As-sadaqah - la charité

Le sadaqah peut être défini comme une donation qu'on fait dans le but de rechercher le plaisir et le contentement d'Allah Ta'aala. Le mot 'sadaqah' lui même est dérivé du mot 'sidq' qui signifie la vérité, la sincérité ou la volonté de réaliser un engagement pris. De ce fait une personne sera considérée comme 'Saadiq' seulement quand la déclaration qu'elle a faite ou l'engagement qu'elle a pris est accompli.

Et c'est cette même ligne de pensée "de réaliser un engagement pris" qui est exprimée par le mot "sadaqoû", un dérivé du mot "sidq", qui a été utilisée dans le verset suivant :

"Il y a, parmi les croyants, des hommes qui ont réalisé l'engagement qu'ils avaient pris avec Allah..." (33:23)

Bref, le sadaqah en lui même exprime la sincérité du donateur envers Allah Ta'aala. Et c'est dans ce même sens que le Prophète (Sallallaahou A'laihi Wasallam) qualifia chaque bonne action comme sadaqah car, sans doute, chaque bonne action, pour quelle puisse être acceptée, doit exprimer la sincérité du serviteur envers le Créateur.

Dans le sens général, le sadaqah doit être pratiqué par chaque musulman, qu'il soit riche ou pauvre, selon sa capacité. Le Prophète de l'Islâm (Sallallaahou A'laihi Wasallam) comme rapporté par Hazrat Aboû Moûçaa Al Ash'arî (Radiyallahou anhoum‎), a dit :

"Chaque musulman doit faire le sadaqah (la charité)." Les Sahaabah‎‎ (Radiyallahou anhoum‎) lui demandèrent :

"S’il n'a rien à donner, que doit-il faire ?"

"Il doit travailler de ses mains afin qu'il puisse aider lui-même et ensuite faire le sadaqah", répondit le Prophète (Sallallaahou A'laihi Wasallam).

"S'il ne peut pas faire cela ?"

"Alors il doit aider ceux qui sont opprimés et dans le besoin", répondit le Prophète (Sallallaahou A'laihi Wasallam).

Ils dirent :

"S'il ne peut faire cela ?"

Il dit :

"Alors qu'il ordonne le bien !"

"S'il ne peut pas ?" questionnèrent encore les Sahaabah‎‎(Radiyallahou anhoum‎).

"Alors il doit rester à l'écart du mal et cela sera considéré comme Sadaqah de sa part", termina le Prophète (Sallallaahou A'laihi Wasallam). (Boukharî, Mouslim)

Similairement dans un autre hadîce de Boukharî et de Mouslim, le Prophète (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit :

"Lorsque tu aides un homme en difficulté avec sa monture, le faisant monter dessus ou chargeant sur elle ses bagages, tu fais aussi un sadaqah. Une parole agréable équivaut à un sadaqah. Autant de pas que tu fais, allant à la prière, autant de sadaqah. Enfin écarter quelque objet nuisible de la voie publique, c'est aussi faire oeuvre de sadaqah."

Le terme sadaqah est tellement vaste que selon un hadîce de Mouslim, même pour l'assouvissement de ses désirs charnels avec son épouse un sadaqah est compté.

Malgré que dans le sens large, le mot 'sadaqah' s'applique pour toute bonne action, dans la terminologie islamique il a aussi un sens particulier, celui de dépenser pour le plaisir d'Allah Ta'aala. Donc les récompenses et les bienfaits qui sont mentionnés dans le Qour'aan et les ahaadîce par rapport au mot 'sadaqah' font surtout allusion à ce deuxième sens.

L'HOMME ET SES RICHESSES

L'homme, ses possessions et ses alentours appartiennent à Allah Ta'aala qui est le Malik-é-Haquîqi - le véritable propriétaire. Un mandataire ne peut pas agir d'après ses désirs. Il doit nécessairement agir selon le voeu du propriétaire réel et dans la limite du pouvoir que lui a été conféré par celui-ci. Similairement l'homme ne peut disposer de ses possessions et ses richesses comme bon lui semble. Il doit agir selon le voeu d'Allah, tout comme le mandataire doit agir selon le voeu du propriétaire.

