la Salaah et il n'a pas levé les deux mains excepté une seule fois." (Naçaaî et Tirmîzî)
Ce hadîce est authentique. Imaam Tirmîzî (R) le qualifie de "Hassan" (bon) et Allaamah Bin Hazm le déclare "Sahîh" (correcte). Les Sahaabah (Radiyallahou anhoum) ont pratiqué le Raf-oul-Yadeïne dans la Salaah conformément à ce hadîce et ces narrateurs sont authentiques. Il n'y a donc aucune raison pour le disqualifier ou le rejeter.
Ce hadîce est rapporté de Wakî, de Soufyaan, de Aasim Bin Koulaib, de Abdour Rahmaan Bin Aswad de Alqamah, de Hazrat Abdoullah Bin Mas'oûde (Radiyallahou anhou).
Les Mouhaddiçîne tels que Imaam Ahmad, Aboû Bakr Bin Aboû Chaïbah, Mahmoûde Bin Ghailaan, Ous'maan Bin Aboû Chaïbah, Nou'aim Bin Hammaad et Yahyaa Bin Yahyaa ont tous rapporté des ahaadîce dont le contenu est semblable à celui rapporté plus haut. Wakî n'est pas le seul à rapporter un tel hadîce de Soufyaan.
Abdoullah Bin Moubaarak, Mou'aawiyah, Khaalid Bin A'mr et Aboû Houzaïfah ont eux aussi rapporté le même contenu de ce hadîce de Soufyaan.
Ce hadîce a été aussi rapporté par Imaam Aboû Hanîfah (R) avec le 'Sanad' et texte suivant :- Aboû Hanîfah, de Hammaad, de Ibraahîm, de Alqamah, de Aswad de Abdoullah Bin Mas'oûde (Radiyallahou anhou) qui dit que Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) ne levait pas ses deux mains excepté au commencement (de la Salaah) ; ensuite il ne le faisait pas (c.à.d. ne levait pas les deux mains) (Mousnad Imaam Aboû Hanîfah)
Il est à noter que deux éminents Taabi'îne ont entendu ce hadîce de Abdoullah Bin Mas'oûde (Radiyallahou anhou), en l'occurrence Alqamah et Aswad ; et de ces deux grands Taabi'îne deux autres Taabi'îne ont entendu ce hadîce, notamment Ibraahîm et Abdour Rahmaan Bin Aswad. Ce hadîce donc n'est pas rapporté par une seule personne mais par plusieurs. Une personne peut faire des erreurs en rapportant, mais c'est différent quand il s'agit de plusieurs personnes. Il faut en conséquence écarter cette possibilité. D'ailleurs c'est un fait très connu auprès des Mouhaddiçîne et des Fouqahaa que Hazrat Abdoullah Bin Mas'oûde (Radiyallahou anhou) est un Sahaabî qui ne faisait le Raf-oul-Yadeïne qu'au moment du Takbîr-é-Tahrîmah. Et dans ce hadîce, Hazrat Abdoullah Bin Mas'oûde (Radiyallahou anhou) enseigne la façon de faire la Salaah comme l'avait pratiquée Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) surtout en ce qui concerne le nombre de fois qu'il faisait le Raf-oul-Yadeïne. Qui oserait insinuer qu'il a mal enseigné ou qu'il a commis des erreurs dans sa démonstration ? En fait ce hadîce de Ibn-é-Mas'oûde (Radiyallahou anhou) est riche en enseignements. D'abord, il montre comment Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) faisait la Salaah, ensuite il apporte la confirmation que le nombre de Raf-oul-Yadeïne a été graduellement abrogé pour n'en laisser qu'un seul finalement, c'est à dire au moment du Takbîr-é-Tahrîmah.
Il est très important de savoir que Hazrat Abdoullah Bin Mas'oûde (Radiyallahou anhou) n'est pas le seul Sahaabî à avoir rapporté la Salaah de Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) avec un seul Raf-oul-Yadeïne. Hazrat Baraa Ibn 'Aazib (Radiyallahou anhou) a lui aussi rapporté un hadîce similaire.
Sharîk rapporte de Yazîd Bin Aboû Ziyaad, de Abdour Rahmaan Bin Aboû Lailaa, de Baraa qui dit que Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) levait ses deux mains jusqu'à la proximité de ses oreilles et ensuite il ne répétait pas (ce geste, c.à.d. il ne levait pas les mains). (Aboû Daawoûde)
Imaam Aboû Daawoûde (R) après avoir rapporté ce hadîce dit que ce hadîce a été aussi rapporté par Houshaim, Khaalid et Ibn Idrîs, mais ils n'ont pas mentionné la dernière partie "et ensuite il ne répétait pas." Par contre Ibn 'Adi écrit dans son livre, Al Kaamil que Houshaim, Sharîk et un groupe comprenant ces deux personnes (précités) ont rapporté un hadîce dans lequel ils ont fait mention de la dernière partie : "Et ensuite il ne répétait pas."
Soufyaan Al Çaurî (R) a rapporté ce hadîce de Yazîd textuellement comme c'est dans Aboû Daawoûde Charîf. Ismâ'îl Bin Zakariyyaa dans Darqoutnî, Isrâ'îl dans Baihaqui et Hamzah Az-Zayyaat dans Tabraanî ont tous rapporté la même chose de Yazîd. Mouhammad Ibn Aboû Lailaa aussi a rapporté la même chose de Yazîd.
