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"PARDAH"
DE LA NÉCESSITÉ À REPENSER CERTAINES DE NOS CONCEPTIONS
L'état chaotique dans lequel nous vivons, tout le ravage qui nous entoure ainsi que la grande misère humaine qui sourd de partout découlent en grande partie de l'immoralité et de l'adultère. Si on analyse de près on se rend vite compte que des milliers de meurtres et de crimes qui sont perpétrés chaque jour de parle monde presque tous sont directement ou indirectement liés à la femme et à la passion sexuelle qu'elle suscite. Ce doit être pour cette raison que de tout temps tous les peuples ont considéré que l'adultère et l'indécence sont des éléments dévastateurs.
Que se passe-t-il de nos jours? Tout le monde, surtout dans les pays sous développés ou en voie de développement, à les yeux rivés sur le monde occidental — modèle de progrès économique pour les gouvernements des pays pauvres et, hélas, modèle de progrès tout court pour les pauvres et ignorants citoyens du tiers monde que nous sommes.
C'est connu que l'élève ne doute jamais du professeur vénéré; l'esclave ne questionne jamais son maître; ce qui est tout à fait en conformité avec le rapport des forces entre savant et ignorant, dominant et dominé. Mais ceci n'implique pas nécessairement que le professeur vénéré est un surdoué qui sait tout et n'a plus rien à apprendre ou que le maître est un modèle parfait, irréprochable et au dessus de tout soupçon. Effectivement, si l'occident ne nous apparaissait pas comme un modèle parfait, tout un chacun parmi nous s'appliquerait à lui trouver des failles, des contradictions et des incohérences.
En fait d'incohérences, il y en a une de taille dans l'attitude de l'occident vis-à-vis de l'immoralité et de l'adultère. Si le code civil des différents pays de l'occident prévoit que le mari ou la femme adultère peut-être traduit en justice en vue de l'obtention du divorce pour infidélité conjugale, c'est parce que l'occident considère toujours l'adultère, l'infidélité conjugale comme une faute suffisamment grave pour mériter ni plus ni moins une sanction aussi sévère et irréversible que la dissolution du mariage. De la même manière il existe tout un arsenal législatif pour réprimer l'attentat à la pudeur, le viol, le proxénétisme, etc.
Cependant que se passe-t-il dans le vécu quotidien? Depuis longtemps déjà on a cessé de se contenter d'être tolérant vis-à-vis des écarts. On ne se contente même plus d'encourager, en fait on n'arrête pas d'agresser les sens de perception à longueur de journée et de nuit.
Combien y a-t-il de films au cinéma ou à la télé, d'émissions radiophoniques, de chansons, d'affiches, de pubs géantes, de modes vestimentaires, de manifestations culturelles — art, musique, danse — qui ne soient une incitation à nos pulsions sexuelles, ou une invitation à la course effrénée à l'assouvissement du plaisir sexuel, ou une incitation à la dépravations?
Voilà, en bref, une des grandes contradictions du monde occidental. D'une part, ils font tout pour allumer le désir et attiser le feu de bestialité latent chez tout un chacun, et d'autre part, ils conservent le stupide espoir de miniser les conséquences néfastes de ce que l'on pourrait bien appeler leur "campagne du sexe" au moyen d'une législation répressive contre le viol, le proxénétisme, la traite des mineures, etc. D'aucuns estimeront que la démarche occidentale ressemble étrangement à quelqu'un qui répand de l'essence partout, craque une allumette, ensuite quand le feu flambe de toute part, il s'évertue à l'éteindre.
Que préconise l'Islam par contre?
Beaucoup d'entre nous seront choqués d'apprendre ce que préconise l'Islam, tant nos conceptions, attitudes et prises de positions dans maints domaines sont calquées sur l'occident, tant notre inconscient se laisse structurer par les manipulateurs subtils de l'occident. Nous serons décontenancés certes, car c'est une chose que d'avoir la chance de naître dans une famille musulmane, de porter un nom musulman et de se proclamer fièrement musulman, mais c'est une toute autre chose que d'être préparé à recevoir l'enseignement islamique, l'accepter, le mettre en pratique en cherchant l'agrément d'Allah Soubhaanahoû wa Ta'aala et ainsi mériter enfin notre appellation de musulman.
