Pardah (le voile) en Islâm

Q. Que dit la Charî'ah exactement sur la question de Pardah (le voile)? Une dame est elle obligée de se couvrir le visage ?

R. Selon un hadîce de Tirmîzî, Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a qualifié une femme comme "Aurah", ce qui signifie que c'est un être qu'on doit cacher des regards. L'action de se cacher le corps s'appelle "Ihtijaab" et comprend trois degrés :‑

1. Le premier Ihtijaab implique rester chez soi, enfermée dans sa demeure comme le prouve le verset 33 du Sourah 33 : "Restez dans vos maisons, ne vous montrez pas dans vos atours comme le faisaient les femmes au temps de l'ignorance."

2. En cas de nécessité, si la femme doit sortir, alors elle doit se couvrir tout le corps avec un "jilbaab" d'une telle façon que rien ne reste découvert sauf la partie recouvrant les yeux pour regarder son chemin. Ceci est mentionné dans le verset 59 du Sourah 33 :

‎‎Prophète ! Dis à vos épouses, à vos filles et aux femmes des croyants de se couvrir de leurs  'jilbaab' : c'est pour elles le meilleur moyen de se faire connaître et de ne pas être offensées. Allah est Celui qui pardonne, Il est très Miséricordieux."

3. On doit se couvrir tout le corps avec un jilbaab sauf le visage et les poignets. Mais il faut faire ressortir que les hommes n'ont pas le droit de fixer "leur regard délibérément sur le visage ou le poignet du sexe opposé"

En ce qui concerne ce troisième degré de "pardah", il a divergence d'opinions des Ou'lamaa. Ceci est dû à cause de l'interprétation et la définition de "que ce qui en paraît" comme mentionné dans le verset 31 du Sourah 24 qui lit :

"Dis aux croyantes: de baisser leurs regards, d'être chastes, de ne montrer de leur atour que ce qui en paraît, de rebattre leurs voiles sur leurs poitrines, de ne montrer leurs atours qu’à leurs époux, ou à leurs pères, ou aux pères de leurs époux, ou à leurs fils ou aux fils de leur époux, ou à leurs frères; ou aux fils de leur frères; ou aux fils de leurs sœurs, ou à leurs servantes ou à leurs esclaves, ou à leurs serviteurs males impuissants ou aux garçon impubères. Dis-leur encore de ne pas frapper le sol de leurs pied pour montrer leurs atours cachés…"

Selon Hazrat Abdoullah bin Mas'oûde (Radiyallahou anhou‎) la partie exemptée c'est le bourqah‎ ou jilbaab. Les trois Aimmah - Imaam Maalik (R), Imaam Chaafi'î (R) et Imaam Ahmad bin Hambal (R) ont adopté cela et conséquemment ils ont interdit ce troisième degré de pardah. Donc à leur avis une dame est obligée de se couvrir le visage qui est inclus dans le pardah. Quant à Hazrat Abdoullah bin Abbaas ‎ pour lui, les parties exemptées sont le visage et les poignets. Imaam Aboû Hanîfah (R) a adopté cette prise de position. Donc, selon Imaam Aboû Hanîfah (R), il n'est pas obligatoire pour une femme de se voiler le visage étant donné que le visage ne fait pas partie du "aurah" (une partie qui doit être cachée), à moins que le fait de découvrir son visage devienne une source de fitnah (la tentation). A ce moment-là, elle n'a pas le droit d'exposer son visage.

Vu que le visage d'une jeune femme ou d'une jeune fille est plus susceptible de causer le fitnah, Imaam Aboû Hanîfah (R) dit que cette dernière se doit de couvrir le visage. Quant aux vieilles dames d'un âge très avancé, qui ne sont pas provocantes elles peuvent ne pas se couvrir le visage quoiqu'il soit meilleur si elles aussi se couvraient le visage.

Bref, tous les 4 Aimmah sont unanimes concernant l'obligation de se couvrir le visage pour une dame, quoiqu'ils divergent sur la raison pour laquelle c'est obligatoire.

Ceci démontre donc qu'il n'est pas permis pour les jeunes femmes de se laisser le visage découvert et que c'est un manquement à l'égard du pardah.

Ici nous attirons l'attention de nos frères musulmans qu'il ne faudrait pas nous laisser trompés par des opinions isolées. Si tel est le cas, vous pourrez un jour vous retrouver dans une telle situation où vous serez obligé d'autoriser la consommation du crapaud puisque certains savants sont d'opinion que c'est permis. L'opinion isolée existe un peu partout, mais il ne faut pas suivre une opinion isolée au détriment d'un verdict prononcé et soutenu par la majorité, surtout soutenu par les 4 illustres Aimmah (R).

Très souvent on est complexé face à des slogans tels que "la liberté féminine", "l'émancipation de la femme" pour finalement céder à des pressions en forme de concession dans le Dîne. On doit, en tant que musulman, se mettre dans la tête qu'une dame musulmane observant le pardah est libre. C'est en restant hors du pardah qu'elle devient esclave. Venir dire que ce n'est pas nécessaire de se couvrir le visage quand on observe le pardah, c'est une concession que beaucoup d'entre nous sont en train d'essayer de faire par complexe et sous pression. Or la gloire de la femme, sa dignité et sa liberté se trouvent dans l'observance d'un pardah où est inclus le fait de se couvrir le visage.

[EXTRAIT DE AL HAADÎ Vol.3 No.7]