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Le Nikaah
Le "Nikaah" signifie littéralement relation intime entre couple. Le Nikaah est, selon la Charî'ah, un contrat entre deux parties de sexes opposé, leur accordant le droit à la jouissance intime (istimta) par le "îjaab" et le "Qaboûl." Le "îjaab" ou la proposition c'est la formule prononcé par une des deux parties en premier lieu pour exprimer l'offre et le "Qaboûl" c'est l'acceptation de la proposition.
L'îjaab et le Qaboûl ne sont valables que quand les deux (la proposition et l'acceptation) ont été prononcés au cour d'une seule séance en la présence de deux témoins.
Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a déclaré à ce propos :
"Ce sont les femmes de mauvaise réputation qui se marient sans témoin."
Un minimum de deux témoins est requis d'après la Charî'ah. Ces deux personnes doivent obligatoirement être des musulmans, sains d'esprit et majeurs. Hazrat Abdoullah Bin Abbaas (Radiyallahou anhou) dit :
"Il faut au moins quatre personnes dans un nikaah : un mandataire (Wakîl) représentant la mariée, le marié et deux témoins."
LE MAHR OU LA DOT
Le Mahr est un don de l'époux à l'épouse, qui devient obligatoire avec le contrat de Nikaah.
"Et donnez aux épouses leur Mahr en cadeau…" (4:4)
Le Mahr est étroitement lié au Nikaah au point même que s'il n'a pas été explicitement mentionné lors du contrat de mariage, il devient de facto obligatoire. Ce qui démontre que la mention du Mahr à l'heure du Nikaah n'est pas une condition absolue pour la validité du Nikaah. Le Mahr est donc Waadjib sans même être mentionné. Donc le Nikaah est valable même sans la mention du Mahr. Allah Ta'aala dit dans le Qour'aan :
"Vous ne faites point de péché en divorçant d'avec vos épouses que vous n’avez pas touchées et auxquelles vous n’avez fixé aucun Mahr..." (2:236)
Se marier sans accorder le Mahr est une exception dans le cas de Nabî-é-Karîm (Sallallaahou A'laihi Wasallam). C'est à dire que Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a donné à ses épouses un Mahr mais il s'est aussi marié sans accorder le Mahr. Ça c'était une règle applicable exclusivement dans le cas de Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam).
Le Mahr peut être octroyé sous forme de n'importe quel objet ayant une valeur commerciale tels que argent, bijoux, vêtements, meuble, machine à coudre, livres, terrain immobilier entre autres.
Dans le Qour'aan-é-Paak, Allah Ta'aala dit :
"Et hormis (ces femmes qui sont haraam pour le mariage), il leur est permis de prendre (les autres femmes) avec leur "amwaal" (pluriel de "maal" qui signifie le bien)."
Commentant ce verset, Allaamah Aboû Bakr AL JASSAAS (R) dit que cela démontre que tout ce qu'on appelle "maal" (objets ayant une valeur commerciale) peut être considéré comme Mahr.
LE TAUX MINIMUM DE MAHR
Le Mahr n'a pas de plafond. Il a, par contre, un minimum. Selon Imaam Maalik (R) le minimum s'élève à ¼ dînaar soit 2½ dirhams. D'après Imaam Chaafi'î (R), toute somme d'argent pouvait devenir le Mahr. Selon Imaam Aboû Hanîfah (R) le taux minimal est de 10 dirhams. D'après un hadîce d'Ibn Aboû Hakîm rapporté par Hazrat Jabir (Radiyallahou anhou), Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a déclaré qu'il n'y a aucun Mahr moins de 10 dirhams.
Allaamah Hafiz Ibn Hadjar dit que le hadîce d'Ibn Aboû Hakîm possède un sanad (chaine de narration) correct. Ce hadîce a également été déclaré "Hassan" par Al-Baghwi. Quant aux épouses et filles de Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) leur Mahr était de l'ordre de 500 dirhams.
