Ordonner le bien et empêcher le mal

"Celui qui voit quelque chose contraire à l'Islâm, il doit le changer avec sa main. S'il ne peut pas le faire, qu'il le change au moyen de sa langue. Et si cela aussi s'avère impossible, alors qu'il le change dans son cœur, et cela, c'est le degré le plus faible de l'Îmaan." (Mouslim)

La formule utilisée pour «quelque chose contraire à l'Islâm» c'est 'Mounkar', ce que dans notre langage on appelle "le mal." Alors, pour changer un "Mounkar" ou une pratique qui n'est pas approuvée, Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) nous a enseigné trois façons :

  • se servir du pouvoir et de la force. Cette méthode s'applique surtout pour les chefs d'État, les parents et les professeurs.
  • la deuxième façon, c'est de se servir de sa bouche, c'est-à-dire à travers des causeries, des méthodes d'enseignement, des livrets etc. Ceci concerne surtout les Ou'lamaa.
  • la troisième catégorie c'est d'avoir du dégoût pour le mal dans le coeur et d'avoir le niyyah et la détermination de changer ce mal-là si jamais on arrive à avoir les moyens nécessaires pour le faire ordonner le bien et empêcher le mal est une pratique fondamentale de l'Islâm, obligatoire sur chaque musulman d'après sa capacité et ses moyens. Dans le verset 110 du Sourah Ale-I'mrân, Allah Ta'aala affirme que cet Oummat, l’Oummat de Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) est le meilleur Oummah‎. La grandeur et la supériorité de ce peuple repose sur le principe de "ordonner le bien et empêcher le mal." Par contre, le peuple Banî Isrâ'îl a été maudit à travers Hazrat Daawoûde et Hazrat I'çaa (Alaihis Salaam). C'est parce que le peuple de Banî Isrâ'îl n'avait pas l'habitude d'empêcher le mal.

Donc, la pratique qui distingue l'Oummah‎ de Nabî‎‎-É-Karîm (Sallallaahou A'laihi Wasallam) c'est "ordonner le bien et empêcher le mal." Cela signifie que sans cette pratique cet Oummah‎ perd sa grandeur et sa supériorité.

Pour être préservé de cette destruction, il est indispensable de mettre en pratique ce précepte d'ordonner le bien et d'empêcher le mal.

Une personne qui a Îmaan dans son coeur et qui est convaincue de la véracité, et de la grandeur de l'Islâm ne peut rester insensible quand elle voit que le mal est en train d'être commis. Elle ne peut accepter le fait que le commandement de Rabb-oul-Aalamîne‎‎ est en train d'être négligé, que la Sounnah et les principes de notre bien-aimé Nabî‎‎-é-Karîm (Sallallaahou A'laihi Wasallam) sont abandonnées et qu’ils sont l’objet de moqueries. Elle doit à tout prix s’opposer et désapprouver une telle pratique selon ses capacités. Cette capacité, tout le monde la possède. C'est d'avoir dans le coeur du dégoût à l'égard des mauvaises pratiques. C'est un degré de désapprouver le mal qui est au minimum. S'il y a obstacle à ce degré de désapprobation, c'est qu'il y a absence totale de la manifestation d'Îmaan chez la personne. C'est ce que Nabî‎‎-É-Karîm (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a voulu démontrer quand il a dit que le troisième degré d'ordonner le bien et d'empêcher le mal c'est la désapprobation dans le coeur et c'est là le degré le plus faible de l'Îmaan. Donc, selon le hadîce de Nabî‎‎-é-Karîm (Sallallaahou A'laihi Wasallam), une personne qui n'éprouve pas du dégoût pour une pratique anti Islamique fait montre d'un manque total d'Îmaan.

Éprouver du dégoût c'est ce qui fait qu'un musulman va rester à l'écart d'une pratique islamiquement illicite et qu'il aura du souci pour ceux qui y sont mêlés. En outre, une chose que chaque musulman peut faire indistinctement c'est de faire Dou'aa avec Allah Ta'aala pour son propre hidaayah et de faire Dou'aa en faveur de son prochain. De même, il donnera la priorité à l'éducation islamique pour ses enfants afin que ses enfants connaissent le Dîne.

C'est le dégoût pour des pratiques anti-islamiques qui va empêcher un musulman d'être présent sans raison valable dans des lieux ou des assemblées où les commandements d'Allah Ta'aala sont enfreints. A noter que la présence délibérée dans des cérémonies non régies par les principes islamiques est une expression de la satisfaction d'un péché commis. La satisfaction d'un péché c'est un péché. Dans un hadîce, Nabî‎‎-é-Karîm (Sallallaahou A'laihi Wasallam) dit : "Celui qui est présent (par obligation) dans un lieu où le péché est en train d'être commis et qu'il a du dégoût pour ce péché-là, alors c'est comme n'a pas été présent dans ce lieu. Par contre, si une personne a été absente de ce lieu-là, mais a été satisfaite du péché commis là-bas, c'est comme si elle a été présente là-bas."

Ce hadîce-ci prouve qu'il est très probable que cette personne n'ait pas commis de péchés à son compte. C'est parce que cette personne a été satisfaite des péchés que les gens commettaient.

C'est le cas de certains parents qui permettent aux gendres de "fréquenter" auprès de leur fille. Toutes les bêtises que le garçon et la fille commettent relèvent aussi de la responsabilité des parents car ce sont eux qui ont occasionné ces péchés. Un autre exemple est celui de l'amendement du M.P.L (Mouslim Personal Law). Celui qui pense que le gouvernement est en train de bien faire en amendant la loi sera responsable devant Allah Ta'aala.

Dans un hadîce de Baihaqui, Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) dit : "Allah Ta'aala a ordonné à Hazrat Djibrîl (Alaihis Salaam) de détruire complètement un certain endroit. Alors Hazrat Djibrîl (Alaihis Salaam) a dit : 'Ô‎‎ mon Maître, il y a parmi eux tel serviteur qui ne T'a jamais désobéi même pendant un clin d'œil'. Allah Ta'aala a dit : "Détruis complètement cet endroit avec tous ses habitants aussi bien que ce serviteur parce que jamais son visage ne s'est changé à cause de Moi. (C'est à dire que quand les autres personnes désobéissaient à Mes commandements, l'expression de son visage ne s'est jamais changée en guise de protestation et de désapprobation.)"

Ce hadîce-là aussi bien que celui de Mouslim Charîf cité au début constituent un avertissement pour les parents qui délibérément permettent à leur filles de s'habiller d'une façon indécente, et ce avec plaisir et fierté. L'absence du dégoût pour une mauvaise pratique entraîne la disparition d'Îmaan. Une personne qui n'éprouve pas de dégoût pour le mal a besoin de se tracasser pour son Îmaan car celui-ci est en danger.

[EXTRAIT DE AL HAADÎ Vol.4 No.4]