Qourbaanî

ORIGINE

LE QOURBAANÎ est une pratique que nous avons héritée du Prophète Ibraahîm (Alaihis Salaam). Une fois les Sahaabah‎ (Radiyallahou anhoum‎) demandèrent à Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam).

"Qu'est-ce que le Qourbaanî ?" Il répondit : "C'est la pratique de votre père Ibraahîm" (Ibné Maadjah)

LES VERTUS

HAZRAT AA'ICHAH (Radiyallahou anhou‎) rapporte que Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) dit :

"Il n'y a rien de plus cher à Allah les jours du Qourbaanî que de verser du sang (le sacrifice des animaux)." (Ibné Maadjah, Tirmîzî).

Un éminent Taabi'î, Hazrat Saïd Ibn Mousayyab‎ (R), dit :

"Je préfère faire le Qourbaanî d'un mouton que donner en charité 100 dirhams." (Abdour Razzaaq)

A l'époque de Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam), on pouvait facilement acheter un mouton pour un dinar (1 dinar =10 dirhams). Dans un hadîce, qui se trouve dans Boukharî, Aboû Daawoûde et Tirmîzî, il est dit qu'un Sahaabî (Radiyallahou anhou‎), avait acheté deux moutons pour un dinar. En d'autres mots, Hazrat Saïd Ibné Mousayyab‎ (R) a voulu faire comprendre que faire le Qourbaanî d'un mouton est meilleur que donner en charité (faire Khaïraat de) 10 ou 20 moutons.

RÉCOMPENSE

Allah Ta'aala est complètement indépendant et n’a besoin de personne. S'Il nous accorde des récompenses pour nos bonnes oeuvres, ce n’est pas parce qu’il a besoin de ces actions mais parce qu’il est plein de bontés. C’est la même chose pour le Qourbaanî. Allah Paak n'a nullement besoin de la chair ou du sang de l'animal sacrifié. D'ailleurs Il ne mange pas et ne boit pas. Il exige de nous la piété, qualité qui motive et encourage une personne à faire le Qourbaanî. Il dit dans le Qour'aan :

"Ni leur sang, ni leur viande, n'atteignent Allah, mais c'est la piété qui, de votre part, l'atteint."

Puisque la récompense du Qourbaanî, comme chaque autre bonne action d'ailleurs, dépend de notre sincérité, il est de notre devoir de le faire uniquement pour faire plaisir à Allah.

Les Sahaabah‎ demandèrent à Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) :

‎‎ Messager d'Allah, qu’obtient-on du Qourbaanî ?"

Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) répondit :

"Une récompense pour chaque poil (de l'animal sacrifié)." (Ibné Maadjah).

Il est aussi dit qu'Allah Soubhaanahou wa Ta'aala pardonne celui qui fait le Qourbaanî au moment où la première goutte de sang, de l'animal sacrifié, est versée et le récompense avant que le sang n'atteigne le sol.

POSITION LÉGALE DU QOURBAANÎ

LE QOURBAANÎ est Waadjib (obligatoire). Allah Ta'aala dit dans le Qour'aan :

"Fais la Salaah pour ton Rabb et fais le Qourbaanî." (108:2)

Mettant l'emphase sur l'importance du Qourbaanî, Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) dit :

"Que celui qui a les moyens de faire le Qourbaanî, mais ne le fait pas, ne s'approche pas de nos mousallas "Eid Gah." (Ibné Maadjah)

JOURS DE QOURBAANÎ

L'HEURE DU QOURBAANÎ commence après la Salaah de Eid, le 10ème jour de Zoul hidjah, et se termine le 12ème jour de Zoul hidjah au coucher du soleil. Il est préférable de sacrifier l'animal le premier jour. Hazrat A'lî‎ (Radiyallahou anhou‎) dit :

"Il y a trois jours de Qourbaanî, le premier étant le meilleur." (Oumdat-oul-Qaari). Hazrat Abdoullah Ibné Abbaas ‎‎‎ dit :

"Les jours de Qourbaanî sont deux jours après Eid." (Mou'atta Imaam Maalik)

