La connaissance de Dîne

Certains frères, par manque de connaissance sans doute, citent souvent trop souvent même, des versets du Qour'aan et des ahaadîce hors de contexte. Ils s'aventurent à interpréter et à commenter des ahaadîce qu'ils ne comprennent même pas.

Une autre raison possible, en sus de l'ignorance, qui peut expliquer l'attitude de ces frères est le complexe. Complexe de s'enquérir auprès des Ou'lamaa. Complexe d'infériorité vis-à-vis des kouffaar et des moushrikîne également, ce qui fait qu'ils s'évertuent à présenter l'Islâm sous une forme qui soit agréable et acceptable aux yeux de ces derniers.

Ces frères doivent bien comprendre que ce n'est pas en présentant l’Islâm sous une forme agréable aux yeux des kouffaar et des moushrikîne, et cela au prix de mal interpréter, citer hors de contexte, modifier, falsifier même, les versets du Qour'aan et les ahaadîce, qu'ils rendront service à l'Islâm. Loin de là. C'est plutôt en présentant 1'Islâm dans ses vrais aspects, en le pratiquant dans la vie de tous les jours, tout en le propageant (faisant le Tablîgh‎) comme il se doit qu’ils  pourront faire justice à l’Islâm, cette  religion complète et parfaite.

Un des ahaadîce dont ces frères raffolent de citer et qu'ils mal interprètent fort malheureusement, est le suivant :

"Cherchez la connaissance même si vous devez aller en Chine." (Baihaqui‎‎)

Ce Hadîce, selon eux, a une implication très large et ne se limite pas à la connaissance de Dîn-é-Islâm. Il s'étend, disent-ils, à d'autres connaissances également. Ce n'est pas tout. Il y a plus grave encore. En effet, certains osent donner d'autres connotations au mot 'I'lm' comme utilisé dans ce Hadîce et disent que Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) met, dans ce Hadîce, l'emphase sur le voyage comme étant un moyen (qui permet) d'acquérir la connaissance et qu'il ne fait pas du tout référence à la connaissance de Dîn-é-Islâm. Il n'y a rien de plus faux !

Cet argument fait penser, la ressemblance étant tellement frappante, à l'argument de quelques 'intellectuels' (pas en matière de Dîné bien sûr) qui disent qu'Allah Ta'aala fait l'éloge des scientifiques, bien que ces derniers soient kaafir, dans le Qour'aan-é-Majîd au verset 190 du Sourah Aali I'mrân :

"Dans la création des cieux et de la terre, dans la succession de la nuit et du jour il a de Signe pour les Oûloul Al-baab (intelligents)."

Ils disent que le terme 'Oûloul Al-baab' mentionné dans ce verset fait référence aux scientifiques malgré qu'ils soient des kouffaar parce que ces derniers observent la nature et font des recherches. Mais le verset suivant démolit cet argument erroné qui émane de l'ignorance ou d'un manque de connaissance profonde de Dîn-é-Islâm et très probablement d'un complexe. En effet le verset 191 du même Sourah précise que les 'Oûloul Al-baab' sont ceux qui pensent à Allah Ta'aala tout le temps et dans toutes les circonstances :

"Ils pensent à Allah, debout, assis ou couchés et méditent sur la création des cieux et de la terre (et dit) : Notre Seigneur ! Tu n'as pas crée tout ceci en vain ! Gloire à Toi ! Préserve-nous du châtiment de l'enfer." (3:191)

L'erreur de nos frères qui mal-interprètent le Hadîce mentionné plus haut est semblable à l'erreur de ceux mentionnée au paragraphe précédent... S'ils font un effort supplémentaire afin de comprendre ce Hadîce surtout en ayant le texte complet et en arabe ET en ayant recours aux interprétations des Salf-é-Saalihîne (ancêtres pieux) ils ne      vont pas commettre une telle bêtise la prochaine fois. Le Hadîce complet se lit comme suit :

"Cherchez le ‘I'lm’ même si vous devez aller en Chine, car l'acquisition de I'lm est obligatoire sur chaque musulman." (Baihaqui‎‎)

Le mot 'I'lm' fait référence ici et partout où il est employé dans le Qour'aan-é-Majîd à la connaissance de Dîné-é-Islâm. Dans le Qour'aan-é-Majîd, en sus du mot "I'lm", d'autres termes également sont utilisés, tels que "Fiqh", "Hikmah", pour désigner la connaissance de Dîn-é-Islâm. De même il y a plusieurs termes, tels que Aa'lim', 'Faqîh', 'Hibr' et 'Oûloul Al-baab' qui désignent ceux qui possèdent la connaissance de Dîne. Les Salf-é-Saalihîne sont unanimes là-dessus.

Il faut noter également que ce Hadîce ne met pas l'emphase sur le voyage comme un moyen d'acquérir la connaissance. Ceci est fait ailleurs. Mais il met l'emphase sur l'importance et la nécessité de la connaissance de Dîne et fait comprendre que nul effort ne doit être épargné pour l'acquérir.

La Chine est très loin de l'Arabie. Et à l'époque de Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) avec les moyens de transport que l'on sait, la distance était un plus grand obstacle. Donc, si Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a mentionné la Chine dans ce Hadîce c'est par rapport à sa distance de l'Arabie. Aussi, il a voulu faire comprendre aux musulmans que la connaissance de Dîn-é-Islâm est tellement importante, voire obligatoire, qu'il est impérieux de l'acquérir même s’il faut faire de longs, de très longs voyages - même s'il faut aller à l'autre bout du monde !

Les Sahaabah‎-é-Kiraam (Radiyallahou anhoum‎) avaient bien compris cela. C'est ce qui explique pourquoi Hazrat Jaabir Bin Abdoullah (Radiyallahou anhou‎) entreprit un long voyage d'un mois à la Syrie pour s'enquérir à propos d'un seul Hadîce auprès de Hazrat Bin Unaïs (Radiyallahou anhou‎). Ceci est rapporté dans le Kitaab oul I'lm de Boukharî Charîf.

De plus, s'il y a une connaissance qui est 'obligatoire sur chaque musulman il ne peut être aucune autre connaissance que celle de Dîn-é-Islâm. Aussi, il faut noter que toutes les récompenses mentionnées à propos de la connaissance dans le Qour'aan et le Hadîce concernent exclusivement la connaissance de Dîn-é-Islâm !

[EXTRAIT DE AL HAADÎ Vol.1 No.10]