Célébrer le mariage pendant le mois de Mouharram

Q. Le Charî'ah interdit-il de célébrer le mariage pendant le mois de Mouharram ?

R. Toute interdiction et toute permission sont du ressort d'Allah Ta'aala, Le Maître Suprême. C'est Allah Ta'aala qui a le droit d'interdire ou de permettre de faire quoi que ce soit.

Le verset ci-dessous démontre clairement la gravité de déclarer quelque chose Halaal ou Haraam, sans aucune preuve. Allah Ta'aala dit :

"Et ne dites pas, conformément aux mensonges proférés par vos langues : 'Ceci est licite, et cela est illicite' pour forger le mensonge contre Allah. Certes, ceux, qui forgent le mensonge contre Allah, ne réussiront pas." (16:116)

C'est un principe, puisé du Qour'aan et Hadîce de Nabî‎‎-é-Karîm ‎(Sallallaahou A'laihi Wasallam) que tout est permis jusqu'à preuve du contraire; c'est-à-dire que là où il n'y a pas de preuve pour déclarer une chose haraam, cette chose est halaal car rien ne dit que c'est haraam. En ce qui concerne la célébration du mariage pendant le mois du Mouharram, nulle part, il est dit que c'est haraam de la faire. Donc, il est parfaitement 'halaal' de la faire jusqu'à preuve du contraire.

D'autant plus que le mariage, ou plus à propos, le Nikaah, est un Sounnah de tous les Prophètes, c'est un Ibaadah‎ et il est recommandé de l'accomplir dans le Masjid, meilleur lieu aux yeux d'Allah Ta'aala. C'est un acte que Raçouloullah‎ (Sallallaahou A'laihi Wasallam), d'après un Hadîce de Boukharî, a entrepris en état d'Ihraam. Il n'y a donc aucune raison pour ne pas le faire dans le mois de Mouharram. Bref, le Nikaah ou le mariage, célébré pendant le mois de Mouharram, est valide et est 'Halaal' tout comme il l'est pendant les autres mois.

Quant aux autres pratiques, contraires à la Charî'ah, telles : chanson, danse, réunion mixte, déranger les voisins pendant la nuit, elles sont formellement interdites.

Beaucoup croient que se marier pendant le mois de Mouharram porte malheur. C'est une conception erronée et perverse. Le malheur est le produit de nos péchés. Le malheur survient quand on persiste à travailler ou à s'amuser à l'heure de la Salaah. Le malheur se dégage de notre tenue vestimentaire indécente, bafouant la Charî'ah. En somme, le seul mauvais augure qui puisse exister, se manifeste suite à notre révolte contre l'ordre d'Allah.

Cette fausse conception est véhiculée par les Chiahs. C'est une conception anti-islamique. Si, en raison du mois du Shahaadat de Imaam Housseïne (Radiyallahou anhou‎) dans de Mouharram, les musulmans doivent observer le deuil, alors, ils doivent en faire de même pour ce qui est du Shahaadat de Hazrat Oumar‎, Hazrat Ous'maan et Hazrat A'lî (Radiyallahou anhou‎), survenus au cours des autres mois. De la sorte, le mariage nous serait interdit tout le long de l'année.

Bref, le mois de Mouharram n'est pas un mois de deuil. Si c'est ainsi alors les autres mois où les Sahaabah‎-e-Kiraam (Radiyallahou anhoum‎) furent martyrisés doivent aussi être considérés comme tels.

[EXTRAIT DE AL HAADÎ Vol.3 No.4]