Ainsi, nous voyons que dire que seul Sharîk a rapporté "Et ensuite il ne répétait pas" de Yazîd n'est pas vrai. Les narrateurs tels que Ismâ'îl Bin Zakariyyaa, Mouhammad, Ibn Aboû Lailaa, Houshaim, Isrâ'îl Bin Yoûnous, Hamza Az-Zayyaat et Soufyaan Al-Çaurî renforcent le contenu du hadîce rapporté par Sharîk. Ce hadîce a aussi été rapporté dans Darqoutnî de Shou'bah, de Yazîd avec le texte suivant : "J’ai vu Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) lever ses deux mains au moment du premier Takbîr quand il commençait la Salaah." Ce texte a le même sens que le hadîce d'Aboû Daawoûde cité plus haut. Donc Shou'bah aussi soutient le contenu du hadîce rapporté par Sharîk.
Aussi, il n'est pas fondé de dire, comme certains, que Sharîk a fait une erreur en ajoutant la dernière partie du hadîce, tout comme il n'est pas fondé de dire que Shou'bah et Al-Çaurî ont rapporté ce hadîce de Yazîd sans la dernière partie.
Il y a une autre objection sur ce hadîce de la part de Al-Houmaïdî, à l'effet que c'est Yazîd Bin Aboû Ziyaad qui a ajouté la dernière partie au hadîce. Mais quand on jette un coup d'oeil sur les autres sanads on voit que les autres narrateurs également, à part Yazîd Bin Aboû Ziyaad, ont rapporté la même chose. Dans Aboû Daawoûde, dans Sharh-é-Ma'aanil Aathaar de Imaam Tahaawî et dans Mousannaf Ibn Aboû Chaïbah, un texte similaire est rapporté par deux autres Raawîs - I'çaa Bin Abdour Rahmaan et Al Hakam Bin Outbah.
Le texte de Mousannaf Ibn Aboû Chaïbah est comme suit : "Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) levait ses deux mains quand il commençait la Salaah et il ne levait pas (les mains) jusqu'à la fin (de la Salaah)."
Il est ainsi confirmé que Yazîd Bin Aboû Ziyaab n'est pas le seul à avoir rapporté ce hadîce, ce qui permet de rejeter les objections formulées à son égard. Précisions aussi que Yazîd Bin Aboû Ziyaad est considéré comme un narrateur authentique. De son côté Shou'bah est reconnu comme un narrateur qui ne rapporte pas de hadîce de quelqu'un qui n'est pas authentique. Le fait donc que Shou'bah ait rapporté ce hadîce de Yazîd renforce considérablement l'authenticité de ce hadîce.
UN PRINCIPE DE FIQH
Après cette longue analyse, il est clair que Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a accompli la Salaah en faisant
- Le Raf-oul-Yadeïne au moment du Takbîr-é-Tahrîmah et en autres postures également, et
- Le Raf-oul-Yadeïne au moment du Takbîr-é-Tahrîmah seulement. La question qu'on se pose est donc la suivante : Est-ce qu'il y a un principe à partir duquel on peut savoir quelle pratique doit avoir priorité - un seul Raf-oul-Yadeïne ou 2, 3, 4 etc. ?
D'après Allaamah Aboû Bakr Al Jassaas (R), quand il y a deux ahaadîce en contradiction (apparente) et que les Salaf-é-Saalihîne ont pratiqué d'après un de ces ahaadîce, alors le hadîce sur lequel les Salaf-é-Saalihîne ont pratiqué mérite d'être considéré comme étant plus authentique (celui auquel on doit donner priorité).
Parmi les Salaf-é-Saalihîne, la pratique des Sahaabah (Radiyallahou anhoum) pèse plus et est plus solide car ils sont restés en la compagnie de Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) et de ce fait ils ont mieux compris ses enseignements. Imaam Aboû Daawoûde (R) s'est justement référé à la pratique d'un Sahaabah (Radiyallahou anhoum) sur une question particulière où il y avait des ahaadîce qui étaient, en apparence contradictoires pour déterminer à quel hadîce donner priorité. En effet dans Sounan-é-Aboû Daawoûde au chapitre 'concernant celui qui dit que rien n'annule la Salaah', des ahaadîce sont rapportés où les uns disent que la Salaah est annulée si par exemple une femme ou un animal, tel un âne, passe devant un Mousallî alors que les autres (ahaadîce) affirment le contraire (c.à.d. disent que la Salaah n'est pas annulée). Après avoir rapporté les deux types de ahaadîce, Imaam Aboû Daawoûde (R) cite la pratique du Sahaabî, Hazrat Aboû Sa'îd Al-Khoudrî (Radiyallahou anhou) pour montrer qu'il donne priorité aux ahaadîce qui disent que la Salaah n'est pas annulée. Il écrit à cet effet : "Quand il y a deux ahaadîce (apparemment) contradictoires de Nabî-é-Karîm (Sallallaahou A'laihi Wasallam), il faut considérer celui que ses Sahaabah(Radiyallahou anhoum) ont pratiqué après lui."
