Dou'aa collectif après la Salaah Farz

Q. Les 'savants' qui ont étudié en Arabie ne font pas de Dou'aa collectivement après la Salaah Farz. Ils affirment que ce n'est ni une pratique de Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) ni celle des Sahaabah. En revanche, ils disent qu'il est Sounnah de lire Ayat-oul-Kourçî, de faire le Tasbîhaat et le Dou'aa individuellement. Une telle affirmation est-elle correcte ? La pratique de faire le Dou'aa collectivement à Maurice après la Salaah Farz est-elle correcte ? Cette pratique, peut on la qualifier comme une Bid'ah (innovation) ?

R. Il est recommandé de faire le Zikr et le Tasbîhaat après la Salaat Farz. D'innombrables Ahaadîce, qui se trouvent dans Boukharî, Mouslim et d'autres livres d'Ahaadîce en font mention.

Quant au Dou'aa après la Salaah Farz, nous dirons tout simplement que c'est recommandé mais pas Farz (obligatoire). Il n'y a aucune nécessité de s'engager dans des débats houleux et stériles sur ce sujet. De grâce, épargnez l'Oummah‎ de ces tiraillements. Cependant, nous allons remarquer que généralement ceux qui sont contre la pratique de faire le Dou'aa collectivement après la Salaah Farz ne font ni le Tasbîhaat, ni le Dou'aa individuellement. Pourtant il est très recommandé de faire le Dou'aa après la Salaah Farz. Suivant un hadîce de Tirmîzî, rapporté par Hazrat Oumaamah (Radiyallahou anhou‎), Raçouloullah‎ ‎ (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit :

"Le Dou'aa, fait au beau milieu de la nuit et après les Salaahs‎‎Farz, est exaucé".

Cela atteste la recommandation de faire Dou'aa après les Salaahs‎‎ Farz. Quand c'est recommandé cela s'applique pour l'Imaam et pour le Mouqtadî.

Ibn Aboû Chaïbah‎‎ rapporte, dans son Mousannaf, que Hazrat Abdoullah bin Zoubeïr‎‎ (Radiyallahou anhou‎) a vu une personne lever les mains pour faire le Dou'aa dans la Salaah. Il a dit que Raçouloullah‎ (Sallallaahou A'laihi Wasallam) ne levait jamais les mains (pour faire le Dou'aa), avant de terminer la Salaah. De là, nous pouvons déduire que Raçouloullah‎ ‎(Sallallaahou A'laihi Wasallam) levait les mains pour faire le Dou'aa après la Salaah. Puisque le Dou'aa fait après la Salaah Farz est accepté, il coule de source que Raçouloullah‎ ‎(Sallallaahou A'laihi Wasallam) se devait de lever les mains en guise de Dou'aa après la Salaah. D'après un Hadîce de Tirmîzî, rapporté par Hazrat Fouzeïl Bin Abbaas ‎ (Radiyallahou anhou‎), Raçouloullah‎ (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit :

« La Salaah s'accomplit par deux Rak'aats. Faites le Tashahhoûde‎‎‎‎‎‎ au bout de chaque deux Rak'aats, faites preuve d'humilité, faites des supplications, tout soumis et que vous leviez les mains devant votre Rabb, avec le paume de la main en direction du visage et dites : 'Ô‎‎ Mon Rabb ! Ô‎‎ Mon Rabb !' Celui qui s'en abstient, alors donc, il est comme ci et comme ça, c'est-à-dire, incomplet' »

De ce Hadîce, émane une recommandation ferme conseillant de lever les mains pour faire le Dou'aa après la Salaah.

Ibn-ous-Sounni cite un Hadîce, rapporté par Hazrat Anas (Radiyallahou anhou‎) à l'effet que Raçouloullah‎ ‎(Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit :

"Quand un serviteur lève sa main, après la Salaah, pour faire le Dou'aa, alors Allah Ta'aala s'engage à ne pas le décevoir et le retourner bredouille."

Imaam Ibn-ous-Sounni rapporte que Hazrat Aboû Oumaamah (Radiyallahou anhou‎) a dit : "A chaque fois que je m'approchais de Raçouloullah(Sallallaahou A'laihi Wasallam) à la fin de la Salaah Farz ou Nafl, je l'ai toujours entendu faire ce Dou'aa...." D'après un Hadîce Mousannaf, Ibn Aboû Chaïbah‎‎, le père d'Aswad a dit : "J'ai accompli la Salaah Fadjr en compagnie de Raçouloullah(Sallallaahou A'laihi Wasallam). Aussitôt la Salaah terminée, il s'est tourné (de la direction) du Qiblah, a levé les mains et a fait le Dou'aa." C'est en se basant sur des ahaadîce que les Ou'lamaa des quatre Mazhabs ont recommandé à tous deux - Imaam et Mouqtadî - de faire le Dou'aa après la Salaah Farz.

Cela démontre amplement que faire le Dou'aa après la Salaah Farz n'est en aucune manière, une Bid'ah (innovation) car la Bid'ah est une pratique qui n'est pas conforme aux quatre sources de la Charî'ah, à savoir, le Qour'aan-é-Karîm, le Sounnah de Raçouloullah‎ (Sallallaahou A'laihi Wasallam), l'Ijmaa (le consensus) et le Qiyaas (l'analogie des Moudjtahidîne‎). Une pratique approuvée par les Moudjtahidîne‎ ne peut être qualifiée de Bid'ah. En d'autres mots la pratique de faire le Dou'aa collectivement après la Salaah Farz n'est pas un Mounkar (mal) que nous devons combattre.

Allaamah‎‎ ibn Daqîq-al-Eid (r. - 702 H) déclare qu'il faut combattre tout ce qui est prouvé par l'unanimité d'être contraire au Charî'ah. Quant aux thèmes controversables, personne n'a le droit de réfuter les autres.

[EXTRAIT DE AL HAADÎ Vol.3 No.4]