LA LEGITIMITÉ DE NIKAAH
Allah Ta'aala a donné à l'homme le "shahwah" (le désir sexuel) qui l'attire au sexe opposé. C'est une capacité qui est innée dans chaque Inçaan (humain) quelque soit sa race, couleur et situation sociale et économique. Le "shahwah" est une force qui a maintes fois détruit l'Inçaaniyat (l'humanisme) chez l'homme, qui a détrôné des souverains et qui a réduit l'homme à des bassesses inouïes. C'est justement pour cette raison que Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit que celui qui se préserve de ce qui se trouve entre ses deux mâchoires et entre ses deux jambes, je lui garantie le Djannah (Paradis). Les savants disent que Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a spécifié ces deux parties, c.à.d. la langue et le sexe parce que l'homme utilise justement ces deux parties pour commettre la plupart des péchés et les péchés commis par ces deux choses là sont à l'origine de l'immoralité et la dégradation sociale.
C'est un fait indéniable que l'être humain possède cette force en lui. Comment peut-il se soulager ? S'il a faim ou soif, n'a-t-il pas le droit de satisfaire sa faim et d'étancher sa soif ? S'il a le droit de satisfaire cette envie et se soulager de son shahwah, est-il libre de le faire à sa guise ?
La réponse est définitivement non. Il est libre de donner libre cours à son désir mais il est tout aussi vrai qu'il n'est pas libre de succomber à son désir comme il veut se permettre.
Ce serait un "Zoulm" (oppression) et une injustice à l'égard de l'homme s'il n'avait pas la possibilité de satisfaire ses désirs sexuels qui sont implantés dans sa nature. L'Islâm, étant un code de vie compatible avec la nature, a institué non seulement le nikaah, pour satisfaire ce désir mais également recommande cette pratique à tel point que le Nikaah est considéré comme étant la moitié de Dîne.
Selon un hadîce de Baihaqui, Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit :
"Quand le serviteur se marie, il aura complété la moitié de Dîne. Donc il ne lui reste qu'à craindre Allah, concernant l'autre moitié."
Selon un autre hadîce de Tabraanî et Moustadrak de Al-Hakim rapporté par Hazrat Anas (Radiyallahou anhou), Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit :
"Celui à qui Allah Shaanahou a accordé une femme pieuse, Il lui aura aidé à accomplir la moitié de son Dîne. Il lui reste donc de craindre Allah Ta'aala que pour l'autre moitié."
D'ordinaire Inçaan (l'homme) dévie du droit chemin pour deux raisons principales, soit à cause de son ventre, soit à cause de ses instincts bestiaux. Le Nikaah est un moyen licite et halaal pour assouvir ses désirs. C'est dans ce sens là que le Nikaah constitue la moitié de Dîne car il restreint l'homme dans la désobéissance d'Allah Ta'aala et l'empêche de succomber à ses désirs charnels.
Le Nikaah est très important et il est compatible avec la nature humaine. Pratiquement tous les Prophètes (Alaihis Salaam) se sont mariés, Allah Ta'aala dit :
"En effet nous avons envoyé avant toi des messagers et leur avons donné des épouses et de la famille." (13:38)
Selon un hadîce de Tirmîzî, Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit que quatre pratiques font partie des principes des Messagers (Alaihis Salaam), à savoir le Hayaa (pudeur/honte), le parfum, le Miswaak et le Nikaah. Quant à Hazrat I'çaa (Alaihis Salaam), il se mariera et aura des enfants à sa descente d'après un hadîce sélecté par Mishkaat.
Selon un hadîce de Boukharî, Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam), a démontré que le Nikaah est une partie intégrante de son Sounnah et que celui qui se montre réticent à ses Sounnah ne fait pas partie de lui. D'après Tabraanî, Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) dit :
"Celui qui a le moyen qui lui permet de se marier et il ne se marie pas alors il ne fait pas partie de moi."
L'importance de la pratique de Nikaah varie par rapport à la situation d'une personne, étant donné que les situations ne sont pas toujours les mêmes. Les Fouqahaa (juristes) l'ont donc classifié en 5 catégories :
- Dans le cas de quelqu'un qui a la certitude que dans l'absence de Nikaah il sera une proie facile au Zinaa (adultère) alors il est Farz (obligatoire) pour lui de se marier.