Tout comme la pratique des Sahaabah (Radiyallahou anhoum) prime parmi les Salaf-é-Saalihîne, de la même manière la pratique des Khoulafaa-é-Raashidîne (Radiyallahou anhoum) prime parmi les Sahaabah (Radiyallahou anhoum) et leur pratique est un critère à considérer quand il y a des ahaadîce contradictoires et qu'il faut décider auquel donner priorité.
Imaam Boukharî aussi a adopté ce même principe dans son Sahîh Boukharî. Nous citerons ici le cas de l'annulation du wouzou quand on consomme un aliment cuit au feu. Les Sahaabah (Radiyallahou anhoum) étaient divisés sur cette question. Certains pensaient que le wouzou est annulé quand on consomme quelque chose qui est cuite au feu tandis que d'autres étaient d'un avis contraire. Ceci était dû au fait qu'il y avait des ahaadîce contradictoires sur ce sujet également. Et dans le but de démontrer que le wouzou n'est pas annulé, Imaam Boukharî a rapporté un hadîce d'Abdoullah Bin Abbaas (Radiyallahou anhoum) qu'il a intitulé ainsi :
"Chapitre concernant ceux qui n'ont pas fait le wouzou à cause de la chair du cabri. Aboû Bakr (Radiyallahou anhou), Oumar(Radiyallahou anhou) et Ous'maan (Radiyallahou anhou) en ont consommé mais n'ont pas fait le wouzou !"
Dans Fath-oul-Baarî de Allaamah Ibn Hadjr, Imaam Baihaqui rapporte de Ous'maan Daarimî qui dit que puisqu'il y a des ahaadîce contradictoires sur ce sujet et que le hadîce le plus prépondérant n'a pas été établi, nous avons donc accordé priorité au hadîce que les Sahaabah-é-Kiraam (Radiyallahou anhoum) ont mis en pratique.
Allaamah An-Nawawî a exprimé son appréciation sur l'application de ce principe dans son livre, Sharhou-Mouhazzab. Une fois qu'on a compris ce principe, il n'est pas difficile de comprendre pourquoi Imaam Boukharî (R) a fait mention de la pratique des Khoulafaa-é-Raashidîne (Radiyallahou anhoum).
LE RAF'-OUL-YADEÏNEE SELON CE PRINCIPE
Analysons maintenant le Raf-oul-Yadeïne à la lumière de ce principe. Dans Ma'anil Aathaar de Allaamah Aboû Dja'far Tahaawî (R) la pratique de Hazrat Oumar (Radiyallahou anhou), le deuxième parmi les Khoulafaa-é-Raashidîne, est rapporté avec le texte et sanad suivant :
Ibn Aboû Daawoûde rapporte de Al Hammaani (Yahyaa Bin Abdoul Hamid), de Yahyaa Bin Aadam, de Hassan Bin Ayyaash, d'Abdoul Malik Bin Abhar, de Zoubeïr Bin Adi, d'Ibraahîm, d'Aswad qui dit : "J'ai vu Oumar Bin Khattaab (Radiyallahou anhou) lever ses deux mains dans le premier takbîr et ensuite il ne répétait pas (ce geste)." Abdoul Malik dit aussi : "J'ai vu Ibraahîm et Cha'bî faire cela (c.à.d. lever les mains une seule fois."
Après avoir rapporté cela, Allaamah Aboû Dja'far Tahaawî (R) dit :
"Voilà, Oumar (Radiyallahou anhou) aussi ne levait pas les mains sauf au moment du premier Takbîr. Ce hadîce est authentique car il dépend sur Hassan Bin 'Ayyaash qui est considéré comme un "Thiqah Houdjah," (une expression qui qualifie l'excellente authenticité d'un narrateur) par Yahyaa Bin Ma'îne et d'autres: Trouvez-vous possible le fait que Hazrat Oumar (Radiyallahou anhou) ignorait que Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) levait ses deux mains au moment du rouk'ou et du sajdah alors que celui (Hazrat Oumar) qui était (de calibre) inférieur à lui (Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam)) le savait, et que ceux qui étaient ensemble avec lui (Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam)) le (Hazrat Oumar) voyait faire le contraire de ce que faisait Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) sans lui en reprocher?
De par son commentaire, Allaamah Tahaawî (R) a fait ressortir les points suivants :
- Hazrat Oumar (Radiyallahou anhou) ne faisait pas le Raf-oul-Yadeïne sauf au moment du 1er takbîr
- ce récit est authentique
- ce n'est pas possible que Hazrat Oumar (Radiyallahou anhou) ait vu Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) faire le Raf-oul-Yadeïne et lui il ne l'a pas fait
- Aussi il n'est pas possible que les Sahaabah-é-Kiraam (Radiyallahou anhoum) aient pu rester tranquille quand Hazrat Oumar (Radiyallahou anhou) a fait le Raf-oul-Yadeïne une seule fois au moment du Takbîr-é-Tahrîmah alors qu'il ont vu Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) le faire plus qu'une fois.
