Lire le Qour'aan

Lire le Qour'aan et les Hadîces – comprendre Dîne, enseigner Dîne et pratiquer Dîne sont tous des choses différentes. L'un ne signifie pas nécessairement l'autre. Quand quelqu'un lit le Qour'aan et les Hadîce dans une langue qu'il connait, cela ne veut pas dire qu'il les a également compris. De la même façon, quand quelqu'un a compris, ça ne veut pas dire qu'il peut enseigner correctement. Il se peut qu'il ait bien compris, mais il n'a pas une bonne méthodologie pour enseigner. Donc, si quelqu'un ne sait pas expliquer comme il le faut, cela ne signifie pas qu'il ne connait pas. Un bon 'Alim peut ne pas avoir une bonne méthodologie, ni l'art de s'adresser aux gens. Mais cela ne veut pas dire qu'il n'a pas de connaissance. Cela n'affecte en rien, ni n'a à voir avec sa compétence dans sa connaissance de Dîne. De la même façon, il n'est pas nécessaire de posséder l'art de s'adresser aux gens pour avoir une bonne connaissance de Dîne.

Un autre problème

On a un autre problème et ce problème, étant sérieux, mérite l'attention. Quand une personne enseigne quelque chose ayant trait au Dîne, cela ne veut pas dire qu'il a acquis en lui ce qu'il enseigne. Très souvent, nous expliquons un verset, un Hadîce ou une anecdote que les gens entendent pour la énième fois. De notre coté, nous aussi, nous faisons un maximum d'efforts pour perfectionner notre explication afin que cela touche le cœur des autres. Mais très peu parmi nous ont le souci et font l’effort qu'il faut pour inculquer d'abord en nous-mêmes ce que nous prêchons. C'est vraiment un grand manquement dans la vie d'un Daa'ï et c'est une des raisons principales qui rend notre Da'wah ineffectif.

Un Exemple

Un incident qui s'est produit m'a fait beaucoup réfléchir. Je faisais mes ablutions quand soudain j'ai vu une personne arriver et se mettre à uriner à l'endroit réservé pour faire Wouzou. Je l'ai réprimandée sans prendre la peine de l'écouter me raconter son problème. La balle était lancée. Quand tout s'est calmé, je me suis souvenu d'un incident semblable qui était produit à l'époque de Raçouloullah (Sallallaahou Alaihi Wasallam). Selon l'anecdote, une personne était entrée dans la Masdjid-é-Nabawî et avait commencé à uriner dans un coin de la Masdjid. Les Sahaabah-é-Kiraam (Radiyallaahou Anhoum) se sont précipités pour arrêter la personne alors qu'elle était en pleine action. Mais Raçouloullah (Sallallaahou Alaihi Wasallam) ne lui a ni reproché, ni laissé les Sahaabah (Radiyallaahou Anhoum) l'interrompre. Quand il eut terminé, Raçouloullah (Sallallaahou Alaihi Wasallam) l’appela dans un coin et lui fit comprendre calmement que cette place n'était pas appropriée pour faire une chose pareille.

Cela m'a fait réaliser l'erreur que j'avais faite en agissant ainsi dans une circonstance similaire. En enseignant, j'avais pourtant réussi à expliquer ce Hadîce-là d'une telle façon que peut-être beaucoup de gens étaient contents de moi et m'avaient même flatté.

Un grand échec

Mais, je reconnais, que j'ai échoué au niveau de la pratique. C'était un grand échec pour moi. Qu'Allah me pardonne et me donne Taufîq d'agir comme il faut dans une circonstance pareille. 

[Version française de "Lire Qour’aan…" – Al Jamiat – Vol.1 No.8]