Dans le verset 7 du Sourah 57, Allah Ta'aala dit :

"Croyez en Allah et son Prophète (Sallallaahou A'laihi Wasallam). Donnez en aumône ce dont il vous a désigné comme Khalîfah..."

Dans ce verset Allah Ta'aala informe l'Inçaan (l'homme) qu'il n'est qu'un Khalîfah, un dispensateur. La fortune qui est maintenant en sa possession était en possession de quelqu'un d'autre avant lui et sera, en possession de quelqu'un d'autre après lui. Personne n'a apporté ses richesses avec lui après la mort. Il est donc vraiment stupide de l'amasser.

Dans le troisième verset du Sourate 2, Allah Ta'aala dit :

"(Les pieux sont) ceux qui dépensent de ce que nous leur avons accordé."

L'expression "de ce que nous leur avons accordé" montre très clairement que l'Inçaan ne fait aucun Ihçaan‎‎ (bonté) sur lui-même quand il dépense dans le chemin d'Allah. Car tous ses biens n'appartiennent, en vérité, qu'à Allah Rabb-oul-Aalamîne‎‎. Donc il ne sied pas à un musulman, digne de ce nom, de se montrer avare quand il s'agit de dépenser le bien qui ne lui appartient point. L'avarice, en fait, exprime le rejet de la notion selon laquelle Allah Ta'aala est le "Malik-é-Haquîqi." Dans un hadîce de Naçaaî, le Prophète (Sallallaahou A'laihi Wasallam) dit :

"L'avarice et l'Îmaan ne peuvent jamais être réunis ensemble dans le coeur d'un serviteur."

L'INDISPENSABILITÉ D'IKHLAAS (LA SINCÉRITÉ) POUR L'ACCEPTATION DES IBAADAAT‎.

C'est Allah Ta'aala, Lui seul, qui mérite nos adorations et prières. De ce fait chaque bonne action, approuvée par le Charî'ah‎‎, qu'on fait dans le but seulement et uniquement pour le plaisir d'Allah Ta'aala est un Ibaadah‎. Quelqu'un qui empêche son prochain d'accomplir la prière aux moments interdits comme pendant le lever ou le coucher du soleil fait une bonne action, donc un Ibaadah‎, du fait qu'il a interdit à quelqu'un de faire une action non-approuvée par le Charî'ah‎‎, la loi établie par le Créateur Suprême.

Par contre, accomplir la prière par ostentation n'est pas un Ibaadah‎ car elle n'est pas faite pour plaire à Allah Ta'aala. Dans cet exemple nous voyons qu'il y a des moments où, interdire à quelqu'un de faire la prière est Ibaadah‎ et des moments où l'accomplissement de la prière n'est pas considéré comme Ibaadah‎, malgré qu'en elle-même, elle est un Ibaadah‎ d'une grande importance. La démarcation d'une action de l'autre n'est qu'une question d'intention (niyyah). C'est à juste titre que le Prophète (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit :

"Les actions procèdent uniquement des intentions qui les commandent."

Une action qui, apparemment, peut être considérée comme une action mondaine peut devenir un Ibaadah‎ par le simple fait qu'elle a été accomplie avec une bonne intention. D'une autre façon l'accomplissement d'une action ayant l'apparence d'un Ibaadah‎ n'est pas considéré comme tel aux yeux d'Allah Ta'aala en l'absence d'une bonne intention.

Donc il est évident que l'intention (niyyah) et la sincérité (Ikhlaas) sont indispensables pour qu'une bonne action soit considérée et acceptée par Allah Rabb-oul-Aalamîne‎‎.

LES CONDITIONS POUR L'ACCEPTATION DU SADAQAH

L'Ikhlaas et le niyyah, à eux seuls, ne sont pas suffisants pour l'acceptation d'un Ibaadah‎. Il y a encore d'autres conditions à observer, comme par exemple agir d'après la façon enseignée par le Charî'ah‎‎. Prenons un exemple : Un jeûne observé avec Ikhlaas et une conviction ferme pendant le jour de 'Eid' ou de 'Baqr'eid' ne sera pas valable et acceptable car il n'a pas été pratiqué d'après les préceptes de l'Islâm. C'est à ce sujet que Hazrat Abdoullah bin Mas'oûde disait :

"Il y a beaucoup de gens qui font des travaux avec de bonnes intentions mais sans en tirer aucun profit."

