At-Talaaq - Le Divorce

Le Nikaah étant un contrat permettant à deux personnes de sexe opposé de devenir halaal l'un vis-à-vis de l'autre, il est normalement tenu de rester ainsi la vie durant. Mais il arrive parfois, si cela ne relève point de l'extraordinaire, que pour une raison ou une autre, les conjoints ne peuvent plus cohabiter en harmonie. Donc pour mettre un terme à la vie conjugale tout en annulant le contrat du Nikaah, Allah Ta'aala a établi la loi du Talaaq.

Le Talaaq en soi n'est pas une règle proprement dite, la vie conjugale étant l'élément essentiel qui doit survivre après le mariage. Le Talaaq n'est en somme qu'une solution à un problème. Pour mieux exprimer ceci, voilà ce que Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit :

"Le Talaaq est le halaal le plus détesté aux yeux d'Allah Ta'aala." (Aboû Daawoûde)

C'est-à-dire que le Talaaq tout en ayant un fondement légal et quoique étant halaal, c'est la continuité de la vie conjugale qui demeure le but essentiel d'un mariage. Puisque le Talaaq ne fait guère plaisir à Allah Ta'aala, il faut être très prudent quant à son usage. Cependant si l'un ou l'autre des conjoints trouve difficile d'établir ou d'observer les limites qu'Allah Ta'aala a imposées dans le contrat du Nikaah et si les droits de l'un ou de l'autre sont lésés, alors dans ce cas précis le Talaaq serait une démarche autorisée.

BIEN RÉFLÉCHIR AVANT DE PROCÉDER À UN TALAAQ

Le fait que le Talaaq soit une mesure que répugne en principe Allah Ta'aala, le Saint Prophète (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a mis en garde son Oummat contre le recours au Talaaq à tort et à travers, comme par exemple dans des circonstances où le Talaaq pourrait être motivé par des éléments qui s'appuient sur autre chose que le bon raisonnement. Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a interdit en l'occurrence de procéder à un Talaaq quand l'épouse est en état de Haïz (menstruation). Les juristes expliquent cette interdiction par le fait que, dans ce contexte particulier, un homme a déjà un certain dégoût à l'égard de son épouse. Un Talaaq sans un tel état d'esprit serait irréfléchi et motivé beaucoup plus par le dégoût que la raison - cela, le Charî'ah ne peut l'autoriser. Ceci démontre que le Charî'ah veut que le Talaaq ne soit donné qu'après mûre réflexion et quand la raison n'est plus dominée par des émotions temporaires dues à des facteurs extérieurs. A noter qu'en dépit de l'interdiction, procéder à un Talaaq quand l'épouse est en état de Haïz, prend effet malgré tout. De même le Charî'ah interdit de procéder à un Talaaq en dehors du Haïz si les époux ont eu des relations sexuelles pendant la période de pureté de la femme immédiatement précédant ce Haïz. L'intérêt qu'un homme porte à sa femme après l'acte sexuel s'est déjà amoindri, voire nul. Ainsi dans ce cas particulier il est très probable que le Talaaq peut être motivé par un désintéressent partiel ou total que le mari ressent envers sa femme. Ici encore, accorder le Talaaq serait irréfléchi et très probablement irrationnel dans des conditions normales. De ce fait le Charî'ah a interdit de procéder à un Talaaq dans des cas pareils ; cependant le Talaaq prendra effet si quelqu'un s'avisait quand même à procéder au Talaaq.

DONNER 3 TALAAQS A LA FOIS

Pour la même raison donner 3 Talaaqs à la fois est interdit car cela rompt irréversiblement le nikaah sans que le mari puisse se raviser en cas d'erreur de jugement ou de regret. Allah Ta'aala a accordé à l'homme la possibilité de donner 3 Talaaqs dont il est supposé se défaire un à un. Cela prouve qu'un délai lui est accordé pour bien réfléchir après chaque Talaaq afin de faire le point sur sa décision. Donc, donner 3 Talaaqs à la fois constitue un rejet d'une faveur qu'Allah a accordé à l'homme - c'est pourquoi le Charî'ah‎‎ interdit cette forme de Talaaq.

L'EFFET DE DONNER 3 TALAAQS A LA FOIS :

Quelles sont les conséquences de donner 3 Talaaqs à la fois ? Considère-t-on les trois Talaaqs, un seul ou aucun ? Selon le consensus des Sahaabah‎‎-é-Kiraam (Radiyallahou anhoum‎) à l'époque de Hazrat Oumar‎ (Radiyallahou anhoum‎), les trois Talaaqs étaient considérés et ceci a été adopté par les 4 Aimmah‎‎ (R).