En d'autres mots, il veut dire qu'il y a trois jours que nous pouvons faire le Qourbaanî - le jour d'Eid, plus les deux jours suivants. Mais rappelons qu'il n'est pas permis de faire le Qourbaanî avant la Salaah de Eid. Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit : "Celui qui fait le Qourbaanî avant la Salaah (de Eid) doit le refaire." (Boukharî)

Le Qourbaanî fait avant la Salaah de Eid est considéré comme un fait pour soi même : c'est à dire fait pour son propre plaisir et dans le but de consommer de la chair. Et pourtant, il doit être fait pour plaire à Allah. Ceci n'est pas possible sans suivre les principes établis.

Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) dit :

"Celui qui fait le Qourbaanî avant la Salaah (de Eid) le fait pour (faire plaisir à) soi-même" (Boukharî).

Donc, il faut bien comprendre que l'heure du Qourbaanî ne commence qu'après la Salaah de Eid et se termine le 12ème Zoul hidjah au coucher du soleil.

Exception

IL EST PERMIS de faire le Qourbaanî après le Soubh-é-Saadiq (l'aube) à un endroit où, à cause d'un manque de population ou de développement la Salaah de Eid n'est pas Waadjib.

LES PERSONNES SUR QUI LE QOURBAANÎ EST WAAIIB

ALLAH SOUBHAANAHOU WA TA'AALA n'impose aucun fardeau à Ses serviteurs et ordonne certains devoirs seulement à ceux qui peuvent les accomplir. Il dit dans le Qour'aan :

"Allah n'oblige une personne que selon ses capacités."

Puisque le Qourbaanî est Waadjib seulement sur ceux qui ont les moyens de l'accomplir et non pas ceux qui sont dans une situation contraire, nous devons donc voir comment l'Islâm définit la richesse et la pauvreté par rapport au Qourbaanî.

RICHESSE ET PAUVRETÉ

DANS le jargon islamique un pauvre est celui qui ne parvient pas à satisfaire à ses besoins de base tels que nourriture, vêtement, les effets indispensables pour la maison et les outils nécessaires pour le travail. Une voiture ou un autobus qui produit des revenus sur lesquels une personne dépend pour vivre est aussi considéré comme une nécessité.

Un riche est celui qui, après avoir satisfait à ses besoins essentiels et après avoir déduit ses dettes, possède la valeur de 90 grammes d'or ou alors 630 grammes d'argent (chaandî) ou son équivalent sous d'autres formes, pourvu qu'ils ne soient pas parmi ses nécessités. Il est obligatoire (Waadjib) sur cette personne de faire le Qourbaanî s'il n'est pas un Moûçaafir‎‎ (un voyageur). Un Moûçaafir‎‎, d'après la Charî'ah, est quelqu'un qui quitte son endroit avec l'intention (niyyah) d'entreprendre un voyage d'une distance de 48 milles ou plus. Donc, une personne devient un Moûçaafir‎‎ dès qu'il dépasse la limite de son endroit avec une telle intention.

Quelques maslas particuliers qui concernent les personnes sur lesquelles le Qourbaanî est Waadjib :

1. Il est Waadjib de faire le Qourbaanî en son propre nom. Il n'est pas Waadjib de le faire pour ses parents, sa femme ou ses enfants.

2. (a) Le Qourbaanî est Waadjib sur la personne qui est un locataire mais qui a sa propre maison qu'il loue et qui lui rapporte des revenus (locations) sur lesquels il ne dépend pas pour vivre.

    (b) Le Qourbaanî reste toujours Waadjib sur lui, même si la maison est inoccupée ou est mise à la disposition de quelqu'un gratuitement.

3. Le Qourbaanî est Waadjib sur la femme qui, après déduction de ses dettes, possède des bijoux ou autres objets de valeur au dessus de ses besoins et dont la valeur est de 630 grammes d'argent ou plus.