En d'autre mots, ce travail qui est pourtant bon en lui-même, ne rapporte aucun bénéfice du fait qu'il n'a pas été fait conformément au Charî'ah‎‎.

Similairement pour que le sadaqah soit accepté il y a d'autres conditions préconisées par le Charî'ah qui doivent être observées à la lettre en sus d'Ikhlaas et du niyyah, comme

1. Dépenser de ce qui est Halaal.

 Allah Ta'aala dit :

"Ô‎‎ vous qui croyez ! Faites l'aumône de choses pures que vous avez acquises..." (2:267)

Selon un hadîce de Boukharî et Mouslim, Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit :

"... Allah n'accepte que ce qui est pur..."

Et dans un autre hadîce de Tirmîzî le Prophète (Sallallaahou A'laihi Wasallam) dit :

"En vérité Allah Ta'aala est pur et n'accepte que ce qui est licite et pur."

A la lumière de tout ceci, nous voyons l'importance de dépenser en sadaqah de ce que nous avons acquis de façon licite (halaal), car Allah Ta'aala n'accepte pas ce qui est, ou ce qui provient de source, haraam.

Ici, nous voyons la nécessité d'attirer l'attention de nos frères et soeurs qu'il n'est pas permis de se servir de l'argent gagné au jeu de hasard (pool, loterie, pari aux courses, souscriptions volontaires etc.) pour dépenser en sadaqah ou même sur soi et sa famille. Un tel sadaqah est nul et est rejeté car il provient des sources malpropres et sataniques.

Allah Ta'aala dit : "Ô‎‎ vous qui croyez ! Le vin, le jeu de hasard, les pierres dressées et les flèches divinatoires sont une abomination et une oeuvre du Démon. Évitez-les. Peut-être serez-vous heureux." (5:90)

2. Dépenser dans la bonne voie

Celui qui donne le sadaqah en personne doit veiller à ce qu'il dépense dans l'endroit approprié ou sur celui qui est vraiment dans le besoin et qui, en retour en fera bon usage. Si jamais on canalise notre sadaqah à travers une quelconque organisation alors on doit être sûr que l'argent va être disposé d'après les principes du Charî'ah. Sachons qu'il est strictement défendu d'aider, en versant des sadaqahs, dans des travaux haraam comme la construction des casinos, des bars etc. Bref, nous ne devons pas disposer de notre sadaqah comme bon nous semble, comme un planteur qui sème ses grains ça et là sans aucune vision de sa part.

CE QU'ON DOIT EVITER POUR L'ACCEPTATION DU SADAQAH

1. Reproche

"Ô‎‎ vous qui croyez ! Ne rendez pas vos aumônes vaines (en les faisant suivre) par un reproche ou un tort..."

Ce verset nous montre que faire des reproches à celui à qui on a donné le sadaqah annule ce sadaqah. De plus, le donateur est perdant de deux manières :

  1. il perd ce qu’il a donne en sadaqah,
  2. il n'est point récompensé pour cette bonne action. Au contraire il sera puni pour les reproches faits.

Notons que si le reproche est fait plus tard, c'est-à-dire après qu'on ait donné le sadaqah là aussi il est annulé. Citons un cas.

Zaïd avait l'habitude d'aider Oumar‎ et à un certain moment Oumar‎ a mal agi envers Zaïd qui pousse celui-ci à dire :

"Tout le temps mo aide toi et to péna reconnaissance !"

Une telle déclaration est un reproche et amène l'annulation des sadaqahs faits antérieurement.

Il est vraiment très difficile d'agir bien envers celui qui a mal agi à son égard. Cette difficulté pèse lourd sur le nafs et agir contre ses nafs est vraiment difficile. C'est pourquoi celui qui a réussi à maitriser ses nafs a atteint un haut degré de spiritualité et a acquis des caractères nobles et élevés.

"Heureux celui qui la (l'âme/nafs) purifie !

Mais celui qui la corrompt est perdu." (91:9-10)

Dans un hadîce le Prophète (Sallallaahou A'laihi Wasallam) de l'Islâm dit :

"Établis le lien de relation avec celui qui l'a rompu, pardonnes à celui qui t'a dominé et agis bien envers celui qui a mal agi à ton égard."

