Mariage avec un Ahl-é-Kitaab

Q. Même si une femme chrétienne ou juive (Ahl-é-Kitaab) est en train de commettre le Chirk ouvertement, est-ce qu'un musulman peut l'épouser ? Donnez une bonne définition de "Ahl-e-Kitaab." Est-ce que les Ahl-e-Kitaab de nos jours et ceux de l'époque du Prophète (Sallallaahou A'laihi Wasallam) et les Sahaabah (Radiyallahou anhoum‎) sont identiques ? En d'autres mots, est-ce que d'après les données du Qour'aan, sont-ils qualifiés pour épouser un musulman ?

R. "Ahl" veut dire la communauté, adhérent, "partisan" ou disciple. "Kitaab" signifie livre. Évidemment dans ce contexte, le mot "Kitaab" ne veut nullement dire n'importe quel livre. Ici il veut signifier un livre qui a été révélé par Allah à un Prophète, à une certaine époque comme le Zaboûr, l'Indjîl, le Souhouf de Ibraahîm et Souhouf de Moûçaa. Donc "Ahl-e-Kitaab" veut dire celui qui croit dans un de ces livres révélés par Allah Ta'aala et qui a été confirmé comme tel par des sources authentiques comme étant révélation divine. Conséquemment les disciples de Ramayan, Maha Bharat, Véda, etc. ne sont pas considérés, selon cette définition, comme Ahl-e-Kitaab, puisque ces livres n'ont pas été confirmés comme étant des livres d'Allah par des sources catégoriques et authentiques. A l'époque où le Qour'aan-é-Karîm fut révélé, on appelait les Juifs et les chrétiens comme "Ahl-é-Kitaab" même s’il y avait le Chirk et Koufr en eux.

"Ce sont, certes, des mécréants ceux qui disent : 'En vérité, Allah c'est le Messie, fils de Marie'.Alors que le Messie a dit : 'Ô‎‎ enfants d'Isrâ'îl ! Adorez Allah, mon Seigneur et votre Seigneur'. Quiconque associe à Allah (d'autres divinités) Allah lui interdit le Paradis ; et son refuge sera le Feu. Et pour les injustes, pas de secoureurs !" (5:72)

"Les infidèles parmi les gens du livre (Ahl-é-Kitaab), ainsi que les associateurs, ne cesseront pas de mécroire jusqu'à ce que leur vienne la Preuve évidente." (98:1)

De plus le Qour'aan-é-Karîm nous fait savoir que ces gens-là ont falsifié leurs livres comme mentionné dans ces versets :

"Malheurs, donc, à ceux qui de leurs propres mains écrivent un livre puis le présentent comme venant d'Allah pour en tirer un vil profit ! Malheur à eux, donc, à cause de ce que leurs mains ont écrit, et malheur à eux à cause de ce qu'ils en profitent." (2:79)

"Et puis, à cause de leur violation de l'engagement (d'accepter l'unicité d'Allah), Nous les avons maudits et endurci leurs cœurs, ils altèrent le sens des paroles révélées et oublient une partie de ce qui leur a été rappelé (dans la Taurah). Tu ne cesseras pas de découvrir leur trahison, sauf d'un petit nombre d'entre eux. Pardonne-leur donc et oublie leurs fautes. Car Allah aime, certes, les bienfaisants." (5:13)

Malgré cela, Allah Ta'aala les a qualifiés de "Ahl-e-Kitaab" quoique en général, ils sont inclus dans les groupes de Moushrik à cause de leur Koufr et Chirk. Cela prouve que les juifs et les chrétiens continuent à être des Ahl-e-Kitaab aussi longtemps qu'ils persistent à croire dans leurs livres même si ces livres ont été falsifiés. Indirectement il s'ensuit que leur Chirk et Koufr ne vont pas les exclure du groupe "Ahl-e-Kitaab."