Si Hazrat Oumar (Radiyallahou anhou) n'a pas fait de Raf-oul-Yadeïne sauf au moment de Takbîr-é-Tahrîmah et si les Sahaabah-é-Kiraam (Radiyallahou anhoum) ne lui ont rien dit bien qu'ils ont vu Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) faire le Raf-oul-Yadeïne dans d'autres postures, alors il doit bien y avoir une raison. C'est qu'il y a dû avoir un développement quelconque ultérieurement comme l'a expliqué si bien Imaam Aboû Ja'far. Le développement est que Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a cessé de pratiquer le Raf-oul-Yadeïne sauf au moment du Takbîr-é-Tahrîmah. Ceci explique pourquoi Hazrat Oumar (Radiyallahou anhou) n'a pas pratiqué le Raf-oul-Yadeïne dans d'autres postures. Si ce n'était pas ainsi comment se serait-il permis de faire autrement ? Peut-on imaginer que Hazrat Oumar (Radiyallahou anhou) négliger une pratique que Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a observée jusqu'au dernier moment de sa vie ? Impossible !
Il est à noter que c'est Aswad qui a vu Hazrat Oumar (Radiyallahou anhou) accomplir la Salaah de cette façon et ce même Aswad est d'après une version, resté en compagnie de Hazrat Oumar (Radiyallahou anhou) pendant des années. D'après une autre version, il est resté en compagnie de Hazrat Oumar (Radiyallahou anhou) pendant deux années à l'endroit où habitait ce dernier (Radiyallahou anhou) ainsi qu'en voyage. Aswad aussi ne pratiquait pas le Raf-oul-Yadeïne, ce qui nous amène à déduire que pendant la longue période qu'il est resté en compagnie de Hazrat Oumar (Radiyallahou anhou), il n'a pas vu ce dernier pratiquer le Raf-oul-Yadeïne car si Hazrat Oumar (Radiyallahou anhou) le pratiquait, Aswad l'aurait certainement vu et lui aussi il aurait adopté cette pratique. Il est donc évident que Hazrat Oumar (Radiyallahou anhou) ne pratiquait pas le Raf-oul-Yadeïne.
Il a été aussi mentionné dans le récit ci-dessus que Cha'bî aussi ne pratiquait pas le Raf-oul-Yadeïne. Cha'bî était un Taabi'î et un célèbre Imaam né en l'an 20 Hidjrî soit dix ans après le wafaat de Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam). Il a rencontré 500 Sahaabah (Radiyallahou anhoum) et a rapporté des ahaadîce de 150 parmi eux. D'après Boukharî Charîf, Cha'bî est resté en compagnie de Hazrat Abdoullah Bin Oumar (Radiyallahou anhoum) pendant 1½ à 2 années. Est-il possible que pendant cette période il n'a pas vu Hazrat Abdoullah Bin Oumar (Radiyallahou anhou) faire le Raf-oul-Yadeïne ? Il serait absurde de croire une telle chose de même qu'il serait encore plus absurde de croire que Imaam Cha'bî a vu Hazrat Abdoullah Bin Oumar (Radiyallahou anhou) pratiquer le Raf-oul-Yadeïne mais lui-même il ne le faisait pas.
Ceci renforce notre conviction qu'il a effectivement eu d'abrogation dans la pratique de Raf-oul-Yadeïne. Cette conviction est davantage renforcée quand nous prenons connaissance de ce que rapporte Moudjaahîd (R) dans Sharh-é-Ma'aanil Aathaar de Allaamah Tahaawî (R). En effet, il rapporte, avec un sanad authentique :
"J'ai fait la Salaah derrière Abdoullah Bin Oumar(Radiyallahou anhou) et il ne levait pas les mains sauf au moment du premier takbîr."
Dans son Mou'atta, Imaam Mouhammad (R) rapporte de Abdoul Azîze Bin Hakîm qui dit :
"J'ai vu Abdoullah Bin Oumar(Radiyallahou anhou) lever ses deux mains parallèles à ses oreilles au moment du premier takbîr, ensuite il ne les a pas levées."
Considérant ce que Moudjaahîd et Abdoul Azîze rapportent, il devient encore plus évident que le Raf-oul-Yadeïne était une pratique en vigueur au début et que par la suite elle a été abrogée.
Un autre hadîce, rapporté dans Baihaqui, vient confirmer ce que nous avançons. Abdoullah Bin 'Aun rapporte de Maalik, de Zouhrî ; de Salîm, de Abdoullah Bin Oumar (Radiyallahou anhou) qui déclare que Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) levait les deux mains au commencement de la Salaah et qu'ensuite il ne répétait pas (c.à.d. il ne relevait pas les mains). Imaam Baihaqui dit que ce hadîce est fabriqué et non-fondé. Il n'a pas rejeté ce hadîce à cause d'un défaut quelconque dans son sanad, mais à cause du fait que ce hadîce contredit ce qui a été déjà rapporté par Hazrat Abdoullah Bin Oumar (Radiyallahou anhou) concernant la pratique de Raf-oul-Yadeïne. Le fait que le contenu de ce hadîce contredit d'autres ahaadîce authentiques n'est pas une raison pour le qualifier de "fabrication", car il n'y a rien d'anormal qu'il soit ainsi pour les raisons suivantes :
- La pratique de Raf-oul-Yadeïne a subi l'abrogation. Si l'abrogation partielle a été (explicitement) établie, il n'est pas surprenant qu'il y a aussi eu abrogation totale, également hormis celui pratiqué au moment du Takbîr-é-Tahrîmah.
- Deux Taabi'îne, en l'occurrence Moudjaahîd et Abdoul Azîze Bin Hakîm, ont vu Abdoullah Bin Oumar faire la Salaah sans le Raf-oul-Yadeïne.
