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Étiquettes concernant la salutation, visiter les malades, suivre le cortège funèbre, répondre a l'invitation et présenter des souhaits à celui qui éternue
Le Prophète de l'Islâm, Hazrat Mouhammad (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit :
"Cinq devoirs incombent au musulman vis-à-vis de son frère musulman, à savoir :
1) répondre à son "salaam",
2) lui rendre visite quand il est malade,
3) suivre son convoi funèbre (Djanaazah) quand il meurt,
4) répondre à son invitation, et
5) lui présenter des souhaits quand il éternue."
COMMENTAIRE :
La vie d'un musulman est plus sacrée pour un autre musulman que même le Ka'bah, car selon un hadîce de Tirmîzî, Hazrat Abdoullah Bin 'Oumar (Radiyallahou anhou) s'adressant au Ka'bah a dit :
"Le Mou'mine est plus sacré que toi auprès d'Allah Ta'aala."
Donc chaque musulman doit veiller à ce qu'il ne viole pas les droits et les respects dus à son frère/soeur musulman/e. Accomplir les droits d'un musulman est un acte de piété. Cependant, on doit le faire seulement pour le plaisir d'Allah Ta'aala.
Voici quelques-uns de ces droits :
1. LA SALUTATION - AS-SALAAM
Dans le verset 86 du chapitre 4, Allah Ta'aala nous conseille :
"Quand une salutation courtoise vous est adressée, saluez d'une façon encore plus polie, ou bien rendez simplement le salut. Allah tient compte de tout."
Dans un hadîce de Mouslim Charîf, Hazrat Aboû Houraïrah (Radiyallahou anhou) rapporte que le messager d'Allah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) dit :
"Vous n'entrerez pas au paradis jusqu'à ce que vous ne croyez et vous ne croyez pas (vous n'aurez pas l'Îmaan) aussi longtemps que vous n'aimez pas les uns les autres. Ne vous guiderai-je pas vers une chose ? Si vous le faites vous vous aimerez les uns les autres. Propagez la salutation (as-salaam) entre vous."
"Salaam" est un des noms et attributs particuliers d'Allah Ta'aala. Donc, quand un musulman salue son prochain avec la formule de "Assalaamou Alaïkoum" il est en train de faire un Dou'aa de bienfaisance en faveur de ce dernier : "que la salaamati et la protection d'Allah soit sur toi." De plus, vu que "salaam" est un des noms d'Allah, ainsi saluer n'est pas seulement un moyen de contact ou de montrer ses amitiés à l'égard de son prochain, il est plus que ça - il est un Ibaadah et un zikr d'Allah. Propagez as-salaam (la salutation) est un moyen efficace pour se rappeler d'Allah Soubhaanahoû wa Ta'aala. C'est aussi une manière de garantir à son prochain qu'il ne sera pas lésé par soi dans son honneur, sa vie et ses biens.
LA FORMULE DE SALUER
Lorsqu'un musulman rencontre un autre musulman, il doit tout de suite le saluer, sans attendre que l'autre le fasse avant lui, avec la formule :
Assalaamou Alaïkoum'
(Que le salut/la paix soit sur vous)
Mais il est meilleur d'ajouter :
"Wa Rahmatoullaahi wa barakaatouhoû"
(Que le salut/la paix, la miséricorde et la bénédiction d'Allah soient sur vous)
Et l'autre doit répondre ainsi :
Wa'alaikoumous-salaamou wa Rahmatoullaahi wa barakaatouhoû.
(Que le salut/la paix, la miséricorde et la bénédiction d'Allah vous soient accordés de même).
Sachons que saluer le premier est un Sounnah Mou'akkadah (pratique régulière du Prophète (Sallallaahou A'laihi Wasallam)) et y répondre est waadjib. De plus le Prophète (Sallallaahou A'laihi Wasallam) nous a interdit de saluer par la formule de "Alaïkas salaam", car elle est le salaam qu'on envoie sur les gens qui ont quitté ce monde.
VERTUS DE SALUER
Dans un hadîce d'Aboû Daawoûde, Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) dit :
"Celui qui propage as-salaam (c.à.d. qui salue le premier) est plus près d'Allah Ta'aala."
