"Hazrat Mouhammad (Sallallaahou A'laihi Wasallam) Rahmat Oul Lil Aalamîne"

"Et nous ne l'avons envoyé que comme une Miséricorde pour les mondes." (21:107)

Rahmatoul-lil-Aalamîne (Miséricorde) est uniquement employé dans ce verset à l'égard de Hazrat Mouhammad (Sallallaahou A'laihi Wasallam), le dernier des Prophètes. C'est Allah qui lui a attribué ce titre et il est inscrit dans le livre, Al-Qour'aan, dont la véracité est attestée par son Révélateur lui-même,

"Oui c'est nous qui avons fait descendre le Rappel (Al-Qour'aan). Certes oui, et c'est nous qui en sommes gardiens." (15:9)

Allah a voulu que cette proclamation soit répandue aux quatre coins du monde et qu'elle soit connue à travers tous les âges.

Le mot 'Rahmat' (Miséricorde) est un mot couramment employé et se trouve sur presque toutes les lèvres des musulmans. La récitation de ce mot rend l'âme paisible et donne un certain confort à notre être.

Le degré et la qualité de Rahmat (Miséricorde) est variable voire illimité. Une personne qui apaise la soif d'un voyageur en proie à une chaleur ardente, une mère qui manifeste son affection pour ses enfants selon la nécessité du moment, un père qui élève et éduque ses enfants, une personne qui nourrit un pauvre etc. sont des manifestations de Rahmat. Le degré de Rahmat se mesure conformément à la grandeur et la qualité de l'oeuvre accomplie. Pour mieux comprendre cette différence, analysons ces deux exemples suivants :

  1. Supposons qu'un enfant est torturé par des douleurs très aiguës et qui se tourne et se débat sur son lit devant les affres de la mort. Imaginez la mère à son chevet qui pleure à chaudes larmes et le père qui laisse voir une expression douloureuse sur son visage. Mais soudain au milieu de cet effroi une voix se fait entendre : "Je vais sauver votre enfant." Il fait avaler à l'enfant quelques gouttes d'une potion et voilà comme par miracle, l'enfant retrouve ses forces. La famille, émerveillée ne tardera pas à manifester leur joie en s'écriant : "Ce médecin est un Farishta de Rahmat qu'Allah a envoyé pour sauver notre fils."
  2. Prenons l'exemple d'un jeune homme qui représente tout pour sa famille. Il est le seul à subvenir aux besoins de ses parents. Un jour alors qu'il se trouve en leur compagnie au bord de la mer, il s'aventure à prendre un bain. Soudain, il perd pied et se débat en vain pour échapper à une noyade certaine. Il est sauvé comme par miracle par un nageur. Imaginez la gratitude de cette famille envers ce sauveur qu'elle qualifiera certes comme un nageur providentiel qu'Allah a envoyé pour lui sauver.

Le degré de Rahmat dans les deux cas est différent car dans le premier il s'agit d'un petit enfant sur qui personne ne dépend tandis que dans le second il s'agit d'un homme sur qui les parents dépendent totalement.

Comparé, aux bonnes oeuvres de tous les hommes, celles de Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) sont les plus grandes et le degré de sa miséricorde (Rahmat) inégalable et inestimable ; son Rahmat (bénédiction) ne se limite pas à une famille, à une communauté mais s'étend à l'humanité toute entière. Il surpasse tous les hommes par la noblesse de sa personne.

Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) sauva non temporairement mais éternellement de par son Rahmat ce monde qui se trouvait au bord d'un abîme sans fond et qui était voué à une destruction certaine.

.".. Et alors que vous étiez au bord d'un abîme de feu, c'est Lui qui vous en a sauvés. Ainsi Allah vous expose Ses signes. Peut-être vous guiderez-vous." (3:103)

Pour mieux comprendre le degré de la bénédiction (Rahmat) de Hazrat Mouhammad (Sallallaahou A'laihi Wasallam), il faut tout d'abord, connaître le danger qui guettait l'Arabie avant son arrivée.