4. Une personne a les moyens de faire le Qourbaanî, mais ne dispose pas d'argent liquide lui permettant de le faire étant donné que son argent est avec une autre personne à qui il l'a prêté. Le Qourbaanî est Waadjib sur lui et dans ce cas particulier il doit :

  1. demander au débiteur son argent, ou
  2. voir s'il peut vendre un objet et ensuite faire le Qourbaanî avec l'argent ainsi obtenu.

Mais le Qourbaanî ne sera pas Waadjib sur lui s'il n'a pas le moyen de récupérer son argent ni il a en sa possession des objets qu'il peut échanger ou vendre.

Il y a beaucoup de choses que les gens considèrent comme étant nécessaires ou indispensables mais qui, selon l'Islâm, ne le sont pas, tels que magnétophone, radiocassette, téléviseur et magnétoscope. Donc, une personne riche selon l'Islâm, mais qui ne possède pas d'argent liquide peut vendre ces objets afin d'être en mesure de faire le Qourbaanî. Si par hésitation ou pour d'autres raisons, il n'a pas vendu ces objets et par conséquent n'a pu faire le Qourbaanî et les jours de Qourbaanî sont expirés alors il doit donner en charité la valeur d'une chèvre.

5. Le Qourbaanî est Waadjib sur le menuisier qui possède des planches dont la valeur est de 630 grammes d'argent ou plus.

6. Le Qourbaanî est Waadjib sur la personne qui, après avoir construit sa maison possède des matériaux de construction tels que blocs, briques, agrégats (macadam) et sable et dont la valeur est de 630 grammes d'argent ou plus. Comme d'habitude, il faut déduire les dettes et cela s'applique pour tous les cas cités.

7. Le Qourbaanî est Waadjib sur la personne qui possède, en sus de ses besoins essentiels, une ou plusieurs vaches ou des chèvres et moutons dont la valeur s'élève à 630 grammes d'argent ou plus, à condition qu'il ne dépende pas sur ces animaux pour vivre ou qu'il ne les nourrit pas uniquement pour avoir du lait pour les membres de sa famille.

NOMBRE DE PARTS

1. Nous pouvons faire le Qourbaanî des boucs, chèvres, moutons, boeufs, vaches, buffles et chameaux. Il n'est pas permis de sacrifier d'autres animaux pour le Qourbaanî. Sept personnes peuvent s'associer pour faire le Qourbaanî d'un grand animal tel qu'un boeuf. Si plus de sept personnes s'associent, alors le Qourbaanî ne sera pas valable et tous les participants devront le refaire. Mais pour les petits animaux - chèvre ou mouton - chaque animal comptera pour une part.

2. Si une ou plusieurs personnes veulent faire le aqeeqah, elles peuvent s'associer dans un grand animal et cela n'affecte pas le Qourbaanî.

3. Il est obligatoire à tous les participants de faire l'intention (niyyah) pour le Qourbaanî. Si une seule personne n'a pas fait l'intention ou a fait l'intention uniquement pour avoir de la viande, le Qourbaanî des six autres participants ne sera pas valable.

4. (a) Il est permis à une personne d'acheter un boeuf avec l'intention d'accepter plus tard ceux qui voudront s'associer.

    (b) Même en absence de cette intention il est permis, bien que peu recommandable à un riche d'accepter ultérieurement des associés.

    (c) Par contre, il n'est pas permis à un pauvre d'accepter d'autres associés s'il n'avait pas cette intention au moment d'acheter l'animal. S'il accepte, il doit rembourser. Le remboursement est fait de la façon suivante : ‑

                                 i.          Si les jours de Qourbaanî ne sont pas écoulés il doit refaire le Qourbaanî pour le nombre de parts qu'il a laissées aux autres.

                                ii.          Mais si les jours de Qourbaanî sont expirés alors il doit donner en charité (aux pauvres) la valeur du nombre de parts laissées aux autres.

L’ÂGE DES ANIMAUX

LES BOEUFS, vaches ou buffles doivent avoir au moins deux ans. Les chèvres et les moutons doivent avoir un an. Mais nous pouvons sacrifier les moutons de plus de six mois s'ils sont très gras et ressemblent à ceux d'un an.