Dans un hadîce de Baihaqui, le Prophète (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit :
"Qui salue le premier est exempt d'orgueil"
Hazrat Abdoullah Bin 'Oumar (Radiyallahou anhou) avait l'habitude d'aller expressément au marché et saluer tout musulman qu'il connaissait et qu'il ne connaissait pas afin d'obtenir des récompenses. (Mou'atta Imaam Maalik)
Cette pratique noble de Hazrat Ibn 'Oumar (Radiyallahou anhou) suffit pour nous prouver la valeur de saluer son prochain. C'est pourquoi dans un hadîce le Prophète (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit :
"La salutation (As-salaam) a été envoyée par Allah comme un bien pour les hommes, donc propagez-la autant que possible parmi vous."
QUI DOIT SALUER LE PREMIER
a) Le cavalier (celui qui est sur une monture, à bicyclette ou en voiture etc.) doit saluer le piéton,
b) celui qui est à pied salue celui qui est assis,
c) le petit groupe salue le grand groupe (où il y a plus de personnes.)
d) le plus jeune salue le plus âgé. Mais les plus âgés peuvent saluer les jeunes afin de les inciter à propager le salaam.
DES EXCEPTIONS
Il est abominable (Makroûh) de saluer quelqu'un qui est en train
a) d'accomplir la Salaah
b) de faire la lecture du Qour'aan
c) de faire le Zikr
d) de faire le Dou'aa
e) d'expliquer les choses ayant rapport avec le dîne
f) de converser avec un autre pour ne pas le déranger.
g) de prononcer le khoutbah
h) d'appeler à la prière (de donner 1'Azaan)
i) de commettre des pêchés en public
j) de s'exposer le satr (parties du corps obligatoire à couvrir)
k) de s'asseoir pour rendre un jugement (c.à.d. à un Qaazi en fonction)
l) de se soulager de ses besoins
m) d'écouter le Khoutbah, le Ta'lîm, le Tilaawat-oul-Qour'aan...
n) d'apprendre le Dîne
De plus, il est aussi Makroûh de saluer (i) un/e non-musulmane (avec la formule de as-salaamou 'Alaïkoum), et (ii) les jeunes filles et les dames étrangères.
Le fait qu’il est Makroûh de saluer quelqu'un qui est engagé dans une de ces occupations cités ci-dessus, il n'est aussi pas waadjib à celui-ci (la personne vers qui le salaam a été lancé) d'y répondre dans ces circonstances.
Toutefois si on salue un faaçiq alors il est waadjib à ce dernier d'y répondre. Quant aux salutations des jeunes filles ou des dames étrangères on peut les répondre si la présence du fitnah ne se pose pas.
2. VISITER LES MALADES
Rendre visite à un musulman qui est malade a une grande valeur auprès d'Allah Ta'aala et il renferme d'énormes récompenses comme témoignent les ahaadîce suivants :
Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit :
"Vraiment, celui qui rend visite à un malade est comparable à celui qui se promène dans un verger du paradis jusqu'à ce qu'il retourne (chez lui)."
"Quand un musulman rend visite à un autre musulman malade le matin, soixante dix mille (70,000) anges prient pour lui jusqu'au soir, et quand il lui rend visite le soir, soixante dix mille anges prient pour lui jusqu'au matin." (Tirmîzî)
"Le jour du Qiyaamah, Allah Ta'aala dira :- Ô Inçaan ! J'étais malade mais tu ne m'as pas rendu visite. Sur ce on répondra :
Ô mon Maître ! Comment puis-je te rendre visite quand c'est Toi qui es le Maître des mondes ? Allah Ta'aala dira :
Ne savais tu pas qu'un tel de mes serviteurs était malade mais tu ne l'as pas visité ? Ne savais tu pas que si tu lui avais rendu visite tu m'aurais trouvé à ses côtés ?
QUELQUES CONSEILS A SUIVRE
1) Poser sa main sur celle du malade ou sur son front et s'informer de sa santé. C'est une pratique du Prophète (Sallallaahou A'laihi Wasallam). Attention : Il est défendu de toucher les personnes de sexes opposé avec qui le mariage est possible (c.à.d. un Ghair Mahram)
2) Ne pas rester chez le malade trop longtemps.