Si nous éprouvons présentement du mal à renier les leurres de l'occident, du moins aurons-nous le réconfort d'apprendre que nous héritons d'un enseignement riche, d'un enseignement qui peut, lorsqu'il est bien assimilé, permettre à l'élève du tiers monde, du pays sous-développé ou de n'importe où, de questionner le professeur vénéré de l'occident. Nous héritons d'un enseignement qui permet à l'esclave du tiers monde de se dégager de l'emprise du faux maître de l'occident matérialiste et dévergondé.
Apprenons que, contrairement aux incohérences de l'occident, l'Islam préconise une attitude bien plus logique du début à la fin. Car quand l'Islam considère tel acte comme un délit, il ne proscrit pas seulement l'acte en soi mais tous les actes intermédiaires qui aboutissent à cet acte et même d'autres qui pourraient engendrer à long terme le délit honteux.
L'Islam donc ne s'attaque pas seulement au mal mais aussi à la racine du mal, ainsi qu'à la substance d'où la racine du mal puise sa nourriture.
Dans le cas de l'adultère par exemple, le délit principal c'est la commission des relations sexuelles illicites. Eh bien, l'Islam obstrue toutes les voies d'accès au délit principal par des mesures appropriées. Ainsi
a) Il est ordonné aux hommes et aux femmes de baisser leur regard.
b) Les réunions pêle-mêle d'hommes et femmes sont interdites.
c) Il est ordonné aux femmes de demeurer entre les quatre murs de leur maison.
d) Quand il y a une nécessité quelconque, les dames sont autorisées à sortir mais sous couvert de "pardah" c.à.d. elles doivent se vêtir de manière à ce que le corps soit dissimulé et recouvert dans son intégralité.
Une fois dans la rue il y a aussi un code de comportement :
e) Il leur est ordonné de marcher au bord de la rue et
f) Il leur est interdit d'utiliser des parfums forts ou de faire tinter leurs bijoux.
Finalement, en dépit de toutes ces mesures préventives qui ne sauraient être considérées que comme des éléments indissociables formant un tout, l'Islam a prescrit une sanction tellement sévère pour celui qui commettrait quand même le péché de l'adultère que la punition est assurée de servir d'exemple à tous.
Les peuples soi-disant développés, avancés et civilisés n'ont pas cessé, surtout dans la seconde moitié du 20ème siècle, de se faire le chantre de la liberté féminine, de l'émancipation de la femme. Ils ne tarissent pas d'éloges devant la beauté féminine qu'ils veulent à tout prix exhiber car, selon eux, la femme n'a été que trop brimée jusqu'ici. Exposer la femme devient même une affaire d'art, de grand esthétisme. A titre d'exemple, la pornographie est décriée mais l'érotisme est loué et élevé au rang de l'Art.
A vrai dire, ces gens là font-ils autre chose que se spécialiser dans la dénitrations de la femme? Posons nous la question: la femme savamment maquillée par une équipe de maquilleurs et expertement dénudée par les professionnels de l'Art et de la publicité ne cesse-t-elle pas d'être un "individu" qui se vend à tel ou tel prix — ce qui est déjà grave et avilissant — pour ne devenir qu'un objet, mieux, un "produit" qui se vend parmi tant d'autres dans la société de consommation, ou pire encore, un "produit" qui ne se vend pas en soi mais qui sert à faire vendre d'autres produits qui autrement n'accrocheraient jamais le regard du consommateur?
Est-ce que pour émanciper la femme, la libérer du joug de l'homme, il faut la destituer, lui enlever son individualité, son intégrité propres à elle telles qui lui ont été conférées par le Créateur, pour la ravaler au bas rang de vulgaire produit? Si certains veulent se faire l'avocat du diable, ils diront que ces femmes "produits" qui effectivement ne font guère honneur aux femmes (au statut de la femme) ne constituent qu'une petite poignée, et que la grande majorité des femmes n'a rien à voir avec ce commerce honteux.