DÉFAUTS QUI RENDENT UN ANIMAL NON ÉLIGIBLE POUR LE QOURBAANÎ

IL N'EST pas permis de faire le Qourbaanî d'un animal :

  1. qui est aveugle ou borgne ;
  2. qui marche sur trois pattes seulement, la quatrième ne pouvant pas lui servir pour marcher. Mais il est permis de faire le Qourbaanî d'un animal, même boiteux, si en marchant il peut poser la quatrième patte sur le sol et en reçoit quelque support ;
  3. qui n'a pas d'oreilles depuis sa naissance, mais s'il possède de petites oreilles il peut être sacrifié ;
  4. dont le nez, l'oreille ou la queue a été coupée de plus d'un tiers ;
  5. qui n'a pas de dents ou qui a perdu la majorité de ses dents ;
  6. dont les cornes sont brisées à partir des racines. Mais le Qourbaanî sera valable si l'animal n'a jamais eu de cornes ou si les cornes sont cassées en partie (c.à.d. au dessus des racines) ;
  7. qui a de la gale (qui est plein de boutons) et est maigre. Mais si l'animal est gros, même ayant de la gale, il est permis dé l'immoler pour le Qourbaanî ;
  8. bisexuel ;
  9. qui a été nourri en majorité par des excréments et autres choses malpropres à moins s'il est enfermé et nourri par de nourriture propre pendant une certaine période avant le sacrifice - pendant 40 jours pour un chameau, vingt jours pour un bœuf et dix jours pour un bouc.

A noter :

a)     Il est permis, par contre, de faire le Qourbaanî d'un animal :

                            i. dont l'oreille ou le nez est déchiré ;

                           ii. castré ;

                          iii. marqué.

b)    Bien que permis, il est préférable d'éviter de faire le Qourbaanî d'un animal qui a un ou des défauts mineurs (tolérables).

c)     C'est un signe que le boeuf a deux ans lorsqu'il a deux dents. Mais il peut arriver qu'un animal a eu deux ans mais n'a pas deux dents. L'essentiel pour le Qourbaanî est de s'assurer que l'animal a eu deux ans.

d)    Si au moment de l'achat ou après, l'animal a eu un défaut majeur (intolérable), il est permis de faire le Qourbaanî si l'acheteur est pauvre. Mais s'il est riche, il doit remplacer cet animal par un autre qui n'a pas de défaut grave pour le besoin du Qourbaanî.

e)     Il est permis de faire le Qourbaanî d'un animal qui développe un défaut grave au moment où l'on transporte sur les lieux du sacrifice.

LES PARTIES D'UN ANIMAL QU'ON N'A PAS LE DROIT DE CONSOMMER

DANS TANWIR-OUL-­ABSWAAR et Dourr-oul-Moukhtaar, on a mentionné sept parties d'un bouc/d'une chèvre qui sont "Makroûh‎‎" du fait qu'un hadîce a été mentionné dans ce sens. En effet ces parties sont :

  1. Le pénis,
  2. Le testicule,
  3. L'organe sexuel de la femelle,
  4. La vésicule biliaire,
  5. La vessie,
  6. Le sang
  7. Les glandes - les joints ou nœuds qui sont enveloppés de graisse et les morceaux (sang) durs qui se trouvent entre les nerfs et les muscles.

Dans Raddoul Mouhtaar, le sharah (commentaire) de Dour-oul-Moukhtaar, Allaamah‎‎ Mouhammad Amine Ibn Aa'bidîne (R) dit que Imaam Al Auzaaî a rapporté de Waçil Bin Aboû Jamil (R.A) et ce dernier de Moujaahid (R.A) que Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a considéré que le pénis, le testicule, l'organe sexuel de la femelle, la vésicule biliaire, la vessie, les glandes - les joints ou nœuds qui sont enveloppés de graisse et les morceaux durs qui se trouvent entre les nerfs et les muscles et le sang d'un bouc/d'une chèvre comme Makroûh‎‎. Imaam Aboû Hanîfah (RA) a dit :

