Douroûde Charîf

Envoyer Douroûde et Salaam sur notre bien-aimé Nabi (Sallallaahou Alaihi Wasallam) est un grand Ibaadah qui nous permet de nous rapprocher de lui et nous fait acquérir son Mouhabbat ainsi que son amitié. Dans un Hadîce, Nabi (Sallallaahou Alaihi Wasallam) a dit que la personne qui sera la plus proche de lui le jour du Qiyaamah, sera celui qui a envoyé plus de Douroûde sur lui. 

Tout le monde désire être en contact avec des vedettes, des élites et des célébrités. C'est pour cela que les gens ne réfléchissent pas deux fois lorsqu'une telle occasion se présente. C'est une occasion en or à leurs yeux ! Ils sont disposés à débourser une somme assez conséquente pour leur famille et eux-mêmes, afin de réaliser leur désir et ambition. Notre bien aimé réel c'est Allah Ta'aala. Qui vient après Allah Ta'aala ? Y a-t-il quelqu'un qui est égal à notre Nabi (Sallallaahou Alaihi Wasallam) ? Celui qu'un musulman doit aimer le plus après Allah Ta'aala, est notre bien aimé Nabi (Sallallaahou Alaihi Wasallam), parce que rien n'est égal à lui dans toute la création. Donc, le désir d'être proche de Nabi (Sallallaahou Alaihi Wasallam) doit être un désir inégalable et incomparable. D’après les Ahaaadîce, le moyen d'atteindre ce but, est d'envoyer des Douroûdes en abondance sur Nabi (Sallallaahou Alaihi Wasallam).

C’est une Ibaadah qui peut être faite dans n'importe quelle position que l'on veut, car la Charî'ah n'en a pas imposé de posture spéciale. Une personne peut la faire aussi bien en marchant que debout ou assise. D’ailleurs, on la fait dans la position assise même dans la Salaah. Tilaawat (la lecture) du Qour'aan-é-Karîm aussi est recommandée dans la position de Tashahhoûde. Si Tilaawat de Qour'aan-é-Karîm est recommandé en position assise, alors il n'y a rien de mauvais à faire le Salaat-o-Salaam en posture assise. Il est injustifiable de qualifier la façon de faire le Salaat-o-Salaam en posture assise de manque de respect. C'est une façon tout à fait normale et approuvée par la Charî'ah. Il n'y a aucune recommandation spéciale de la part de la Charî'ah pour la faire en posture debout. C’est une pratique que notre esprit considère bonne. Mais il est bien de savoir que Nabi (Sallallaahou Alaihi Wasallam) n'aimait pas que les Sahaabah-e-Kiraam (Radiyallaahou Anhoum) se mettent debout lorsqu'il se présentait devant eux. Les Sahaabah-e-Kiraam (Radiyallaahou Anhoum) savaient cela et donc, ils s'abstenaient de le faire et pourtant, il n'y avait personne qui leur était plus cher que Nabi (Sallallaahou Alaihi Wasallam). Donc, il ne faut pas imposer une posture spéciale pour faire cette Ibaadah, car imposer une façon qui n'est pas imposée par la Charî'ah, est une Bid'ah. C’est une grande Ibaadah qui ne doit pas être mélangée avec la Bid'ah. La beauté et la splendeur d'une Ibaadah se trouvent en l'accomplissant d’après la Sounnah. Même une Ibaadah comme Salaat-o-Salaam, qui concerne Nabi (Sallallaahou Alaihi Wasallam), aura son effet voulu si elle est faite d’après la Sounnah et c'est la façon que les Sahaabah-e-Kiraam (Radiyallaahou Anhoum), Taabi'îne, Tabi Taabi'îne et les Ou'lamaa-é-Kiraam d’auparavant ont pratiqué. 

D’après les principes, on doit lire seulement Attahiyyaat dans la deuxième Rak'aat d'une Salaah qui contient 3 ou 4 Rak'aat. Si jamais, on a lu Allaahoumma Salli ‘ala Mouhammad après Attahiyyaat, alors d’après Imâm Aboû Hanîfah (Rahmatoullaahi alayh), cela nécessite les Sajdah-e-Sahw. Quelqu'un peut se demander : est-ce une erreur de lire le Douroûde dans la Salaah ? Si ce n'est pas une erreur, alors pourquoi les Sajdah-e-Sahw sont nécessaires ? Les Ou'lamaa ont expliqué que le Douroûde Charîf est une grande Ibaadah mais malgré cela, les Sajdah-e-Sahw doivent être faits parce que la Salaah n'a pas été accomplie d’après la Sounnah de Nabi (Sallallaahou Alaihi Wasallam). Donc, chaque Ibaadah a sa façon de la faire. Imposer une autre façon de notre part est une erreur.

Il n'y a pas de musulman sur cette terre qui peut se permettre de refuser d'accepter la Salaat-o-Salaam. Il doit soit l'accepter soit il n'est pas musulman. Mais il peut avoir divergence dans la façon de le faire. Un musulman aura parfaitement raison s'il refuse de le faire d'une façon spécifique qui n'est pas imposée par la Charî'ah. Ce sera de la malhonnêteté intellectuelle que de le qualifier de quelqu'un qui ne croit pas en Salaat-o-Salaam. C’est une manigance d'induire le public dans l’erreur et de le faire croire ce qui n'existe pas. C'est comme qualifier Imâm Aboû Hanîfah (Rahmatoullaahi alayh) d'être opposé au Douroûde Charîf parce qu'il applique les Sajdah–e-Sahw lorsque Douroûde est lu en certaines occasions dans la Salaah. Comme on le sait, ceci n'est pas vrai. De la même façon, il est incorrect de qualifier quelqu'un de ne pas être d’accord avec la Salaat-o-Salaam uniquement parce qu'il ne l'a pas faite dans une posture spécifique ou dans la posture debout que nous appelons Qiyaam.

Parfois, une personne peut être emportée par l'émotion à tel point qu'elle ne peut le supporter et se met debout. C’est un état d’esprit qui s'appelle le "Haal". Mais le cas de cette personne est différent. On ne peut la blâmer, mais on ne peut non plus le généraliser. Il ne faut pas que tout le monde se déclare être dans cette catégorie. Ce serait un mensonge que de se déclarer être dans un  état d’esprit dans lequel on n'est pas. Agir avec malhonnêteté et mensonge dans une Ibaadah comme Salaat-o-Salaam est encore plus mauvais.

[Version française de "Daroud shareef" – Al Jamiat – Vol.7 No.1]