Et c'est là qu'il faut faire très attention, qu'il faut être très vigilant, qu'il faut aller jusqu'au fond de l'analyse. Le 20ème siècle, surtout dans sa seconde moitié, est révolutionné par l'image. Neuf fois, pour ne pas dire dix fois sur dix, nous prenons connaissance d'un produit quelconque d'abord par l'image. En fait l'image vient à notre rencontre, vient nous assaillir afin que nous allions chercher le produit pour en découvrir plus.
La question dès lors, n'est plus tellement: "quelle" est la femme qui se dénigre dans le processus de commercialisation d'un produit (domaine de la publicité), dans "l'hymne" à la beauté et à la grâce féminine (domaine du cinéma, musique, danse... tout ce qui relève de l'art sur toile de fond érotique). Ni encore "combien" sont-elles.
La question à se poser est plutôt quelle ‘image’ projette-t-on de la femme ? Les professionnels qui produisent cette image n’exposent-ils pas les plus belles de toutes les femmes? De même, les chefs maquilleurs et les grands couturiers, ne sont-ils pas appelés à mettre à contribution toute leur imagination, tout leur art pour mieux orner ces plus belles femmes, pour en faire les plus sensuelles afin de mieux les exhiber et ainsi atteindre le plus grand nombre de consommateurs?
La question alors est de savoir ce que nous "ressentons" face à cette image. Sommes-nous indifférents? Face à ce déferlement d'images (toutes différentes les unes des autres et pourtant d'une certaine manière invariablement une seule et même image) qui nous assaillent de partout dans les médias et à l'écran, sommes-nous, demeurons-nous des spectateurs passifs caractérisés par l'inertie? Ou bien y a-t-il dynamisme au niveau des réactions? N'y a-t-il pas tout un foisonnement d'interactions entre l'image ainsi projetée et la structuration de nos désirs selon un plan calculé à l'avance et savamment dosé par les promoteurs de l'image? Si oui, nous sommes alors tous concernés.
Les hommes, ne sont-ils pas subjugués par cette image de la femme? N'ont-ils pas envie (ouvertement ou secrètement) de posséder ces femmes-là ou de posséder une femme qui soit à leur image?
Et les femmes, n'ont-elles pas envie (ouvertement ou secrètement) d'avoir une certaine ressemblance avec ces femmes-là
Vus sous cet angle, l'image de la femme que nous propose le modèle occidental à tout l'air d'être un contrat bilatéral en bonne et due forme. Nous ne sommes peut-être pas ceux qui "proposent" l'image, mais Dieu sait (qu'à quelques rares exceptions) nous répondons tous présents à l'appel d'offres. Nous sommes tous parties prenantes à la "réception." Ce n'est donc plus l'affaire d'une petite poignée de femmes qui se dénigrent et se vilipendent. Nous sommes bel et bien tous concernés. Plaise à Dieu, le Très, le Tout Miséricordieux, de nous protéger tous contre l'hypocrisie inhérente à l'âme humaine aussi longtemps qu'elle n'ait pas été purifiée par Allah. (Aameen).
Tout ceci ne constitue point pour autant le fin mot de l'analyse. Encore faut-il entreprendre de cerner le "pourquoi" de la tendance actuelle à laquelle nous sommes confrontés. Car l'occident lui-même n'a pas toujours été ainsi. Fut en temps (et il n'est guère très éloigné car il suffit de remonter au siècle dernier) où la femme de l'occident n'était point encore ce qu'elle est devenue. A part les femmes de mauvaise réputation, aucune femme ne pouvait se mouvoir dans la société sans se faire chaperonner c.à.d. escorter physiquement et moralement.
La femme de l'occident n'a été déchue de son piédestal qu'au nom du principe de "l'égalité" des sexes. Mais l'Islam enseigne-t-il "l'égalité" ou la "complémentarité" des deux sexes? De toute façon, la femme de l'occident est-elle devenue pour autant l'égal de l'homme? Si oui, pourquoi eût-il fallu, dans un passé pas si lointain, décréter en sus de l'Année, toute une décennie de la femme? Si oui, pourquoi, entre autres, eût-il fallu conserver les lois régissant la pension alimentaire en vertu de quoi le mari divorcé est tenu de verser une somme d'argent à son ex-épouse? L'inverse est-il aussi préconisé? Si l'égalité invoquée et criée sur tous les toits était absolue, il n'y aurait certainement pas de telles incohérences.