"Le sang est haraam et je considère les six autres parties comme Makroûh‎‎ et cela à cause de la parole d'Allah Ta'aala :'Voici ce qui vous est interdit (haraam) : la bête morte, le sang...'"(5:3)

Plus devant, Allaamah‎‎ Mouhammad Amine Ibn Aa'bidîne dit qu'il est dit dans Badaa'i (un livre de Fiqh) :

"Ce qui a été rapporté de Moujaahid signifie Makroûh‎‎Tahrîmî‎‎ du fait que Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a mentionné les six parties ensemble avec le sang qui est haraam."

Il est à noter que chez les Fouqahaa (Juristes) il y a une différence technique entre "haraam" et "Makroûh‎‎ Tahrîmî‎‎‎‎‎", mais au niveau pratique "Makroûh‎‎ Tahrîmî‎‎‎‎‎" a le même degré que le haraam.

Dans son I'laa-ous-Sounan‎‎, après avoir examiné le sanad du hadîce de Moujaahid (mentionné plus haut), Cheïkh Zafar Ahmad Ousmaani dit que le hadîce est soit un mourçal authentique ou un mourçal hassan (bon). Dans le même livre, le Cheïkh dit que le hadîce a aussi été mentionné par Imaam Mouhammad dans Kitaab-oul-Aa'thaar.

Signalons qu'un hadîce mourçal est un hadîce qui contient une disconnection dans son "sanad" (chaîne de transmission) entre un Taabi'î et Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam). Le fait que ce hadîce est mourçal n'est pas une raison suffisante pour le rejeter, car un hadîce mourçal est considéré comme une autorité chez la plupart des Fouqahaa à tel point qu'Allaamah‎‎ Ibn Jarîr a dit que tous les Taabi'îne indistinctement acceptaient les Maraaçîl (pluriel de mourçal) et qu'il n'y a eu aucune objection à ce sujet parmi les Aimmah jusqu'au deuxième siècle Hidjrî‎. Dans une lettre adressée aux habitants de Makkah, Imaam Aboû Daawoûde (RA) dit :

"Quant aux Maraaçîl, les précédents Ou'lamaa comme Soufyaan Çaurî, Imaam Maalik (RA) et Imaam Al Auzaaî les considéraient comme une autorité jusqu'à ce que Imaam Chaafi'î (RA) les a mis en cause."

Donc, selon ces savants le hadîce de Moujaahid (RA) concernant la non-permissibilité de ces sept parties est une autorité. Notons aussi que ce hadîce a aussi été mentionné dans Al Mou'jam-al-Ausat de Tabraanî rapporté par Hazrat Abdoullah Bin Oumar‎ (Radiyallahou anhou‎) avec un sanad sans aucune disconnection. Imaam Baihaqui a aussi mentionné ce hadîce rapporté cette fois-ci par Hazrat Abdoullah Bin Abbaas ‎ (Radiyallahou anhou‎). De plus le Mousannaf Abdour Razzaaq‎‎ et le Maraaçîl de Aboû Daawoûde ont aussi mentionné ce hadîce de Moujaahid.

Signalons que le hadîce a mentionné bouc/chèvre en particulier, mais selon Allaamah‎‎ Mouhammad Amine Ibn Aa'bidîne‎‎ (RA), ce principe s'applique aux autres animaux également.

NE PAS COUPER LES CHEVEUX ET LES ONGLES

IL EST PREFERABLE pour une personne qui a fait l'intention de faire de Qourbaanî de ne pas se couper les ongles et les cheveux (de toutes les parties du corps) à partir du moment où la lune de Zoul hidjah est visible. Cependant, elle doit se couper les ongles et les cheveux de la partie inférieure du corps au cas où la période de quarante jours ait été atteinte depuis le dernier nettoyage de ces parties du corps, même si la lune a été visible. On n'a pas le droit de prolonger le nettoyage de ces parties du corps jusqu'au jour du Qourbaanî au cas où la période de quarante jours est écoulée.

