La quantité et la qualité

"On ne doit pas voir la quantité, on doit voir la qualité."

Cette parole a beaucoup de sagesse et est appliquée dans plusieurs circonstances. Mais malgré ça, elle ne peut pas être généralisée. Cela s'applique quand d'un coté, il y a beaucoup de choses négatives et de l'autre, il y a très peu, mais toutefois, il y a des choses positives. Par exemple, une personne a beaucoup d'enfants mais, tous sont méchants et une autre personne a un seul enfant et il est très bon. Dans une telle situation, on dit : "Mieux vaut avoir un seul enfant qui est bon que d'avoir plusieurs qui sont mal élevés". Parfois, dans une telle situation, les gens disent : "Mieux vaut ne pas avoir d'enfant que d'avoir des tels enfants malveillants."

De même il est possible qu'une personne ait beaucoup d'enfants qui tous sont bons et une autre personne n'a qu'un seul enfant mais qui est très méchant. Assurément, la première personne est dans une meilleure position par rapport à la deuxième. Dans ce cas, on ne peut pas donner préférence à la minorité sur la majorité parce que l'essentiel, c'est qu'une chose doit être bonne. Une bonne chose est toujours bonne. Une bonne chose, même qui est minime, est meilleure que quelque chose qui n'est pas bonne, même si elle est en grande quantité. Une bonne chose qui est en grande quantité, sera meilleure. Donc, la comparaison n'est pas entre le « beaucoup » et le « peu », mais entre le bon et le mauvais. Ce qui est mauvais, est toujours inférieur à ce qui est bon, même s'il est en minorité. Donc, la minorité qui pratique la Sounnah de Nabi (Sallallaahou Alaihi Wasallam), est meilleure que la grande majorité qui est plongée dans la Bid'ah. Maintenant, si une chose a été pratiquée par la majorité des Sahaabah-e-Kiraam (Radiyallaahou Anhoum), des Taabi'îne et des Tabi Taabi'îne, ce sera une pratique qui est meilleure. Une pratique qui l'opposera, sera qualifiée de « pratique isolée », de Bid'ah et de « quelque chose qui mérite d'être abandonnée ». Dans ce cas précis, on n'a pas le droit d'utiliser la thèse que la qualité est plus importante que la quantité, parce que si on utilise ce principe ici, on sera à l'encontre de ce que Raçouloullah (Sallallaahou Alaihi Wasallam) nous a enseigné. D'après les Ahaadîce, on doit suivre  "As-Sawaad-oul-A'zam", qui signifie la grande majorité. D'après ce même Hadîce, une personne qui s'isole de "As-Sawaad-oul-A'zam" ira en Enfer.

Donc, nous avons plusieurs principes à considérer :

1. Quelque chose qui est bon et qui est en grande quantité est meilleur que quelque chose de bon mais en petite quantité ou une mauvaise chose en grande quantité.

2. Une mauvaise chose en grande quantité, est pire qu'une mauvaise chose en petite quantité.

3. Quelque chose de bon et en petite quantité est meilleur qu'une mauvaise chose, même si elle est en grande quantité.

Quand on dit "As-Sawaad-oul-A'zam", c'est d'après le principe numéro un. C'est-à-dire, que les sujets comme celui des trois Talaaqs qui comptent comme trois, le Khoutbah de Djoum'ah qui ne doit être qu'en arabe, etc., sont des sujets qui ont été adoptés par "As-Sawaad-oul-A'zam". Donc, il aura la priorité et la préférence à tout niveau. Ne pas l'accepter est une façon de s'isoler de "As-Sawaad-oul-A'zam", ce qui est quelque chose de très grave. 

[Version française de "Quantité et qualité" – Al Jamiat – Vol.2 No.15]