La femme en fait, n'est pas, n'a jamais été et ne pourra jamais être l'égal de l'homme, tout bonnement et tout simplement parce qu’elle est de nature différente — différence voulue et instaurée durant le processus de création par nul autre que le Créateur Lui-même. La femme donc, motivée de l'intérieur aussi bien que de l'extérieur peut en arriver à se rebeller contre l'homme, contre les hommes, contre le tissu d'un ordre social qui ne correspond pas à ses aspirations. Mais peut-elle vraiment se rebeller contre l'ordre social préétabli par son Créateur en fonction de sa nature spécifique. Et qui d'autre qu'Allah Ta'aala — Al A'leem oul Hakeem, (Celui qui sait tout, le Sage, Celui-là même qui est le Mieux-Versé en toutes choses concernant la création et pour Qui la Création ne recèle aucun secret) — peut être vraiment au courant de 1 la nature de notre espèce? Qu'advient-il de l'âme de celui ou de celle qui veut se rebeller contre son Créateur?
De plus, qui profite vraiment de cette prétendue égalité des sexes? "L'avantage" primordial que mettent en exergue tous les discours féministes est sans nul doute l'indépendance de la femme qui ne tombe plus sous la loi de tutelle du mari, du père. Voilà la femme, libre de sortir et d'agir comme elle veut, de vivre sa vie comme elle l'entend. Finie, l'autorité du mari, du père. Vive la liberté! Vive l'autonomie: Elles n'ont plus besoin des hommes et par extension les hommes n'ont plus besoin d'elles! Mais depuis quand et d'après quelle logique digne de ce nom la femme peut-elle exister indépendamment de l'homme? De même, comment l'homme pourra-t-il exister indépendamment de la femme? Car, qui dit indépendance implique existence séparée. Où donc est passé le concept de "la femme — compagnon de l'homme" tel qu'il nous est enseigné dans le Qour'aan? Celui qui veut voyager tout seul, mérite-t-il l'appellation de compagnon de route? Et le terme "compagnon" en soi qu'implique-t-il? A-t-on jamais vu deux compagnons de route qui se ressemblent comme deux gouttes d'eau? En effet, si les deux ont certaines qualités en commun, celui-ci a d'autres qualités qui font défaut chez celui-là, mais a aussi des défauts que celui-là n'a pas.
Voilà comment ils deviennent utiles et bénéfiques l'un à l'autre. Voilà comment ils deviennent complémentaires. Avec l'avènement du féminisme qui fait fi de la complémentarité enseignée par Allah Ta'aala, l'occident se perd et se meurt.
Mais dans cet exercice de prétendue émancipation et libération de la femme c'est en fait la femme qui sort perdante car elle n'a plus droit aux privilèges d'antan. Selon le nouveau modèle, la femme étant égale à l'homme, ce dernier ne se sent plus d'obligations envers elle. En fait de libération voilà donc une race d'hommes nouveaux, libérés de leurs devoirs. Les hommes en général sortent donc grands vainqueurs d'un tel système. La libération de la femme n'est alors qu'un prétexte pour enlever les contraintes qui pèsent sur l'homme. Militer pour l'émancipation ou l'égalité de la femme devient en outre un moyen pour enlever les tabous entourant le sexe et licencier le plaisir sexuel autrement illicite.
Quand ni les femmes ni les hommes n'ont de devoirs et d'obligations réciproques on aboutit forcément au culte du plaisir égoïste, à l'immoralité, à la dépravation.
Dans ce processus, les femmes perdent tout; leur dignité ainsi que la sécurité et l'approvisionnement que leur doivent les hommes selon la loi du Créateur. Tout au plus gagnent-elles le droit de trimer en esclave pour l'obtention de leur pain quotidien qu'elles ne sont plus en droit d'attendre des hommes au terme de leur "libération".
Quant aux hommes, enfin libérés de leurs devoirs vis-à-vis des femmes, sont-ils de vrais gagnants? Certes non, car au bout du compte, ils se révèlent être de pauvres imbéciles envers qui les femmes non plus n'ont aucun devoir. Au départ de l'aventure il avait un compagnon pour lui tenir compagnie. En cours de route, au terme de cette prétendue libération, il se retrouve seul, sans attache.