"Quand vous voyez la nouvelle lune du mois de Zoul hidjah et que quelqu'un d'entre vous à l'intention de faire le Qourbaanî, qu'il s'abstienne de couper ses cheveux et ses ongles." (Mouslim)

DOU 'AA DE QOURBAANÎ ET SON ASPECT SPIRITUEL

RAÇOULOULLAH (Sallallaahou A'laihi Wasallam) récitait le Dou'aa suivant quand il faisait le Qourbaanî :

"Je me tourne vers celui qui a crée les cieux et la terre, tout en rejetant les autres manières de vivre, et je ne suis pas de ceux qui associent. Certainement ma Salaah, mon Qourbaanî, ma vie et ma mort appartiennent à Allah Ta'aala, le Maître de l'Univers qui n'a point de partenaire. Et c'est ce qui m'a été ordonné et je suis le premier de ceux qui se soumettent. Ô Allah ! C'est de Toi et pour Toi seulement. Au nom d'Allah Ta'aala, Allah est le plus grand."

Et, après ce Dou'aa, Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) faisait le zabah. Si quelqu'un ne connaît pas ce Dou'aa, il est permis de lire seulement : "Bismillah, Allahou Akbar" (Au Nom d'Allah, Allah est Grand).

Un musulman, au moment de prononcer ce Dou'aa, prend l'engagement avec Allah Ta'aala, qu'il va tout sacrifier pour le plaisir d'Allah. Puis, en faisant le Qourbaanî, il fait la différence qui existe entre un musulman et un non musulman ; étant donné que les non musulmans faisaient le sacrifice au nom d'autre qu'Allah. Donc, en accomplissant le Qourbaanî au nom d'Allah Ta'aala, un musulman fait montre qu'il est allié du parti d'Allah Ta'aala. Allah Ta'aala dit :

"Attention, c'est ce même parti d'Allah qui remportera la réussite totale."

On doit donc lire ce Dou'aa avec sincérité et accomplir le Qourbaanî dans cet état d'esprit car c'est un moyen parmi d'autres pour obtenir la réussite totale. Ce Dou'aa invite les musulmans vers la soumission totale au Créateur.

LE PARTAGE DE LA CHAIR ET DE LA PEAU DE L'ANIMAL

Il EST préférable de diviser en trois parties la viande de Qourbaanî. Un tiers est réservé pour soi-même, un tiers pour les amis et parents, et l'autre tiers pour les pauvres. Mais il est permis de garder le tout pour soi-même. La peau peut être utilisée à des fins personnelles ou donnée en Khaïraat (charité) ; ou encore peut être vendue et l'argent ainsi obtenue donné en Khaïraat.

LA CHAIR RÉSERVÉE EXCLUSIVEMENT AUX PAUVRES

  1. Si une personne a fait un mannat (voeu), alors, la chair obtenue doit être exclusivement réservée pour les pauvres. Même la personne qui a fait le mannat n'a pas le droit de consommer cette chair.
  2. Si une personne a fait un wassiyat (testament) et laisse de l'argent pour faire un Qourbaanî avant sa mort, seuls les pauvres ont droit de consommer cette chair. Mais au cas où l'argent n'a pas été laissé ou qu'un wassiyat n'a pas été fait et les héritiers décident de faire un Qourbaanî au nom de la personne défunte, il est permis à tous de consommer cette viande, pourvu que l'argent d'un mineur ne soit pas utilisé même pas avec son consentement, car le 'consentement' d'un mineur n'est pas valable en Islâm.
  3. Sept personnes peuvent s'associer pour faire le Qourbaanî d'un grand animal. Une des personnes a fait le niyyah de Qourbaanî pour l'année en cours tandis que les six autres ont fait l'intention de Qazaa pour l'année dernière dans ce cas, le Qourbaanî de la première personne est valable, tandis que celui des autres associés devient Nafl. Tous les sept associés doivent donner la viande obtenue de ce Qourbaanî en Khaïraat.

A noter aussi qu'il est permis à tout le monde de consommer la viande d'un Qourbaanî normal.

