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Les enseignements de l'islâm La femme à la mosquée
Bien que les Ahaadîce nous apprennent que Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) avait autorisé aux femmes à venir au Masjid et qu'elles y accomplissaient effectivement leur Salaah, les Ou'lamaa leur en interdisent. Que l'opinion de notre bien-aimé Nabî Mouhammad (Sallallaahou A'laihi Wasallam) soit contestée par ses héritiers (les Ou'lamaa) suffit amplement à bouleverser un Mou'mine. Mais qu'en est-il au juste ? Le verdict des Ou'lamaa sur la question de la présence des femmes au Masjid, est-il vraiment contraire à l'enseignement de Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) ? Venons-en aux faits.
Tout d'abord, il faut bien savoir que tout verdict émanant des Ou'lamaa-é-Moudjtahidîne (R) n'est point influencé ou motivé par leurs passions ou désirs. Au contraire, leurs déclarations trouvent leur origine dans le Kitaaboullah et le Sounnah de Nabî-é-Karîm (Sallallaahou A'laihi Wasallam) en toute conformité avec l'esprit de Dîne.
Il n'existe, à notre connaissance, aucun hadîce qui contraint les femmes à venir au Masjid pour la Salaah. Bien au contraire, Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) préférait qu'elles accomplissent leur Salaah chez elles. Ainsi, sa déclaration : "Et vos maisons (respectives) sont meilleures pour vous", manifeste son désir de ne pas voir les femmes sortir de chez elles pour venir faire la Salaah au Masjid. Le dire de Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) "Et accomplir la Salaah dans un endroit isolé et obscur vaut mieux que la faire au beau milieu d'une pièce", démontre que, pour les femmes, il est plus méritoire d'accomplir la Salaah dans un coin chez elles qu'ailleurs. A la lumière de ces déclarations ce serait le sommet du ridicule que de prétendre qu'il est Sounnah d'encourager les femmes à venir au Masjid pour la Salaah, puisque Nabî-é-Karîm (Sallallaahou A'laihi Wasallam) lui-même ne l'a fait à aucun moment. Au contraire il a dit : "Et vos demeures sont meilleures pour vous". Donc encourager les femmes à accomplir la Salaah au Masjid serait en conflit direct avec son enseignement et par conséquence anti-Sounnah. Faut-il vraiment être un génie pour comprendre cela ?
D'après les ahaadîce, il est clair que même pendant l'époque de Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) sa préférence pour que les dames accomplissent la Salaah chez elles, avait prééminence sur la permission qui leur avait été accordée pour aller au Masjid. Cette permission était, par ailleurs, conditionnelle à la sécurité des femmes lors de leurs sorties pour aller au Masjid. Il est un fait établi que là où une ou plusieurs conditions sont attachées à une loi, celle-ci ne peut subsister sans elles. Par exemple, l'élément de sécurité étant la condition sine qua non à l'autorisation pour que les femmes puissent aller au Masjid, son absence abrogera cette autorisation. C'était pour assurer cette même sécurité que Nabî-é-Karîm (Sallallaahou A'laihi Wasallam) avait permis d'accomplir la Salaah de Fadjr tôt et celle de I'chaa tard - ainsi les femmes se déplaçaient dans l'obscurité qui était, à cette époque, une sécurité pour elles. Pour diminuer davantage les risques que comportaient ces sorties vers le Masjid, les femmes ne devaient ni se parer d'une façon attirante ni se parfumer. Tous ces détails démontrent incontestablement que la permission accordée aux femmes pour se rendre au Masjid était subordonnée à leur sécurité.
Donc, il n'est que naturel que cette permission soit révoquée en cas d'insécurité et alors, l'interdiction pour les femmes de se rendre au Masjid quand cela comporte des risques est tout à fait compatible avec l'enseignement de Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam). C'est pourquoi les Fouqahaa comme les quatre Aimmah (R), qui avaient une très profonde connaissance du Dîne, n'ont pas cru cela contraire à la permission prévalante à l'époque de Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) quand ils ont interdit aux femmes de se rendre au Masjid pour la Salaah. Ces Aimmah (R) avaient compris le Dîne, et l'esprit du Dîne, en particulier le hadîce faisant mention de l'autorisation pour les femmes à aller au Masjid, beaucoup mieux que ces têtes-brulées qui militent à tout prix pour faire les femmes aller au Masjid. Et pourtant, ces personnes n'ont qu'une connaissance superficielle et leurs efforts ne sont régis par aucune stipulation du Charî'ah car Nabî-é-Karîm (Sallallaahou A'laihi Wasallam) n'a, à aucun moment, encouragé les femmes à venir accomplir la Salaah au Masjid. Donc, la 'recherche' et la 'clairvoyance' de ces prétentieux sont nulles du point de vue du Charî'ah surtout en présence des recherches éclairées et la clairvoyance des érudits de l'Islâm comme les 4 Aimmah (R).
