La superstition

La vraie connaissance est une lumière qui nous aide à comprendre et à connaitre chaque chose telle qu'elle est en réalité. Une telle connaissance est basée et fondée sur le Wahî (la révélation divine) d'où elle tire sa source. Une époque vécue où il n'y a eu ni lumière, ni bénéfice du Wahî c'est une époque de Jaahiliyyah. L'époque qui a précédé l'avènement de Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) et la révélation du Qour'aan-é-Karîm, c'était une époque de Jaahiliyyah, c'est-à-dire une époque dans l'obscurité de l'ignorance totale.

Si la lumière de la vraie connaissance bâtît l'édifice de la croyance ferme et solide dans le fait que le bienfait et le méfait se trouvent uniquement dans la main d'Allah Ta'aala et que Lui seul détient le pouvoir absolu d'accorder Son bienfait et de protéger des méfaits, l'obscurité de l'ignorance par contre démolit tout cela pour faire place à de multiples conceptions erronées et vous laisse plongé dans l'incertitude de la confusion et de la superstition.

La conception de la divinité ou de déisme est liée au pouvoir de faire du tort et au pouvoir de protéger. Conséquemment, l'homme a toujours déifié (élevé au rang de divinité) quelque chose quand il a eu la croyance que cette chose a le pouvoir de protéger ou de nuire. A la lumière de la connaissance fondée sur le Wahî (la révélation divine), on apprend que ce pouvoir de protéger ou de faire du tort se trouve uniquement dans la main d'Allah Ta'aala, le Créateur suprême. Allah Ta'aala dit dans le Qour'aan‎‎-é-Karîm :

"Et si Allah fait qu'un mal te touche, nul ne peut l'écarter en dehors de Lui. Et s'il Te veut un bien, nul ne peut repousser Sa grâce. Il en gratifie qu’il veut parmi Ses serviteurs...." (10:107)

Quant à ceux qui ont été privés de cette lumière, ils ont toujours été perdus dans l’obscurité et ils ont attaché cela aux incapables qui sont comme eux et avec des événements imprévus.

Pour faire l'homme comprendre que l'adoration est un droit exclusif qui appartient à Celui qui détient le pouvoir absolu de faire du tort et de protéger, Allah Ta'aala s'adresse aux Moushrikîne en ces termes :

"Vous adorez donc, en dehors d'Allah, quelqu'un qui ne vous fait aucun bien et ne vous fait aucun mal ?" (21:66)

Ailleurs Allah Ta'aala dit :

"N'invoque pas, en dehors d'Allah, ce qui ne peut ni t'être utile, ni te nuire..." (10:106)

Dépourvus de cette lumière divine, à l'époque du Jaahiliyyah, les Moushrikîne et les kaafirs avant l'avènement de Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) croyaient pleinement à toutes sortes de superstition. Par exemple, il y avait une certain catégorie d'animaux qui quand les femelles avaient des petits, ceux-ci étaient considérés comme étant haraam pour les femmes seulement mais halaal pour les hommes, comme il en est fait mention dans le verset 139 du Sourah 6:

"Ils disent : 'Ce qui se trouve dans le ventre de ces animaux est licite pour nos hommes et interdit à nos épouses.' S'il s'agit d'une bête morte, tous y participent…" 

Par contre, si le petit mourrait à la naissance, alors il était considéré comme licite pour tous indistinctement. Autre coutume qui leur était propre : s'ils avaient à retourner chez eux pour quelque besoin après avoir attaché l'Ihraam alors ils considéraient que rentrer par la porte de devant de leur maison comme étant une pratique interdite. A cause de cela, ils fabriquaient une ouverture à l'arrière de leur maison. Concernant cette pratique, Allah Ta'aala dit :

.".. La piété ne consiste pas à pénétrer dans vos maisons par derrière. La piété consiste à craindre Allah. Entrez dans vos maisons par leurs portes habituelles" (2:189)

Se basant sur ce verset, les Ou'lamaa de Tafsîr et les Fouqahaa (juristes) disent :

"Imposer quelque chose que la Charî'ah n'a pas imposé ou considérer comme interdit quelque chose que la Charî'ah n'a pas interdite équivaut à prendre l'autorité et le pouvoir législatif dans ses mains - un pouvoir qui au fait se trouve exclusivement dans la main d'Allah Ta'aala."