- La pratique de la Salaah sans le Raf-oul-Yadeïne a été rapportée et pratiquée par d'autres Sahaabah (Radiyallahou anhoum).
- Les compilateurs de "Al-Moudawwanah" ont mentionné ce hadîce d'Ibn Wahhaab et Ibn-oul-Qaasim, de Maalik, de Zouhrî, de Salîm, d'Ibn Oumar comme une preuve pour ne pas faire le Raf-oul-Yadeïne.
Ibn Wahhaab et Ibn-oul-Qaasim sont parfaitement au courant de ce qu'Imaam Maalik (R) a rapporté, c'est à dire, la façon de la Salaah faite par le Prophète (Sallallaahou A'laihi Wasallam) sans le Raf-oul-Yadeïne à l'exception du Raf-oul-Yadeïne pendant le Takbîr-é-Tahrîmah.
Pour toutes ces raisons donc, nous voyons qu'il serait arbitraire de qualifier ce hadîce de "fabrication." S'il n'y avait pas d'autres preuves à part le hadîce de Baihaqui il aurait été juste et correct de le disqualifier car plusieurs ahaadîce d'Abdoullah Bin Oumar (Radiyallahou anhou) prouvent le contraire. Mais le hadîce rapporté par le même Abdoullah Bin Oumar (Radiyallahou anhou) et qui ne mentionne le Raf-oul-Yadeïne qu'au moment du Takbîr-é-Tahrîmah est soutenu par plusieurs preuves, mentionnées plus haut, ce qui confirme son authenticité et élimine toute possibilité d'ambiguïté.
Baihaqui rapporte un autre hadîce avec le sanad et texte suivants :
Mouhammad Bin Djâbir rapporte de Hammaad Bin Aboû Souleïmaan, de Ibraahîm, de Alqamah, de Abdoullah Bin Mas'oûde (Radiyallahou anhou) qui dit : "J'ai fait la Salaah derrière Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam), Aboû Bakr (Radiyallahou anhou) et Oumar(Radiyallahou anhou) ; ils ne levaient pas les mains sauf au commencement de la Salaah."
Ce hadîce nous montre que Hazrat Aboû Bakr (Radiyallahou anhou) et Hazrat Oumar (Radiyallahou anhou) ne faisaient pas le Raf-oul-Yadeïne.
Il est vrai que Darqoutnî a qualifié Mouhammad Bin Djâbir de faible. De même, d'après Ibn Ma'îne, Naçaaî et Boukharî il est dha'îf (faible). Mais on ne peut négliger le fait que des Aimmah-é-Mouhaddiçîne tels que Ayyoûb, Ibn 'Aun, Soufyaan, Shou'bah, Mouçaddad et I'shaaq Bin Isrâ'îl et autres ont rapporté des ahaadîce de ce même narrateur, surtout quand on sait que Shou'bah est réputé pour ne pas rapporter de hadîce de quelqu'un qui n'est pas authentique. Il est bon aussi de souligner que malgré qu'il l’a déclaré faible, Darqoutnî a dit que son hadîce peut être pris en considération. Ibn 'Adi dit que si Mouhammad Bin Djâbir n'occupait pas une bonne position en tant que narrateur, des célèbres Mouhaddiçîne n'auraient pas rapporté des ahaadîce de lui.
Il apparait donc que Mouhammad Bin Djâbir est un narrateur controversable. Certains l'ont déclaré faible, d’autres authentiques. Cependant, ceux qui l'ont qualifié de faible ne l'ont pas disqualifié au point que son hadîce ne peut être considéré. Donc, étant un narrateur controversable, d'après un principe établi chez les Mouhaddiçîne, son hadîce doit être au moins 'Hassan' (bon) c.à.d. un hadîce qui fait autorité surtout quand d'autres ahaadîce et récits soutiennent son contenu.
Il a été donc établi que deux califes, Hazrat Aboû Bakr (Radiyallahou anhou) et Hazrat Oumar (Radiyallahou anhou) ne faisaient pas le Raf-oul-Yadeïne sauf au moment du premier takbîr.
LA PRATIQUE DU 4EME CALIFE HAZRAT A'LÎ (Radiyallahou anhou)
I1 y a des ahaadîce de Hazrat A'1î (Radiyallahou anhou) qui font mention du Raf-oul-Yadeïne au moment du Takbîr-é-Tahrîmah et dans d'autres postures. Mais lui-même il ne le faisait qu'au moment du Takbîr-é-Tahrîmah, comme nous allons le démontrer plus loin.
Allaamah Tahaawî (R) rapporte de Aboû Bakra, de Aboû Ahmad, de Aboû Bakr Nahshali, de Aasim Bin Koulaib, de son père qui dit que Hazrat A'lî (Radiyallahou anhou) levait ses mains au moment du premier takbîr de la Salaah et ensuite il ne les levait pas. Allaamah Haafiz Bin Hadjar a qualifié ce récit de "Sahîh." Commentant ce hadîce Allaamah Tahaawî dit : "Parce qu'A'lî(Radiyallahou anhou) ne peut avoir vu Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) faire le Raf-oul-Yadeïne et ensuite l’abandonner après lui (Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam)) à moins que l'abrogation de Raf-oul-Yadeïne était chose établie pour lui (A'lî(Radiyallahou anhou))." Donc quand le hadîce rapportant la pratique de Hazrat A'lî (Radiyallahou anhou) est Sahîh, il y a plus de preuve pour celui qui n'est pas pour la pratique de Raf-oul-Yadeïne."