Le Prophète (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit :
"Le meilleur iyaadah (la visite au malade) est de rester un bref moment avec le malade"
3) Lire un des dou'aas suivants (ou tous)
a. Le Sourah Faatiha (Alhamdoulillaahil Rabbil 'Aalamîne...)
Hazrat 'Abdoul Malik Bin Oumar (Radiyallahou anhou) rapporte que Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit :
"Dans le Faatihat-oul-Kitaab (le Sourah Faatihah), il y a une guérison pour chaque maladie" (Daarimî et Baihaqui)
اَللّٰهُمَّ ربَّ النَّاسِ ، أَذْهِب الْبَأسَ ، واشْفِ ، أَنْتَ الشَّافِيْ لاَ شِفَاءَ إِلاَّ شِفَاؤُكَ ، شِفَاءً لاَ يُغَادِرُ سَقَماً
Ô Allah ! Seigneur des hommes ! Éloigne ce malheur. Guéris-le, c'est Toi qui guéris. Il n'y a de guérison que la Tienne, celle qui ne laisse aucune trace de la maladie. (Boukharî)
b. Je demande à Allah, le Glorieux, Seigneur du Grand Trône de vous guérir et de vous donner un bon rétablissement. (Tirmîzî)
أَسْأَلُ اللّٰهَ الْعَظِيْمَ رَبَّ الْعَرْشِ الْعَظِيْمِ أَنْ يَشْفِيَكَ
c. Ne désespérez pas ! C’est une purification si Allah le veut.
لَابَاْسَ طَهُوْرٌ اِنْ شَاءَ اللّٰه ُ
Pour un musulman toute maladie est un Kaffaarah (rachat pour les péchés commis) et un moyen d'atteindre un haut rang dans la vie future. Donc on doit supporter son mal patiemment à chaque fois qu'on est touché par une quelconque maladie.
3. SUIVRE LE CORTEGE FUNEBRE
Quand un musulman est mort, il est notre devoir de participer à sa Salaat-oul-Djanaazah et si c'est possible de suivre le cortège funèbre et aussi d'assister à son enterrement.
Dans un hadîce de Boukharî, le Prophète Mouhammad (Sallallaahou A'laihi Wasallam) dit :
"Celui qui suit un cortège funèbre (Djanaazah) d'un musulman, avec confiance (en Allah Ta'aala) et avec l'espoir d'être récompensé, jusqu'au lieu de la Salaah et puis il accomplit cette Salaah et assiste à son enterrement (dafan) alors il aura 2 Qiraat comme récompense. Un Qiraat est comme le mont 'Ouhoud. Celui qui accomplit la Salaat-oul-Djanaazah et n'assiste pas à l'enterrement aura la récompense d'un Qiraat."
4. REPONDRE A L'INVITATION
Répondre à l'invitation de son frère musulman est Sounnah mais à condition qu'il n'y a rien qui enfreint les enseignements de l'Islâm, comme par exemple :
a) si les revenus de l’hôte sont haraam,
b) l'invitation est faite pour avoir l'honneur ou la grandeur en ce monde,
c) une invitation faite seulement aux riches,
d) l'absence de pardah c.à.d. une réunion mixte où les hommes et les femmes s'entremêlent.
e) la présence des choses défendues par l'Islâm comme l'alcool, la musique, les chansons et la danse. Dans tous ces cas il est défendu (haraam) de répondre à l'invitation de quiconque, à l'exception de celui qui se dit capable d'arrêter ces choses-là. Dans ce cas là cette personne, de par cette intention, peut répondre à l'invitation.
Au verset 68 du Sourah 6, Allah Ta'aala dit :
."..Ne t'assieds pas en compagnie des injustes."
Et dans le verset 113 du Sourah 11, Allah Ta'aala nous avertit :
"Ne vous inclinez pas vers les injustes car le feu vous atteindrait..."
Donc en l'absence des choses haraam il ne faut pas manquer de répondre à l'invitation de quelqu'un qu'il soit riche ou pauvre, car cela vise à honorer son frère de sa présence et ainsi on sera digne de la récompense divine.