Dans un autre hadîce le Prophète (Sallallaahou A'laihi Wasallam) nous a informé que 7 personnes seront à l'ombre du trône d'Allah Ta'aala le jour où il n'y aura aucune autre ombre. Et une de ces 7 personnes sera celui qui fait le sadaqah si secrètement que sa main gauche n'est pas au courant de ce que sa main droite a donné. Ceci implique que le donateur a dépensé sans jamais faire de reproche au récipiendaire. L'action est tellement empreinte de sincérité qu'il a donné dans le chemin d'Allah sans que personne ne sache et que lui-même a oublié.

Dans un long hadîce de Tirmîzî on rapporte une conversation entre les anges et le Créateur de l'Univers où à la fin Allah Ta'aala nous fait savoir que la chose qui est plus forte et plus solide que les montagnes, le fer, le feu, l'eau et même le vent, c'est la sincérité de celui qui, quand sa main droite fait un sadaqah ou une bonne oeuvre, sa main gauche l'ignore.

Donc il est évident qu'un sadaqah donné par ostentation et en vue des éloges est nul et ne rapporte rien comme récompense :

"... d'un rocher lisse recouvert de terre, qu'une forte pluie atteint et laisse dénudé..." (2:264)

Tout comme rien ne poussera sur une telle terre, de même, au Jour de la Résurrection on ne possédera rien de ce qu'on aura accompli dans ce bas-monde car on n'agissait pas en vue de rechercher le plaisir d'Allah Ta'aala, mais en recherchant plutôt le plaisir des gens on était en quête des éloges des gens.

2. Fierté

Il ne faut jamais, de par ses comportements, sous-estimer la personne à qui l'on donne le sadaqah et non plus penser que cette personne est plus bas que soi, ou bien se montrer supérieure par le fait qu'on ait donné. Une telle attitude fera que le sadaqah sera rejeté à notre visage, car il n'aura aucune valeur aux yeux d'Allah. On doit nécessairement adopter l'humilité. Et on doit ressentir le besoin d'avoir des récompenses (çawaabaat) plus que le pauvre ne ressent le besoin du sadaqah, comme disait le célèbre Mouhaddîce Imaam Chaabî (R), ou encore, comme l'écrit si bien Imaam Ghazaalî (R) dans son "Ihyaa-oul-Ou'loom', on devrait plutôt ressentir le bienfait et la faveur du pauvre sur soi car il nous a permis de décharger une obligation décrétée par Allah Ta'aala et de purifier nos biens, en acceptant notre Zakaat ou notre sadaqah dont le non-paiement nous aurait entraîné dans le feu de l'Enfer.

Si on n'a rien à donner, alors il n'y a pas lieu de se faire des soucis. Dans une telle situation, il est meilleur d'adresser des prières (Dou'aas) à Allah Ta'aala en faveur de celui qui demande ou lui dire de bonnes paroles car de telles choses, auprès d'Allah,

"sont meilleurs qu'un aumône suivie d'un tort." (2:263)

CHARITÉ BIEN ORDONNÉ COMMENCE CHEZ SOI

Quand on fait le sadaqah il faut s'assurer que les droits de ceux qui sont sous notre responsabilité ne sont pas lésés. Par exemple, on ne doit pas aider les autres alors que son épouse, ses enfants et ses proches sont eux dans le besoin. C'est pourquoi le Prophète (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit :

"Lorsque vous donnez, commencez par ceux qui sont les plus proches dans votre famille..."

Agir d'une autre façon c'est aller à l'encontre de l'enseignement du Prophète (Sallallaahou A'laihi Wasallam).

Il y a des gens qui déshéritent leurs enfants et au dernier moment donne tous leurs biens en sadaqah ou en don (waqf). Sachons que cette pratique n'est pas permise, surtout s'il y a des héritiers, car ces derniers ont, à ce moment-là, un droit sur ce bien. Dans un tel cas d'après le Charî'ah, le testament proclamant la distribution des biens après la mort ne doit pas dépasser plus d'un tiers des biens laissés par le défunt.

