Qour’aan-e-Karîm

Qour’aan-e-Karîm est le Kitaab d'Allah Ta'aala. Un Kitaab sacré et authentique qui est resté intact pendant plus de 1400 années. Un Kitaab qui garantit la Hidaayah et la prospérité en général à tous ceux qui l'acceptent et le mettent en pratique dans leurs vies.

La récitation du Qour’aan-e-Karîm qui est connue comme Tilaawat-oul-Qour'aan, renferme beaucoup de Çawaab. Chaque lettre rapporte 10 récompenses. Et plus une personne le lit avec dévotion et sincérité, plus sa récompense et son bienfait continuent à augmenter. Réciter le Qour’aan-e-Karîm avec Ikhlaas et sincérité signifie le lire uniquement pour le plaisir d'Allah Ta'aala.

Lire le Qour’aan-e-Karîm  pour être honoré ou pour être reconnu comme un grand Qaarî est contraire au Ikhlaas. Non seulement il n'y pas de Çawaab, mais la personne concernée aura une punition pénible et elle aura à subir la disgrâce dans Aakhirah. Cela s'appelle vendre le Kitaab d'Allah Ta'aala pour des bénéfices mondains qui ne valent rien. Les gens dignes et honorables ne s'abaissent pas à une telle bassesse. On doit lire le Qour’aan-e-Karîm uniquement pour le plaisir d'Allah Ta'aala.

Prendre de l'argent pour lire le Qour’aan-e-Karîm chez les gens également, est inclu dans le fait de lire le Qour’aan-e-Karîm pour des gains mondains. Les Ou'lamaa-é-Kiraam l'ont qualifié de Haraam. Donc, il ne faut pas se servir du Tilaawat-oul-Qour'aan comme d'une marchandise commerciale. Cette pratique de payer quelqu'un pour lire le Qour’aan-e-Karîm et d'envoyer ensuite le Çawaab à une personne décédée est une pratique vaine. Ni la personne qui paie, ni celle qui est décédée, ni la personne qui a lu ne reçoivent quelque chose. Et la personne qui prend de l'argent pour lire le Qour’aan-e-Karîm, aura encore plus de problèmes. Si on veut faire bénéficier quelqu'un de notre Tilaawat, alors on doit le faire gratuitement et volontairement.

Similairement il n'est pas permis de réclamer une somme d’argent pour faire le Khatmoul-Qour'aan dans le Taraawîh. Il est meilleur de faire lire par quelqu'un des Sourahs courts, plutôt que de faire faire le Khatmoul-Qour'aan par une personne qui prend une rémunération. Les gens peuvent dire qu'ils ne réclament rien, mais réclamer ne veut pas uniquement dire formuler verbalement. Il y a d'autres façons aussi pour savoir s'il y a le facteur monnaie en faisant le Taraawîh. Par exemple, ils choisissent des endroits et des Masdjids qui payent plus ou ils préfèrent faire le Taraawîh dans un autre endroit ou à l'étranger et pourtant ils pourraient le faire dans leur endroit, là où l'on a besoin d'eux. Malgré cela, ils préfèrent le faire dans un autre lieu. C'est vrai que dans certains cas, ce n'est pas ainsi, mais dans la majorité des cas de nos jours, il y a ce facteur monnaie. Qu'Allah protège nos Haafiz et nos Ou'lamaa contre cela. Lorsqu'on choisit le Masjid qui paie plus, alors il est assez clair que cette quête a quelque chose à voir avec l'argent.

Les livres de Fiqh que nous avons, sont très précis et clairs sur le point-là, qu'il n'est pas permis de prendre de l'argent ni d'en donner lors de la récitation du Qour’aan-e-Karîm. Les Fouqaha qualifient cela comme se servir du Qour’aan-e-Karîm comme un moyen de revenu et un moyen d'amasser le Dounia. Il y a des Ou'lamaa qui ont essayé de trouver une solution pour ceux qui font le Taraawîh. C'est-à-dire, qu'ils recommandent de lui donner la responsabilité de faire Imamat d'une ou deux Salah uniquement pour pouvoir payer ce Haafiz-là. Mais lorsque vous voyez le montant que le Haafiz Sahâb reçoit pour quelques Salah qu'il dirige, on voit clairement qu'on a simplement trouvé un prétexte  pour pouvoir le payer. On a entendu qu'il y a ceux qui reçoivent jusqu'à Rs. 400,000/- tandis que nos Imam qui font Imamat tout au long de l'année doivent travailler comme Imam tous les jours, pendant 2 à 3 ans avant d'atteindre cette somme. Alors, il est clair qu'il n'est pas en train d'être payé pour son Imamat, mais pour le Taraawîh. Sinon pourquoi ne payez-vous pas un tel salaire à votre Imam régulier qui vous sert tout au long de l'année?

La lecture du Qour’aan-e-Karîm n'est pas une marchandise ou un service que vous rendez aux gens. C’est un Ibaadah que l'on fait pour avoir Çawaab. Donc, vous ne pouvez pas le lire et réclamez de l’argent en retour. Quant à l’enseignement du Qour’aan-e-Karîm, c'est quelque chose de très nécessaire et d'essentiel. Savoir lire le Qour’aan-e-Karîm et le comprendre dépend de l’enseignement.

Les Ou'lamaa ont remarqué que les gens n'ont plus d’intérêt pour le Dîne. Et les gens, de jour en jour, n'ont plus la volonté de faire le travail de Dîne. C'est pour cela qu'il semble que l’enseignement de Dîne en général et particulièrement l’enseignement du Qour’aan-e-Karîm sont négligés par le manque de volonté et l’insouciance de la part de la Oummah. C'est pour cela qu'ils ont trouvé sage d'autoriser une rémunération lors de l’enseignement du Dîne et du Qour’aan-e-Karîm, parce que sans l’enseignement, il semble très difficile de dire que la Oummah pourra connaître le Dîne. Plus tard, Imamat et donner Azaan y ont aussi été inclus, lorsqu'on en a vu la nécessité. Mais le statut de prendre de l'argent pour la lecture du Qour’aan-e-Karîm reste inchangé. C'est-à-dire qu'on n'a le droit ni de donner, ni de prendre, ni de demander ni de réclamer quelque chose. Tout cela est Haraam. Chaque personne fait sa propre lecture pour son bien-être personnel. Il n'y a pas de nécessité à aller lire chez quelqu'un ou à lire pour quelqu'un. Si une personne veut le faire, alors elle le fait gratuitement et volontairement sans rien réclamer.

[Version française de “Quraan-e-Kareem” - Al Jamiat Vol.8 No.5]