En Arabie pré-islamique, bien avant la naissance du Prophète (Sallallaahou A'laihi Wasallam) les arabes païens vivaient dans la discorde et l'ignorance. Ils étaient déchirés par des guerres tribales et vivaient sous la domination des puissants. L'immoralité y régnait partout, les boissons alcooliques, le jeu du hasard, la pratique d'enterrer vivante les filles en bas âge était chose courante. De plus, ils adoraient des idoles de formes étranges et d'autres images gravées en forme d'homme ou d'autres créatures. Ils imploraient des statues appelées "Al Laat", "Al-Ou'zzah", "Houbal" ; croyant qu'elles ont la capacité de tout accorder ; enfant, guérison, richesse etc.

Or, le Prophète Hazrat Mouhammad (Sallallaahou A'laihi Wasallam) brisa les chaînes de cette ignorance (Jaahiliyyah) absurde, et il offrit au monde entier un message salutaire.

"Nous t'avons envoyé à la totalité des hommes uniquement comme annonciateur de la bonne nouvelle et comme avertisseur, mais la plupart des hommes ne savent pas." (34:28)

L'UNITÉ SELON HAZRAT MOUHAMMAD (SALLALLAAHU A'LAIHI WASALLAM).

Il considérait les hommes comme un seul corps, une seule famille, sans distinction ou discrimination de race, de couleur ou d'appartenance. Pour lui, la distinction de l'homme se trouve uniquement dans le Taqwaa (Crainte d'Allah).

"Les arabes ne sont pas supérieurs aux non arabes et les non arabes ne sont pas supérieure aux arabes. Il n'y a aucune supériorité du Blanc sur le Noir ni du Noir sur le Blanc. La supériorité se trouve dans la piété."

Ainsi, brisa-t-il, toutes les barrières artificielles créées par les hommes. Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a pris en considération toutes les étapes de la vie de l'homme. Il a régi la vie de l'homme depuis le berceau jusqu'à la mort.

HAZRAT MOUHAMMAD (SALLALLAAHU A'LAIHI WASALLAM) ET LES DROITS DES ENFANTS.

De nature affectueuse, Hazrat Mouhammad (Sallallaahou A'laihi Wasallam) se préoccupait constamment des rapports entre les enfants et leurs parents. Il insista à ce que les parents nourrissent, éduquent et inculquent le respect et les bonnes manières à leurs enfants.

'Le plus grand devoir du père vis-à-vis de ses enfants est de leur apprendre le respect avant toute chose' (Tirmîzî)

Pour souligner l'importance de cette grande responsabilité, il a dit à ce sujet :

"Chaque homme est un berger pour sa famille et il sera questionné au sujet de chaque membre de sa famille." (Boukharî)

L'Envoyé d'Allah, Hazrat Mouhammad (Sallallaahou A'laihi Wasallam) éprouvait une vive affection pour les enfants à tel point que pendant la Salaah, s'il entendait un enfant pleurer, il se hâtait de terminer la Salaah pour permettre à la mère d'aller consoler son enfant, car il savait combien souffre une mère en entendant les pleurs de son enfant.

Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) choyait ses filles et celles de ses compagnons. Hazrat Aboû Qataadah (Radiyallahou anhou‎) a dit :

"Nous avons vu le Prophète (Sallallaahou A'laihi Wasallam) sortir avec Oumaamah, fille d'Al'As, sur son épaule et durant la Salaah, la déposer dans son inclination et la reprendre sur ses épaules, lors de son redressement."

HAZRAT MOUHAMMAD (SALLALLAAHU A'LAIHI WASALLAM) ET LA JEUNESSE.

Hazrat Mouhammad (Sallallaahou A'laihi Wasallam) accordait une attention particulière à la jeunesse. Il l'exhortait à vivre une vie pieuse tout en restant loin des forces maléfiques qui peuvent à tout moment les dévier du droit chemin.