- Il est Waadjib pour une personne qui a la forte impression qu'elle va succomber au Zinaa si elle ne se marie pas.
- Il est Sounnat-é-Mou'akkadah pour une personne de constitution normale et modérée.
- Il est haraam pour celui qui a la certitude qu'il va commettre des injustices envers sa femme.
- Il est Makroûh Tahrîmî pour celui qui pense que très probablement il va se montrer injuste et qu'il va commettre des oppressions sur la personne de sa femme.
L'attraction vers le sexe opposé est une chose tout à fait naturelle puisque Allah Ta'aala Lui-même l'a implantée dans la nature humaine. Allah Ta'aala dit dans le Qour'aan-é-Karîm :
"On a enjolivé aux gens l'amour des choses qu'ils convoitent - femmes, enfants, trésors thésaurisés d'or et d'argent." (3:14)
Il est clair d'après ce verset que le désir a été embelli pour l'homme. La mention de "femme" en premier dans ce verset montre que la femme reste la tentation la plus forte pour l'homme. Selon un hadîce de Boukharî et de Mouslim Charîf, Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) dit :
"Je n'ai laissé après moi aucun Fitnah plus néfaste pour l'homme que la femme."
Selon un autre hadîce de Boukharî Charîf, Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) :
"Je n'ai trouvé personne parmi les esprits courts qui peut accaparer l'esprit d'un homme intelligent plus que vous (femmes)."
L'Islâm ne préconise pas de vivre sa vie en renonçant à tous les plaisirs. Le Rouhbaaniyyah ou l'ascétisme que préconisent les autres communautés et qui constitue au renoncement des plaisirs et conforts, est interdit par la Charî'ah. Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit que le Rouhbaaniyyah n'a pas sa place en Islâm. L'Islâm nous ordonne de vivre dans la société en jouissant des facilités et des plaisirs en se conformant bien entendu à la Charî'ah.
Une fois un groupe de Sahaabah-é-Kiraam (Radiyallahou anhoum) vint chez Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) pour s'enquérir auprès de celui-ci de la façon dont il se comporte chez lui. Après en avoir pris connaissance ils ont considéré que la quantité d'Ibaadaat qu'il faisait, était peu, ils ont déclaré qu'il n'y a pas de comparaison entre leur stage et le stage de Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam). S'il fait moins d'Ibaadaat c'est parce que Allah Ta'aala a déjà pardonné son passé et son futur. Un d'entre eux a donc décidé de jeûner continuellement et un troisième de garder le célibat et de rester à l'écart des femmes. Informé à ce propos, Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) dit :
"Je connais Allah mieux que vous autres, j'ai la crainte d'Allah plus que vous autres, malgré cela quelque fois je jeûne et quelque fois je m'abstiens. Je reste debout dans la Salaah pendant la nuit et je dors également ; j'ai aussi des relations avec mes épouses ; celui qui délaisse mon Sounnah (principe) n'est pas de ma communauté."
Le hadîce ci-dessus fait ressortir un point important que renoncer totalement aux plaisirs ne relève pas de l'Islâm. L'Islâm c'est qu'une personne vivre sa vie d'après les commandements d'Allah et bénéficie en même temps des privilèges et jouissances qui ont été légitimés et permis par Lui. Le fait de renoncer aux plaisirs n'est pas vertueux. C'est seulement que quand l'acte est conforme à la Charî'ah que cela est considéré comme un Ibaadah. La Charî'ah est le critère de la vérité, c'est le critère pour faire la nuance entre l'équilibre et l'excès et c'est le chemin entre les deux extrêmes. Le Charî'ah interdit toute forme d'abus et condamne également toute forme de négligence.
Pour assouvir les désirs de l'homme la Charî'ah a établi la pratique de Nikaah. Le Nikaah c'est l'équilibre entre le célibat et l'impudeur, entre l'immoralité et l'adultère ou le concubinage etc. C'est un antidote contre le Zinaa (adultère) et l'immoralité qui attirent les calamités et la colère divine.
Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit :
"Ô les jeunes ! Que celui d'entre vous qui a le moyen et la capacité se marie, car c'est un moyen très efficace pour faire baisser les regards et la meilleure préservation des partis privés. Celui qui n'a pas le moyen, qu'il adopte la pratique régulière de jeûne (Saum) qui sera pour lui comme une castration."
La Charî'ah consent que la nature humaine soit composée des tendances qui tôt ou tard peuvent conduire l'homme à l'immoralité. Pour endiguer ces tendances la Charî'ah ne préconise pas l'extermination ou l'éradication tout court de cette nature. En légalisant le nikaah la Charî'ah nous donne au contraire un moyen efficace pour assouvir et contrôler nos désirs.
La Charî'ah a démontré qu'il existe deux façons pour assouvir ses désirs charnels. Rechercher un autre moyen ailleurs c.à.d. en dehors du mariage (nikaah) c'est commettre l'excès. Dans Sourah Al Mou'minoune, Allah Ta'aala dit :
Les croyants certes, réussiront, ceux qui préservent leur sexe rien que pour leurs épouses ou pour ceux que leur main droite possède (esclaves) - car dans leur cas ils sont hors de blâme.
L'UNION CONJUGALE
Il est dit dans le Qour'aan-é-Karîm :
"Il (Allah) a créé pour vous des épouses de votre espèce, pour que vous viviez, en tranquillité avec elles, et Il a mis entre vous l'affection et la bonté..." (30:21)
Le verset ci-dessus nous montre que le but de l'union entre les couples c'est la tranquillité morale et la paix. La Charî'ah n'a pas abandonné l'homme dans la confusion ; elle ne lui a pas laissé non plus le besoin de rechercher cette paix. La Charî'ah elle-même a établi et a recommandé les principes à adopter afin de trouver cette harmonie et cette paix dans la vie conjugale.
Quels sont les principes de la Charî'ah à ce propos ? La Charî'ah a reconnu et défini les droits et devoirs de chaque partenaire. Elle a d'ailleurs mis l'emphase sur la nécessité d'accomplir ses devoirs vis-à-vis de l'autre en adoptant strictement le Taqwaa car la tranquillité et la paix résident dans le respect des droits d'autrui et dans la reconnaissance de ses devoirs envers son prochain. Donc la reconnaissance des principes et règles énoncés par la Charî'ah est indispensable pour l'équilibre dans les relations conjugales. C'est pour cette raison que Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a enseigné à son Oummat de choisir son partenaire sur le critère de la piété, le Taqwaa et la religiosité et non pas sur la base de renom, de popularité ou beauté seulement.
Le fait que le Qour'aan-é-Karîm reconnait que le but de cette union est la tranquillité et que Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a recommandé le choix d'un partenaire 'Dînedaar', nous montre que le moyen indispensable pour maintenir cette harmonie et la tranquillité c'est I'lm-é-Dîne et Dîndaarî.
Les disputes dans un ménage sont causées dans la majeure partie des cas par l'ignorance de ses droits et devoirs, ce qui débouche tôt ou tard sur une rupture totale de la vie conjugale. Par exemple, un partenaire considère quelque chose comme un droit que l'autre refuse d'admettre ou il/elle pense que ceci c'est un devoir de l'autre : bref quelque chose qui ne relève pas de la Charî'ah. Ou encore quelqu'un qui revendique un droit que la Charî'ah ne le lui a pas conféré. Des disputes, des discussions, des insultes, la méfiance, le mépris prennent lentement mais sûrement place entre les deux et la vie en commun devient infernale. Il revient à chaque personne de connaître ses droits et ses devoirs dans la vie conjugale afin qu'elle soit en mesure de mieux assumer ses responsabilités sans exiger quelque chose à laquelle elle n'a pas droit. Par exemple, il ne relève pas de la responsabilité de l'épouse de servir ses beaux-parents. A Maurice l'ère est révolue où l'épouse était tenue à prendre soin des petits frères et soeurs de son mari ou plus précisément ses beaux-frères et belles-soeurs, indistinctement de leur âge. En fait il n'incombe pas à la femme de décharger de telles responsabilités. Exiger alors un tel soin ou imposer une telle responsabilité à la femme par le mari et les beaux-parents constitue un outrage et une transgression et un grand 'Zoulm' des droits de la femme. Par contre exiger du mari qu'il satisfait les extravagances de son épouse comme par exemple l'achat trop fréquent ou sans nécessité des vêtements neufs et ceci en fonction des nouvelles modes, ou de visiter sa famille trop souvent serait un abus de l'épouse.
