La lecture des versets ou des Sourahs du Qour'aan et la validité du wouzou pendant le Haïz

Q. Est-il permis à une dame, en état de Haïz (menstruation), de lire des versets ou des Sourahs du Qour'aan (le Sourah Yaa-Sin etc.) qui se trouvent dans un autre livre que dans le Qour'aan comme par exemple le "Pansourah" ? Lui est-il permis de le toucher ? Dans l'affirmative, est-il recommandé de faire le wouzou au préalable ? Le wouzou est-il valide pendant la période de menstruation ?

R. Une dame, en état de haïz, n'a ni le droit de lire le Qour'aan en y regardant ni de le réciter par coeur. Dans un tel état elle n'a même pas le droit de lire les versets coraniques qui se trouvent dans un autre livre. Pour elle, il n'y a aucune différence entre la lecture des versets coraniques en regardant dans le Qour'aan ou dans d'autres livres. Donc, il est interdit de lire le Sourah Yaasîne ou d'autres Sourahs du "Pansourah". Mais il est permis de réciter les versets coraniques qui comportent des Dou'aas comme le "Rabbanaa..." avec le niyyah (l'intention) de Dou'aa et non pas avec l'intention de Tilaawat‎‎ du Qour'aan.

D'après un hadîce de Tirmîzî, rapporté par Hazrat Abdoullah Bin Oumar (Radiyallahou anhou‎), Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit :

"Une Haaïza (une dame en état de Haïz) et un Jounoub (une personne en état de Janaabat, qui nécessite le Ghouçal) n'ont pas le droit de lire le Qour'aan."

Selon Imaam Tirmîzî (R), c'est l'opinion de la majorité des Sahaabah‎-é-Kiraam (Radiyallahou anhou‎) et des Taabi'îne. D'après Imaam An-Nawawî (R) c'est aussi le point de vue de la majorité des savants de Dîne.

Une dame en état de Haïz ou une personne n'ayant pas le wouzou n'a pas le droit de toucher le "moushaf" c.à.d. un exemplaire du Qour'aan.

D'après un hadîce de Mou'atta Imaam Maalik (R), Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit :

"Personne n'a le droit de le (le moushaf) toucher sauf en état de tahaarat (de pureté complète - Ghouçal et wouzou)."

Ce règlement s'applique aussi aux livres de Tafsîr‎ (commentaire) qui sont constitués primordialement des versets du Qour'aan. Dans le livre de Tafsîr‎ les versets occupent une position bien importante et primordiale et non pas secondaire et de ce fait il est régit par les mêmes lois que le Qour'aan. Pour ce qui est des autres livres, tels que les livres de hadîce ou de Fiqh, il n'est pas Waadjib de respecter le tahaarat pour les toucher. Cependant il n'est pas permis de toucher de la main ou des doigts là où il y a un verset du Qour'aan-é-Karîm. Mais sachons qu'il est très recommandé d'observer le tahaarat pour manier les livres sur le Dîne.

En ce qu'il s'agit du Pansourah, il y a deux points de vue, à savoir -

1)    C'est un livre qui n'est pas constitué exclusivement des versets du Qour'aan. On y trouve autre chose que les versets du Qour'aan et qui occupent une plus large place qu'eux.

2)    La position des Sourahs du Pansourah n'est pas secondaire par rapport aux autres choses qu'il contient. L'existence de ces Sourahs est primordiale et essentielle, d'où l'appellation de "pansourah" (les 5 Sourahs).

A la lumière de ces deux points de vue on peut déduire que le premier veut que le pansourah soit semblable à d'autres livres de Dîne qu'on peut toucher ou manier sans le tahaarat. Mais le deuxième point de vue stipule que le pansourah est de la même catégorie que le Qour'aan et les livres de Tafsîr‎.

Des deux opinions susmentionnées, la deuxième est plus correcte vu qu'elle renferme plus de précautions et de respect en faveur des versets du Qour'aan. Donc, il commande qu'on observe le tahaarat complet (ghouçal et wouzou) pour toucher le pansourah.

Une dame, en état de Haïz, peut faire le zikr. Une telle action renferme d'énormes vertus. Donc, il lui est moustahab, dans cet état, de faire le wouzou à l'heure de chaque Salaah, de s'asseoir sur le Mousallah et de faire le zikr le temps que dure la Salaah. Tout cela afin de préserver la bonne habitude de Salaah.

A noter quand même que le wouzou tout comme le ghouçal, accomplis en état de Haïz ne sont pas valides car ils ne nous permettent pas de pratiquer les Ibaadaat‎‎ qui nécessitent le tahaarat.

[EXTRAIT DE AL HAADÎ Vol.3 No.2]