Hazrat Sa'ad bin Aboû Waqqaas (Radiyallahou anhou‎) était malade à Makkah et le Prophète (Sallallaahou A'laihi Wasallam) vint lui rendre visite. Hazrat Sa'ad (Radiyallahou anhou‎) questionna le Prophète (Sallallaahou A'laihi Wasallam) :

"Ô‎‎ Prophète d'Allah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) ! Puis-je disposer toute ma fortune par testament (c. à. d. en charité) ?"

"Non", me répondit-il.

"Puis-je disposer de la moitié ?" reprit Saad (Radiyallahou anhou‎).

Non, fut la réponse.

"Un tiers ?" demanda Sa'ad (Radiyallahou anhou‎).

"Un tiers oui et même ça c'est beaucoup. Il vaut mieux que tes héritiers soient riches plutôt que de les laisser mendier. Tout ce que tu dépenses pour les tiens pour le plaisir d'Allah est compté comme aumône, même la bouchée que tu portes à la bouche de ton épouse..." (Boukharî)

Notons qu'à ce moment-là, Hazrat Sa'ad (Radiyallahou anhou‎) n'avait qu'une fille. Dans les autres ahaadîce, à la place du mot "testament" il y a le mot "sadaqah." Donc le hadîce ci-dessus s'applique dans tous les cas où une personne a exprimé ses voeux, par voie de testament ou autre, de donner une partie de ou tous ses biens, après sa mort, à d'autres que ses héritiers.

LES VERTUS DE DONNER LE SADAQAH AVEC SINCÉRITÉ

"Ceux qui dépensent leurs biens dans le chemin d'Allah sont semblables à un grain qui produit sept épis et chaque épi contient cent grains. Allah multiplie (la récompense) pour qui Il veut. Allah est présent partout et Il sait." (2:261)

"Ceux qui dépensent leurs biens dans le chemin d'Allah et qui ne font pas suivre leurs dons de reproches ou de torts, voilà ceux qui recevront leur récompense auprès de leur Seigneur. Ils n'éprouvent plus aucune crainte, ils ne seront pas affligés." (2:262)

Dans ces deux versets Allah Ta'aala a promis 3 récompenses à ceux qui donnent le Zakaat et dépensent leurs biens dans l'obéissance à Allah Ta'aala et à faire de bonnes œuvres:

  1. Allah Ta'aala multipliera leurs récompenses jusqu'à sept cents fois sa valeur et Il peut, s'Il le veut, le multiplier bien au-delà de sept cents fois.
  2. Une grande récompense les attend dans l'Au-delà
  3. Ils n'auront rien à craindre au moment :
    1. de quitter ce monde
    2. de se présenter devant Allah Ta'aala
    3. où surgiront les terreurs de la Résurrection.

Bref ils n'auront aucun châtiment à subir le Jour du Jugement.

Les Sahaabah (Radiyallahou anhoum‎) avaient une foi totale en ces promesses. Ceux d'entre eux qui n'avaient rien à donner partirent de chez eux pour aller chercher du travail afin qu'ils puissent gagner de l'argent et le dépenser dans le chemin d'Allah pour Son plaisir.

Pour mieux comprendre cette démarche regardons cette narration de Hazrat Abdoullah Bin Mas'oûde (Radiyallahou anhou‎) rapportée par Imaam Boukharî, qui dit :

"Lorsque le Prophète (Sallallaahou A'laihi Wasallam) nous (les Sahaabah) demandait de faire le sadaqah certains d'entre nous allaient au marché pour porter les ballots des gens. Ils faisaient ce travail pour un moud (c'est une mesure qui représentait environ 800 grammes) puis ils le donnaient en sadaqah."

Tel était le souci de nos ancêtres pour l’Au-delà !

Il y en avait même parmi eux qui donnaient très peu comme par exemple quelques dattes mais reçurent comme récompense la valeur de la montagne d'Ouhoud auprès d'Allah Ta'aala. C'est pourquoi le Prophète (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit :

"Même si vous dépensez de la valeur du Mont Ouhoud en or, cela n'égalera pas un moud ou même la moitié d'un moud de ce que ces gens-là (les Sahaabah (Radiyallahou anhoum‎) parmi les Mouhaadjirîne‎‎ et les Ançaar) ont dépensé."

Où est la différence ?