Dans cette même optique, Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) condamne sévèrement le "Twiyarah." Selon un hadîce de Boukharî, rapporté par Hazrat Aboû Houraïrah (Radiyallahou anhou‎), Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) dit :

" Le twiyarah n'existe pas."

Que veut dire Twiyarah ?

Twiyarah est dérivé du mot 'twair' qui signifie 'oiseau'. A l'époque du Jaahiliyyah, dans le but de deviner le sort d'un projet, de le connaître d'avance, les kaafirs et les Moushrikîne se rendaient auprès d'un nid d'oiseau et chassaient l'oiseau qui s'y trouvaient. Si l'oiseau s'envolait et prenait la direction de droite, cela était considéré comme un signe positif.

Et si l'oiseau prenait la direction de gauche, c'était considéré comme un signe négatif. C'était cela l'origine du 'twiyarah'. Maintenant, la pratique de deviner le sort d'un projet à base d'événements imprévus est considéré comme étant du Twiyarah ou Tatwayyour, ce qui signifie 'deviner en chassant l'oiseau de son nid', même si ni chasse ni oiseau n'y est plus impliqué. Par exemple, de nos jours, une personne a tendance à changer de direction s'il arrive qu'un chat traverse devant lui. Cela aussi c'est du "Twiyarah." Il y a une autre pratique concernant les enfants. Afin de savoir dans quelle direction ils doivent poursuivre leur effort afin de chercher leur pièce d'argent perdu, ils avaient ou ils ont encore l'habitude de cracher dans la paume de la main gauche et ensuite à l'aide de l'index de la main droite ils donnent un coup dans le crachat. Ils assument que la pièce d'argent est tombée dans la direction où le crachat tombe. Une autre pratique pénible pour nos soeurs enceintes c'est qu'à l'occasion de l'éclipse elles ne peuvent s'allonger, ni dormir ni se servir de couteau ou de ciseaux par crainte que l'enfant naisse avec la main ou le pied amputé.

Comme nous le voyons, qu'un chat traverse devant quelqu'un ou encore le phénomène de l'éclipse, tout cela n'a rien à voir avec le sort d'une personne. Conclure à de mauvais présages à partir de coïncidences c'est du Twiyarah. Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam), selon un hadîce d'Aboû Daawoûde l'a traité de Chirk parce que cela consiste à lier le sort et l'avenir de quelqu'un ou de quelque chose à des événements occasionnés par des coïncidences. Or le bienfait et le méfait se trouve uniquement dans la main d'Allah Ta'aala.

Expliquant la raison pour laquelle le 'Twiyarah' a été traité de Chirk, Allaamah‎‎ Ibn Hadjar (R) dit dans son Fath-oul-Baarî, le commentaire de Boukharî :

''Et cela (le twiyarah) a été traité de Chirk à cause de la croyance que cela attire le bienfait et repousse le méfait. (En le faisant), c'est comme quoi vous êtes en train d'associer cela (c'est-à-dire cet événement imprévu) à Allah Ta'aala''.

Quant à un état d'esprit optimiste qui consiste à conclure à un bon présage à partir d'un bon signe, c'est toléré dans la Charî'ah à condition que cela ne devienne pas une conception. Par exemple, une personne se trouvant en difficulté entend quelqu'un lire un verset qui promet le succès. Alors, la personne considère ceci comme un bon signe pour lui. Cela est permis dans le sens où il n'y rien de mal à éprouver un contentement sans agir selon ce sentiment.

Bref, rejeter le 'twiyarah', les superstitions, la croyance des signes apportant le malheur, c'est le reflet du Noûr (de la lumière) du Wahî (la révélation divine). De même que l'acceptation de tout cela c'est le résultat de l'obscurité du Jaahiliyyah. Être un Mou'mine et en même temps avoir des conceptions de Jaahiliyyah ! C'est à nous de décider et de choisir.

[EXTRAIT DE AL HAADÎ Vol.3 No.6]