Le péché

Le péché est la désobéissance à Allah Ta'aala. Par contre, le "I'taa'at" c'est la soumission à la volonté d'Allah Ta'aala. Compte tenu du fait que la commission du péché est la désobéissance à Allah Ta'aala, tous les péchés sont égaux en ce qui concerne leur gravité. De ce fait il n'existe aucune différence entre un péché et un autre. Mais il ne faut pas oublier qu'il y a des circonstances où une personne est entrainée à commettre un péché ou un autre. Ainsi, cela a nécessité aux Fouqahaa (juristes de l'Islâm) de catégoriser les péchés par rapport à l'authenticité catégorique ou non-catégorique de la source de leur interdiction.

Par exemple, une personne qui est condamnée à consommer du porc ou de la viande de chèvre qui n'a pas été égorgée d'après le principe islamique, aura à opter pour la deuxième alternative, car la chèvre en elle-même est un animal pur et ce n'est que parce qu'elle n'a pas été égorgée, comme le prescrit l'Islâm, qu’elle est haraam. Par contre, le porc est totalement impur. Cet exemple suffit pour démontrer que la consommation délibérée d'une chèvre qui n'a pas été égorgée d'après les principes islamiques est un péché tout comme la consommation du porc, mais elle est relativement moins grave. Donc, le péché mineur ou majeur est une chose relative qui n'exclut pas la gravité du premier.

Un péché, vu qu'il entraîne la colère d'Allah est grave qu'il soit mineur ou majeur. La commission du péché attire la colère d'Allah tout comme la commission successive et régulière du péché mineur atteint le degré de péché majeur puisque cela rend l'auteur familier à la désobéissance d'Allah Ta'aala, ce qui tôt ou tard entraîne l'auteur vers l'insouciance à l'égard du Dîne. L'insouciance à l'égard de Dîne est la cause principale de tous les péchés. C'est en ce sens que la commission du péché mineur doit être évitée à tout prix, vu qu'il ressemble à un trou dans un navire capable de la faire couler.

Le péché majeur est pardonné par le Taubah (repentir). Cependant Allah Ta'aala peut de par Sa grâce infinie pardonner celui qu'Il veut sans le Taubah. Par contre, le péché mineur est pardonné et effacé par l'abstention des péchés majeurs. Allah Ta'aala dit dans le Qour'aan-é-Karîm :

"Si vous vous abstenez des péchés majeurs qui vous ont été interdits, Nous vous allégerons de vos "Sayyi'aat" (péchés mineurs)..." (4:31)

Similairement, il y a de bonnes actions qui effacent les péchés mineurs. Selon les savants, l'effacement des péchés par les bonnes actions qui sont mentionnés dans certains ahaadîce, tel que l'accomplissement correct du Wouzou, la marche vers le Masjid, la récitation du Douroûde Charîf et autres Tasbîhaat, concerne les péchés mineurs.

La commission du péché noircit le coeur, qui est la source des vertus et de bonnes actions. Selon un hadîce, Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit :

"Quand un serviteur commet un péché, un point noir tâche sur son coeur. S'il fait le Taubah, la tâche s'efface. Mais, s'il continue à pécher, alors cela s'aggrave, cette tâche s'étend jusqu'à ce qu’elle recouvre son coeur."

La gravité du péché est évidente à la lumière de ce hadîce du fait qu'il paralyse le coeur et le rend stérile. C'est à ce stade que la personne devient un ennemi pour le khaïr (le bien) et allergique aux bonnes actions, et cela entraîne vers la désobéissance totale qui est le Koufr.

"Eh bien, quiconque a commis un péché et cela l'a entouré de toutes parts : Tels sont les résidents de l'enfer." (2:81)

Ce verset nous montre la possibilité de perdre le Taufîq totalement en raison de l'abondance de péchés qui conduit au Koufr. Le Koufr, étant le rejet total de la loi divine, est la cause principale de tous les maux sociaux comme l'immoralilité, l'insécurité et l'instabilité. La commission des péchés, à part de nuire la société, entraîne tôt ou tard vers la cause principale de tous les maux matériels et spirituels qu'est le Koufr.

اَللّٰهُمَّ احْفَظْنَا مِنْهُ

Ô‎‎ Allah, protège-nous de (tout) cela.

 

Donc, la prospérité individuelle et sociale, ici bas et dans l'au-delà, matérielle et spirituelle se trouve dans le sens opposé de "ma'siyat", c'est à dire, l'abstention des péchés que le Qour'aan-é-Paak et les ahaadîce appellent 'Taqwaa'. Le 'Taqwaa' comprend l'accomplissement des commandements d'Allah Ta'aala et l'abstention des interdictions, ce qui garantit la fraternité, l'unité et la prospérité.

[EXTRAIT DE AL HAADÎ Vol.3 No.1]