La preuve que Hazrat A'lî (Radiyallahou anhou) ne faisait pas le Raf-oul-Yadeïne devient plus solide quand on sait que ses élèves et compagnons ne faisaient pas le Raf-oul-Yadeïne. En effet d'après le Mousannaf Ibn Aboû Chaïbah, Waki et Aboû Ouçaamah rapporte de Shou'bah, de Aboû I'shaaq qui dit "Les compagnons/élèves de Abdoullah Bin Mas'oûde (Radiyallahou anhou) et les compagnons de Hazrat A'lî(Radiyallahou anhou) ne levaient pas les mains sauf au commencement de la Salaah." Ce récit est authentique. Les compagnons de Hazrat A'lî (Radiyallahou anhou) ont dû le voir faire le Raf-oul-Yadeïne qu'au moment du Takbîr-é-Tahrîmah pour que eux-aussi ils n'en fassent qu'autant. Cela démontre qu'on avait cessé de faire le Raf-oul-Yadeïne ultérieurement. C'est pourquoi nous voyons qu'un Sahaabî du calibre de Hazrat A'lî (Radiyallahou anhou) rapporte un hadîce sur le Raf-oul-Yadeïne, mais dans la pratique ni lui, ni ses compagnons élèves ne le faisaient.
C'était établi jusqu'ici que les califes Aboû Bakr Siddîq (Radiyallahou anhou), Oumar (Radiyallahou anhou) et A'lî (Radiyallahou anhou) ne faisaient pas le Raf-oul-Yadeïne.
Revenons maintenant au principe énoncé plus haut qui dit qu'en présence des ahaadîce contradictoires, il faut faire référence à la pratique des Sahaabah-é-Kiraam (Radiyallahou anhoum), plus particulièrement celle des Khoulafaa-é-Raashidîne pour déterminer à quel hadîce il faut donner priorité.
Sur la question de Raf-oul-Yadeïne, trois Khoulafaa-é-Raashidîne (Radiyallahou anhoum) susmentionnés ne faisaient pas le Raf-oul-Yadeïne, sauf au moment du 1er takbîr. Donc, d'après ce principe, le hadîce rapportant que Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) ne faisait pas le Raf-oul-Yadeïne sauf au moment du Takbîr-é-Tahrîmah doit avoir priorité sur les autres ahaadîce qui mentionnent le Raf-oul-Yadeïne dans d'autres postures.
HADÎCE DE DJÂBIR BIN SAMOURA (Radiyallahou anhou)
Une des indications la plus évidente de l'abrogation de Raf-oul-Yadeïne est le hadîce rapporté dans Mouslim Charîf par Hazrat Djâbir Bin Samoûra (Radiyallahou anhou) qui dit :
Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) est venu vers nous et a dit : 'Qu'est-ce qui vous arrive? Je vous vois lever les mains comme la queue des chevaux rétifs. Restez immobile dans la Salaah.'
Ce hadîce nous montre que Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a interdit de lever les mains dans la Salaah :- "Restez immobile dans la Salaah." Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a vu ses Sahaabah (Radiyallahou anhoum) lever les mains à plusieurs reprises dans la Salaah et il a comparé cette action à la queue d'un cheval rétif parce qu'un tel cheval remue beaucoup sa queue. Cela démontre que les Sahaabah (Radiyallahou anhoum) faisaient le Raf-oul-Yadeïne plusieurs fois dans la Salaah et en conséquence Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) les en a empêché en leur ordonnant de rester calme et immobile. Un deuxième point qu'il faut bien comprendre est que Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) s'est approché des Sahaabah (Radiyallahou anhoum) qui étaient en train de faire la Salaah. Maintenant la question se pose, quelle Salaah faisaient-ils ? Était-ce la Salaah Farz en congrégation (Djamaa'ah) ? Non, car comment pouvaient-ils faire la Salaah Farz avec Djamaa'ah sans Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) et alors que ce dernier était-là, c'est à dire dans les parages ? C'est une chose qu'ils ne pouvaient ignorer et ils auraient attendu son arrivée s'il était question de Salaah Farz en congrégation ! Tout ceci nous mène à comprendre que les Sahaabah (Radiyallahou anhoum) étaient en train de faire des Salaahs Nawaafil individuellement et c'est ce qui a permis à Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) de voir ces derniers en train de faire le Raf-oul-Yadeïne dans de différentes postures, telles que dans le Qiyaam, au moment d'aller dans le rouk'ou, sajdah où dans le Qaïdah. Donc, l'ordre de Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) de ne pas lever les mains s'applique à toutes les postures à l'intérieur de la Salaah. Ce hadîce confirme le fait que la pratique du Raf-oul-Yadeïne a été abrogée dans la Salaah, à l'exception de celui pratiqué quand on commence la Salaah - au moment du Takbîr-é-Tahrîmah.