Si, et l'homme et la femme en sortent appauvris, qui sont les vrais gagnants alors? Il nous est impossible dans ce texte, d'aborder une analyse du fonctionnement de l'économie mondiale contemporaine. Mais une telle analyse devrait se révéler très instructive. Pour notre part, posons brièvement quelques questions. Qui gouverne ce monde?
Est-ce vraiment les politiciens ou " grand capital? Quel est le rôle joué par les grandes sociétés multinationales qui sont devenues tellement puissantes qu'elles se situent au dessus des gouvernements nationaux?
La femme émancipée et libérée appartenant par définition et par nécessité interne aux forces du Travail au même titre que les hommes qui en détenaient jusqu'ici le quasi-monopole, une bonne partie de la réponse à notre première question réside en cette analyse. Nous demandons à ceux qui en ont les moyens à poursuivre eux-mêmes l'analyse. Disons pour notre part de manière plus sommaire, que les grands gagnants sont en fait tous ceux qui, d'une manière ou d'une autre, profitent matériellement de cette pseudo-libération de la femme.
Mais le Grand Vainqueur n'est autre que satan, celui la même qui a juré notre perte en la présence d'Allah:
"Il (satan) dit: Seigneur puisque tu m'as égaré, je leur (les hommes) montrerai, sur la terre le mal sous des apparences trompeuses. Je les égarerai tous, à l'exception de tes serviteurs qui sont sincères". (15: 39 et 40).
La société préconisée par le monde occidental avec des femmes "émancipées", "libérées" est donc un changement radical de l'ordre social qui avait prévalu jusqu'alors. S'il est vrai que ce changement présente quelques avantages que chacun appréciera à sa mesure, il n'est pas moins vrai que le tort causé à la société et à l'humanité entière est infiniment plus grand.
Les principes fondamentaux comme Tawheed (l'unicité d'Allah Ta'aala), Risaalat (la prophétie) et la notion d'Aakhirat (la vie de l'au-delà) ont été les mêmes dans tous les Shariats (religions) instaurés par le Créateur depuis le début de l'humanité. Cependant, dans les Shariats qui ont précédé l'avènement de l'Islam, tout acte immoral considéré comme péché était interdit sans pour autant qu'il n'y ait de restrictions sur les moyens qui mènent vers la commission du délit. Une des grandes innovations dans le Shariat de Mouhammad réside justement dans l'introduction de nouvelles restrictions qui en sus de l'interdiction d'un péché grave, frappent également tous les moyens qui aboutissent au, et sont donc causes du, péché. Pourquoi cette différence? Tout simplement parce que les autres Shariats étaient tous destinés à des peuples et époques spécifiques contrairement à notre Shariat qui a été conçue pour tous les peuples et ce jusqu'à la fin des temps. Ainsi, quand la boisson alcoolique est décrétée haraam, n'est point haraam uniquement le fait d'en consommer mais également d'en fabriquer, vendre, acheter, transporter et offrir en cadeau.
De même, lorsqu'on a interdit le Riba (l'intérêt) comme mesure de prévention, on a également condamné celui qui rédige le contrat de Riba ainsi que les témoins. En fait, on est allé encore plus loin car on a condamné toutes les transactions qui peuvent avoir quelque ressemblance avec la transaction de Riba en qualifiant les profits dérivés de transactions illégales (bouyou' Faacida) d'aussi malpropres (Khabeece) que le Riba.
Selon la même logique lorsque l'Islam interdit le zina — relation sexuelle illicite parce qu'en dehors du cadre du Nikah — il interdit également tous les moyens qui en y conduisant deviennent des causes de zina. Par exemple, regarder quelqu'un de sexe opposé avec passion est considéré comme zina des yeux, lui parler est considéré comme zina de la langue; écouter sa conversation zina des oreilles; le toucher — zina de la main; aller à sa rencontre — zina des pieds.
Dans le but de préserver l'humanité de ce grand péché qu'est le zina, Allah Soubhaanahoû Wa Ta'aala a institué la loi du pardah.