Refuser l'invitation d'un pauvre c'est le vexer et en plus c'est une marque de vanité en soi. L'évènement qui suit doit être une matière de réflexion pour nous :
Hazrat Haçan Bin A'lî (Radiyallahou anhou), le petit fils du Prophète (Sallallaahou A'laihi Wasallam) passa un jour près des gens pauvres qui mangeaient des croutes de pain étalées sur le sol.
"Fils du Prophète (Sallallaahou A'laihi Wasallam), viens manger avec nous !" lui crièrent-ils.
"Bien volontiers. Allah déteste les gens arrogants et fiers." répondit Haçan (Radiyallahou anhou).
Sur ce, il descendit de sa mule et partagea avec eux leur repas.
Si jamais on reçoit deux invitations pour le même jour, alors on répond à celle reçue en premier et on s'excuse poliment pour l'autre.
5. PRESENTER DES SOUHAITS A CELUI QUI ETERNUE
Dans un hadîce de Boukharî, Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit :
"Allah Ta'aala aime l'éternuement ; donc quand quelqu'un parmi vous éternue et loue Allah (en disant Alhamdoulillaah) il incombe c.à.d. c'est waadjib sur chaque musulman l'ayant entendu de lui donner le "tashmît." Par contre, si la personne concernée ne dit pas Alhamdoulillaah' après l'éternuement alors le tashmît ne sera pas waadjib."
Le mot "tashmît" utilisé dans le hadîce signifie "faire le Dou'aa de bénédiction" qui est comme suit :
Une fois quelqu'un éternua en présence de Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) et il ne lui donna pas le "tashmît." On lui demande la raison et le Prophète (Sallallaahou A'laihi Wasallam) répondit :
"Parce qu'il n'a pas dit 'Alhamdoulillaah' (après l'éternuement)."
Allaamah Ibn Aa'bidîne (R) dit :
"L'éternuement est une faveur d'Allah Ta'aala sur soi. Donc, celui qui, après l'éternuement, ne loue pas Allah Ta'aala pour cette faveur (d'avoir éternué) ne mérite pas qu'on lui donne le Dou'aa de bénédiction (c.à.d. le tashmît)."
Quand une personne éternue plusieurs fois consécutive et loue Allah alors il est waadjib qu'on lui répond pour seulement les trois premières fois. Après cela on a le choix de lui répondre ou non. Toutefois il est meilleur de le faire même si ce n'est pas waadjib.
D'après un hadîce d'Aboû Daawoûde, Hazrat Aboû Houraïrah (Radiyallahou anhou) rapporte :
"Fais le 'tashmît' à ton frère à trois reprises. S'il continue à éternuer alors dans ce cas c'est le 'zoukaam' (rhume)."
LA FAÇON D'ETERNUER
Hazrat Aboû Houraïrah (Radiyallahou anhou) dit :
"Quand le Prophète (Sallallaahou A'laihi Wasallam) éternuait, il mettait la main ou un pan de son habit sur la bouche pour étouffer le bruit."
LES DOU'AA APRES L'ETERNUEMENT ET LE TASHMIT
Quand un musulman éternue il doit dire : 'Alhamdoulillaah' (Louange à Allah)
Les gens en sa présence doivent répondre : 'Yarhamoukallah' (Qu'Allah vous accorde sa Miséricorde)
A quoi, il (celui qui a éternué) répondra : 'Yahdikoumoullah wa youslihou Baalakoum'
(Qu'Allah vous guide dans le bon chemin et améliore votre situation) ou 'Yarhamounallaah ou wa Iyyaakoum wa yaghfiroullahou lanaa wa lakoum'
Dans un hadîce, Hazrat 'A'lî (Radiyallahou anhou) rapporte
"Celui qui dit : Alhamdoulillaahil Rabbil 'Aalamîne 'alaa koulli haal" à chaque fois qu'il éternue, il n'aura jamais mal aux dents et aux oreilles." (Aïnî)
Qu'Allah Ta'aala nous donne tous le Taufîq de mettre tout cela en pratique. Aamîne.
[EXTRAIT DE AL HAADÎ Vol.2 No.9,10]