Hazrat Aboû Houraïrah (Radiyallahou anhou‎) raconte que l'Envoyé d'Allah a dit :

"Le Jour du Jugement, Allah couvrira de l'ombre de Sa miséricorde sept catégories de gens. Et l'une de ces sept est : 'Un jeune qui a été élevé dans l'Ibaadah d'Allah'." (Boukharî). Et selon une autre version 'Un jeune qui passe sa jeunesse dans l'Ibaadah d’Allah'.

Pour protéger cette jeunesse contre les forces du mal, il l'exhorte à avoir recours au mariage qui demeure le bouclier le plus puissant et le plus efficace contre les tentations sataniques.

"Lorsque l'homme se marie, la moitié de sa religion est sauvegardée. L'autre moitié pour se la conserver ; il suffit de rechercher la piété auprès d'Allah." (Baihaqui)

Il a dit encore :

"Ô‎‎ jeunes gens ! Quiconque parmi vous qui peut se le permettre, qu'il se marie, car cela l'aidera à sauvegarder sa chasteté ; ceux qui n'ont pas les moyens d'en faire autant qu'ils jeûnent car le jeûne est un bouclier contre le mal et il diminue l'impulsion sexuelle." (Boukharî et Mouslim)

LES DROITS DES PARENTS.

Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a recommandé tout particulièrement de traiter ses parents avec amour et tendresse surtout quand ils sont vieux,

"Et voilà que ton Seigneur a décrété ; n'adore que Lui, de la bonté envers les pères et mères ; si l'un deux ou tous deux doivent atteindre la vieillesse près de toi, alors ne leur dis point "Ouf !" et ne les repousse pas, mais dis leur des paroles tendres." (17:23)

Il a aussi montré que "Le plaisir d'Allah est dans le plaisir du père et le déplaisir d'Allah est dans le déplaisir du père et que le paradis se trouve aux pieds de la mère."

HAZRAT MOUHAMMAD (SALLALLAAHU A'LAIHI WASALLAM) ET LES DROITS DES VIEUX.

Hazrat Mouhammad (Sallallaahou A'laihi Wasallam) traitait les personnes âgées avec beaucoup de respect et de déférence. Les personnes âgées, selon lui, doivent être respectées, soignées et choyées, par leurs familles. Elles ne doivent pas être rejetées ou envoyées aux asiles des vieillards pour le reste de leur vie.

"Celui qui ne respecte pas les vieux et n'a pas de pitié non plus pour les jeunes ne fait pas partie de moi." (Mishkaat)

LES DROITS DE LA FEMME.

Dans un pays où la femme n'avait aucune valeur humaine, l'Envoyé d'Allah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) lui a donné un statut élevé et lui a donné des droits importants dans la société. Il a préservé et protégé la femme de ses parents par alliance afin de préserver sa dignité et lui assurer une place digne dans la famille.

"Le plus parfait des musulmans est celui qui a la meilleure conduite envers sa femme."

Il a accordé à la femme un droit dans les successions et les considère égaux devant la loi. Avant l'Islâm les femmes n'avaient aucun droit d'hériter des hommes.

"Aux hommes revient une part de ce qu'ont laissé les père et mère ainsi que les proches et aux femmes une part de ce qu'ont laissé les père et mère ainsi que les proches, que ce soit peu ou beaucoup : une part fixée." (4:7)

Les arabes païens enterraient vivantes leurs filles à leur naissance. Le Qour'aan dénonce cette vile pratique et met un frein à cet acte cruel et barbare :

"Et quand on annonce à l'un d'eux la naissance d'une fille, son visage pâlit, cependant qu'il suffoque, il se cache des gens à cause du malheur annoncé doit-on la garder malgré la honte ou l'enfouira-t-il dans la terre, comme est mauvaise ce qu'ils jugent." (16:58-59)

Et le Prophète d'Allah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) ne manque pas de s'appesantir sur la valeur de la fille. Il a dit à leur sujet :

"Si une personne n'a que des filles, et qu'avec joie elle a pris soin d'elles avec beaucoup de gratitude, celles-ci seront pour elle la défense contre l'enfer."(Boukharî et Mouslim) ou encore, "Une personne a deux filles qu'elle a pris soin d'élever- jusqu'à leur adolescence, le Prophète (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit : 'Je serai avec cette personne le Jour du Jugement dernier comme l'index et le majeur qui ce trouvent ensemble'." (Mouslim).