Allah Rabboul Izzah ne regarde pas la quantité mais la qualité. Donc Allah Ta'aala n'accepte que le sadaqah donné avec sincérité indépendamment de la quantité ; une toute petite action faite avec sincérité pour plaire à Allah dépasse des montagnes en poids de récompense. Le Prophète (Sallallaahou A'laihi Wasallam) dans un hadîce de Mouslim, a dit :

"Allah ne prête attention ni à vos visages, ni à vos richesses, mais Il ne regarde que vos coeurs (votre intention)."

Hazrat Aboû Houraïrah (Radiyallahou anhou‎) rapporte que Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit :

"Tous les matins, deux anges descendent du ciel. Le premier fait le Dou'aa suivant : "Ô Allah ! Récompense celui qui dépense ! L'autre dit : "Ô Allah ! Punis celui qui se retient."

Nous voyons par ce hadîce que les anges demandent des Dou'aas en faveur ou contre l'être humain dépendant de ses actions. Les anges sont des créatures purs ; donc imaginons l'efficacité de leur Dou'aas !

L'homme généreux peut s'estimer heureux car il bénéficiera du Dou'aa maqboûl des anges et de plus il est proche d'Allah Ta'aala. Celui qui est proche d'Allah Ta'aala est proche du Jannah et sera éloigné de l'Enfer. Et encore celui qui dépense aura la prospérité (le barakah) dans ses biens.

Par contre, l'avare est éloigné d'Allah Ta'aala, du Djannah et est rapproché du feu de l'Enfer.

Sachons qu'un ignorant généreux est plus aimé par Allah Ta'aala qu'un homme pieux mais avare, c'est pourquoi les grands de l'Islâm nous disent que la renonciation de l'amour de ce monde est le pivot de tous les 'Ibaadaat‎‎. Dans un hadîce le Prophète (Sallallaahou A'laihi Wasallam) dit :

"L'amour de ce monde est la racine de tous les vices."

Dans un hadîce le Prophète (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit que lorsque quelqu'un donne en sadaqah la valeur d'une datte venant d'un bien honnêtement acquis, (car Allah n'accepte que les biens licites), alors Allah l'accepte avec sa main droite ensuite Il l'élève en faveur du donneur comme vous élevez vos poulains jusqu'à ce que le sadaqah atteigne la proportion d'une montagne.

Tout ceci nous enseigne que celui qui dépense ne fait, en fait, que déposer ses comptes en toute sécurité dans la banque de Aakhirah tandis que celui qui accumule sans rien dépenser dans le chemin d'Allah et sans faire de bonnes oeuvres verra ses biens dilapidés par ses héritiers.

Dans un hadîce, Allah Rabboul Izzah dit :

"Ô‎‎ les hommes ! Déposez votre trésor auprès de Moi, où il ne risque pas d'être brûlé, englouti ou volé. Je vous le retournerai intégralement à un moment où il vous sera infiniment indispensable."

Dans un hadîce Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit :

"L'homme dit – 'mon bien, mon bien' alors qu'il n'a que trois biens : le repas qu'il a mangé, le vêtement qu'il a porté et le sadaqah qu'il a investi dans le trésor d'Allah. Le reste doit partir c'est à dire qu'il doit l'abandonner aux autres."

Ce hadîce nous montre clairement que de toutes les dépenses qu'on fait seulement celle qu'on donne dans le chemin d'Allah nous sera utile. Il est dit dans le Qour'aan-é-Majîd :

"Ô‎‎ vous qui croyez ! Dépensez en aumône (Zakaat, Sadaqah...) une partie de ce que nous vous avons accordé avant que ne vienne le jour où il n'y aura plus ni marchandage, ni amitié, ni intercession..." (2:254)

Ne renvoyez pas pour demain car demain ce sera trop tard. Il n'y aura plus d'oeuvre à accomplir, ni rien à acquérir ; ce sera le Jour de la sanction, de la récompense et du châtiment. Bref, ce sera le Jour de la récolte. On récoltera de ce qu'on sème aujourd'hui.

LA VRAIE RICHESSE

Le Prophète (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit que la vraie richesse n'est pas la valeur des biens mais la richesse du coeur.