Selon un hadîce dans Aboû-Daawoûde on a l'impression que, dans le cas de Hazrat Roukana (Radiyallahou anhoum‎) qui donne 3 Talaaqs à sa femme, les trois furent considérés comme étant un seul Talaaq par Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam). S'appuyant sur ce récit un groupe de personnes prétend qu'en donnant 3 Talaaqs à la fois, un seul Talaaq prend effet. Mais ce n'est pas une preuve solide, car le hadîce qui contient que Hazrat Roukana (Radiyallahou anhou‎) donna 3 Talaaqs à sa femme n'est pas authentique. Selon Aboû Daawoûde, le hadîce où mention est faite de Hazrat Roukana (Radiyallahou anhou‎) donnant à sa femme le Talaaq de Al-Batta est plus authentique. Selon ce hadîce, Hazrat Roukana (Radiyallahou anhou‎) donna le Talaaq Al-Batta à sa femme, puis vint auprès de Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam).

Celui-ci lui demanda ce qu'il voulait dire par cela (Al-Batta). Il répondit qu'il signifiait un seul Talaaq. Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) lui demanda :

"Par Allah, est-ce que tu voulais dire un seul ?" Il répondit : "Par Allah, je ne signifiais qu'un seul." Sur ce, Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) remarqua : "(Le Talaaq) c'est selon l'intention que tu avais faite."

Nous pouvons déceler quelques points de ce hadîce :

  1. Hazrat Roukana (Radiyallahou anhou‎) donna à son épouse en fait le Talaaq Al-Batta et non pas 3 Talaaqs.
  2. Le Talaaq Al-Batta peut signifier un Talaaq ou 3 Talaaqs.
  3. Dans le cas du Talaaq Al-Batta, le nombre de Talaaq (1 ou 3) dépend uniquement de l'intention.
  4. Hazrat Roukana (Radiyallahou anhou‎) avait formulé l'intention d'un seul Talaaq et c'est pour cette raison qu'il ne fut pas séparé de sa femme.
  5. Le fait que Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) lui fit prêter serment à propos de l'intention avec laquelle il avait formulé son Talaaq, suffit à prouver clairement que si l'intention avait été de trois Talaaqs les trois Talaaqs auraient été considérés comme tels sinon à quoi bon lui avoir fait prêter serment ?

Les Fataawaa de Hazrat Abdoullah Bin Abbaas ‎ (Radiyallahou anhou‎) et de Hazrat Aboû Houraïrah (Radiyallahou anhou‎) se rejoignent pour prouver que les trois Talaaqs sont tenus en ligne de compte quand ils sont donnés à la fois.

Le hadîce à propos de Hazrat Roukana (Radiyallahou anhou‎) aide grandement à comprendre le hadîce de Mouslim Charîf rapporté par Hazrat Abdoullah Bin Abbaas ‎ (Radiyallahou anhou‎). Selon ce hadîce on remarque que les trois Talaaqs étaient considérés comme étant un seul Talaaq à l'époque de Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam), de Hazrat Aboû Bakr (Radiyallahou anhou‎) et au début du califat de Hazrat Oumar‎ (Radiyallahou anhou‎). Quand plus tard les gens avaient pris l'habitude de donner le Talaaq à tort et à travers, Hazrat Oumar‎ (Radiyallahou anhou‎) décida de considérer les trois Talaaqs. Et c'est ce qu'il fit. Plusieurs explications ont été avancées pour essayer d'élaborer ce hadîce. La plus plausible parmi est celle qui fait état que le Talaaq Al-Batta, qui peut signifier un ou trois Talaaqs, était d'usage à l'époque des Sahaabah‎‎-é-Kiraam (Radiyallahou anhoum‎). Les Sahaabah‎‎-é-Kiraam (Radiyallahou anhoum‎) étant le symbole même de la vérité et de l'honnêteté ne cachaient pas leur intention réelle faite au moment du Talaaq Al-Batta et cela même au détriment de leur intérêt personnel. Par ailleurs, selon l'usage général de l'époque ils signifiaient un seul Talaaq. Mais ce ne fut plus le cas par la suite où la piété et l'honnêteté étaient relativement moindre. Alors les gens avaient recours au Talaaq Al-Batta avec pour but de signifier 3 Talaaqs. Cela aurait été très probable que quelqu'un dont la volonté et l'honnêteté laissaient à désirer ayant donné le Talaaq Al-Batta à son épouse avec l'intention de signifier 3 Talaaqs fît croire qu'il n'avait voulu signifier qu'un seul Talaaq. Après consultation avec les Sahaabah‎‎-é-Kiraam (Radiyallahou anhoum‎), Hazrat Oumar‎ (Radiyallahou anhou‎) opta pour considérer le Talaaq Al-Batta comme voulant désigner 3 Talaaqs qui constituait l'usage général à cette époque. Donc, comme nous pouvons le constater, ce n'est pas le fait de donner 3 Talaaqs qui eut différentes retombées à différentes époques. C'est plutôt le Talaaq Al-Batta, exprimé comme étant 3 Talaaqs par certains narrateurs, qui eut des conséquences différentes à de différentes époques à cause de l'usage d'alors.

