Le problème d’effectuer son Qourbaanî à l’étranger

Il est mieux de faire Qourbaanî dans l'endroit où l'on se trouve parce qu’il y a certaines pratiques fortement recommandées qu’on ne pourra pas observer ailleurs. Lorsqu’on dit qu’il est meilleur, cela signifie qu’il est aussi permis de le faire ailleurs. Mais, si le fait que le coût soit réduit et qu’il y ait plus de facilité fait que les gens préfèrent faire leur Qourbaanî à l’étranger et ceci prend une grande ampleur, alors il se peut que nous ne verrons plus cette pratique exister dans notre pays. Le Qourbaanî est un Shi’aar (symbole) de l’Islam que l’on doit préserver. Donc, ce serait très grave si cette pratique cessait d'exister. C’est pourquoi si quelqu’un s'empêche de le faire à l’étranger, ce sera sans doute un effort très louable et appréciable. Mais, en même temps, nous ne pouvons prétendre qu’un Qourbaanî qui a été fait à l’étranger n’est pas valable. Qualifier un tel Qourbaanî de ne pas être valable n’est pas valable. 

Quelqu’un qui possède Rs. 30 millions doit faire un seul Qourbaanî, tout comme celui qui possède Rs. 30, 000 (valeur niçaab actuel). Similairement, quelqu’un qui n’a pas un sous en poche, mais qui a des effets personnels et des objets comme des ustensiles, des meubles, etc. qui sont en plus que ses nécessités de base et qui pourraient être estimés s'élever approximativement à trente mille, doit aussi effectuer Qourbaanî.  

Ce millionnaire sent à peine cette dépense qu’il a faite pour son Qourbaanî. Par contre, il sera très dur pour celui qui ne possède que Rs. 30, 000 de dépenser une somme de 7 à 8 milles roupies de ses économies. La personne qui n'a pas d'argent en liquide et sur qui Qourbani est obligatoire, le ressentira encore plus. Il se pourrait même qu'il ne l'effectue pas. Dans ce cas, si quelqu’un lui propose une part de Qourbaanî de Rs. 700 à l’étranger, serait-ce une erreur ou un mérite ? Ce n’est pas à tout le monde que l’on peut proposer l’idéal. Il y a aussi une catégorie de qui on doit se contenter de l'essentiel. Si cette catégorie n’est pas majoritaire, elle n'est pas négligeable. Elle est assez conséquente. Donc, proposer à quelqu’un une formule qui lui permet de s’acquitter de sa responsabilité de Qourbaanî afin de ne pas être coupable aux yeux d’Allah Ta’aala, doit être, au moins, une formule tolérable. 

Avec cette campagne d’empêcher les gens de faire Qourbaanî à l’étranger, il y a un bon nombre de gens qui le faisaient et qui cesseront de le faire même si selon Charî’ah, ils doivent le faire. Il est mieux faire quelque chose avec certaines lacunes, que ne pas le faire du tout. Souvent, les gens font l’erreur de négliger l’essentiel, en cherchant l’idéal. Il ne faut pas oublier qu’il y a certains cas où les gens ont réduit le nombre de parts qu’ils prenaient à l’étranger. Donc, il y a certains qui n’ont pas fait Qourbaanî alors qu’ils devaient le faire. La sagesse exige que nous cherchions l’idéal aussi longtemps que cela ne nous fait pas perdre l’essentiel. Sinon, il nous faut nous contenter de l’essentiel. 

Le projet d’effectuer le Qourbaanî à l’étranger est un moyen de faciliter ceux qui ne sont pas motivés ou moins motivés, de faire leur Qourbaanî. C'est un moyen de soulager ceux qui ont le strict minimum ou ceux qui manquent d'argent liquide. Ainsi, ceci peut servir aux jeunes filles de 13, 14, 15 ans ou plus, qui possèdent des bijoux et des vêtements en plus, qui les font devenir Sahib-e-niçaab. C’est-à-dire, une telle quantité qui fait devenir le Qourbaanî Waadjib sur elles. Mais elles ne sont ni employées ni n'ont-elles de salaire ou de rémunération quelconque. Elles sont toujours en études. Alors, dépenser 7 à 8 mille roupies par tête semble être assez dur. Si quelqu’un travaille seul, et qu'il a deux ou trois filles comme celles mentionnées, ce sera encore plus dur. Donc, ce projet pourrait être utilisé comme solution dans de tels cas. Ceci ne s’applique pas pour les riches ou ceux qui sont motivés. Évidemment, s’ils veulent faire Qourbaanî Nafl à l’étranger dans le but de soulager ceux qui sont en difficultés, ceci est une excellente idée. Il faut ainsi adopter un équilibre en élaborant le problème et en proposant une solution. Il faut trouver un moyen de préserver la pratique de Qourbaanî au niveau local, sans oublier de proposer une solution à ceux qui sont économiquement faibles mais qui, selon la Charî’ah, doivent aussi s’acquitter du Qourbaanî. Il faut trouver une solution pour leur transmettre la volonté de s’acquitter de leur responsabilité. S’il y a une solution, tant mieux. Sinon, ce projet représente la meilleure solution.

[Version française de "Le problème faire qourbaani à l’extérieur !" – Al Jamiat – Vol.6 No.11]