Parler et rire après la mort

Question :

Est-ce possible de parler et de rire après la mort ?

Réponse :

Normalement les attitudes comme parler et rire après la mort ne surviennent pas. C'est pour cela qu'ils paraissent impossibles mais en réalité, c'est quelque chose d'impossible uniquement dans la pratique. Ce n'est pas quelque chose d'impossible qui ne peut pas arriver, parce que de tels événements se sont déjà passés auparavant.

Dans le Qour'aan-é-Karîm, il y a plusieurs événements où une personne morte a ressuscité et a parlé. A l’époque de Hazrat Moussaa (Alaihis Salaam), une personne décédée est sortie de son sommeil pour dénoncer son meurtrier. Hazrat 'Issaa (Alaihis Salaam) a réveillé plusieurs personnes décédées par l’ordre d'Allah Ta'aala. Ces personnes ont ensuite vécu pendant un certain temps après cet évènement.

Selon un Hadîce -qualifié de Hadîce authentique- qui se trouve dans Al-Moustadrak de Al-Hakim et dans Tabraanî, Hazrat Zaïd Bin Kharijah (Radiyallaahou Anhou) a parlé après sa mort à l’époque de Hazrat Ous'maan (Radiyallaahou Anhou). 'Allaamah Ibn Hadjar Al-Asqalanî identifie Hazrat Zaïd Bin Kharijah (Radiyallaahou Anhou)  dans son Taqreeb-out-Tahzîb en ces termes :

"صحابى بدرى توفى فى خلافة عثمان وهو الذى تكلم بعد موته"

“Il est un Sahaabî (compagnon du Prophète (Sallallaahou Alaihi Wasallam)) et un Badri (qui a participé dans la bataille de Badr). Il était mort pendant le khilaafat de Hazrat 'Ousmaan (Radiyallaahou Anhou) et c’est celui qui a parlé après sa mort.”

Selon ce que 'Allaamah An-Nawawî a cité dans son commentaire de Sahîh Mouslim, il y avait deux frères ربعى (Rib'i) et ربيع (Rabee’). Tous les deux étaient les fils de حراش (Hiraash).ربعى avait fait serment qu'il ne rira jamais tant qu'il ne connaitrait pas sa place dans Aakhirah. Alors, ce n'est qu'après sa mort qu'il a ri. Quant à son autre frère ربيع, lui aussi, avait fait un serment similaire. La personne qui lui avait donné le Ghoussal après sa mort, raconta que ربيع souriait pendant qu'on lui donnait le Ghoussal. Si on utilise notre intelligence, il n'est pas difficile de comprendre ces événements parce que si le tronc d'un palmier peut pleurer, le noyau de dattes peut faire Tasbîh, les vaisselles peuvent faire Zikr dans la maison, les rochers peuvent saluer, la chair qui a été cuite peut parler, les animaux peuvent parler comme les gens, alors, qu'y a-t-il d'impossible si une personne -qui possédait déjà la faculté de parler- parle après sa mort?

En outre, faire des remarques comme “est ce que c'est un être humain ou un Robot…”, “Il doit être un superman” ou “on n'entend cela que dans les livres d'histoires”, sont des remarques et des commentaires banales, futiles et inutiles. On constate avec grand regret et amertume que, de jour en jour, la connaissance de Dîne est dépréciée parce que les choses du Dîne, que les gens comprenaient avant, sans être allés à l’école, personne de nos jours, ne les comprend plus, même après avoir fait un B.A ou un M.A en Charî'ah : et ce n'est pas tout ! Ce qui est plus étonnant, c'est qu'on reçoit des applaudissements pour des remarques enfantines et banales. Mais, ce ne doit pas être étonnant, car si un B.A ou un M.A en Charî'ah ne comprend pas, comment le public, qui n'a pas fait ces études, comprendrait. 

Est-ce que ces ‘connaisseurs’ de Dîne auront le courage de traiter le Qour’aan et les Ahaadîce de 'livre d'histoires' ? Peuvent-ils qualifier Al-Fourqaan de Ibn Taimiyyah de 'livre d'histoires' ? Il ne faut pas parler quand on ne sait pas. Parler de quelque chose sans en avoir la connaissance, peut vous faire perdre Îmaan aussi. C'est pour cela que Raçouloullah (Sallallaahou Alaihi Wasallam) a dit :

“… Celui qui croit en Allah et au jour dernier, qu'il dise du bien ou se taise…” 

[Version française de "Causé rié après la mort" – Al Jamiat – Vol.2 No.14]