Vu que le Shariat n'a en aucune façon été conçu pour envenimer la vie des hommes ou encore la leur rendre difficile, les causes de péché ont été catégorisées en trois degrés. Ce qui nous donne dans l'ordre descendant:
- Les causes ayant une relation très proche avec l'effet de péché de sorte que le péché devient inévitable à partir de l'existence même de la cause. De telles causes sont considérées haraam autant que leurs effets c.à.d les péchés graves qu'elles engendrent. Par exemple, il est autant haraam à une personne de vendre de la boisson alcoolique que de la consommer.
- Les causes ayant une relation lointaine avec le péché dans le sens que le péché n'est pas nécessairement lié à ces causes, mais il est clair qu'elles apportent d'une manière ou d'une autre leur contribution. Ces causes là sont qualifiées de Makrouh (détestables, répréhensibles). Par exemple, il est makrouh de vendre des raisins à une personne qui fabrique le vin avec.
- Les causes dont la relation avec le péché est encore plus lointaine que dans la deuxième catégorie, c.à.d leur incidence sur la commission du péché est très rare. Ces causes-là sont considérées comme moubaah (permis). Par exemple, il est permis de vendre des raisins à une personne qui n'est pas reconnue d'être un fabricant de vin.
Pour illustrer cette classification théorique, vendre de la boisson alcoolique constitue à la fois le moyen et la cause de consommation alcoolique. Donc, vendre de la boisson alcoolique est autant haraam que sa consommation. Similairement, toucher une personne de sexe opposé avec jouissance (shahwah) — même si l'acte en soi n'équivaut pas à la commission de zina — est considéré par le Shariat comme haraam parce qu'il constitue un moyen bien proche et direct du zina.
Il est à souligner que pour que les causes et moyens de la première catégorie deviennent haraam, il n'est point besoin d'attendre qu'ils aient engendré le péché.
Aussi, s'abstenir de ces causes et moyens constitue un ordre en soi, indépendamment de ce qu'ils pourraient engendrer ou pas.
L'ordre d'observer la loi du pardah aussi est une mesure de prévention car l'abandon du pardah constitue une cause qui entraîne au péché. Tout aussi logiquement qu'ailleurs, cet abandon du pardah sera également classifié en 3 catégories de causes et moyens dépendant de la relation directe ou lointaine avec le péché.
Par exemple si une jeune fille expose son corps devant un jeune homme, c'est une cause et un moyen très proche pour plonger dans le péché. Alors cette action est considérée autant haraam que le véritable zina.
A noter que c'est une action haraam indépendamment de l'effet qu'elle produit. Donc, elle demeure haraam même pour une personne qui posséderait un "self-control" à toute épreuve lui permettant de rester à l'écart du zina. C'est là une loi qui ne change pas avec le temps. C'est une action haraam aujourd'hui comme elle l'était durant Qouroun-é-Oulé (aux premières époques).
Le fait de sortir de la maison avec Hijaab (vêtement couvrant de la tête aux pieds — le corps totalement couvert) n'est peut être pas en soi une cause de fitnah mais il demeure une cause possible de fitnah. ("Fitnah" ici est le danger, la tentation que représente la passion chamelle qui se cache dans le coeur de tous les humains). Le règlement à ce sujet est que lorsqu'il n'y a aucune crainte de fitnah, on peut sortir. Mais lorsqu'il y a crainte de fitnah l'on ne doit pas sortir, même sous couvert de jilbaab (vêtement de dessus). C'est donc une loi qui varie avec le temps c.à.d. il change selon les époques et les sociétés. A titre d'exemple, pendant l'époque de Raçouloullah (SAW), sortir de la maison bien couverte ne constituait pas une cause de fitnah. C'est pour cela qu'il fut autorisé aux dames de sortir de leurs maisons pour aller aux masjids (évidemment sous couvert de jilbaab et à d'autres conditions). Mais il est intéressant de noter qu'on alla plus loin que de leur accorder une simple autorisation. En fait, il fut interdit de les empêcher de se rendre aux masjids bien qu'à cette époque aussi elles avaient plus de profit en observant la salaat dans leurs maisons. Donc, parce qu'il n'y avait pas de fitnah il n'y avait aucune interdiction sur elles. Cependant, après la mort de Nabi-e-Kareem (SAW) quand les Sahaabas (RA) ont jugé que la fréquentation des masjids par les femmes était devenue une cause de fitnah ils ont décidé à l'unanimité de leur enlever l'autorisation de se rendre aux masjids. Hazrat Aa'ishah (RA) a même formellement déclaré que si Raçouloullah (SAW) avait été témoin de l'état des choses, alors il aurait certainement interdit aux dames l'accès aux masjids de la même manière que les femmes de Bani Israa'il avaient été écartées des masjids. C'est dans ce sens là que les grands savants maintiennent que la mesure adoptée par les Sahaabas (RA) n'est en aucune façon contraire à la pratique de Raçouloullah (SAW) car les conditions qui rendaient possibles la permission étaient devenues inexistantes à l'époque des Sahaabas (RA).
