Aller accomplir le Hadj avec son 'Khaalou'

Q. Une femme est très riche et elle a l'intention d'aller accomplir le Hadj avec son 'Khaalou'. Est-ce que c'est permis ?

R. Le Hadj est obligatoire sur toute personne, homme ou femme, qui a le moyen de l'accomplir. Cependant il n'est pas permis à une femme qui n'est pas accompagnée par son mari ou un 'Mahram' de faire le déplacement pour le Hadj si la distance entre sa résidence et Makkah est de trois jours. Dans un hadîce, Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit qu'il n'est pas permis à une femme qui a la foi en Allah et en le Jour du Jugement Dernier de faire un voyage de trois jours sans qu'elle soit accompagnée par son mari ou un Mahram. D’après les Ou’lamaa, le voyage de trois jours équivaut à une distance de 48 miles. A la lumière de ce hadîce, Imaam Aboû Hanîfah (R) et Imaam Ahmad Bin Hambal (R) disent qu'une femme n'a pas le droit de faire un voyage de 48 miles ou plus sans qu'elle soit accompagnée par son mari ou un Mahram même s'il s'agit du voyage pour accomplir le Hadj. Quant à Imaam Chaafi’î (R) et Imaam Maalik (R) ils sont d'avis qu'une femme peut aller accomplir le Hadj 'Farz' en compagnie des femmes pieuses et dignes de confiance même si le voyage est de 48 miles ou plus. Cependant il faut faire ressortir ici que la définition de la femme pieuse par ces deux Imaams et celle que nous avons tendance à faire de nos jours diffèrent largement. Aujourd'hui nous avons tendance à croire qu'une femme pieuse est celle qui accomplit ses cinq prières quotidiennes, observe ses jeûnes du Ramadhaan et s'acquitte de ses zakaats. Alors, en vérité il y a autre chose encore à prendre en considération quand il s'agit de définir la piété. Par exemple, une femme qui n'observe pas le pardah et qui se présente dans des endroits qui ne conviennent pas, islamiquement parlant, à la femme, ne peut être considérée comme pieuse. I1 est évident que l'accomplissement des seuls Faraaïz tels que la Salaah, le saum et le Zakaat ne nous donne pas automatiquement un 'certificat' de piété.

Il a été nécessaire de mieux définir le mot 'piété' pour que les propos de Imaam Chaafi'î (R) et Imaam Maalik (R) ne soient pas mal interprétés.

En tenant compte de la définition de la piété, il est évident que même d'après ces deux célébrités, il n'est pas permis, dans le contexte actuel, à une femme d'aller accomplir le Hadj sans être accompagnée par son mari ou un Mahram.

Les ahaadîce qui suivent nous donnent plus d'éclaircissement :

Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit :

"Une femme n'a pas le droit d'entreprendre un voyage sans être accompagnée par un Mahram"

Aucun homme n'a le droit d'entrer chez une femme sauf si cette dernière est en compagnie d'un Mahram. A ce propos, un Sahaabî (Radiyallahou anhou‎) a interrogé le Prophète (Sallallaahou A'laihi Wasallam) car il avait l'intention d'aller faire le Djihaad tandis que sa femme voulait accomplir le Hadj. Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) lui a dit d'accompagner sa femme pour le Hadj. (Boukharî)

Qui est un 'Mahram' ? Un 'Mahram' c'est un homme majeur qui n'a pas et qui n'aura jamais le droit d'épouser la femme concernée et cela dans n'importe quelle circonstance. Quelques exemples des mahaarim sont : le père, le grand-père (maternel et paternel), le neveu (le fils de son frère ou de sa soeur), le gendre etc. Il faut faire ressortir ici que nous avons tendance à considérer les enfants de nos cousins et cousines comme nos neveux et nièces alors que d'après le Charî'ah, ils ne sont pas considérés comme tels. En conséquence une femme a le droit d'épouser le fils de son cousin ou de sa cousine tout comme un homme a le droit d'épouser la fille de son cousin ou de sa cousine.

Pour répondre à votre question, la femme concernée n'a pas le droit d'aller accomplir le Hadj en compagnie de son 'Khaalou', car ce dernier n'est pas son Mahram. Il faut savoir que dans l'éventualité d'un divorce ou de la mort de sa femme, le Khaalou aura le droit d'épouser la femme concernée.

[EXTRAIT DE AL HAADÎ Vol.2 No.4]