Mais le fait demeure que si 3 Talaaqs sont donnés à la fois, les Trois sont effectifs et ce malgré que cette façon de conclure le Talaaq soit strictement interdite et constitue un péché. Nous avons discuté ce sujet afin d'éclaircir le public pour qu'on ne prête aucune attention à ceux qui prétendent que 3 Talaaqs à la fois sont considérés comme un seul Talaaq. Nous faisons ressortir que ceux qui ont "ramassé" leur ex-épouse après lui avoir donné 3 Talaaqs d'un seul souffle, pataugent dans le haraam. Pour terminer, voici le fatwaa d'Abdoullah Bin Abbaas ‎ (Radiyallahou anhou‎) : Une personne vint auprès d'Abdoullah Bin Abbaas ‎ (Radiyallahou anhou‎) et lui dit qu'elle avait donné Talaaq à sa femme. "II y a parmi vous, dit Abdoullah Bin Abbaas ‎ (Radiyallahou anhou‎), ceux qui commettent des sottises puis se lamentent (en disant) : 'Ô‎‎Ibné Abbaas ‎! Ô‎‎Ibné Abbaas ‎'. Allah Ta'aala dit qu'Il aidera celui qui le craint. Je ne vois comment je puis t'aider car tu as désobéi à ton Rabb - ta femme est séparée de toi." (Aboû Daawoûde)

Il faut noter que donner 2 ou 3 Talaaqs n'est pas nécessaire - un seul Talaaq suffit pour dissoudre le nikaah. Cependant, alors que 1 ou 2 Talaaq permettent aux époux de se réconcilier - sans renouvellement du nikaah si c'est avant l'écoulement de 3 Haïz, sinon avec renouvellement de nikaah - 3 Talaaqs ferment à jamais la porte de réconciliation. Selon Aboû Daawoûde, Hazrat Ataa (RA), Saïd‎ Bin Zoubeïr (RA), Malik Bin Haarith (RA) et A'mr‎ Bin Dînaar (RA) ont tous rapporté que Hazrat Abdoullah Bin Abbaas ‎ (Radiyallahou anhou‎) avait considéré les trois Talaaqs comme tels. Toujours selon Aboû Daawoûde, Hazrat Aboû Houraïrah (Radiyallahou anhou‎) avait émis le même fatwaa que Hazrat Abdoullah Bin Abbaas ‎ (Radiyallahou anhou‎). C'est-à-dire que les trois Talaaqs sont effectifs.

LA MEILLEUR FACON DE PROCEDER A UN TALAAQ

Voici quelques points qu'il serait bon d'observer afin de conclure un Talaaq de la meilleure façon qui soit :

  1. Donner seulement 1 talaaq, dans un premier temps.
  2. L'épouse ne doit pas être dans un état de Haïz.
  3. Il ne faut pas qu'il y ait eu des relations sexuelles entre époux, pendant l'état de pureté de la femme immédiatement précédant le Haïz.

L'avantage de cette façon de procéder à un talaaq réside dans le fait que si l'époux n'a pas définitivement renvoyé son épouse, cette dernière sera libérée du nikaah seulement après une période de 3 Haïz car un seul Talaaq aurait été prononcé. Maintenant, si jamais les époux décidaient de se réconcilier, ils pourraient le faire en contractant de nouveau le nikaah sans pour autant avoir recours au halaala.