Similairement le mari a le droit, d'après la Charî'ah, de pratiquer la polygamie. L'épouse n'a pas le droit de rompre ses relations, d'agir mal ou de changer son attitude pour autant ; ce serait injuste envers le mari. C'est pour cette raison qu'il est impérieux d'apprendre ses devoirs et ses droits car l'harmonie ne peut être réalisée sans cette connaissance des droits et des devoirs de chaque partenaire.
Est-ce que la connaissance de quelque chose de facto signifie la mise en pratique ? La réponse est définitivement non. La connaissance en elle-même ne signifie donc pas la mise en pratique automatique. La volonté est requise et c'est cette volonté de se soumettre aux ordres d'Allah Ta'aala ou aux principes de la Charî'ah que nous appelons "Dîndaarî." Chacun à sa façon de penser ou d'interpréter ; dix personnes auront dix raisonnements différents et si chacun veut juger d'après sa façon de voir les choses jamais on ne parviendra à trouver une solution aux problèmes.
La meilleure façon d'y parvenir c'est d'avoir recours à la Charî'ah avec la volonté de se plier à son verdict ; si cette volonté de se soumettre à la Charî'ah est présent chez l'homme alors tous nos problèmes seront résolu dans un clin d'oeil et à la satisfaction de tout à chacun car le verdict et le "ruling" de la Charî'ah est dans l'intérêt de tout le monde, même s'il peut apparaître contre nos voeux et espérances. Il ne faut pas que nos sentiments ou préférences prévalent sur la Charî'ah sinon nous serons esclaves de nos désirs et passions. La prospérité et le succès complet se trouve uniquement dans la soumission et l'obéissance totale à 'Allah Ta'aala. Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit :
"Nul d'entre vous ne peut devenir un vrai Mou'mine aussi longtemps que ses désirs ne se soumettent pas à ce que j'ai apporté."
Il est donc nécessaire d'avoir une connaissance de Dîne et une volonté de soumission aux ordres de la Charî'ah afin de vivre une vie conjugale paisible, pleine d'harmonie et de bonheur.
COMMENT LE MARI DOIT AGIR A L'EGARD DE SA FEMME
Avant d'agir ou de juger son épouse le mari doit au préalable bien se mettre dans la tête qu'il va devoir partager sa vie avec une personne que Raçouloullah a qualifié "d’esprit court." Dans un hadîce Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit :
"Prenez garde des femmes car elles ont été créées avec une côte : la partie supérieure de cette côte est plus courbée (travers). Si vous tentez de la redresser vous allez la casser et si vous la laissez elle restera courbée. Prenez donc soin des femmes." (Boukharî/Mouslim)
Le hadîce n'interdit pas le redressement des femmes mais il vous prévient qu'il ne faut pas désespérer si jamais vous constatez qu'elles n'ont pas été dressées comme vous le souhaitez ; des défauts subsisteront toujours. Il faut agir avec beaucoup d'adresse, de politesse, de gentillesse et de modération. Si vous essayez de les redresser comme il faut, alors c'est la cassure. D'après un hadîce de Mouslim, la cassure c'est le Talaaq. En d'autres mots, essayez de la dresser comme il convient mènerait finalement au talaaq. Le Talaaq, étant l'antithèse du Nikaah et contraire aux bénéfices en découlant doit être évité à tout prix en gardant son calme et son sang-froid, compte tenu de la nature fébrile et faible de la femme. Il faut alors accepter, bon gré mal gré, sa courbe, car le contraire n'est ni possible ni réalisable.