APRÈS L'EXPIRATION DES JOURS PRESCRITS POUR LE QOURBAANÎ

  1. La personne sur qui le Qourbaanî est Waadjib mais qui ne le fait pas jusqu'à l'expiration des jours prescrits pour le Qourbaanî, doit donner en Khaïraat la valeur d'un cabri moyen ou d'un bouc.
  2. La personne qui a acheté un animal avec l'intention de faire le Qourbaanî, mais qui ne le fait pas jusqu'à l'expiration des jours prescrits, doit donner l'animal en Khaïraat - sans faire de zabah (c'est à dire vivant).
  3. La personne pauvre qui possède un animal ou qui achète un animal et fait ensuite l'intention de faire le Qourbaanî, mais qui finalement ne le fait pas jusqu'à l'expiration des jours prescrits, n'est pas tenue responsable, c'est-à-dire il ne lui est pas Waadjib, de donner l'animal en Khaïraat.
  4. Sept personnes s'associent pour faire le Qourbaanî d'un grand animal (boeuf, chameau, etc.). Certains font l'intention pour le Qourbaanî de l'année en cours, tandis que d'autres pour l'année écoulée. Le Qourbaanî de ceux qui font l'intention pour l'année en cours est valable, alors que celui des autres est considéré comme Nafl. Cependant, aucun d'entre eux n'a le droit de consommer cette viande qui doit être donnée en Khaïraat. De plus, chaque associé qui a fait le niyyah pour l'année écoulée doit donner en Khaïraat la valeur d'un mouton ou d'un cabri moyen.

TAKBÎR TASHREEQ

ALLAH SOUBHAANAHOU WA TA'AALA ordonne à Ses serviteurs de faire Son "zikr" constamment.

"Pense à Allah beaucoup."

"Ô, les croyants ! Pense à Allah beaucoup et glorifié-le matin et soir."

Mais il y a des moments spécifiques qu'Allah Soubhaanahoû wa Ta'aala ordonne à Ses serviteurs de faire certains "zikr" particuliers. Parmi ces occasions, il y a le "zikr de tashreeq." L'ordre a été reçu d'Allah Ta'aala pour accomplir le "takbîr tashreeq" :

"Et pensez à Allah pendant quelques jours... ." (2:203)

D'après Hazrat Abdoullah Ibn-é-Abbaas ‎ (Radiyallahou anhou‎) "quelques jours" veut dire les jours de Tashreeq pendant lesquels, selon Hazrat Ikramah (Radiyallahou anhou‎), on doit faire un "zikr" spécial d'Allah après chaque Salaah Farz. D'après un hadîce de Mouslim Charîf, Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) a dit :

"Les jours de Tashreeq sont des jours pour manger, boire et zikr."

Il est donc Waadjib pour chaque musulman de faire ce "zikr" spécial qu'Allah Soubhaanahoû wa Ta'aala et Raçouloullah (Sallallaahou A'laihi Wasallam) nous ont ordonné de faire une fois après chaque Salaah Farz. La formule de "Takbîr Tashreeq" est comme suit :

(Allaahou Akbar, Allaahou Akbar /laa ilaaha illallaahou wallaahou Akbar / Allaahou Akbar wa lillaahil hamd)

Takbîr Tashreeq commence le jour d'A'rafah, 9ème Zoul hidjah (veille d'Eid) après la Salaah de Fadjr, et se termine jusqu'à la Salaah de A'ssr du 13ème Zoul hidjah, c'est-à-dire vingt-trois (23) Salaahs‎‎ en tout. Hazrat Shaqeeq (RA) rapporte que Hazrat A'lî‎ (Radiyallahou anhou‎) commençait le Takbîr Tashreeq le jour d'A'rafah jusqu'à la Salaah de A'ssr du 13ème Zoul hidjah - le dernier jour de Tashreeq.

Il est Waadjib de prononcer à haute voix le Takbîr Tashreeq, mais les dames doivent le faire à voix basse.

[EXTRAIT DE AL HAADÎ Vol.1 No.8 et Vol.4 No.4]