Certains avancent que dans ce hadîce Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a interdit de lever les mains au moment du salaam dans la Salaah. Cette opinion n'est pas solide car le hadîce interdisant cette pratique (lever les mains/faire des signes avec les mains au moment du salaam) est différent du hadîce mentionné ici. Voyons le hadîce concernant cette interdiction. Hazrat Djâbir Bin Samoûra (Radiyallahou anhou) dit : "Nous faisions la Salaah en compagnie de Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam). Quand nous faisions le salaam, nous disions 'Assalaamou A'laïkoum wa Rahmatoullah' en faisant signe avec nos mains. Alors Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a regardé dans notre direction et a dit 'Qu'est-ce qui vous arrive, vous faites des signes avec vos mains comme les queues des chevaux rétifs. Il est suffisant pour chacun d'entre vous qu'il pose ses mains sur ses jambes en faisant le salaam à son frère à sa droite et à sa gauche'. (Mouslim)
D'après ce hadîce, il est très clair que cette interdiction eut lieu au moment d'une Salaah faite avec Djamaa'ah en compagnie de Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam). Par contre d'après l'autre hadîce de Djâbir Bin Samoûra (Radiyallahou anhou), Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) n'était pas en compagnie des Sahaabah (Radiyallahou anhou). Il est venu peu après. Ce sont donc deux ahaadîce différents formulant deux ordres différents.
Un autre hadîce, rapporté dans Sharh-é-Ma'aanil Aathaar apporte plus de clarté sur ce point. Hazrat Djâbir Bin Samoûra (Radiyallahou anhou) dit : Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) est entré dans le Masjid et il a vu un groupe de personnes faire la Salaah et ils levaient leurs, mains. Là dessus, Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit : "Qu'est-ce qui vous arrive, je vois que vous levez vos mains comme les queues des chevaux rétifs. Restez tranquille dans la Salaah."
Ce hadîce nous montre clairement que les deux ahaadîce cités auparavant sont bien différents. Ainsi nous avons vu que l'interdiction de lever les mains a eu lieu alors que les Sahaabah (Radiyallahou anhoum) faisaient la Salaah dans le Masjid individuellement et en l'absence de Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) qui est arrivé après. Par contre, l'interdiction de faire des signes de la main au moment du salaam a eu lieu alors que les Sahaabah (Radiyallahou anhoum) faisaient la Salaah avec Djamaa'ah derrière Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam).
Il est ainsi clair que Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a interdit de lever les mains dans la Salaah, ce qui confirme davantage que le Raf-oul-Yadeïne, à l'exception de celui pratiqué au moment du Takbîr-é-Tahrîmah, a été abrogé.
EST-CE QUE RAÇOULOULLAH (Sallallaahou A'laihi Wasallam) A PRATIQUE LE RAF-'OULYADEÏNEE JUSQU'A SA MORT?
On entend souvent dire que le Raf-oul-Yadeïne est un Sounnah que Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam)a pratiqué jusqu'à sa mort. S'il est vrai qu'il y a un hadîce dans ce sens, il est aussi vrai que ce hadîce n'est pas authentique. S'il l'était, toutes les données auraient changé et il n'y aurait pas eu de divergence.
Imaam Baihaqui a rapporté ce hadîce de Hazrat Abdoullah Bin Oumar (Radiyallahou anhou) avec le texte suivant :
"Quand Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) commençait la Salaah, il levait ses deux mains et faisait de même avant le rouk'ou et quand il se levait du rouk'ou. Il ne faisait pas cela dans le sajdah ; et ceci était la Salaah de Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) jusqu'à ce qu'il a rejoint Allah Ta'aala."
La dernière partie : 'et ceci était la Salaah de Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) jusqu'à ce qu'il a rejoint Allah Ta'aala' a été rajoutée au hadîce par des falsificateurs. Imaam Baihaqui a rapporté ce hadîce avec deux sanads différents. Dans le premier sanad un des narrateurs est A'bdour-Rahmaan Bin Qoureïsh et il était soupçonné d'inventer des ahaadîce par Soulaimaani comme rapporté dans Mizaanôul-'Itidaal de Haafiz Zahabî. Dans le deuxième sanad, Ismah Bin Mouhammad y figure et à propos duquel Haafiz Zahabî écrit dans son Mizaanôul-'Itidaal : "Aboû Haatim dit qu'il n'est pas solide. Yahyaa dit qu'il est un kazzaab (grand menteur) qui fabrique des ahaadîce. Ouqailî dit qu'il rapporte des ahaadîce baatil (sans fondement) avec des narrateurs authentiques. Darqoutnî dit qu'il a été abandonné (par les Mouhaddiçîne)."
Il est donc évident que la phrase "et ceci était la Salaah de Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) jusqu'à ce qu'il a rejoint Allah Ta'aala" a été rajouté par les falsificateurs et ne mérite donc aucune considération.
RECAPITULATION ET CONCLUSION
Tous les Ou'lamaa-é-Kiraam sont unanimement d'accord que le Raf-oul-Yadeïne était une pratique de Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam). Nous avons même démontré, ici, qu'on pratiquait le Raf-oul-Yadeïne en huit occasions. Ensuite ce nombre a été graduellement réduit, c'est à dire que la pratique de Raf-oul-Yadeïne dans certaines postures de la Salaah a été abrogée. Là dessus il y a convergence d'opinions des Ou'lamaa-é-Moudjtahidîne. C'est sur le nombre de Raf-oul-Yadeïne qui a été finalement retenu qu'il y a divergence. Certains Ou'lamaa-é-Moudjtahidîne, tels que Imaam Chaafi'î (R) et Imaam Ahmad Bin Hambal (R), sont d'avis qu'il faut faire le Raf-oul-Yadeïne en trois occasions - au moment du Takbîr-é-Tahrîmah, en allant et en se levant du rouk'ou, avis qu'ils soutiennent par des preuves puisées des ahaadîce et que nous respectons. D'autres Ou'lamaa-é-Moudjtahidîne tels que Imaam-é-A'zam, Aboû Hanîfah (R) et Imaam Maalik (R), selon son opinion la plus authentique sont d'avis que seulement le Raf-oul-Yadeïne au moment du Takbîr-é-Tahrîmah a été retenu et que tous les autres ont été abrogés.