A noter qu'il n'est pas nécessaire de donner 2 ou 3 Talaaqs - un seul Talaaq suffit pour dissoudre le nikaah. Cependant, alors qu'un ou deux Talaaqs permettent aux époux de se réconcilier (sans renouvellement du nikaah, si c'est avant l'écoulement des 3 Haïz ou avec renouvellement du Nikaah si c'est après l'écoulement de 3 Haïz), 3 Talaaqs ferment à jamais la porte de la réconciliation.

Hazrat Ibraahîm Nakh'î (R) dit :  "Les Sahaabah‎‎-é-Kiraam (Radiyallahou anhoum‎) préféraient donner un seul Talaaq à leurs épouses qu'ils n'inquiétaient plus jusqu'à ce que la période de 3 Haïz soit écoulée."

QUELQUES DETAILS DE PLUS SUR LE TALAAQ

Il existe trois sortes de Talaaqs. Ce sont le Talaaq-é-Radj'î, le Talaaq-é-Baa'ine et le Talaaq-é-Moughallaza.

Le Talaaq-é-Radj'î consiste à donner 1 ou 2 talaaqs en se servant de formules claires et directes : par exemple en prononçant le mot "talaaq" lui-même pour le déclarer.

Dans le cas du Talaaq-é-Baa'ine, un ou deux talaaqs sont donnés en se servant d'une formule ambiguë qui peut signifier ou non le Talaaq. Par exemple : "Tu es libre", "Je me sépare de toi" ou encore "Je t'ai libérée." Avec de telles formules le Talaaq prendra effet seulement si derrière ces paroles se trouve l'intention réelle de donner le Talaaq. Néanmoins même si le mari nie avoir eu l'intention du Talaaq, celui-ci sera considéré s'il peut être établi par le contexte et les indices circonstanciels que l'intention du Talaaq existait bel et bien quand fut prononcée la formule équivoque.

Enfin le Talaaq-é-Moughallaza se réfère à la déclaration de trois Talaaqs à la fois ou trois Talaaqs séparément.

LE TALAAQ-E-RADJ'Î

Quand une épouse a reçu un ou 2 talaaqs par des formules directes, elle doit attendre qu'elle ait eu trois périodes de Haïz après le Talaaq pour être libérée au contrat du nikaah. Cette période d'attente de trois Haïz après le Talaaq s'appelle le I'ddah. Arrivée au terme de son I'ddah, l'épouse redevient libre et peut, si elle le désire, contracter le nikaah avec un autre homme. Son ex-époux aura perdu tout droit sur elle, après le I'ddah. Si maintenant 1'ex-époux veut se réconcilier avec elle, le renouvellement du nikaah est à la discrétion de l'ex-épouse - il ne peut lui forcer la main et son consentement et autorisation sont essentiels. Mais si le mari décide de se réconcilier avant l'expiration du I'ddah, dans ce cas il en a pleinement le droit même si la dame n'est pas d'accord. Aussi dans ce cas il n'y a pas à renouveler le nikaah. Le Raj'ah ou réconciliation avant l'expiration de l'I'ddah peut se faire verbalement ou en ayant des relations sexuelles : toucher avec jouissance ou embrasser sont aussi valables. A noter que le nombre de Talaaqs dont l'époux dispose encore vis-à-vis de sa femme s'en trouve réduit que la réconciliation soit faite avant ou après l'I'ddah, sans ou avec renouvellement du nikaah, respectivement. Donc, si l'époux a déjà donné un Talaaq à son épouse avec qui, par la suite, il s'est réconcilié il ne lui reste désormais que 2 Talaaqs à l'égard de cette même femme.

LE TALAAQ-E-BAA-INE

Quand une épouse a reçu le Talaaq-é-Baa'ine, c'est-à-dire par des formules ambiguës, elle doit dans ce cas également avoir trois périodes de Haïz avant que le lien du nikaah ne soit complètement rompu. Contrairement au Talaaq-é-Radj'î, l'époux n'a plus de droit sur la femme et toute réconciliation - même avant l'expiration du I'ddah - nécessitera l'autorisation et le consentement de la femme ainsi que le renouvellement du nikaah.

LE TALAAQ-E-MOUGHALLAZA

Le Talaaq-é-Moughallaza dénomme la dépossession d'un homme des trois Talaaqs dont il disposa vis-à-vis de son épouse. On peut donc parler du Talaaq-é-Moughallaza quand une épouse a reçu les trois Talaaqs. A ce stade l'époux n'aura pas le droit de se remarier avec cette même dame aussi longtemps qu'il n'y a pas eu de halaala. Qu'est-ce que le Halaala ? Nous reproduisons ici une "question/réponse" qui a déjà paru dans un numéro d'Al-Haadî et qui nous éclaircira à ce sujet.