En fait la pratique de pardah a toujours existé et cela dans toutes les religions et à travers les âges. Il est vrai que la règle de pardah introduite et mise en place par le Qour'aan est de nature excellente, mais il est également vrai qu'avant l'avènement de l'Islam la pratique de pêle-mêle entre les deux sexes n'existait pas dans les familles nobles. Prenons le cas de Hazrat Moûçaa (AS) et Hazrat Shou'aib (AS). C'est une illustration en deux séquences qui peut s'établir ainsi.
Hazrat Shou'aib (AS) s'étant retrouvé souffrant, il devint une nécessité pour ses deux filles de sortir pour s'occuper du troupeau. Quand elles arrivèrent aux abords du puits et qu'elles y virent un attroupement d'hommes qui s'y affairaient, elles restèrent à l'écart, évitant ainsi la situation de pêle-mêle, attendirent l'évacuation des étrangers pour venir puiser l'eau à leur tour. Hazrat Moûçaa (AS) vint les aider après quoi il se retira.
De retour auprès du père, les deux filles racontèrent l'aventure à Hazrat Shou'aib (AS) qui à travers le récit et grâce à l'inspiration divine reconnut en l'étranger qui avait aidé ses filles un autre envoyé d'Allah Ta'aala. C'est ainsi qu'il envoya quérir Hazrat Moûçaa (AS) par une de ses filles. Quand cette dernière se rendit auprès de Hazrat Moûçaa (AS) pour lui indiquer le chemin à suivre, l'étranger qu'il était par rapport à la fille se rendit compte qu'il n'était point convenable pour lui de marcher derrière la jeune fille. C'est ainsi qu'il proposa de marcher devant elle, tout en suivant ses indications.
Dans cet épisode à deux séquences, il ne fait point de doute que le comportement de toutes les parties concernées ne s'explique que par l'observation de la règle de pardah.
Dans les pays arabes en général, à l'exception des esclaves et des mauvaises femmes il n'y avait jamais de réunion pêle-mêle entre les deux sexes.
En Inde également, chez les Hindous et les Bouddhistes ainsi que les autres sectes polythéistes cette pratique honteuse n'existait pas. Ce n'est qu'à la faveur du libéralisme occidental qui a voulu à tout prix mettre côte à côte hommes et femmes dans tous les domaines sans prendre en considération les différences biologiques, physiologiques et psychiques séparant les deux sexes qu'on a pu observer l'émergence de ce nouveau phénomène de dégradation.
Il faut souligner ici qu'Allah soubhaanahoû wa Ta'aala n'a pas créé l'homme et la femme de façon différente uniquement dans la forme. Il y en a bien d'autres. Mais en ce qui nous concerne ici, il a insufflé davantage de "haya"qualité intrinsèque de pudeur, sentiment de honte dans la création de la femme par rapport à celle de l'homme. C'est effectivement la seule chose qui jusqu'ici empêchait la femme de s'exposer devant les hommes. Malheureusement, grâce aux efforts des commerçants de la femme et de la beauté féminine, grâce également aux efforts du féminisme occidental, cette qualité de haya chez la femme a été tellement occultée que, ô sublime ironie, contrairement à sa création, la femme moderne ressent le haya quand il s'agit de se couvrir décemment, de ne pas s'exhiber!
Par M R Meerun