Eux-aussi, ils avaient des preuves puisées des ahaadîce authentiques pour soutenir leurs opinions.
Malheureusement, certains frères, sans doute par manque de connaissance, compétence, de clairvoyance, de sagesse et surtout de respect pour nos éminents Aimmah Moudjtahidîne (R) se sont évertués à exploiter cette divergence, à ne pas confondre avec querelle, parmi ces grands et respectés savants, comme le font souvent les orientalistes et autres ennemis de l'Islâm, pour semer le doute et la confusion dans l'esprit des profanes et en conséquence accentuer le morcellement de l'Oummah. En effet, ces frères, eux-aussi profanes de surcroit, ont voulu faire accroire que seulement la pratique de Raf-oul-Yadeïne est correcte et que ceux qui ne le pratiquent pas, c'est à dire qui ne le pratiquent qu'au moment du Takbîr-é-Tahrîmah sont dans l'erreur. Il faut bien être dépourvu de la crainte d'Allah pour oser dire que des personnalités comme Hazrat Alqamah (R), Hazrat Aswad Bin Yazîd (R), deux éminents Taabi'îne et élèves de Hazrat Oumar Fârûq (Radiyallahou anhou), Hazrat Imaam-é-A'zam Aboû Hanîfah (R) etc., étaient dans l'erreur pour n'avoir pas pratiqué le Raf-oul-Yadeïne ! Rien que cette mauvaise prise de position suffit pour démontrer la mauvaise foi de ces frères qui représentent un danger potentiel pour le Dîne. En tout cas, nous ne sommes pas de ceux qui vont les rejoindre dans une telle bassesse pour dire que ceux qui ont pratiqué le Raf-oul-Yadeïne, tels que l'éminent Imaam Chaafi'î (R), l'illustre Imaam Boukharî (R) etc., étaient dans l'erreur. Une telle monstruosité n'effleure même pas notre pensée, Alhamdoulillaah !
Notre devoir de combattre le baatil, de renseigner en particulier nos lecteurs, avides de connaître le Haqq (la vérité), et en général l'Oummah, nous a contraint de traiter ce sujet en profondeur allongeant ainsi cet exposé. Nous avons démontré de manière explicite et par des preuves on ne peut plus solide, puisées des ahaadîce authentiques, que la pratique de Raf-oul-Yadeïne seulement au moment du Takbîr-é-Tahrîmah est bel et bien correcte. Donc, tous ceux qui font le Taqlîde de Imaam Aboû Hanîfah (R) ou d'un autre Moudjtahid dont les recherches les ont mené à la même conclusion que Imaam-é-A'zam (R) se doivent de pratiquer le Raf-oul-Yadeïne qu'au moment du Takbîr-é-Tahrîmah. Imaam Aboû Hanîfah (R) étant un Moudjtahid, le résultat de son 'Idjtihaad (recherche) est acceptable auprès d'Allah Ta'aala. Est aussi acceptable auprès d'Allah Ta'aala la pratique de ceux qui ne sont pas Moudjtahidîne mais qui pratiquent selon l'Idjtihaad (la recherche) de Imaam Aboû Hanîfah (R) comme c'est le cas à Maurice. C'est la même chose en ce qui concerne d'autres Aimmah Moudjtahidîne, tels que Imaam Maalik (R) Imaam Chaafi'î (R) et Imaam Ahmad Bin Hambal (R) et ceux qui suivent l'un d'entre eux.
Que nous le voulons ou pas, la vérité est là en toute clarté. Chacun sera responsable de ses actions auprès d'Allah Ta'aala. Le Mizaanoul-A'mal (la balance des actions) n'est pas dans la main de qui que ce soit. Mais sachons que :
".. Celui qui a créé la vie et la mort pour vous éprouver et connaître ainsi celui d'entre vous qui agit le mieux ..." (67:2) et,
"Celui qui aura fait le poids d'un atome de bien le verra ; celui qui aura fait le poids d'un atome de mal le verra." (99:7-8)
Nous n'avons aucune autorité sur qui que ce soit mais nous avons un devoir moral envers tout un chacun. Notre rôle c'est d'avertir et d'informer. A ce stade nous sommes satisfaits, par la Grâce d'Allah Ta'aala, que nous avons déchargé notre responsabilité.
Qu'Allah, Al Haadî, accepte notre modeste effort pour Son Dîne. Qu'IL, nous donne le Taufîq d'oeuvrer dans cette direction pour Son plaisir. Et qu'IL accorde à tous la compréhension ! (Aamîne)
"Et notre devoir est seulement de transmettre le Message en toute clarté." (36:17)
[EXTRAIT DE AL HAADÎ Vol.2 No.9,10]