Donc, en principe les "Ahl-e-Kitaab" de nos jours seront régis par la même loi qui était appliquée auparavant concernant le mariage etc. A moins que quelqu'un soit un juif ou chrétien seulement par recensement mais, en fait, il ne croit ni dans Moûçaa‎ (Alaihis Salaam) ni dans I'çaa (Alaihis Salaam) ni dans un être suprême quelconque. En vérité, cela veut dire qu'il est un athée, donc, il n'est pas un "Ahl-e-Kitaab". La permissibilité du mariage s'opère seulement entre un homme musulman, une juive ou une chrétienne.

En revanche, il est évident qu'une fille musulmane n'a pas le droit d'épouser quelqu'un d'autre qu'un musulman. L'union entre un homme musulman et une juive ou une chrétienne est seulement permis (Moubaah‎), mais elle n'est même pas moustahab. Le principe concernant Moubaah‎ reste en vigueur s'il ne mène pas au Makroûh‎‎ ou haraam. Au cas contraire, le Moubaah‎ est annulé. Le Moubaah‎ devient Makroûh‎‎ ou haraam selon le cas. Cela s'applique aussi pour un Sounnah. C'est à dire, Si un Sounnah cause la rupture ou l'abandon d'un Farz, à ce moment-là, le Sounnah n'est plus Sounnah. Ainsi "Istinshaaq" (inhalation de l'eau dans les narines) est Sounnah Mou'akkadah dans Wouzou. Mais selon un hadîce de Tirmîzî, il est Makroûh‎‎ d'exagérer la pratique de "Istinshaaq" lorsqu'on est en état de jeûne. De la même façon accepter une invitation est un Sounnah. Mais si lors de cette invitation nous avons à côtoyer des choses illicites (haraam) ou même faire des choses haraam, comme jouer de la musique, écouter les chansons, se mélanger librement (pêle-mêle) avec le sexe opposé, à ce moment-là, on n'a pas le droit d'accepter cette sorte d'invitation. Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) aimait manger quelque chose qui était sucré. Pourtant la majorité parmi nous s'abstiennent de consommer quelque chose de sucré car l'excès de sucre n'est pas recommandé et conseillé médicalement. Pourtant c'est un Sounnah. Islamiquement parlant une abstraction ou recommandation pareille ne contredit en aucune façon la recommandation ou la préférence prouvée par le Charî'ah.

De la même façon le Nikaah avec une juive ou une chrétienne est une menace permanente pour l'Îmaan des époux et des enfants. C'est tout à fait normal si les Ou'lamaa de par leur clairvoyance, ont interdit de pareilles unions afin de préserver la santé spirituelle (ce qui est quasiment impossible si de telles unions se font). Nos soeurs devraient à tout prix ne pas aller travailler dans des lieux où elles auraient à se mêler avec le sexe opposé par mesure de prévention. Si une famille quelconque devrait le faire par obligation, les sociétés islamiques devraient prendre la responsabilité de subvenir aux besoins d'une telle famille afin de ne pas l'exposer à des conditions qui nuiraient à leur Imaam, à leur honneur et chasteté. On peut faire cela à travers les fonds de la Zakaat‎‎‎.

N'est-il pas vrai que c'est l'ignorance des valeurs islamiques ou le manque de volonté de préserver ces mêmes valeurs et surtout un environnement malsain et anti-islamique qui nous conduisent vers la désobéissance, y compris le mariage mixte ? Donc il n'y a pas d'autre alternative que de remédier à ces maux si vraiment nous voulons que les choses changent. Mais si nous n'avons pas la volonté de prendre les mesures nécessaires, nous ne pouvons espérer aucun changement. De jour en jour la situation s'empirera.

"Certainement Allah ne modifie rien chez un peuple avant que celui-ci ne change ce qui est en lui." (13:11)

Ceci veut dire que certainement Allah ne va pas changer la situation d'une communauté aussi longtemps que cette même communauté ne manifeste pas la volonté de changer sa situation.

[EXTRAIT DE AL HAADÎ Vol.3 No.5]