Un exemple

Nous savons que ce que le lait frais de la vache contient ne se trouve pas dans le lait en poudre. Mais malgré cela, nos enfants consomment plus souvent le lait en poudre que le lait frais. Parfois, ils éprouvent même du dégoût pour le lait frais. Donc si on achète du lait frais pour eux, il y a certains qui vont le boire et d'autres qui ne le boiront pas. Cela créera un bouleversement dans la maison. Le papa ou le responsable de la maison préfèrera ramener du lait en poudre que tout le monde boira sans problème. S'il insiste pour leur faire boire le lait frais, cela voudra dire qu'il n'est pas un bon responsable qui veut le bien-être de sa famille. En agissant ainsi, il nuit à l'harmonie familiale. De cet exemple, on apprend qu'il est mieux de prendre quelque chose de correct, mais qui mène à l'harmonie, plutôt que quelque chose de meilleur, mais qui crée la dissension et le désaccord.

On a appris ce principe-là par l'attitude que Raçouloullah (Sallallaahou Alaihi Wasallam) a adoptée lors de la rénovation ou la reconstruction de la Ka'bah Charîf d'après le plan d'Ibrahim (Alaihis Salaam) en couvrant la partie qui s'appelle Hateem et en lui édifiant des murs. En général, la Ka'bah qui était d'après le plan d'Ibrahim (Alaihis Salaam) était meilleur. Mais Raçouloullah (Sallallaahou Alaihi Wasallam) a abandonné cette idée simplement pour ne pas créer de confusion dans l'esprit des gens. Si cela s'applique pour quelque chose qui est meilleur, alors cela applique à plus forte raison pour quelque chose qui n'est pas bon.

Donc, à la lumière de ce principe, étudions le problème de faire Khoutbah de Djoum'ah en créole. Peu importe à qui vous demanderez concernant la permissibilité du Khoutbah de Djoum'ah en Arabe, il n'y aura personne qui vous dira que ce n'est pas permis. Tout le monde est d'accord que c'est permis. A l'occasion de Hajj, la plupart des gens ne connaissent pas l'Arabe. Malgré cela, ils font Khoutbah en Arabe à Makkah et à Madînah. D'après les 4 Mazhabs, il faut faire Khoutbah en Arabe même. Néanmoins, si on le fait en créole, quel but peut-on avoir à part vouloir créer la division dans la communauté?

Supposons que faire Khoutbah de Djoum'ah en créole est permis et meilleur, alors pour garder l'harmonie, une personne souciante et responsable préférerait qu'il soit fait en Arabe afin que tout le monde soit content. Mais quand on connait que ce n'est même pas permis de le faire en créole, qu'espérons-nous en persistant à le faire ? Peut être y a t-il une raison ou un but derrière cela. Mais certainement, il n'y a pas de bien pour la communauté. Et en agissant ainsi, nous ne montrons pas notre bonne foi. Nous, en tant que Daa'ïs, devons penser à ce qui va se passer dans notre Qabr, si la communauté aura à subir après nous, les conséquences graves causées par des décisions irresponsables, que nous avons prises durant notre vie ! 

[Version française de "Ene l’exemple (Khoutbah en creole)" – Al Jamiat – Vol.2 No.2]