Pour émettre ce verdict, les Aimmah (R) se sont basés sur une décision prise à l'unanimité par les Sahaabah-é-Kiraam (Radiyallahou anhoum). En effet, faisant référence à la nécessité à son époque pour les femmes esclaves de se couvrir complètement, tout comme les femmes libres (auparavant il incombait seulement à ces dernières d'adopter cette forme de Hijaab), Allaamah Qourtoubî (R) écrit dans son célèbre Tafsîr:
-Et cela (l'adoption de cette tenue même par les femmes esclaves) est comparable à la décision des Sahaabah-é-Kiraam (Radiyallahou anhoum) d'interdire aux femmes l'accès au Masjid après le wafaat de Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) bien que celui-ci ait déclaré. "N'interdisez par les femmes d'aller au Masjid."
Dans son 'Houjjatoullah Al-Baalighah', Allaamah Shah Walîyoullah Dehlavî (R) aussi a dit que la majorité des Sahaabah-é-Kiraam (Radiyallahou anhoum) avait interdit aux femmes d'accomplir la Salaah au Masjid.
Comme on l'a déjà fait ressortir, l'autorisation était liée à la sécurité qui existait du vivant de Nabî-é-Karîm (Sallallaahou A'laihi Wasallam). Après la mort de ce dernier, le spectre du fitnah et de l'insécurité fit son apparition et alors cette autorisation fut automatiquement révoquée. C'est à cela que faisait allusion Hazrat Aa'ichah (Radiyallahou anhou) en disant : "Si Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) avait vu le comportement des femmes, il leur aurait certainement interdit l'accès au Masjid tout comme les femmes des Banî' Isrâ'îl furent frappées d'interdiction." Donc l'I'djmah (l'unanimité) des Sahaabah-é-Kiraam (Radiyallahou anhoum) sur l'interdiction aux femmes de se rendre au Masjid corrobore parfaitement avec le Sounnah de Nabî-é-Karîm (Sallallaahou A'laihi Wasallam) quand existent le fitnah et l'insécurité les femmes ne doivent pas aller au Masjid.
Selon Oumdat-oul-Qaarî, Hazrat Abdoullah Bin Oumar (Radiyallahou anhou) lançait des cailloux aux femmes pour les faire évacuer le Masjid le jour du Djoum'ah. A noter que c'est ce même Abdoullah Bin Oumar (Radiyallahou anhou) qui rapporte le hadîce :
"Quand vos femmes vous demandent l'autorisation d'aller au Masjid la nuit, permettez leurs." Tabraanî et Mousannaf Abdour Razzaaq ont relaté un récit (ayant une chaîne de narration authentique) selon lequel Hazrat Abdoullah Bin Mas'oûde (Radiyallahou anhou) faisait sortir les femmes du Masjid et leur disait : "Allez-vous en. Rentrez chez vous - cela est meilleur pour vous."
Selon Mousannaf Ibn Aboû Chaïbah, Hazrat A'lî (Radiyallahou anhou) n'autorisait aucune sortie pour les femmes sauf à l'occasion des deux Eids et dans une lettre à un de ces gouverneurs nommé Abdoul Hamîd, Hazrat Oumar Bin Abdoul Azîze (Radiyallahou anhou) écrit : "Veille à ce que les femmes sous ta juridiction ne participent ni au Djamaa'ah ni au Djanaazah car elles n'ont point droit au Djoum'ah et au Djanaazah."
Il faudrait vraiment être lamentablement ignorant du niveau spirituel et de la valeur de ces éminents personnages-là pour oser avancer qu'ils ont émis un verdict contraire à l'enseignement de Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam). Mais si on est convaincu qu'ils ont compris le Dîne - et l'esprit du hadîce en particulier - beaucoup mieux que nous, il n'y a pas à réfléchir : la recherche et le verdict de ces illustres personnages doivent toujours primer sur notre opinion personnelle qui n'est fondée que sur une connaissance inadéquate et superficielle.
A la lumière des explications sus mentionnées on peut aisément conclure que :
- Encourager les femmes à venir au Masjid pour la Salaah est anti-sounnah car cela est contraire à l'enseignement de Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam). Par ailleurs, s'opposer à ceux qui l'interdisent équivaudrait à s'opposer au Sounnah et au consensus des Sahaabah-é-Kiraam (Radiyallahou anhoum).
- Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a toujours exhorté les femmes à accomplir leur Salaah chez elles, dans l'endroit le plus isolé.
- Interdire aux femmes de venir au Masjid en temps de fitnah et d'insécurité est bel et bien le Sounnah et l'enseignement de Nabî-é-Karîm (Sallallaahou A'laihi Wasallam).
- D'ailleurs, en raison de ce fitnah et de cette insécurité, les femmes n'ont pas, pour commencer, le droit de se rendre au Masjid.
- En accomplissant leur Salaah chez elles, les femmes acquièrent plus de çawaabs qu'elles n'auraient eus même en faisant leur Salaah au Masjid-e-Nabawî.
- Ceux qui militent pour la présence féminine au Masjid n'ont aucune preuve Char'i pour soutenir leur démarche.
[EXTRAIT DE AL HAADÎ Vol.3 No.1]