HAZRAT MOUHAMMAD (SALLALLAAHU A'LAIHI WASALLAM) ET LES ORPHELINS.

Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam)a accordé aux orphelins, aux veuves et aux pauvres une position privilégiée au sein de la société et réclame pour eux une attention particulière car ils sont privés d'un soutien inestimable qui est l'affection des parents.

"Celui qui prend soin des orphelins sera avec moi au paradis comme l'index se trouvant à coté du majeur." (Boukharî)

"Lorsqu'une personne caresse la tête d'un orphelin, Allah lui accorde des çawaabs pour chaque brin de cheveu de l’orphelin." (Mousnad Ahmad)

Il a dit aussi que la personne qui prend soin aux besoins d'une veuve est comme celui qui prie toute la nuit et qui jeûne pendant le jour.

HAZRAT MOUHAMMAD (SALLALLAAHU A'LAIHI WASALLAM) ET LES DROITS DES VOISINS.

Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a recommandé de bons rapports envers les autres, surtout envers les voisins tant et si bien qu'ils n'ont aucun reproche à formuler. Hazrat Anas (Radiyallahou anhou‎) rapporte que le Prophète (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit :

"Il n'entrera pas au paradis celui qui, par ses mauvaises actions n’inspire pas la sécurité à ses voisins." (Mouslim)

"Il n'est pas de moi celui qui mange à sa faim alors que son voisin a faim." (Baihaqui)

HAZRAT MOUHAMMAD (SALLALLAAHU A'LAIHI WASALLAM) ET LES ANIMAUX.

Son souci de justice, de charité et de bienveillance ne se limitent pas qu'aux humains mais s'étendent aussi bien aux animaux. Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a maudit ceux qui prennent pour cible un animal vivant et selon Aboû Houraïrah (Radiyallahou anhou‎) Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit :

"Un homme qui cheminait fut torturé par la soif. Il descendit dans un puits et but. Comme il en ressortait, voici qu'il aperçut un chien haletant qui mangeait de la terre, tant il avait soif, l'homme se dit 'En voilà un qui est éprouvé comme je l'ai été moi-même'. Il remplit donc sa bottine, la saisit (entre ses dents) dans sa bouche, remonta (hors du puits), et abreuva le chien. Allah le loua de son acte et Il lui pardonna ses fautes.

On dit alors (au Très Saint Envoyé (Sallallaahou A'laihi Wasallam)) Ô‎‎ Envoyé d'Allah nous aurons donc une rétribution céleste pour le bien fait aux animaux ? Pour le bien fait à tout "Coeur humide" (être vivant), il y aura une récompense. (Boukharî).

Dans une autre tradition l’Envoyé d'Allah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit :

"Une, femme avait martyrisé une chatte si bien qu'elle mourait. Elle ne l’a pas nourrie, ni ne la libérée pour qu'elle se nourrisse (les insectes de la terre). " (Boukharî)

Les sanctions prises en différentes occasions contre les rebelles, les malfaiteurs etc. par l’Envoyé d'Allah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) demeurent toujours une bénédiction pour toute l'humanité.

Tout comme un chirurgien qui enlève la partie du corps malade pour empêcher une gangrène certaine, Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a considéré la société comme un corps et pour empêcher que cette société ne se dégrade et ne se désintègre, il a ordonné que des sanctions sévères mais tant nécessaires soient prises pour le bien de cette société.

Hazrat Mouhammad (Sallallaahou A'laihi Wasallam) demeure incontestablement l'être le plus noble et le plus parfait que la terre n'ait jamais connu.

[EXTRAIT DE AL HAADÎ Vol.3 No.7]