'La richesse du coeur' signifie que le coeur, à aucun moment, n'est attaché avec le confort et la richesse de ce monde. Une personne qui possède "un coeur riche" est celui qui, s'il ne possède rien, alors il est satisfait pleinement de son sort ou s'il est riche financièrement alors il est généreux et non avare et ambitieux. Il n'est pas de ces gens qui possèdent Rs. 99,000 et qui veulent, à tout prix, les faire devenir Rs. 100,000.

Dans un hadîce le Prophète (Sallallaahou A'laihi Wasallam) dit :

"Restez loin des choses illicites et vous deviendrez plus 'aabid' (pieux) parmi les gens. Soyez satisfait de ce qu'Allah vous a pourvu et vous serez plus riche parmi les gens. Agissez bien envers vos voisins et vous deviendrez Mou'mine‎‎ (croyant). Et souhaitez pour vos frères ce que vous aimez pour vous-mêmes et vous serez Mouslim (obéissant et soumis). Évitez de rire beaucoup car cela meurtrit le coeur."

Dans un hadîce-é-Qoudsî, Allah Ta'aala dit :

"Ô fils d'Adam ! Débarrasses-toi de tes préoccupations et adonnes toi à Mon adoration, Je remplirai ton coeur de richesse et j'éliminerai ta pauvreté (c.à.d. Allah subviendra à tes besoins). Si tu ne le fais pas, alors tes mains seront prises dans des occupations et en sus de ça Je ne t'assisterai pas dans tes besoins"

C'est pourquoi l'Islâm, la religion d'Allah Ta'aala, nous enseigne et nous encourage de donner aux autres, surtout aux nécessiteux, que de recevoir des autres. L'ambition crée l'avarice et cette notion d'égoïsme de "chacun pour soi." C'est ce mal qui a détruit les peuples d'avant comme mentionné dans le Mouslim Charîf. Et selon le même hadîce on rapporte que l'avarice était tellement ancrée dans les coeurs de ces gens-là qu'elle les a poussés à s'entre-tuer et commettre des choses illicites. Et de nos jours aussi, ce mal est à son comble et il est en train de ronger notre société. Pourtant, le Prophète (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit :

."..La main d'en haut (celle qui donne) est meilleure que celle d'en bas (celle qui reçoit)."

Le Prophètes (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a découragé la mendicité. D'après un hadîce de Aboû Daawoûde, Naçaaî‎‎ et aussi de Tirmîzî, le Prophète (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit que celui qui mendie en dépit du fait qu'il peut se débrouiller alors le Jour du Qiyaamah il viendra avec un visage rempli d'égratignures.

Dans un autre hadîce on rapporte que si on possède une quantité suffisante de nourriture pour un jour alors il n'est pas permis de mendier.

Soulignons qu'une telle personne peut accepter les choses qu'on lui donne mais elle n'a pas le droit de demander ou de mendier. En fait l'enseignement que le Prophète (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a donné aux Sahaabah‎-é-Kiraam (Radiyallahou anhoum‎) sur ce sujet mérite d'être mentionné ici pour que cela soit une leçon et un guide pour nous.

Le Prophète (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a conseillé à ceux, parmi les Sahaabah (Radiyallahou anhoum‎), qui étaient vraiment dans le besoin de prendre une corde et d'aller chercher du bois pour le vendre ensuite. En ce faisant Allah Ta'aala préservera son honneur et cette action est meilleure que de mendier.

L'action de demander était tellement méprisable à leurs yeux que si jamais leurs fouets tombaient de leurs montures, ils ne demandèrent jamais qu'on les ramassait pour eux. Ceux qui n'avaient rien allaient travailler au marché comme porteur pour avoir quelque chose pour pouvoir la donner en sadaqah.

C'était cette façon de penser et d'agir qui aida à former une société saine et riche. Même dépourvue des choses matérielles elle était dénuée de tous les maux et vices que nous connaissons aujourd'hui.

Nous, les musulmans du 20ème siècle, qu'attendons-nous pour avoir un coeur riche et généreux.

LE TAUX DU SADAQAT-OUL-FITR

Le Sadaqat-oul Fitr est équivalent à environ 1638 grammes ou 3 livres 138 grammes, c'est à dire légèrement plus de 3 ¼ livres de blé ou de la farine de blé.

[EXTRAIT DE AL HAADÎ Vol.2 No.6]