Q. J’ai vu le mot "halaala" dans votre deuxième numéro. Que signifie ce mot ? Que signifie I'ddah ?

R. (a) "Halaala" est la procédure qui rend une femme, divorcée par 3 talaaqs, halaal pour son mari précédent.

Dans le cas où une femme a eu un ou deux talaaqs, il y a deux situations qui peuvent se présenter :

  1. Le nikaah ne doit pas être renouvelé
  2. Le nikaah doit être renouvelé.

Dans le premier cas le consentement du mari seulement est suffisant. Dans le deuxième cas le consentement de la femme également doit être obtenu. Dans les deux cas le couple peut retourner vivre ensemble.

Mais quand la femme a eu trois talaaqs, elle ne peut à ce moment là retourner avec le 'mari' à moins qu'elle n'ait contracté un mariage (nikaah) avec un autre homme et que ce dernier, après avoir consommé le mariage, meurt ou lui donne talaaq. Après son I'ddah le premier 'mari' peut refaire le nikaah avec elle, si les deux sont consentants. Cette procédure est appelée "halaala", car elle rend la femme halaal pour le premier mari pourvu, bien sûr, que le deuxième nikaah ne soit pas contracté sous pression ou dans le but justement de rendre la femme halaal pour le premier mari. Il est haraam de faire un tel arrangement et Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit qu'Allah Ta'aala maudit et le premier et le deuxième mari.

(b) "I'ddah" est la période qu'une femme doit passer avant qu'elle "sorte" du nikaah de son 'mari'. La période de I'ddah est :

  1. de trois mois pour une fille qui n'a pas encore eu ses menstruations ou pour une femme qui a déjà eu sa ménopause.
  2. de trois menstruations pour une femme qui a ses menstruations.
  3. jusqu'à l'accouchement pour une femme enceinte.
  4. de quatre mois dix jours pour une femme dont le mari est mort.

LE TALAAQ ET LE I'DDAH D'UNE EPOUSE NON-CONSOMMÉE

"Ô‎‎ vous qui croyez ! Quand vous épousez des croyantes et que vous les répudiez ensuite sans les avoir touchées, vous n'avez pas à leur imposer une période d'attente. Donnez-leur quelque bien et renvoyez-les décemment." (33:49)

Le verset montre que le Talaaq donné à une épouse dont le nikaah n'a pas encore été consommé est considéré comme étant un Talaaq-é-Baa'ine, car la femme n'a pas de I'ddah. C'est-à-dire que la femme est libérée de son contrat de nikaah dès qu'elle reçoit le Talaaq. Donc, si elle le désire la dame peut tout de suite contracter le nikaah avec un autre homme. Si un époux venait à donner 3 Talaaqs à son épouse et que leur nikaah n'a pas encore été consommé, alors :

  1. Son épouse sera séparée de lui tout de suite et sans avoir à respecter la condition du I'ddah, par 3 Talaaqs si le mari a prononcé le chiffre '3' avant le mot "Talaaq."
  2. Son épouse sera séparée de lui tout de suite, sans avoir à respecter le terme du I'ddah, avec un seul Talaaq si l'époux a répété le mot "Talaaq" trois fois sans avoir pour autant prononcé le chiffre '3'. Par exemple en disant "Talaaq, Talaaq, Talaaq." Dans ce cas les deux derniers ne prennent pas effet, ce qui explique que si l'époux désire renouveler le nikaah avec la dame en question, il le peut. Les deux derniers Talaaqs ne sont pas valables car la femme doit être en état de nikaah ou de I'ddah pour que le Talaaq prenne effet. Or dans ce cas précis dès la mention du premier talaaq la dame se retrouve libérée de son contrat de nikaah et sans I'ddah. Donc les deux derniers Talaaqs sont livrés en dehors du nikaah ou du I'ddah et conséquemment ces deux derniers Talaaqs sont logiquement sans effet.

En ce qui concerne des cas spécifiques de Talaaq, veuillez vous renseigner auprès des Ou'lamaa. Évitez la grave erreur de puiser directement dans le masla pour ensuite l'appliquer de votre propre chef sur des cas actuels.

[EXTRAIT DE AL HAADÎ Vol.3 No.1]