Le voyage

Dans un hadîce, Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit : "Le voyage est une partie de l'enfer."

Le voyage est ici comparé à une partie de l'enfer, en raison de multiples inconvénients et difficultés qu'il comporte. Outre l'insuffisance de nourriture, le voyageur doit souvent faire face à l'insécurité et l'inconfort. C'est la raison pour laquelle Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit :

"Quiconque après avoir accompli le but de son voyage doit se faire un devoir de rentrer vite chez lui. "

C'est pour cela qu'il est recommandé, même aux hommes qui, comparativement, sont plus forts et plus solides que les femmes physiquement aussi bien psychologiquement, de voyager en groupe c'est à dire en jamaate. Dans un hadîce, Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit :

"Un voyageur solitaire est un chaïtaan. Deux voyageurs font deux chaïtaans. Trois voyageurs forment un jamaate. L'aide d'Allah Ta'aala descend sur un jamaate."

Pour les hommes, l'insécurité sous toutes ses formes lors d'un voyage est remédiée par le jamaate. Pour les femmes, qui sont plus exposées à l'insécurité surtout en ce qui concerne leur honneur, pudeur et chasteté, cette difficulté est remédiée par le MAHRAM.

LE VOYAGE ET LA FEMME

Selon un hadîce de Boukharî rapporté par Hazrat Abdoullah Bin Oumar‎ (Radiyallahou anhou‎), Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit :

"Une dame ne doit par entreprendre un voyage de trois jours, sauf si elle est accompagnée d'un Mahram."

Un voyage de trois jours pour les Fouqahaa (juristes) est estimé à une distance de 48 milles.

Un mahram pour une dame signifie quelqu'un qui n'a pas le droit de se marier avec elle durant toute sa vie en raison d'une relation sanguine et lien de lait, par exemple papa, oncle maternel ou paternel, frère, neveu etc.

Selon un hadîce de Tahaawî, Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit :

Il n'est pas permis à une dame de voyager pendant plus de trois jours si elle n'est pas accompagnée d'un homme avec qui elle n'est pas autorisée de contracter un mariage (qu'elle n'a pas droit d'épouser).

Il y a d'autres ahaadîce qui font mention aussi de voyage de moins de trois jours et de la présence de mahram. Ces ahaadîce sont applicables quand il y a un fitnah. Quant à l'interdiction pour une dame d'entreprendre un voyage de trois jours, l'interdiction est liée au voyage même. En d'autre mot, d'après la Charî'ah, un voyage de trois jours en lui même est une substitution de fitnah. C'est pourquoi la Charî'ah a mis l'emphase pour une dame d'être accompagnée d'un mahram si elle veut entreprendre un voyage de trois jours ou plus.

LE VOYAGE DU HADJ ET LA FEMME

Le même principe s'applique pour le voyage du Hadj. Si une dame doit voyager sur une distance de 48 milles ou plus pour accomplir le Hadj, elle doit nécessairement se faire accompagner d'un mahram. Les ahaadîce précités concernent toutes sortes de voyage-voyage de Hadj et autres. Il y a cependant d'autres ahaadîce qui font mention spécifiquement de l'interdiction pour une dame de faire le voyage du Hadj sans un mahram. Des ahaadîce existent en grand nombre pour expliquer cela.

Selon un hadîce authentique d'Al-Bazzaar et Darqoutnî et rapporté par Hazrat Abdoullah Bin Abbaas ‎‎‎‎ (Radiyallahou anhou‎), Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit :

"Une dame ne doit pas faire le (voyage du) Hadj, sans être accompagnée d'un Mahram..."

I'DDAH ET HADJ

En sus d'avoir un Mahram, une dame ne doit pas être en I'ddah si elle désire accomplir le Hadj que ce soit I'ddah de talaaq ou I'ddah de décès. Ceci est compréhensible car en I'ddah, une dame n'est pas autorisée de sortir en public.

Même accompagnée d'un mahram, une dame ne peut entreprendre le voyage du Hadj pendant sa période de I'ddah (viduité), que ce soit I'ddah de talaaq ou I'ddah de la mort.

[EXTRAIT DE AL HAADÎ Vol.3 No.6]