Les relations entre les deux partenaires sont de nature délicate, voire sensible. C'est une relation avec un être humain que Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a qualifié de "faible", "d'esprit court" et "extrêmement susceptible." L'harmonie exige de la clairvoyance, l'équilibre moral et la modération dans son caractère, brefs des qualités dont les femmes ne font pas preuve généralement. C'est justement pour cette raison que la Charî'ah n'a pas mis le talaaq dans la main de la femme. Et c'est pour cela même que dans Sa sagesse Allah Ta'aala a fait que les hommes soient le chef de la famille.
"Les hommes sont les directeurs des femmes." (4:34)
Les hommes doivent donc se comporter d'une façon digne du statut élevé et supérieur qu'Allah Ta'aala leur a conféré.
Le mari doit assumer ses responsabilités avec sagesse, dignité et fermeté. Il ne doit pas abuser de l'autorité qu'Allah Ta'aala lui a confié en le décrétant chef de la famille. Il doit aussi avoir le courage d'accepter ses torts et fautes et il ne doit pas hésiter à présenter ses excuses. Ne pas reconnaître ses fautes quand il en commet est une émanation de 'Kibr' (arrogance), qui est un péché très grave. Il faut bien se mettre dans la tête que le rejet de la vérité c'est le Kibr et ceci démontre un déséquilibre moral, qui le disqualifie comme chef. Une telle personne devient un "zaalim" et il n'est pas possible que l'harmonie règne sous son autorité.
COMMENT DOIT SE COMPORTER LA FEMME
La femme doit se mettre dans la tête que c'est Allah Ta'aala, le Créateur Suprême et le Tout Sage qui a décrété que l'homme soit le maître à bord. Le fait que Allah Ta'aala en a décidé ainsi démontre que l'homme a été conféré un peu plus de pouvoir. Allah Ta'aala sait, en accordant plus de pouvoirs à l'homme, que le bien-être de la famille y réside. Il ne faut pas se laisser embobiner par le slogan "égalité de sexe." Dans une certaine mesure, il est vrai que les deux ont leur droit contrairement à l'attitude primitive et rétrograde adoptée avant l'avènement de l'Islâm. Quand la femme n'avait que des devoirs et aucun droit. Cela ne veut pas dire que les deux doivent jouir d'un pouvoir égal.
Si un pays avec ses multiples problèmes et responsabilités ne peut accepter deux Premier Ministres ou deux Présidents avec pouvoir égal, il est compromettant d'accepter deux chefs sous un seul toit de quelques mètres carrés !
La Charî'ah a accordé au mari une très grande valeur. Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit, selon un hadîce, que "si j'avais à ordonner à une personne de se prosterner devant un de ses semblables, j'aurais demandé aux épouses de se prosterner devant leur époux." C'est un hadîce qui donne matière à réfléchir à l'homme comme à la femme. Pour que la femme parvienne à comprendre la supériorité qu'Allah Ta'aala a accordée à l'homme, le mari doit se dire que ce n'est pas pour rien qu'Allah Ta'aala lui a conféré cette supériorité. Il ne faut pas qu'il exige que son épouse le respecte tandis que lui, il ne se comporte pas d'une façon digne de cette valeur et de ce "darjah" (grade).
En bref, le mari doit réaliser que le degré de son Îmaan est exprimé par la façon dont il agit envers sa femme. Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit :
"Le plus parfait parmi les Mou'mine en Îmaan est celui qui fait preuve d'un bon caractère et qui se montre poli vis-à-vis de son épouse."
Par contre la femme doit, quant à elle, réaliser que Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) considère l'obéissance à l'époux comme un "Djihaad" et "Shahaadah." Répliquant à une question d'une Sahaabîyyah (Radiyallahou anhou) au sujet de l'équivalent de Djihaad et Shahaadah pour les femmes, il a répondu l'obéissance à l'époux et la reconnaissance des droits des époux."
"Il n'est pas permis à un Inçaan de se prosterner devant un autre Inçaan. Mais s'il était permis à un Inçaan de le faire devant un autre Inçaan ,j'aurais ordonne aux épouses de se prosterner devant leurs maris en raison de la grandeur du droit qu'ils ont sur elles."
"Meilleur parmi vous est celui qui est meilleur envers ses épouses."
[EXTRAIT DE AL HAADÎ Vol.3 No.2]
